L’essor de la mondialisation des échanges commerciaux engendre du chômage, la baisse du niveau de vie et des inégalités.
Si on observe le taux de chômage moyen des 10 dernières années au Canada ; est-il significativement plus élevé que celui qui a prévalu au cours des décennies précédentes ? Non ! Avant la récession de 2008, le taux de chômage était à un niveau historiquement très bas malgré l’essor de la mondialisation. Ce n’est pas la mondialisation qui engendre le chômage, mais bien la règlementation du marché du travail qui mine sa flexibilité et la mobilité de la main d’oeuvre. Le graphique suivant le montre très bien.
Ensuite, est-ce que le niveau de vie a baissé ces dernières décennies ? Non ! Il a grandement augmenté. Tout comme le développement technologique et industriel, la libéralisation des échanges commerciaux nous permet d’augmenter notre niveau de vie en bénéficiant de nos avantages comparatifs avec les autres pays. Il y a quelques décennies, le prix d’une automobile équivalait à 5 fois le salaire moyen aux États-Unis. Grâce aux développements technologiques dans cette industrie, le prix moyen d’une automobile équivaut aujourd’hui à environ 75% du revenu moyen. Le tableau ci-bas le prouve facilement avec d’autres exemples :
|
Table 1: Changes in the Labor Time Cost of Various Consumer Goods |
||||
| 1920 | 1950 | 1980 | Latest (1997) | |
| 1/2 gal of milk | 37 mins | 16 mins | 8.7 mins | 7 mins |
| 1lb loaf of bread | 13 mins | 6 mins | 4 mins | 3.5 mins |
| gallon of gasoline | 32 mins | 11 mins | 10 mins | 5.7 mins |
| 100 miles of air travel | 12 hrs 46 min (1930) | 4 hrs 7 mins | 1 hr 27 mins | 1 hr 2 mins |
| three minutes coast-to-coast long distance call | 30 hrs 3 mins | 1 hr 44 mins | 11 mins | 2 mins |
| pair of Levis | 10 hrs 36 mins | 4 hrs | 2 hrs 48 mins | 3 hrs 24 mins |
| 3lb chicken | 2 hrs 27 mins | 1 hr 11 mins | 18 mins | 14 mins |
| 100 kwt hrs of electricity | 13 hrs 36 mins | 2 hrs | 45 mins | 38 mins |
| computing power of 1 MIPS | n/a | 515,000 lifetimes | 41 weeks 16 hrs 9 mins |
9 mins |
En 2001, une étude a révélé que la majorité des gens considérés comme pauvres selon les statistiques avaient un climatiseur, une télévision couleur, une micro-onde, soit un lecteur VHS ou DVD, et un véhicule automobile, alors qu’en 1971, moins de la moitié des Américain avaient de tels biens. Il est évident que les pauvres progressent en même temps que l’ensemble de la société.
Qu’en est-il des inégalités ? Pour certains, les inégalités sont un fléau qu’il faut combattre à tout prix. Il est vrai que les inégalités de revenus ont augmenté au cours des dernières décennies. Le développement technologique et la mondialisation du commerce ont fait en sorte que le prix du travail spécialisé de haute compétence a augmenté plus rapidement que le prix du travail non-spécialisé de faible compétence. Cependant, la taille de la « tarte » a augmenté ce qui fait en sorte que le revenu moyen du quintile le plus pauvre a tout de même augmenté. Ce qui importe vraiment est le revenu absolu, et non le revenu relatif.
L’erreur prépondérante au sujet des inégalités est de confondre revenu et richesse. Beaucoup de gens ont peu ou pas de revenus et sont pourtant bien loin d’être pauvres : les femmes d’hommes riches (ou vice-versa), les individus dont la carrière est axée sur la vente (e.g. agent immobilier) qui connaissent une mauvaise année, les étudiants qui graduent au milieu de l’année n’obtenant que la moitié de leur première année de salaire, les médecins et dentistes qui n’ont pas encore une grosse clientèle et qui, pour le moment, font moins que leur potentiel, des retraités qui vivent sur leurs revenus de placement. Par exemple, imaginez un retraité dont le seul actif est une participation de $150 million dans l’entreprise Osisko. Si cette année le prix de l’action ne varie pas et comme cette entreprise ne paie pas de dividendes, le revenu annuel de ce retraité serait de $0; serait-il pauvre pour autant? En somme, cette erreur consiste visualiser la richesse comme un flux, alors que c’est plutôt le stock de richesse qui importe.
