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Posts Tagged ‘système bancaire’

Aux dires de certains, la recherche du profit est un vice qui nuit à la société. À les entendre, plus le profit est élevé, plus les gens se font exploiter par les producteurs. Ils considèrent scandaleux que les producteurs profitent des pénuries pour augmenter leurs prix pour faire plus de profit.

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Un lecteur et ami m’a soumis une série de vingt questions qu’il se posait au sujet du système monétaire. Les voici accompagnées de mes réponses.

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Le PDG de la Banque Nationale du Canada, Louis Vachon, a récemment prononcé une allocution devant le Empire Club du Canada à Toronto, mentionnant que le système bancaire canadien bénéficierait de l’existence d’un plus grand nombre de petite entreprises de services financiers pour comlémenter et/ou concurrencer l’oligopole des grandes banques.*

En fait, les six grandes banques canadiennes manquent cruellement de concurrence; comme nous le verrons plus loin, les rendements de l’industrie sont démesurés et indiquent un manque de concurrence. Mais si les rendements sont si bons, pourquoi n’y a-t-il pas plus de nouveaux entrants sur le marché? Selon M. Vachon, c’est en raison de l’énormité et du coût élevé de la règlementation du système financier canadien, un fardeau insurmontable pour les plus petites entreprises.

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Les banques américaines et le « Foreclosuregate »:

Alors que le « Foreclosuregate » bat son plein (voir cette synthèse de Vincent Bénard en français), les banques américaines pourraient bien se trouver dans l’eau chaude. Cette problématique pourrait faire empirer le marché immobilier américain innondé de reprises de finance.

Les emprunteurs hypothécaires américains ne paient pas leur hypothèque parce que la valeur de celle-ci est supérieure à la valeur de la maison. Ils ont donc un incitatif à remettre les clés à la banque. Pour régler ce problème sans déclencher la réaction en chaîne que nous avons observé, il aurait fallu que les banques prennent une perte et réduisent la valeur de l’hypothèque à un niveau inférieur à la valeur de la maison. Cependant, cela aurait amené leur  capital à un niveau très bas, les mettant en faillite ou à tout le moins éliminant les possibilités de profiter de la reprise.

Les banques ont donc opté pour la « tricherie », utilisant leurs lobbys pour modifier les règles du jeu. Les banques américaines ont bénéficié en avril 2009 d’amendements à certaines règles comptables leur permettant une certaine discrétion quant à l’évaluation de leurs actifs. Autrement dit, certains de leurs actifs dont la valeur s’est fortement dépréciée à l’instar du marché immobilier américain sont maintenus au bilan à une valeur « fictive ». En évitant ces charges, les banques ont pu préserver leur capital et demeurer en opération…du moins en attendant que le marché immobilier reprenne du poil de la bête.

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Que faire pour éviter les récessions ?

En conclusion à cette série d’article, les récessions ne sont qu’un épisode de correction et d’ajustement qui suit un niveau d’activité économique insoutenable étant financé par de l’endettement facilité par une politique monétaire inflationniste de la banque centrale. Ainsi, si on veut éviter la récession, il faut éviter l’excès du boum. Comme le disait l’économiste Ludwig Von Mises en 1949, soit bien avant la crise financière que l’on vient de traverser :

po« Le mouvement ondulatoire qui affecte le système le système économique, la succession de période de boum et de récessions, est le résultat inévitable des tentatives répétées de réduire les taux d’intérêt par l’entremise de l’expansion du crédit. Il n’y a aucun moyen d’éviter l’effondrement final d’un boum économique généré par l’expansion du crédit. »[1]

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Aux dires de certains, la recherche du profit est un vice qui nuit à la société. À les entendre, plus le profit est élevé, plus les gens se font exploiter par les producteurs. Ils considèrent scandaleux que les producteurs profitent des pénuries pour augmenter leurs prix pour faire plus de profit.

