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Aux dires de certains, la recherche du profit est un vice qui nuit à la société. À les entendre, plus le profit est élevé, plus les gens se font exploiter par les producteurs. Ils considèrent scandaleux que les producteurs profitent des pénuries pour augmenter leurs prix pour faire plus de profit.

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Note: cet article fut initialement publié en mars 2010.

Selon certaines personnes de l’école keynesienne / néoclassique, les marchés sont médiocres pour allouer les ressources parce qu’ils souffrent de défauts récurrents. Ceux-ci se basent sur la théorie de la concurrence pure et parfaite, et observent que les conditions nécessaires au « bon fonctionnement » d’un marché ne sont jamais réunies.

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Aux dires de certains, la recherche du profit est un vice qui nuit à la société. À les entendre, plus le profit est élevé, plus les gens se font exploiter par les producteurs. Ils considèrent scandaleux que les producteurs profitent des pénuries pour augmenter leurs prix pour faire plus de profit.

Selon eux, le système capitaliste fait en sorte que les prix sont souvent plus élevés que le « juste prix » de façon à ce que les producteurs puissent faire du profit. Alors nationalisons ces producteurs, éliminons le profit et nous économiserons tous! C’est ce raisonnement simpliste qui a, entre autres, servi d’argument aux communistes. Suite à l’échec monumental de cette idéologie, il est clair que la réalité est différente de ce que ces gens pensent et que ce type d’argumentation est fort dangeureux.

En réalité, voici comment le profit crée de la richesse et fait du bien pour la société.

Le profit plaît aux actionnaires:

Le profit est ce qui revient aux actionnaires d’une entreprise après toutes les dépenses, intérêts et impôts. Il peut servir à réinvestir dans l’entreprise pour améliorer les profits futurs ou à verser des dividendes. La valeur d’une entreprise repose essentiellement sur les profits; sans eux l’entreprise ne vaut que la valeur liquidative de ses actifs. Ainsi, les actionnaires ont grand intérêt à ce que les profits soient le plus élevé possible. Par l’entremise du conseil d’administration, les actionnaires de l’entreprise mettent beaucoup de pression sur ses dirigeants (bonus, congédiements, etc) pour que ceux-ci fassent en sorte de maximiser les profits, et donc la valeur des actions. Sans profit il n’y pas de capital et donc pas d’investissement privé. 

Il y a beaucoup de compétition entre les entreprises pour obtenir le capital des actionnaires. Pour obtenir du capital (i.e. que les investisseurs achètent leurs actions), les entreprises doivent démontrer qu’elles sont bien gérées, que leur situation financière est appropriée et que leurs investissements seront profitables. Les marchés financiers agissent donc en tant qu’allocateurs de capital et tentent de faire en sorte que le capital ne soit pas gaspillé et qu’il soit utilisé le mieux possible. Le moteur de tout ce processus d’allocation est le profit. Sans lui, il n’y aurait aucun moyen de savoir si le capital est bien investi et aucune motivation à ce que ce soit le cas.

Le profit incite à minimiser les coûts et incite à l’innovation:

Une bonne façon de maximiser les profits est de réduire ses coûts. Les entreprises font donc en sorte d’améliorer la productivité de leurs employés en engageant les meilleurs candidats possibles, en leur fournissant de la formation et en leur attribuant une rémunération alignée sur la performance (lorsque faisable). Les salaires doivent être le plus bas possible, mais doivent quand même être compétitifs si l’entreprise veut attirer de bon candidats.

D’autre part, l’entreprise investira en marketing pour tenter d’augmenter ses parts de marché. L’augmentation des volumes réalisée grâce au marketing permet de réduire les coûts unitaires totaux, puisque les coûts fixes sont répartis sur un plus grand nombre d’unité, ce qui rentabilise cette dépense. Le profit incite aussi à réduire la bureaucratie au minimum, puisque celle-ci coûte cher à l’entreprise.