Par ailleurs, ceux qui mesurent la richesse en tant que revenu font souvent l’erreur de considérer les quintiles comme étant des groupes statiques, ce qui est une grave erreur car les individus qui les composent changent de quintile au fil du temps. Il est plus cohérent de suivre l’évolution d’individus plutôt que d’entités statistiques. Ainsi, les revenus moyens des américains de 25 ans et plus qui ont soumis un rapport d’impôts en 1996 et qui se situaient dans le plus bas quintile avaient augmenté de 91% en 2005. En revanche, les revenus des individus se situant dans le premier percentile – c’est-à-dire les 1% ayant les revenus les plus élevés – avaient vu leur revenu diminuer de 26% en 2005. D’ailleurs, plus de la moitié de ceux-ci ne figuraient plus dans le 1% en 2005.
Une autre étude de l’Université du Michigan a démontré que seulement 5% des individus situés dans le cinquième quintile des revenus en 1975 y était encore en 1991, alors que 29% d’entre eux avaient atteint le premier quintile à cette date. Plus de la moitié des individus du dernier quintile en 1975 avaient été dans le premier quintile pendant au moins une année entre 1975 et 1991.
La Chine est un exemple très intéressant à cet égard. Comme vous le savez peut-être, ce pays communiste a entamé une libéralisation graduelle de son économie au début des années 1980s; c’est-à-dire que ce pays s’est rapproché du modèle capitaliste. De 1981 à 2005, le taux de pauvreté en Chine est passé de 84.0% à 15.9% alors que durant la même période, les écarts de richesses se sont accentués, l’indice Gini passant de 29.1 à 41.5. Si on demandait à un Chinois de choisir entre la Chine de 1981 et la Chine de 2005, il choisirait probablement 2005 en dépit de la plus grande inégalité dans la répartition des revenus puisque la pauvreté a nettement reculé.
On peut observer la même chose aux États-Unis. En 1968, le revenu médian des Américains les plus riches était 4.3 fois supérieur au revenu médian des Américains les plus pauvres. En 2004, ce ratio est passé à 5.6. Par contre, en 1968, le revenu médian des plus pauvres (ajusté pour l’inflation) était de $23,100 alors qu’en 2004, ce revenu se chiffrait à $27,200, soit une progression de 17,7%. Ainsi, bien que l’inégalité des revenus ait augmenté, les pauvres sont dans une bien meilleure posture en 2004 qu’en 1968.
Plus un système est capitaliste, plus les gens ont un incitatif à se dépasser pour créer de la richesse puisqu’ils peuvent disposer d’une plus grande partie de cette richesse comme bon leur semble. L’argent est alors investi dans le capital productif de l’économie plutôt que d’être dilapidé en taxes et impôts de toutes sortes. Les revenus plus élevés sont une forme de rétribution pour la prise de risque plus élevée. C’est donc un encouragement à l’innovation. La plus grande création de richesse qui en découle bénéficie à l’ensemble de la société, incluant les plus pauvres; c’est ce que les exemples décrits ci-haut tendent à démontrer.
En revanche, on constate que l’intervention de l’État résulte souvent en une augmentation des inégalités. La règlementation du marché du travail qui permet à certains privilégiés de maintenir leurs acquis au détriment des chômeurs. La règlementation des entreprises qui favorise les grandes entreprises établies au détriment des nouveaux entrants. La création de monnaie inflationniste, qui avantage nettement les plus riches (voir ceci). Les subventions aux entreprises et les échappatoires fiscales dont bénéficient les riches. Pour quelques bons exemples, voir ceci.
