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Archive for 13 janvier 2010

Le 17 décembre dernier, S&P décotait encore une fois les titres de dette de la Grèce de A- à BBB+ en raison de la situation précaire des finances du pays et de son indiscipline fiscale. Le 14 janvier 2009, sa cote était passée de A à A-.

Le problème de la Grèce est qu’elle génère d’immenses déficits (à la Keynes) pour stimuler son économie. Par contre, étant donné que ce pays fait maintenant partie de la zone Euro, la Grèce ne peut plus « monétiser » ses déficits, c’est-à-dire créer de la monnaie pour payer ses dettes, comme le font les États-Unis par exemple, grâce à la Federal Reserve qui crée de la monnaie pour acheter des bons-du-trésor.

La Grèce se retrouve donc dans une situation similaire à celle des pays qui étaient sous l’étalon-or au début des années 1930s. Devant l’ampleur de la récession, ces pays voulaient stimuler l’économie en augmentant les dépenses gouvernementales sans augmenter les impôts immédiatement. Ils avaient donc besoin de s’endetter pour le faire, ce qui n’était possible qu’à l’aide de la création de monnaie, puisque les investisseurs se faisaient rare à cette époque difficile. C’est cette inflation de la masse monétaire qui a forcé ces pays à délaisser l’étalon-or.

La Grèce quant à elle fait partie de la zone Euro et la création de monnaie y est maîtrisée par la Banque Centrale Européenne. La Grèce aura donc besoin de la collaboration de la BCE pour se sortir de l’impasse et monétiser sa dette! Vous comprenez maintenant pourquoi le Royaume-Uni n’a pas voulu adhérer à la zone Euro: pour pouvoir continuer à monétiser ses déficits et créer de la monnaie impunément. C’est d’ailleurs ce que la Bank of England a fait l’an dernier avec sa politique de quantitative easing en vertu laquelle elle « acheté » l’énorme déficit fiscal du pays avec de l’argent créé à partir de rien.

Évidemment, le scénario plus souhaitable pour la Grèce serait que le gouvernement grec fasse preuve d’une certaine austérité fiscale, c’est-à-dire réduire les dépenses et la taille de l’État, de façon à remettre les finances publiques sur les rails.

La leçon à en tirer est que sous l’étalon-or (et l’étalon-Euro), les gouvernements doivent faire preuve de discipline budgétaire et être prudent avec les finances publiques parce que la planche à billets est hors de portée. C’est de cette façon que l’étalon-or protège le pouvoir d’achat de notre monnaie et empêche nos gouvernements de s’endetter impunément, pelletant en avant leurs largesses fiscales aux générations futures.

 

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