L’autre façon de réduire les coûts et d’améliorer la productivité est d’innover. Pour ce faire, l’entreprise devra faire de la recherche & développement pour améliorer ses technologies. Elle pourra aussi investir dans de nouvelles machineries et revoir ses processus logistiques. Sans profit supplémentaire, les entreprises n’auraient aucun incitatif à innover et à investir.

Sur un marché concurrentiel, les entreprises utiliseront ces économies de coûts pour gagner des parts de marché en réduisant leurs prix (sinon un compétiteur le fera à leur place et leur volera des parts de marché). Ces réductions de prix font en sorte d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la société en augmentant le pouvoir d’achat de tous et chacun.

Le profit avantage les consommateurs:

Sur un marché concurrentiel, les producteurs doivent satisfaire leurs consommateurs pour faire du profit. Il y a différentes stratégies pour y arriver, mais si un produit ne plaît pas aux consommateurs par ses caractéristiques, son apparence, sa qualité ou son prix, le producteur ne fera pas beaucoup de profit. Le profit indique donc aux entreprises si ce qu’elles font plaît ou non à leurs clients. Si une entreprise se met à perdre des parts de marché aux mains d’un compétiteur, elle ajustera le tir et s’assurera de récupérer ses clients en améliorant son produit ou en réduisant le prix pour qu’il plaise davantage aux consommateurs.

Le profit permet d’éviter les pénuries et les surplus:

Le profit incite aussi les producteurs à produire des quantités optimales de biens et services. Si un bien est produit en trop grande quantité, les producteurs seront pris avec des surplus qu’ils devront écouler à bas prix, ce qui n’est pas bon pour les profits. La recherche du profit décourage donc ce comportement.

D’autre part, si un bien est produit en quantité insuffisante, les producteurs pourront augmenter leurs prix et ainsi faire de plus gros profits. Cependant, cette situation ne durera pas longtemps puisque les prix élevés inciteront à produire davantage et attireront de nouveaux concurrents sur le marché. La recherche du profit permet donc de minimiser les pénuries.

En fait, la recherche du profit fait en sorte d’optimiser les quantités produites pour que les marchés balancent et que la demande soit efficacement rencontrée par l’offre.

Le profit et la concurrence:

Malheureusement, certains profits ne sont pas mérités. Pour que le profit ait les effets positifs ci-haut décrits, il faut que le marché soit concurrentiel, sinon les producteurs pourront se permettre des prix plus élevés, des coûts moins compétitifs et/ou une qualité qui ne convient pas aux consommateurs. La concurrence est donc un ingrédient essentiel du capitalisme.

Ceci étant dit, le manque de concurrence est souvent le résultat de politiques de l’État. On pourrait mentionner les tarifs douaniers, les subventions, les contrats sans appel d’offre, certaines règlementations augmentant les barrières à l’entrée, les systèmes de quotas et de gestion de l’offre ainsi que les brevets, comme des politiques provenant directement de l’État qui réduisent le niveau de compétition. À ce moment-là, le profit cesse d’être à notre service et sert alors les intérêts corporatistes. Les entreprises travaillent évidemment fort, à l’aide de leurs lobbys et groupes de pression, pour soutirer ces protections à l’État.

Le profit et la monnaie:

L’autre situation dans laquelle le profit joue mal son rôle dans l’allocation du capital est lorsque la monnaie est manipulée. Lorsque la banque centrale et le système bancaire créent de la monnaie à partir de rien en quantité suffisante pour influencer les taux d’intérêt et les prix, cela a comme impact d’artificiellement augmenter les profits et mène à de mauvais investissements (voir l’ABCT). Durant la récession qui suit ces épisodes, le nettoyage de ces mauvais investissements est un processus pénible pour ceux qui sont touchés et perdent leur emploi. C’est pourquoi une monnaie libre de toute manipulation et un système bancaire sain sont des ingrédients essentiels d’une économie compétitive et soutenable.