Dans un système plus socialiste, la richesse ne s’obtient pas par le travail ardu et le génie créatif; elle s’obtient par l’octroi de privilèges spéciaux de l’État tels que des subventions, des mesures protectionnistes et des programmes sociaux. Le génie des entrepreneurs n’y est plus orienté vers la création de richesse, mais plutôt vers la quémande de privilèges. Le capital productif se détériore et la création de richesse en souffre. L’inégalité n’est alors plus expliquée par les différences de talents ou d’ardeur au travail, mais plutôt par les relations politiques, la corruption et l’habileté à manipuler l’opinion publique. Ce genre de système est carrément injuste et résulte en une diminution du niveau de vie de ceux qui n’ont pas la chance d’avoir de bon « contacts ». N’est-ce pas là une autre forme d’inégalité beaucoup plus perverse que celle qui résulte du capitalisme?
http://minarchiste.wordpress.com/2010/06/21/avantages-comparatifs-commerce-international-et-monnaie/
http://minarchiste.files.wordpress.com/2010/11/chomage_flexibilite.jpg
http://myslu.stlawu.edu/~shorwitz/Good/myths.htm

Petit complément d’information:
Vous dites: "Par ailleurs, ceux qui mesurent la richesse en tant que revenu font souvent l’erreur de considérer les quintiles comme étant des groupes statiques…"
Ce qui est tout à fait exact. Par exemple, au Canada, de 1999 à 2004 environ 20% de la population a connu un épisode de faible revenu mais seulement 2,2% a été dans cette situation pendant les 5 années. (source: http://www.cepe.gouv.qc.ca/publications/pdf/CEPE_faible_revenu_au_Quebec_final2.pdf , p16)
La pauvreté, c’est surtout une situation temporaire. Des étudiants qui vont bien gagner leur vie plus tard, ce n’est pas rare!
Félicitations pour la série Mythes Minarchiste.
ATTENTION à l’utilisation sans nuance des statistiques. En effet, le problème de l’artefact statistique est très profond. Une importante illusion produite par les statistiques consiste à prendre la hausse du PIB pour une mesure de la croissance de la richesse à l’échelle mondiale.
Prenons un pays dont les habitants produisent deux biens. Le premier de ces biens sert uniquement à la consommation (le riz, par exemple), la production est entièrement réalisée dans le cadre familiale et autoconsommée. Ce bien n’est donc pas pris en compte dans le calcul du PIB. D’un point de vue comptable il n’existe pas. Le second de ces biens (le café, par exemple) est quant à lui totalement destiné à l’exportation et produit dans un cadre marchand. Il est donc pleinement pris en compte dans le calcul du PIB du pays, au prix du marché mondial.
Admettons alors que viennent dans ce pays des "experts" du FMI. Ils constatent qu’aux prix mondiaux les habitants de ce pays auraient intérêt à ne produire que le second bien. En effet, les gains réalisés par l’accroissement du volume des exportations permettraient d’acquérir sur le marché mondial une quantité du premier bien (le riz) supérieure à celle qui est produite. Ceci signifie que le prix relatif du second bien exprimé en quantité du premier bien est particulièrement élevé.
On introduit alors des réformes dites "structurelles" pour que la population abandonne la production dans le cadre familiale du bien alimentaire et puisse se consacrer totalement à celle du bien exporté.
Quand le deuxième bien est vendu au marché mondial, ceteris paribus – clause dont les économistes raffolent -, le surplus de bien vendu entraîne une baisse du prix de ce produit. Par contre, la manifestation d’une nouvelle demande sur le marché mondial du riz, venant compenser l’arrêt de la production familiale, va entraîner une hausse du cours de cette denrée. Donc, la capacité d’achat en riz d’une même quantité du bien exportable va baisser.
Il en découle alors que, pour ce malheureux pays, si son PIB a bien augmenté du fait de l’accroissement de la production du bien exportable, la richesse réelle (ici calculée en quantité de produit alimentaire) va baisser.
Ceci conduit Carlos Oya à considérer qu’une trajectoire de marché libre, directement et totalement soumise aux forces de la globalisation des marchandises, ne saurait fonctionner en Afrique, que ce soit économiquement et politiquement.
