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Dans un billet précédent sur la double-taxation des profits à travers les dividendes et gains en capital, j’ai mentionné que les changements de l’impôt corporatif pouvaient engendrer des distorsions économiques. J’aimerais ici apporter quelques explications sur l’impact des impôts sur le comportement des entreprises.

 

L’un des ratio les plus utilisés pour évaluer la rentabilité d’une entreprise par rapport à son capital est le rendement de l’avoir des actionnaires ou return on equity (ROE). On calcule ce ratio en divisant les bénéfices nets par l’avoir des actionnaires. Une entreprise oeuvrant dans une industrie concurrentielle cherchera à atteindre un ROE cible d’environ 12% dépendamment du risque de l’industrie dont il est question. Le ROE est en quelque sorte un indicateur de l’attrait d’une industrie et indiquera si cette industrie devrait attirer le capital pour stimuler l’investissement ou repousser le capital vers d’autres industries.

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dividendes

Dans leur incessante quête à faire augmenter les revenus de l’état, certains gauchistes pensent que la manne se trouve dans l’imposition des dividendes et des gains en capital (D&GC). Plus précisément, ceux-ci s’imaginent que les D&GC bénéficient d’un « traitement préférentiel » dû au fait que les dividendes font l’objet d’un crédit d’impôt et que les gains en capital ne sont imposés qu’à 50%. Ils sont aussi contre le fait que les gains en capital ne sont imposés que lorsque le placement est liquidé, ce qui permet de différer l’impôt. Selon eux, l’imposition à 100% des D&GC permettrait de régler le paradoxe de Warren Buffet, qui paierait un taux d’imposition inférieur à sa secrétaire…

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Si vous avez écouté le premier débat entre Donald Trump et Hillary Clinton, vous aurez peut-être entendu la secrétaire d’État s’exclamer que « les trickle-down economics » ne fonctionnent pas. En revanche, Donald Trump affirme que réduire les impôts pour les plus riches bénéficie aux pauvres. Qui a raison?

 

Voici ce que Mme Clinton a dit lors du débat :

 

« the kind of plan that Donald has put forth would be trickle-down economics all over again. In fact, it would be the most extreme version, the biggest tax cuts for the top percent of the people in this country than we’ve ever had. I call it trumped-up trickle-down, because that’s exactly what it would be. That is not how we grow the economy. Trickle-down did not work. It got us into the mess we were in, in 2008 and 2009. Slashing taxes on the wealthy hasn’t worked. »

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Vous avez peut-être récemment entendu parlé de la forte hausse de prix du médicament Epipen mise en place par Mylan au cours des dernières années. Le produit se vend maintenant $600 aux États-Unis comparativement à $100 en 2009.

 

En fait, Epipen n’est rien d’autre qu’un injecteur d’épinéphrine (appelée aussi adrénaline). L’ épinéphrine est une molécule que l’on synthétise depuis 1906 et ne coûte qu’environ 10 sous par dose à produire. C’est l’injecteur qui constitue la principale technologie défendue par Mylan. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de concurrence dans ce créneau? Pourtant, l’Europe ne compte pas moins de 8 versions concurrentes de ce produit (ici).

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En théorie, la règlementation gouvernementale sert à protéger la population des supposées « failles » du libre-marché. Mais en pratique, est-ce que ça fonctionne?

 

En 1971, l’économie George Stigler a avancé la théorie de la capture règlementaire, ce qui allait lui valoir le prix Nobel. Ce phénomène se produit lorsque l’agence de règlementation agi dans l’intérêt des entreprises qu’elle régule plutôt que dans l’intérêt de la population. Le phénomène peut se manifester de différentes manières :

 

  • Par les contributions aux campagnes électorales de politiciens, qui agiront ensuite dans l’intérêt de l’industrie ou d’une firme en particulier.
  • Par le lobbying politique, dans le but d’influencer les votes des parlementaires ou encore le contenu exact des lois.
  • En offrant des cadeaux directs ou indirects aux membres de l’agence de règlementation pour les influencer.
  • En s’assurant que d’anciens employés de l’industrie ou d’une firme soient embauchés par l’agence de règlementation.
  • En promettant directement ou indirectement d’embaucher des membres de l’agence de règlementation dans le futur.

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Le marché immobilier résidentiel des États-Unis est la plus importante classe d’actif au monde, avec US$26 billions d’actifs et US$11 billions de créances hypothécaires. Pourtant ce marché est présentement largement socialisé car des entités faisant partie du gouvernement en ont garanti US$6.4 billions, soit 58% de toutes les hypothèques!

 

Environ 60% à 70% des nouvelles hypothèques sont titrisées chaque année auprès d’agences gouvernementales (Fannie Mae, Freddie Mac, Ginnie Mae, FHA) et cette proportion dépassait les 80% dans les années suivant la crise financière.

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En août dernier, le magazine The Economist a débuté une série de 6 articles sur de grandes idées économiques par un article sur « Le marché des citrons », par George Akerlof, dont le papier fut publié en 1970. Contrairement à ce que son titre suggère, ce papier ne porte pas sur la vente de fruits, mais plutôt sur l’asymétrie d’information en utilisant l’exemple des voitures usagées, qui peuvent parfois être d’excellente qualité (les pêches) ou de piètre qualité (les citrons).

 

Imaginez un marché où 50% des voitures sont des pêches (qui valent $2000) et 50% sont des citrons (qui valent $1000). L’acheteur moyen ne sachant pas si une voiture donnée est une pêche ou un citron, il voudra alors payer le prix moyen, soit $1500. Mais dans ce cas, un vendeur qui souhaite vendre une pêche n’acceptera pas un prix si bas, il retirera donc cette voiture du marché. Pendant ce temps, les détenteurs de citrons seront enclins à les mettre à vendre pour $1500 car cela est supérieur à leur valeur.

Les acheteurs réduiraient alors graduellement le prix qu’ils sont prêt à payer, ce qui accentuerait la tendance (évincement des pêches et augmentation des citrons à vendre). On observerait alors un marché constitué entièrement de citrons et les acheteurs disparaîtraient. C’est ce que l’on appelle un « marché déficient ». Cette déficience serait causée par l’asymétrie d’information entre acheteurs (qui ne savent pas grand-chose quant à la qualité du véhicule offert) et vendeurs (qui en savent davantage sur la qualité du véhicule).

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