Conclusion:

Les régimes communistes nous ont donné une bonne vision de ce qu’il arrive lorsqu’il n’y pas de profit. Absence d’innovation, manque d’investissement, gaspillage de ressources, coûts exhorbitants, pénuries, produits de mauvaise qualité qui ne répondent pas aux besoins de la population; telles sont les conséquences désastreuses de l’absence de profit dans une économie. Il faut cesser de blâmer les entreprises qui font du profit et plutôt éliminer les barrières à la concurrence de façon à ce que ces profits aient l’effet escompté; c’est-à-dire d’augmenter notre niveau de vie.

Annexe:

Ce petit article de Éric Grenier paru sur Canoë est un excellent exemple de la confusion et de l’indignation indue qui règnent face au profit.

« le légendaire Jim Rogers, se réjouit de ses placements dans le monde agricole. Because? La famine guette le monde! Je le cite tel que rapporté par ma distinguée collègue aux Affaires, Diane Bérard: «Il n’y a pas assez de nourriture pour tous les habitants de la planète, alors tout ce qui est lié à ce secteur – fertilisants, machinerie, aliments – se transformera en or.» Cynique, dites-vous? »

La réalité est que nous devrions plutôt applaudir les investisseurs comme Jim Rogers qui recherchent le profit, puisque leur capital sera investi dans la capacité de production agricole, ce qui contribuera à produire la nourriture nécessaire à contrer la famine. Il est peut-être cynique de penser ainsi, mais c’est le résultat qui compte.

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Selon certaines personnes de l’école keynesienne / néoclassique, les marchés sont médiocres pour allouer les ressources parce qu’ils souffrent de défauts récurrents. Ceux-ci se basent sur la théorie (notez bien qu’il s’agit d’une théorie) de la concurrence pure et parfaite, et observent que les conditions nécessaires au « bon fonctionnement » d’un marché ne sont jamais réunies.

Voyons quelles sont ces conditions:

  1. Atomicité des agents : il faut qu’il y ait un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs, ce qui empêche toute coalition entre acteurs économiques. Autrement dit, les agents ne doivent pas avoir suffisamment d’importance pour directement influencer le prix par leurs transactions sur le marché.
  2. Homogénéité des produits : les produits sont semblables et donc interchangeables.
  3. Transparence de l’information : toutes les caractéristiques du marché sont connues des acteurs de façon gratuite et immédiate.
  4. Libre entrée et libre sortie : il ne doit y avoir aucune entrave tarifaire (protectionnisme), administrative ou technique à l’entrée d’un offreur ou d’un demandeur supplémentaire.
  5. Libre circulation des facteurs de production : la main-d’œuvre et les capitaux se dirigent spontanément vers les marchés où la demande est supérieure à l’offre ; il n’y a pas de délai ni de coût dans leur reconversion.

À la lecture de ces hypothèses, vous aurez vite réalisé qu’elles sont très rarement confirmées par la réalité, ce qui implique que la concurrence pure et parfaite n’existe pas. Cette « doctrine » néoclassique veut qu’en l’absence de concurrence pure et parfaite, il est impossible de maximiser l’utilité des agents économiques (l’optimum de Pareto); le marché est donc inefficace ce qui justifie que l’État intervienne pour corriger le tir et atteindre la situation optimale.

La réalité est tout autre. L’optimum de Pareto n’est à la base qu’une démonstration mathématique d’un concept plutôt utopique et pas nécessairement souhaitable. Un état optimal au sens de Pareto signifie qu’on ne peut améliorer l’utilité d’un agent sans réduire celle d’un autre agent. Pour fonctionner, la démonstration a besoin de ces cinq hypothèses (ci-haut mentionnées), lesquelles ne sont pratiquement jamais satisfaites. Cela prouve que le concept ne fonctionne pas, mais ça ne prouve pas que le marché ne fonctionne pas et qu’il n’est pas le meilleur moyen d’allouer les ressources!

Premièrement, de nombreux états possibles de la société sont des optima de Pareto. Pour cette raison, une situation d’optimalité au sens de Pareto n’est pas nécessairement une situation souhaitable ou « idéale ». Pour prendre un exemple extrême, une société où toutes les richesses appartiennent à un seul homme est un optimum de Pareto, car transférer une partie de ses richesses à d’autres personnes réduirait le bien-être d’au moins un individu. L’optimum de Pareto n’est donc pas nécessairement souhaitable.