C. Oya, "Agricultural Maladjustment in Africa : What Have We Learned After Two Decades of Liberalisation ? ", Journal of Contemporary African Studis, vol. 25, no 2, 2007, p. 275-297
Et de conclure : Ainsi non seulement le somme des richesses révélées par le processus de marchandisation peut-elle s’avérer inférieure à la somme totale des richesses existantes au départ, mais aussi le processus de marchandisation soumet-il les acteurs locaux à la volonté de puissances étrangères, publiques ou privées.
Parce qu’il ne peut pas mesurer ce qui n’est pas "vendu", le PIB se révèle incapable de prendre en compte des destructions de richesses importantes et systématiques induites par la globalisation.
Un cas d’école est celui de la côte d’Ivoire. Voir A. Langer, "Horizontal inequalities and Violent Group Mobilization in Côte d’Ivoire", Oxford Developpement Studies, vol. 33, no 1, mars 2005, p. 25-44
Autre référence instructive : Jacques Sapir, La démondialisation
Il y a aussi des mythes néolibérales que vous devriez étudiés et dénoncés, ce qui serait beaucoup plus utile pour l’avenir de l’humanité que de faire l’apologie de la mondialisation et de la globalisation au profit des multinationales.
@Réjean
Vous êtes complètement dans le champs comme d’habitude.
Premièrement, votre petite dissertation copier/coller sur le PIB est inutile puisque je ne parle pas du PIB dans l’article (que vous n’avez pas lu bien sûr).
Je parle plutôt d’heures de travail nécessaires à acquérir des biens.
Je suis bien au courant des failles du PIB et j’ai publié là-dessus d’ailleurs.
Ensuite, vos attaques contre le « néolibéralisme » manquent la cible, puisque je ne suis pas un « néolibéral ».
Je dénonce les institutions néolibérales telle que le FMI et la Banque Mondiale encore plus que vous.
Voir ceci entre autres : http://minarchiste.wordpress.com/2010/11/24/les-programmes-d%e2%80%99ajustements-structurels-du-fmi-et-de-la-banque-mondiale/
Celles-ci sont des institutions GOUVERNEMENTALES, qui ne découlent pas du libre-marché et qui sont imposées au monde par la force coercitive des États.
Leurs objectifs supposément « libéraux » ne sont qu’une hypocrite supercherie.
Quant à la pauvreté de l’Afrique, elle s’explique facilement par deux choses : 1) absence d’État de droit (protection adéquate des droits de propriété) et 2) manque de liberté économique.
Le « cas d’école » en Afrique c’est le Botswana, qui en remédiant à ces deux lacunes, s’est élevé comme leader économique de ce continent.
Dans une économie véritablement libre, rien n’empêche une personne de cultiver son riz librement pour sa propre consommation.
Mais arrivera tôt ou tard un fonctionnaires du fisc pour lui en soutirer un part sous forme de taxes et impôt au nom du « progrès » (c’est-à-dire pour payer des salaires plus élevés aux fonctionnaires et leur payer de nouveaux ordinateurs), ou pour envoyer un chèque à celui qui ne s’est pas donné la peine d’apprendre l’irrigation et d’économiser ses semences, ou pour payer l’éducation universitaire gratuite aux fils de fonctionnaires qui veulent apprendre comment comptabiliser tous ces impôts collectés auprès des petits paysans.
À ce moment, cette personne ne pourra plus subvenir à ses besoins et sombrera dans la pauvreté.
Arrivera ensuite la Banque Mondiale et toutes ses solutions « magiques » qui ne feront que l’appauvrir encore plus.
Vous parlez de la mondialisation des échanges commerciaux, donc je suis dans le sujet.
Autre exemple. L’impact de la globalisation marchande sur l’environnement. Le transfert vers le Sud. Un exemple est fourni par la substitution à la forêt primaire de certains pays de plantations de palmiers à huile, qui sont utilisés soit pour fabriquer des biocarburants, soit pour produire des huiles destinées aux cosmétiques ou aux produits alimentaires consommés dans les pays du Nord. Or ces cultures sont extrêmement destructrices non seulement pour les sols, qu’elles épuisent rapidement, mais aussi pour les populations locales, qui se voient rapidement expropriées et sont condamnées à venir grossir les rangs des populations urbaines de la région.
