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Archive for 7 décembre 2009

La Bank of England (BoE)a récemment publié une étude intéressante sur la façon dont ils comptent règlementer le système bancaire, pour éviter une autre crise financière comme celle que nous avons connue. Ils ont nommé cette approche « macroprudential policy ». Ce système de règlementation ferait le pont entre la règlementation des institutions financières et les politiques économiques keynesiennes des banques centrales et du gouvernement.

La BoE croit que les institutions financières prennent trop de risques durant les booms et pas assez de risque durant les récessions ce qui a pour effet d’accentuer les cycles économiques (sans blague!). La BoE voudrait donc exiger des ratios de capital plus élevés durant les booms et réduire ses exigeances durant les busts. Ils croient aussi pouvoir prévenir les bulles spéculatives en modérant l’exubérance dans l’offre de crédit au bon moment, bien que ce ne soit pas l’objectif premier de cette nouvelle politique. Ils voudraient de plus ajuster les exigences de capital en fonction de la taille de chaque banque, de sa connectivité et de sa complexité, de façon à réduire le risque systémique.

L’étude reconnait tout d’abord que depuis la chute de Bretton Woods dans les années 1970 (le dernier lien du système monétaire international avec l’étalon-or), le niveau de liquidité du système bancaire a chuté drastiquement, ce qui a grandement contribué à l’instabilité du système. Les ratios basés sur la liquidité et les réserves ont été négligés par les autorités règlementaires, ce qui a contribué à la crise. C’est comme de la musique aux oreilles de ceux (comme moi) qui prônent un système bancaire à réserves entières (100%)!

En second lieu, les auteurs reconnaissent que le crédit bancaire (et donc la création de monnaie) est le carburant des bulles dans les prix des actifs, et par conséquent une cause majeure de la crise financière que nous venons de connaître. Ainsi, la croissance du crédit, facilitée par la création de monnaie, apparaît comme un ingrédient nécessaire à l’exubérance sur les marchés.

Après avoir correctement identifié deux causes majeures de l’instabilité du système financier (système à réserves fractionnaires et création excessive de monnaie), l’étude tombe malhreusement dans le piège de vouloir corriger ce système qui ne peut fonctionner.

Les auteurs de l’étude évaluent la possibilité d’utiliser des règles basées sur la croissance du crédit et les prix des actifs pour mettre en oeuvre cette politique (approche quantitative et objective), mais ils trouvent cette façon de faire inefficace. Ils recommandent plutôt une politique plus subjective laissée à la discrétion des autorités. Autrement dit, un comité se réunirait à une certaine fréquence pour déterminer quel ratio de capital devrait être appliqué à un moment donné, comme c’est le cas pour la politique monétaire. Cette vision très keynesienne des choses me fait bien peur vu l’échec retentissant des banques centrales à maintenir la stabilité du système au cours de leur existence.

L’étude mentionne finalement que pour minimiser le risque systémique, les gouvernements du monde entier devront adopter cette approche. Le Canada suivra fort probablement la parade.  Mes conversations récentes avec les PDGs de quelques banques et assureurs canadiens confirment que c’est ce genre de politique qu’ils anticipent de la part du Surintendant des Institutions Financières Canadiennes (OSFI).

Je perçois cette politique comme une tentative désespérée de préserver le système actuel de réserves fractionnaires et de monnaie fiduciaire malgré l’échec inévitable de ce système. En fait, cette douteuse alchimie n’est rien d’autre qu’un pas de plus vers une approche de planification centrale totale des marchés du crédit et de la monnaie. Ce qui me fait le plus peur là-dedans est que ce genre de politique puisse « sembler » fonctionner pour un temps, mais mène à une crise encore plus grave plus tard. Rien de bien rassurant…

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