Deuxièmement, en voulant corriger les « failles du marché », les interventions de l’État ont souvent des conséquences négatives inattendues qui font en sorte que la situation se détériore plutôt que de s’améliorer. En réalité, l’État n’est pas plus rationnel que les agents du marché et ne peut savoir quelles sont leurs préférences.

Le libre-marché, quant à lui, fait en sorte d’auto-corriger ses failles en fonction des préférences des consommateurs. Voici quelques exemples:

1. Si un vendeur devient trop important et influence les prix à la hausse, ses profits plus élevés attireront les nouveaux entrants et la situation sera rétablie automatiquement. Si un acheteur devient trop important et utilise son pouvoir de négociation pour faire baisser les prix, l’offre diminuera et le marché s’ajustera. Aucune intervention étatique n’est nécessaire.

2. Sur le marché de l’automobile, chaque modèle est différent. Si un fabricant amène un nouveau modèle sur le marché, la demande ne sera inititalement pas optimale, puisque le produit est inconnu et différent de ses concurrents. Cependant, le nouveau véhicule sera analysé par les publications spécialisées et le « bouche-à-oreille » fera son oeuvre. Par la suite, le marché s’ajustera et la demande reflètera les préférences des consommateurs pour les automobiles, étant donné leurs particularités et leurs qualités. Le produit n’a pas besoin d’être homogène et il n’y a aucune raison pour que l’État intervienne pour qu’il en soit autrement (des Ladas pour tous!).

3. L’information est asymétrique et a un coût d’acquisition, ce qui est indéniable. C’est pourquoi l’État tente de favoriser la transparence de l’information en forçant les vendeurs à donner plus d’information, que ce soit sur l’étiquette ou par un autre moyen. Cette intervention est inutile puisqu’elle ne tient pas compte des préférences des consommateurs quant à l’information. Nous pouvons imaginer les situations suivantes sur le marché de l’eau de javel:

 A. L’une des trois marques disponibles (XYZ) offre un étiquettage plus complet, mais se vend plus cher. Ses parts de marché sont faibles puisque les consommateurs n’attribuent pas beaucoup de valeur à ces informations additionnelles et préfèrent donc payer moins cher. La marque XYZ finit par réduire l’étiquettage pour réduire ses coûts et baisser son prix.

B. L’une des trois marques disponibles (XYZ) offre un étiquettage plus complet, mais se vend plus cher. Les consommateurs apprécient l’information additionnelle et sont donc prêts à payer plus cher pour cette marque. Ses parts de marché augmentent, ce qui force les deux autres marques à améliorer leur étiquettage.

C. Les trois marques disponibles ne fournissent que très peu d’information sur leur étiquette. Cependant, les consommateurs préfèrent nettement la marque XYZ parce qu’elle est plus efficace. Ce fait a d’ailleurs été confirmé par le magazine Protégez-vous et par l’émission l’Épicerie. Les ventes de XYZ sont excellentes.

D. L’État oblige les trois marques disponibles à divulguer une panoplie d’informations sur leur étiquette. Cette politique fait augmenter les coûts de production et, par conséquent, les prix de vente de l’eau de javel. La demande diminue.

Dans les trois premiers cas, l’information n’est pas « parfaitement » transparente, mais une situation optimale est quand même atteinte sans intervention de l’État. Dans la quatrième situation, on ne peut savoir si la situation est optimale, à savoir si les consommateurs sont généralement satisfaits de payer plus cher pour avoir l’information additionnelle. La politique est imposée par décret et le consommateur n’a pas son mot à dire.

4. La quatrième condition (libre entrée et sortie) est spécifiquement minée par l’intervention étatique puisque les barrières à l’entrée sont généralement une conséquence de celle-ci. C’est presque toujours l’État qui crée des monopoles ou des oligopoles par ses interventions. Est-ce qu’un avantage technique peut permettre à un producteur de barrer l’entrée à la compétition indéfiniement? J’en doute fortement…à moins que l’État ne lui octroie un brevet!