La production extensive d’huile de palme est le résultat direct de la globalisation marchande et est souvent mise en oeuvre par des sociétés étrangères. Les dommages, parce qu’ils ne se révèleront que dans un délai de cinq à dix ans, ne sont pas pris en compte dans les systèmes comptables qui sont couramment utilisés.
Autre exemple. La gestion des déchets. Les déchets électroniques croissent au rythme de 40 millions de tonnes par an. Ceci n’est dû que très partiellemnt à la consommation interne. C’est l’exportation de ces déchets depuis les pays industrialisés qui provoque leur augmentation.
Le mécanisme du libre-échange permet la circulation de ces déchets et leur rachat par des firmes sises dans les pays pauvres. Or l’activité de retraitement de ces déchets, si elle va enrichir les propriétaires de ces firmes et provoquer une hausse comptable du PIB, va en réalité appauvrir globalement la population des régions où ces firmes sont situées. Ainsi, sous prétexte d’apporter une activité dans un pays pauvre on provoque une dégradation globale de l’environnement des populations concernées, et le tout pour le plus grand profit de quelques-uns. Cette dégradation de l’environnemnt n’est pas directement calculable. Cela permet de proclamer, haut et fort, qu’il y a eu un accroissement de la richesse engendrée par le transfert de ces déchets.
Pour ce qui est de votre théorie de l’équilibre général, elle suppose que les ajustements au sein des activités et entre les activités se font sans frictions ni coûts. Si une activité voit sa production décroître et une autre sa production s’accroître, les facteurs de production (soit le capital et les travailleurs) sont réputés pouvoir automatiquement passer de l’une à l’autre. La possibilité de déséquilibres locaux, même transitoires mais pouvant entraîner une hausse du chômage et une montée des coûts sociaux, n’est pas prise en compte.
Le néolibéralisme propose des mesures pour encourager le libre-échange, la globalisation marchande et financière et la mondialisation. Pas grand différence avec vos théories. En plus vous dites que vous n’êtes ni à droite ni à gauche mais seulement plus à droite que moi. Beau sophisme. Vous vous posez comme un économiste neutre qui connaît la vérité. La seule vérité possible : le libre-échange, le marché libre, la disparition de l’intervention de l’État, etc. Mais ce n’est en somme qu’une prise de position idéologique de droite, que vous le vouliez ou non.
Vous condamner l’État comme étant responsable de tous les maux, sans jamais critiquer le privé, le libre marché, la marchandisation totale de la société. Sauf en tant qu’intellectuel neutre dans sa tour d’ivoîre. En tant qu’intellectuel, votre tâche n’est pas de chercher à démoniser l’État et à promouvoir la mondialisation, mais à tenter, au maximum de vos forces, de démontrer les torts immenses faits aux populations et à l’environnement en laissant le marché libre de toute contrainte.
Vous croyez vraiment que les multinationales sont plus efficaces que l’État pour la protection de l’environnement et des droits des citoyens ? L’État, on peut le contrôler mais pas les multinationnales. Celles-ci n’ont que faire de l’État de droit, seul compte le profit. En passant, l’État de droit ce n’est pas que la "protection adéquate des droits de propriété", c’est même secondaire. Ce qui est important, c’est la protection de la société dans son ensemble, et surtout ceux qui n’ont pas de propriété, c’est-à-dire la vaste majorité de la population.
@Réjean
« la substitution à la forêt primaire de certains pays de plantations de palmiers à huile, qui sont utilisés soit pour fabriquer des biocarburants »
Oui, parce que la plupart des gouvernements (dont les Etats-Unis) exigent un certains contenu de biocarburant dans l’essence et subventionnent même la production.
Le biocarburant n’est pas un produit du libre-marché, c’est un produit de l’intervention étatique. Et le problème avec ces forêts détruites est qu’elles n’appartiennent à personne (sauf à l’État), donc pas de droit de propriété. J’ai largement documenté le sujet et même publié là-dessus.
« La production extensive d’huile de palme est le résultat direct de la globalisation marchande. »
Faux. Elle est le résultat de l’intervention gouvernementale.
« Les dommages, parce qu’ils ne se révèleront que dans un délai de cinq à dix ans, ne sont pas pris en compte dans les systèmes comptables qui sont couramment utilisés. »
Faux. Les dommages ne sont pas pris en compte parce qu’ils se manifestent sur des territoires dont la propriété n’est pas définie.
