Les grandes entreprises ont besoin du libre-marché pour former des oligopoles et exploiter les masses, ce qui accentue les inégalités.
En fait, c’est exactement le contraire ! Les grandes entreprises craignent le libre-marché et la féroce concurrence qui y sévit et ont besoin de l’État pour former des oligopoles afin de s’en protéger.
C’est pour lutter contre les monopoles que les États-Unis ont adopté des lois telles que le Sherman Act en 1890. Les monopoles étaient-ils vraiment une menace pour la société? En fait, les industries accusées d’être monopolistiques lors de l’adoption du Sherman Act diminuaient leurs prix plus rapidement que la moyenne tout en augmentant la production quatre fois plus rapidement que les autres industries. À cette époque, le monopole le plus populaire était certainement celui de John D. Rockefeller et de sa Standard Oil. Cette entreprise était très petite à ses débuts, mais devint très grosse par la suite grâce à ses innovations lui permettant d’avoir des coûts de production plus bas que ses concurrents. Conséquemment, le prix du pétrole raffiné est passé de 30 cents par gallon en 1869 à 6 cents par gallon en 1897. Est-ce un comportement répréhensible selon vous?
Plus récemment, le cas le plus médiatisé a certainement été celui de Microsoft. Cette entreprise distribuait gratuitement son logiciel de navigation internet, en l’occurrence Internet Explorer, en l’incorporant à son célèbre système d’exploitation Windows. Comme Windows était le système d’exploitation le plus largement utilisé, la plupart des gens n’avaient pas besoin de faire l’achat d’un logiciel de navigation internet puisque Internet Explorer était automatiquement installé dans leur ordinateur en même temps que Windows. Cette situation faisait en sorte que les ventes des autres logiciels de navigation internet, tel que Netscape, étaient bien faibles. Pour cette raison, en 1998, Microsoft a été poursuivie pour avoir agi de façon monopolistique. Les poursuivants auraient voulus forcer Microsoft à ne pas amalgamer Internet Explorer à Windows, mais plutôt à le vendre, ce qui aurait coûté plus cher aux consommateurs. Cette poursuite n’avait évidemment aucun fondement puisqu’il serait absolument illogique de forcer une entreprise à vendre quelque chose plutôt que de le donner. La cause a été conclue en 2001 et Microsoft a conservé le droit de distribuer Internet Explorer comme bon lui semble (avec quelques concessions cependant), au grand bénéfice des consommateurs.
En réalité, dans un libre-marché, il ne peut y avoir de véritable monopole. Lorsqu’une entreprise n’a que peu ou pas de compétition, ce qui lui permet d’augmenter ses prix et de faire de plus grosses de marges de profit, cela attire de nouveaux entrants qui tenteront de profiter des prix élevés. Pour se tailler une place sur le marché, ceux-ci n’hésiteront pas à introduire des prix plus bas que ceux de l’entreprise existante. Cette concurrence fera par la suite baisser les prix et ramènera la marge de profit à un niveau normal.
La plupart des monopoles ou oligopoles existent en conséquence des actions des gouvernements. Ceux-ci accordent des privilèges spéciaux à certaines entreprises, ce qui leur donne un avantage sur leurs concurrents ou bloque tout simplement la concurrence sur leur marché.
Il y a d’abord les entreprises d’État, qui exercent des monopoles par décret gouvernemental. Ensuite il y a la règlementation excessive, qui avantage nettement les grandes entreprises qui ont les moyens d’avoir des avocats à leur emploi et des lobbyistes, ce qui leur permet de tirer leur épingle du jeu. Puis, il y a la protection de la propriété intellectuelle, qui permet à des entreprises d’avoir un monopole sur des idées.