5. Il est plutôt rare qu’une industrie « frappe un mur » et se retrouve subitement à l’agonie. Le déclin d’une industrie se produit plutôt graduellement et lentement, ce qui laisse le temps aux facteurs de production de s’adapter…sauf si l’État tente de maintenir cette industrie en vie et repousse les problèmes en la subventionnant. Le choc sera alors plus brutal et l’adaptation plus laborieuse.

Par exemple, lorsque le téléphone est apparu, le nombre de jeunes individus voulant devenir opérateur de télégraphe a sûrement diminué, alors que plusieurs opérateurs de télégraphe sont sans doute retournés sur les bancs d’école pour apprendre un autre métier. Les plus agés ont pris leur retraite. L’offre de ce type de travail a par conséquent graduellement diminué et a été redirigée ailleurs. Le processus n’est pas immédiat et n’est pas sans coût, comme le voudrait la théorie néoclassique, mais c’est quand même le mieux qu’on puisse faire.

La machinerie d’une industrie en déclin est aussi redirigée dans l’économie. Si une machine peut être utilisée dans une autre industrie, elle est vendue à un producteur de cette industrie, sinon ses composantes sont recyclées, ne seraient-ce que pour la valeur du métal qu’elle contient.

Lorsque l’État décide de quelles industries doivent être « sauvées » et de quelles industries seront florissantes, et qu’il intervient à grands coups de subventions pour faciliter la chose, il fait trop souvent plus de tort que de bien et perturbe ce magnifique processus qu’est la destruction créatrice.

En somme, la concurrence pure et parfaite est une utopie pratiquement inatteignable. Cependant, le libre-marché est le seul mécanisme capable de nous en approcher. Chaque intervention de l’État visant à corriger le marché a des conséquences négatives, certes non-intentionnelles, mais tout de même dommageables à la création de richesse.

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Lorsqu’il est question des bulles financières, les étatistes / keynesiens blâment généralement le capitalisme et le libre-marché. Ils nous parlent alors de « capitalisme disfonctionnel » ou « d’échec du marché » ou des fameux « esprits animaliers » de l’humain et de son « exhubérance irrationnelle ». Ils ne réalisent pas que les bulles financières sont une conséquence directe de l’interventionnisme étatique. La raison est fort simple: l’ingrédient essentiel d’une bulle est la création de monnaie ou le débasement de la monnaie.

J’ai expliqué ici comment la Federal Reserve a gonflé la bulle immobilière de 2007; en menant une politique monétaire expansionniste et inflationniste. Il est facile de démontrer qu’une bulle est impossible sans création de monnaie. Dans une économie sans création de monnaie ex nihilo, l’activité qui fait l’objet d’une bulle spéculative (par exemple l’immobilier résidentiel) détourne la monnaie des autres activités économiques. La baisse des revenus de ces autres activités fera diminuer l’activité économique globale, ce qui laissera moins d’argent pour entretenir la spéculation. Conséquemment, la bulle s’éteindra d’elle-même.

Mais dans un système avec une banque centrale qui « imprime » de la monnaie et un système bancaire à réserves fractionnaires, l’endettement permet « d’avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre »! La création de monnaie est le carburant d’une bulle, et lorsqu’on finit par retirer le carburant, le feu s’éteint et la bulle dégonfle.

La bulle des tulipes

Toutes les bulles que j’ai étudiées respectent cette règle (i.e. l’ingrédient essentiel y était présent), mais l’une d’entre elles a introduit un doute dans mon esprit: la bulle des tulipes de 1637 (a.k.a. tulipomania). La raison est que la Hollande bénéficiait à l’époque d’une monnaie solide basée sur l’or, ce qui semble impliquer que l’ingrédient essentiel d’une bulle n’y était pas.