Selon eux, le système capitaliste fait en sorte que les prix sont souvent plus élevés que le « juste prix » de façon à ce que les producteurs puissent faire du profit. Alors nationalisons ces producteurs, éliminons le profit et nous économiserons tous! C’est ce raisonnement simpliste qui a, entre autres, servi d’argument aux communistes. Suite à l’échec monumental de cette idéologie, il est clair que la réalité est différente de ce que ces gens pensent et que ce type d’argumentation est fort dangeureux.

En réalité, voici comment le profit crée de la richesse et fait du bien pour la société.

Le profit plaît aux actionnaires:

Le profit est ce qui revient aux actionnaires d’une entreprise après toutes les dépenses, intérêts et impôts. Il peut servir à réinvestir dans l’entreprise pour améliorer les profits futurs ou à verser des dividendes. La valeur d’une entreprise repose essentiellement sur les profits; sans eux l’entreprise ne vaut que la valeur liquidative de ses actifs. Ainsi, les actionnaires ont grand intérêt à ce que les profits soient le plus élevé possible. Par l’entremise du conseil d’administration, les actionnaires de l’entreprise mettent beaucoup de pression sur ses dirigeants (bonus, congédiements, etc) pour que ceux-ci fassent en sorte de maximiser les profits, et donc la valeur des actions. Sans profit il n’y pas de capital et donc pas d’investissement privé. 

Il y a beaucoup de compétition entre les entreprises pour obtenir le capital des actionnaires. Pour obtenir du capital (i.e. que les investisseurs achètent leurs actions), les entreprises doivent démontrer qu’elles sont bien gérées, que leur situation financière est appropriée et que leurs investissements seront profitables. Les marchés financiers agissent donc en tant qu’allocateurs de capital et tentent de faire en sorte que le capital ne soit pas gaspillé et qu’il soit utilisé le mieux possible. Le moteur de tout ce processus d’allocation est le profit. Sans lui, il n’y aurait aucun moyen de savoir si le capital est bien investi et aucune motivation à ce que ce soit le cas.

Le profit incite à minimiser les coûts et incite à l’innovation:

Une bonne façon de maximiser les profits est de réduire ses coûts. Les entreprises font donc en sorte d’améliorer la productivité de leurs employés en engageant les meilleurs candidats possibles, en leur fournissant de la formation et en leur attribuant une rémunération alignée sur la performance (lorsque faisable). Les salaires doivent être le plus bas possible, mais doivent quand même être compétitifs si l’entreprise veut attirer de bon candidats.

D’autre part, l’entreprise investira en marketing pour tenter d’augmenter ses parts de marché. L’augmentation des volumes réalisée grâce au marketing permet de réduire les coûts unitaires totaux, puisque les coûts fixes sont répartis sur un plus grand nombre d’unité, ce qui rentabilise cette dépense. Le profit incite aussi à réduire la bureaucratie au minimum, puisque celle-ci coûte cher à l’entreprise.

L’autre façon de réduire les coûts et d’améliorer la productivité est d’innover. Pour ce faire, l’entreprise devra faire de la recherche & développement pour améliorer ses technologies. Elle pourra aussi investir dans de nouvelles machineries et revoir ses processus logistiques. Sans profit supplémentaire, les entreprises n’auraient aucun incitatif à innover et à investir.

Sur un marché concurrentiel, les entreprises utiliseront ces économies de coûts pour gagner des parts de marché en réduisant leurs prix (sinon un compétiteur le fera à leur place et leur volera des parts de marché). Ces réductions de prix font en sorte d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la société en augmentant le pouvoir d’achat de tous et chacun.

Le profit avantage les consommateurs:

Sur un marché concurrentiel, les producteurs doivent satisfaire leurs consommateurs pour faire du profit. Il y a différentes stratégies pour y arriver, mais si un produit ne plaît pas aux consommateurs par ses caractéristiques, son apparence, sa qualité ou son prix, le producteur ne fera pas beaucoup de profit. Le profit indique donc aux entreprises si ce qu’elles font plaît ou non à leurs clients. Si une entreprise se met à perdre des parts de marché aux mains d’un compétiteur, elle ajustera le tir et s’assurera de récupérer ses clients en améliorant son produit ou en réduisant le prix pour qu’il plaise davantage aux consommateurs.