« Ainsi, sous prétexte d’apporter une activité dans un pays pauvre on provoque une dégradation globale de l’environnement des populations concernées, et le tout pour le plus grand profit de quelques-uns. Cette dégradation de l’environnemnt n’est pas directement calculable. »
Non, car les sites où ces déchets sont enfouis ne sont pas des propriétés privées. C’est un exemple classique de tragédie des biens communs.
« Pour ce qui est de votre théorie de l’équilibre général »
Jamais je n’ai mentionné cette expression sur ce blogue.
« Le néolibéralisme propose des mesures pour encourager le libre-échange, la globalisation marchande et financière et la mondialisation. Pas grand différence avec vos théories. »
Faux. Les libertariens ne proposent aucune « mesure pour encourager » quoi que ce soit. Elle est là la différence majeure. Nous recherchons la liberté de transiger sans entrave c’est tout.
« le libre-échange, le marché libre, la disparition de l’intervention de l’État, etc. Mais ce n’est en somme qu’une prise de position idéologique de droite, que vous le vouliez ou non. »
Faux. La droite ne souhaite pas la disparition de l’intervention de l’État. Elle souhaite l’utiliser à d’autres fins c’est tout (comme la militarisation). Et la droite ne souhaite pas le marché libre (par exemple : criminalisation et guerre à la drogue). Et la droite ne souhaite pas le libre-échange non plus, elle veut juste utiliser le concept pour négocier des accords de commerce qui avantage les intérêt de sa base électorale.
« démontrer les torts immenses faits aux populations et à l’environnement en laissant le marché libre de toute contrainte. »
Le respect des droits de propriété – et donc de la liberté d’autrui – est une contrainte en elle-même. Et plus une société la respecte, mieux l’environnement est protégé. J’en ai fourni de nombreux exemples. Et il y a aussi de nombreux exemples du contraire (les régimes collectivistes ont engendré des désastres environnementaux et de la pollution inégalés).
« Vous croyez vraiment que les multinationales sont plus efficaces que l’État pour la protection de l’environnement et des droits des citoyens ? »
Non. Je crois que la protection des droits de propriété protège efficacement l’environnement et les droits. Personne ne pollue sa propre propriété. Je ne favorise aucunement les multinationales sur toute autre forme d’organisation économique, même que généralement je n’aime pas les multinationales parce qu’elles sont adeptes à utiliser l’interventionnisme étatique à leur avantage pour écraser la concurrence.
« En passant, l’État de droit ce n’est pas que la “protection adéquate des droits de propriété”, c’est même secondaire. »
Peu importe. Il n’y pas de protection des droits de propriété sans État de droit. Et sans protection des droits de propriété, l’activité économique est étouffée, et sans activité économique il n’y a pas de progrès et de création de richesse.
« Ce qui est important, c’est la protection de la société dans son ensemble, et surtout ceux qui n’ont pas de propriété, c’est-à-dire la vaste majorité de la population. »
En effet ! La majorité de la population mondiale voit ses droits de propriété être bafoués et c’est pourquoi il y a tant de pauvres sur la terre. Mieux un pays protège et respecte les droits de propriété de sa population, moins ce pays est pauvre.
Comme par exemple ce pauvre bougre qui s’est immolé par le feu, ce qui a déclenché le printemps arabe. Il voulait simplement le droit d’exploiter son entreprise (un kiosque de fruits) sans se faire harceler par les bureaucrates du gouvernement. On lui avait retiré son permis sous un prétexte bidon et il était découragé.
Vous voulez savoir pourquoi l’Afrique est pauvre ?
Téléchargez et lisez ce livre (1974). Je l’ai gratuitement mis en ligne après l’avoir scanné. Profitez en. C’est gratuit. Le bouquin originel n’est plus en vente, depuis longtemps. C’est une pièce de collection.
https://rapidshare.com/files/2124815290/Race__John_R._Baker__Meng_Hu_s_Blog_.rar
Les pages 325-417 (chap 18-21) décrivent ce qu’est réellement l’Afrique, chose que beaucoup ignorent. Si vous n’avez pas envie de lire les chapitres 18 à 21, alors lisez seulement les pages 398, 399, 400, 527, et 528.