Tout a débuté en 1593 lorsque les premiers bulbes de tulipe ont été introduits en Hollande de Constantinople et sont devenus des items de luxe très en demande. Certaines tulipes ont été atteintes d’un virus non-mortel appelé « mosaïque » qui avait comme effet de générer de magnifiques couleurs en forme de flames sur les pétales. Ces tulipes se vendaient à prime.

La montée des prix a attiré les spéculateurs et les bulbes ont commencé à se transiger sur des marchés financiers. En 1634, la folie avait atteint la classe moyenne. Certains auraient même échangé leurs terres et leur bétail pour acquérir un seul bulbe. Les prix de certains bulbes ont monté jusqu’à 10 fois le salaire annuel d’un ouvrier. Lorsque les prix ont commencé à plafonner, les gens se sont mis à vendre pour prendre leurs profits et le marché s’est écroulé, entraînant une dépression économique.

La monnaie hollandaise

Suite à la découverte de l’Amérique par Colomb en 1492 et l’invastion du Mexique par Cortez en 1519, des tonnes de métaux précieux (or et argent) sont entrés en Europe. La production de métaux précieux du Japon était aussi en pleine expansion et la compagnie Hollandaise de l’Inde Orientale avait, depuis 1624, le monopole sur le commerce avec le Japon.

La Hollande était une destination de choix pour tout cet or et ce pour plusieurs raisons:

1) La Hollande était à l’époque le centre du commerce européen.

2) La Hollande permettait la libre production de pièces d’or. Ainsi, pour éviter les taxes royales des autres royaumes, l’or aboutissait en Hollande où il était fondu sur place en pièces d’or affranchies de taxes.

3) C’est en 1609 que la Banque d’Amsterdam fut fondée par la ville. Celle-ci recueillait les dépôts en or et émettait de la monnaie papier en contrepartie. Cette banque centrale conservait 100% de ses réserves en espèces; elle n’engendrait donc aucune création de monnaie. C’est justement pourquoi elle était perçue comme une institution saine, ce qui avait beaucoup d’attrait pour les détenteurs d’or du monde.

Conséquemment, l’afflux d’or en Hollande a eu comme effet de faire grandement augmenter la masse monétaire et de générer de l’inflation. Lorsque la folie des tulipes s’est manifestée, cet or a été investi dans les bulbes, ce qui a engendré une bulle démesurée.

L’exception confirme donc la règle!

Pour plus de détails, voir ceci.

La bulle du menhir

Il y a quelques temps, un visiteur de ce blogue me suggérait la lecture d’un excellent billet qu’il a écrit sur l’album Obélix et compagnie de Goscinny; une satire du keynesiannisme. J’ai suivi son conseil et me suis procuré cette bande-dessinée.

Question de mettre la zizannie dans le village, les romains se mettent à acheter non pas des tulipes, mais des menhirs. Saugrenus achète donc un premier menhir à Obelix pour 100 pièces d’or et lui promet de lui en acheter beaucoup d’autres. Cette somme se veut donc une injection de nouvelle monnaie dans l’économie du village gaulois.

Comme Obélix n’a plus le temps de chasser, il paie un autre gaulois pour lui procurer des sangliers. La nouvelle monnaie fait donc son chemin dans l’économie du village. D’autres villageois envient la richesse d’Obélix et se mettent à produire des menhirs. Au fur et à mesure que la production de menhirs augmente, l’inflation se fait sentir et les prix des biens augmentent dans le village. Comme les gaulois ne produisent plus rien, ils doivent tout importer.

César tente de se débarrasser des menhirs gaulois qu’il achète en les vendant à la population romaine via une opération marketing. La demande explose pour cet item « de luxe » et la bulle va bon train. La production de menhirs envahit alors l’empire Romain; de Rome et d’ailleurs, ce qui déclenche le réflexe protectionniste.

Les prix baissent ce qui fait en sorte que César ne peut plus payer autant pour les menhirs gaulois. Lorsque les romains cessent d’acheter des menhirs, la bulle dégonfle, laissant les finances publiques de Rome en piteux état et un immense stocks de menhirs invendus et inutiles.

Quel génie ce Goscinny!

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