Le profit permet d’éviter les pénuries et les surplus:

Le profit incite aussi les producteurs à produire des quantités optimales de biens et services. Si un bien est produit en trop grande quantité, les producteurs seront pris avec des surplus qu’ils devront écouler à bas prix, ce qui n’est pas bon pour les profits. La recherche du profit décourage donc ce comportement.

D’autre part, si un bien est produit en quantité insuffisante, les producteurs pourront augmenter leurs prix et ainsi faire de plus gros profits. Cependant, cette situation ne durera pas longtemps puisque les prix élevés inciteront à produire davantage et attireront de nouveaux concurrents sur le marché. La recherche du profit permet donc de minimiser les pénuries.

En fait, la recherche du profit fait en sorte d’optimiser les quantités produites pour que les marchés balancent et que la demande soit efficacement rencontrée par l’offre.

Le profit et la concurrence:

Malheureusement, certains profits ne sont pas mérités. Pour que le profit ait les effets positifs ci-haut décrits, il faut que le marché soit concurrentiel, sinon les producteurs pourront se permettre des prix plus élevés, des coûts moins compétitifs et/ou une qualité qui ne convient pas aux consommateurs. La concurrence est donc un ingrédient essentiel du capitalisme.

Ceci étant dit, le manque de concurrence est souvent le résultat de politiques de l’État. On pourrait mentionner les tarifs douaniers, les subventions, les contrats sans appel d’offre, certaines règlementations augmentant les barrières à l’entrée, les systèmes de quotas et de gestion de l’offre ainsi que les brevets, comme des politiques provenant directement de l’État qui réduisent le niveau de compétition. À ce moment-là, le profit cesse d’être à notre service et sert alors les intérêts corporatistes. Les entreprises travaillent évidemment fort, à l’aide de leurs lobbys et groupes de pression, pour soutirer ces protections à l’État.

Le profit et la monnaie:

L’autre situation dans laquelle le profit joue mal son rôle dans l’allocation du capital est lorsque la monnaie est manipulée. Lorsque la banque centrale et le système bancaire créent de la monnaie à partir de rien en quantité suffisante pour influencer les taux d’intérêt et les prix, cela a comme impact d’artificiellement augmenter les profits et mène à de mauvais investissements (voir l’ABCT). Durant la récession qui suit ces épisodes, le nettoyage de ces mauvais investissements est un processus pénible pour ceux qui sont touchés et perdent leur emploi. C’est pourquoi une monnaie libre de toute manipulation et un système bancaire sain sont des ingrédients essentiels d’une économie compétitive et soutenable.

Conclusion:

Les régimes communistes nous ont donné une bonne vision de ce qu’il arrive lorsqu’il n’y pas de profit. Absence d’innovation, manque d’investissement, gaspillage de ressources, coûts exhorbitants, pénuries, produits de mauvaise qualité qui ne répondent pas aux besoins de la population; telles sont les conséquences désastreuses de l’absence de profit dans une économie. Il faut cesser de blâmer les entreprises qui font du profit et plutôt éliminer les barrières à la concurrence de façon à ce que ces profits aient l’effet escompté; c’est-à-dire d’augmenter notre niveau de vie.

Annexe:

Ce petit article de Éric Grenier paru sur Canoë est un excellent exemple de la confusion et de l’indignation indue qui règnent face au profit.

« le légendaire Jim Rogers, se réjouit de ses placements dans le monde agricole. Because? La famine guette le monde! Je le cite tel que rapporté par ma distinguée collègue aux Affaires, Diane Bérard: «Il n’y a pas assez de nourriture pour tous les habitants de la planète, alors tout ce qui est lié à ce secteur – fertilisants, machinerie, aliments – se transformera en or.» Cynique, dites-vous? »

La réalité est que nous devrions plutôt applaudir les investisseurs comme Jim Rogers qui recherchent le profit, puisque leur capital sera investi dans la capacité de production agricole, ce qui contribuera à produire la nourriture nécessaire à contrer la famine. Il est peut-être cynique de penser ainsi, mais c’est le résultat qui compte.