Pensez à Rogers, Telus et Bell qui sont protégées de la concurrence étrangère par des limites sur la propriété des entreprises de télécommunications canadiennes. Pensez à Microsoft, Monsanto et Pfizer, qui font des profits immenses grâce à leur « propriété » intellectuelle protégée par l’État. Pensez à Bombardier et Québécor qui obtiennent d’immenses avantages des gouvernements grâce à leurs lobbys puissants. Pensez à la règlementation du secteur financier qui place un immense fardeau sur les nouveaux entrants et permet aux banques canadiennes de maintenir leur oligopole. Pensez aux grandes banques américaines qui ont bénéficié d’un sauvetage gigantesque pendant que des milliers de petites banques ont fait faillite. Pensez à AT&T et Bell Canada, qui ont longtemps bénéficié d’un monopole légal octroyé par l’État. Pensez aux banques qui bénéficient d’une véritable subvention permanente de la part des banques centrales. Les exemples si nombreux…
En 1887, il y avait six entreprises de distribution d’électricité à New York City. En 1895, la ville de Duluth au Minnesota était servie par cinq compagnies d’électricité. En 1907, il y en avait 45 dans la région de Chicago. Cette concurrence a été graduellement anihilée au début du 20e siècle par des décrets gouvernementaux. Certains états se sont mis à octroyer des monopoles régionaux de 25 ans en échange d’une redevance sur les dividendes. Autrement dit, les compagnies d’électricité, de gaz et de téléphonie sont devenues une forme de taxation indirecte : une portion du tarif plus élevé permi par le monopole était partagée avec le gouvernement qui décrétait ledit monopole, comme un pirate qui partage son butin avec le roi en échange de l’immunité légale. Pour cette raison, nous nous retrouvons aujourd’hui avec des monopoles « naturels » (sic), desquels l’intervention étatique doit nous protéger (re-sic).
Pourquoi pensez-vous que Wal-Mart a récemment milité pour une augmentation du salaire minimum aux États-Unis ? Parce qu’avec sa structure de coût la plus basse de son industrie, Wal-Mart peut se permettre de payer des salaires plus élevés, mais pas ses concurrentes plus petites. En leur imposant ce fardeau d’un salaire minimum plus élevé, Wal-Mart est favorisée. C’est aussi pourquoi la plupart des règlementations d’entreprises ont été proposées et supportées par des grosses corporations (salaire minimum, santé et sécurité au travail, normes environnementales, régimes de retraite et assurances collectifs, etc), de façon à imposer des coûts supplémentaires à leurs compétiteurs plus petits.
C’est l’interventionnisme étatique qui favorise les grandes entreprises au détriment des consommateurs, pas le libre-marché.
http://www.mises.ca/posts/articles/wal-mart-warms-to-the-state/
http://www.contrepoints.org/2012/01/05/63452-letat-est-le-meilleur-ami-des-oligopoles-economiques
l’exemple de Internet Explorer est trompeur. Oui le navigateur était gratuit et déjà installé… mais il n’évoluait plus, était en quelque sorte abandonné par Microsoft, était bourré de failles de sécurité etc…
Sauf que les gens continuaient à s’en servir car Microsoft, en installant le navigateur par défaut trompait l’utilisateur et lui cachait la concurrence !
Microsoft n’a pas était puni parce que IE était gratuit mais parce que l’ensemble de ses actions faussaient le jeu de la libre concurrence.
Cette semaine j’ai eu le courage d’écouter pendant quelques minutes la commission d’enquête Charbonneau. Il m’est venu à l’esprit la question suivante. Dans le libre-marché pur nous n’aurions techniquement pas besoin d’un Sherman Act ou d’une loi sur la concurrence. Toutefois, dans le cas d’une politique locale de fixation des prix sur l’essence ou sur la construction des infrastructures, quel serait notre moyen de défense ? C’est facile de dire que de la nouvelle compétition pourrait arriver, mais rien ne garantie quelle ne participera pas au jeu de fixation. Mais d’abord, que pensez-vous d’entreprises faisant de la fixation ? Trouvez vous cela acceptable ? Si non, est-ce que ça devrait être considéré comme un crime (comme dans le système actuel) ?