Vous comprendrez alors pourquoi les théories conventionnelles 1) les racines de la pauvreté en Afrique tiennent de la mondialisation 2) les racines de la pauvreté en Afrique tiennent du manque liberté économique 3) les racines de la pauvreté en Afrique tiennent de la pauvreté de la terre. 1) et 2) sont parmi les théories les plus ridicules que je n’ai jamais lues. 3) paraît raisonnable à première vue, à ceci près que cette théorie est contredite par les faits, et cela depuis longtemps. Ces 3 théories en conclusion, sont à jeter. Définitivement.
"Personne ne pollue sa propre propriété" Donc, pour ne pas avoir de pollution et des destruction de l’environnement il faudrait vendre le pays en entier aux multinationnales ! Ça ne vous vient pas à l’idée. C’est facile pourtant.
Vos arguments sont très faibles. Ce ne sont même pas des arguments. Quand vais-je apprendre que la discussion est inutile avec un idéologue qui possède la vérité et qui obverse tout du haut de son ciel.
Vous avez tout simplement une fixation sur le propriété et une peur bleue de l’État, car l’État excercerait une contrainte à la liberté de s’enrichir, liberté qui même si cela crée de la pauvreté, de la destruction environnementale, c’est pas grave, en autant qu’on se remplit les poches au dépens de la civilisation. C’est l’argent qui compte, le reste vient avec…
En fait, pour vivre au paradis terrestre il y a une solution : que les multinationales et les puissances de l’argent possèdent le monde. Là on serait vraiment dans le meilleur des mondes. Mais voyons donc, ça va si bien. C’est juste quand l’humanité se décide à prendre en main son destin que tout va mal. Il faut tout laisser ce gérer tout seul, par la force naturelle du mouvement des capitaux, "la liberté de transiger sans entrave", de faire du profit sans qu’on vienne nous mettre des batons dans les roues pour des questions purement secondaires comme le chômage, la pollution, la pauvreté, les inégalités sociales et économiques. Mais qu’est que je dis, ça n’existe pas ces problèmes, tout cela n’est que de la mythologie.
Les vrais mythe : la concurrence est la panacée, la propriété est le seule mode de production efficace, etc.
@ Réjean
"Quand vais-je apprendre que la discussion est inutile avec un idéologue qui possède la vérité et qui obverse tout du haut de son ciel." Les socialistes ne connaissent rien d’autre que l’idéologie, c’est-à-dire le fait de tenir pour vrai ce qui se déduit de prémisses claires et explicites et est confirmé par quelques faits empiriques soigneusement sélectionnés; en gros, si un raisonnement est bien construit et qu’il sélectionne dans la réalité ce qui l’arrange, faisant fi du reste, il est juste. Réjean ne connaît rien que l’idéologie, alors forcément toute personne adverse sur le plan intellectuel est forcément elle aussi un idéologue…
Réjean se contrefichera des faits que vous lui montrerez pour réfuter ses positions ; tant qu’il y a certains faits empiriques isolés qui semblent aller, si on les prend bien à part, dans le sens de ses positions, il s’en satisfait, sans voir qu’un examen plus approfondi des faits est requis pour prétendre à une véritable objectivité.
Il se contrefichera également de la logique la plus élémentaire: il ne comprendra pas que des prémisses valides ne sont pas seulement claires et explicites mais impossibles à réfuter sans se contredire. "liberté qui même si cela crée de la pauvreté, de la destruction environnementale, c’est pas grave, en autant qu’on se remplit les poches au dépens de la civilisation." Cette assertion présuppose qu’un échange libre s’accomplit au détriment nécessairement d’une partie : que le profit de l’un est perte de l’autre; alors que la science économique repose sur l’axiome de l’action, "les hommes agissent", qu’on ne peut réfuter sans se contredire, et dont se déduit logiquement l’idée qu’un échange volontaire satisfait nécessairement chacune des parties puisque répondant à l’intention exprimée par l’action volontaire de chaque partie.
Chez Réjean, l’idéologie et le sophisme réjeantent