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Le prix de l’or a beaucoup augmenté durant la crise (voir graphique 1 ci-bas), allant d’environ $650 vers la mi-2007 à plus de $1,000 au sommet de la crise au début 2008. Il s’est ensuite écroulé à $700, pour ensuite remonter à environ $1,150 aujourd’hui. Qu’est-ce qui explique cette remontée malgré le fait que l’inflation (en terme d’augmentation de l’indice des prix à la consommation) est présentement très faible aux États-Unis et que certains parlent encore de risque de déflation?

La base monétaire (MB) a augmenté énormément durant la crise (voir graphique 2); résultat de la création de monnaie ex nihilo par la Federal Reserve. Cependant, cette nouvelle monnaie n’a pas été convertie en nouveaux prêts et est demeurée sous la forme de réserves bancaires (voir graphique 3).

Comme je l’ai souvent expliqué, l’économie est encore très faible; les mauvais investissements du boum n’ont pas encore été radiés et l’économie n’est pas prête à entâmer un autre cycle d’endettement.

On peut clairement observer le phénomène au niveau du multiplicateur monétaire et de la vélocité de la monnaie.

Le multiplicateur monétaire:

Le multiplicateur monétaire est le ratio entre la masse monétaire en circulation (M2) et la base monétaire sous forme de réserves à la banque centrale (MB). Plus le multiplicateur est élevé, plus le potentiel inflationniste est élevé. Le multiplicateur a cependant une limite: il ne peut être plus élevé que la réciproque du ratio de réserves requis (RRR). Donc, si le RRR est de 10%, le multiplicateur ne peut dépasser 10x. Le multiplicateur monétaire s’est écroulé durant la crise et ne semble montrer aucun signe de vie (voir graphique 4).

 La vélocité de la monnaie:

La vélocité de la monnaie est la vitesse à laquelle la monnaie change de main dans l’économie sur une période donnée en pourcentage de la masse monétaire. Plus la vélocité de la monnaie est élevée, plus le potentiel inflationniste est élevé puisque la nouvelle monnaie crée est plus rapidement reflétée dans les prix.  Elle s’est aussi écroulée durant la récession et demeure présentement très basse (voir graphique 5).

Les implications pour l’or:

Pourquoi acheter de l’or s’il n’y pas d’inflation dans les prix et que le multiplicateur et la vélocité de la monnaie sont au plancher?

Je pense que les investisseurs qui achètent de l’or mise sur le potentiel inflationniste futur de l’économie. Premièrement, ils sont conscients qu’avec les déficits prévus au niveau Fédéral, la croissance de la base monétaire n’est pas terminée. Deuxièmement, ils sont aussi conscients qu’aussitôt que la vélocité de la monnaie va se redresser, l’inflation va être sévère.

Plus MB sera convertie en M2, plus l’inflation sera élevée,et comme MB est immense présentement relativement à M2, le potentiel inflationniste est gigantesque. La seule façon de prévenir cette inflation efficacement serait de détruire de la monnaie de base (MB), mais cela serait désastreux pour les banques. Il n’est pas possible de créer autant de monnaie sans générer d’inflation éventuellement; c’est de la simple arithmétique…

Je ne vous dit pas que le prix de l’or va atteindre $2,000 d’ici la fin de l’année. Il a déjà beaucoup monté et reflète déjà partiellement cette situation. Cependant, je pense qu’une baisse du prix de l’or serait fortement limitée par la taille de la base monétaire et qu’il y a encore du potentiel de hausse.

L’autre implication importante est que si l’économie se renforcit, ce qui ferait remonter le vélocité de la monnaie et génèrerait de l’inflation, le prix de l’or en bénéficerait. Nous pourrions donc assister à un scénario dans lequel le prix de l’or bénéficierait d’une reprise économique. Cela n’a pas souvent été observé à ma connaissance. 

Graphique 1: Prix de l’or

Graphique 2: Base monétaire

 

Graphique 3: Réserves bancaires excédentaires et croissance des prêts

Graphique 4: Multiplicateur monétaire

Graphique 5: Vélocité de la monnaie

 

 

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