Feeds:
Articles
Commentaires

Articles Tagués ‘The Economist’

Quelques explications sur le sauvetage de la Zone Euro:

La Banque Centrale Européenne (BCE) va intervenir sur les marchés obligataires en achetant des titres en détresse. Elle "stérilisera" ces achats; c’est-à-dire qu’elle fera en sorte de ne pas augmenter la masse monétaire vendant des titres qu’elle possède dans ses réserves (surtout des obligations du gouvernement Allemand).

Le coût des impôts:

Excellent article de Nathalie Elgrably sur le coût des impôts, qui est très élevé en raison de la complexité du système. Une bonne raison de favoriser un système fiscal simple avec un taux d’imposition unique.

"plus un régime fiscal est complexe, plus il faut allouer du temps, de l’énergie et de l’argent pour s’y conformer: il faut colliger toutes les informations nécessaires, se tenir au courant des changements apportés à la loi, embaucher des comptables, des avocats, etc. Des chercheurs ont montré que les Canadiens ont dépensé en 2005 de 18,9 milliards $ à 30,8 milliards $ pour produire leurs déclarations de revenus, soit un montant variant entre 585$ et 955$ par contribuable.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a estimé en 2008 qu’il en coûte 12,6 milliards $ aux entreprises canadiennes au chapitre de la conformité fiscale. La complexité est également coûteuse pour l’État. À lui seul, Revenu Québec emploie 9000 fonctionnaires et nécessite un budget de 1,4 milliard $!

On nous dit que c’est le souci de justice et d’équité qui explique la complexité du régime fiscal. C’est faux! La complexité tient au nombre infini de dispositions spéciales, d’exemptions, d’exceptions, de déductions et d’abris que les politiciens accordent, entre autres, aux groupes de pression dont ils souhaitent obtenir les votes. Or, qui dit privilège, dit corruption. Un régime fiscal complexe est donc doublement injuste. D’une part, parce qu’il ne soumet pas tous les revenus au même traitement. D’autre part, parce que l’État ne peut alléger le fardeau fiscal des uns sans alourdir celui des autres."

Le privé dans la santé:

Comme je l’expliquais dans un billet précédent, il n’y a aucune raison pour que les hôpitaux soient publiques au Québec. Sans compromettre l’universalité des soins (i.e. la gratuité) et la façon dont le système est financé (RAMQ), on pourrait au moins privatiser les hôpitaux, tout comme c’est le cas pour les cliniques. Voici un extrait d’un billet de David Descôteaux à cet égard:

"Imiter les États-Unis? Non. Plutôt les pays sociaux-démocrates d’Europe. Au Danemark, si vous attendez plus d’un mois pour une opération, on vous envoie dans un hôpital privé. En Suède, l’hôpital Saint-Georges, coté en Bourse, est le plus efficace, le moins coûteux et le plus apprécié de Stockholm. Les Suédois – riches et pauvres – s’y font traiter sans payer un sou. En France, 40% des hôpitaux sont privés et ont un à but lucratif. Leurs chirurgies sont accessibles à tous, payées par l’État. En Belgique, la contribution du privé a éliminé le temps d’attente. Imaginez: on peut obtenir un rendez-vous et consulter un médecin spécialiste le jour même!

Dans ces pays, on finance les hôpitaux publics selon le nombre de cas traités. Le patient devient ainsi une source de revenu, et non de dépense. Cela incite les hôpitaux à être efficaces. Résultat: l’attente est minime, voire inexistante. Et les Européens consacrent moins d’argent par habitant que nous à la santé. Mais surtout, tous – riches et pauvres – sont couverts par l’assurance-maladie. Je répète: il n’y a aucun système à deux vitesses."

 La publicité d’Hydro-Québec:

Il est plutôt choquant que les entreprises d’État telles que Hydro-Québec, la SAQ et Loto-Québec fassent de la publicité puisque ce sont des monopoles. C’est carrément de l’argent gaspillé. Les Québécois ne devraient pas avoir à payer pour des dépenses destinées à mousser la notoriété d’Hydro-Québec.

Selon un article publié sur Argent, l’Union des consommateurs ne conteste pas le bien-fondé de la promotion de l’efficacité énergétique ou encore des comportements sécuritaires à adopter à proximité des fils électriques du réseau d’Hydro-Québec.

«Mais pour le reste, on a de grosses réserves, parce qu’il n’y a pas de concurrence. Alors, par rapport à quel autre fournisseur cette image commerciale devraitelle être promue?» a réagi l’analyste spécialisé dans les questions d’énergie de l’Union des Consommateurs, Jean-François Blain.

Selon lui, la société d’État n’a qu’à bien faire son travail et qu’à répondre à ses diverses obligations pour que sa réputation soit perçue positivement par la population.

Notez que dans son rapport annuel de 120 pages, Hydro-Québec n’a pas cru bon de spécifier à ses actionnaires (i.e. nous) le coût de ces publicités.

Chômage et salaire minimum aux USA:

À l’été 2007, le salaire minimum a augmenté de $0.70 aux États-Unis pour atteindre $5.85/heure. L’été suivant, il a augmenté à $6.55 and et en juillet dernier à $7.25. Je ne m’oppose pas à ce que ces gens puissent avoir de meilleurs revenus et un niveau de vie plus décent (bien que j’aimerais qu’ils le fassent en suivant de la formation, en améliorant leurs compétences et en acquérant de l’expérience), il n’en demeure pas moins que le prix de la main d’oeuvre non-qualifiée a augmenté de +41% en deux ans.
Lorsque le prix de quelque chose augmente autant, il est normal qu’on en consomme moins, surtout durant une récession. Lorsque le prix demandé pour un bien est plus élevé que ce que vous pouvez vous permettre, vous ne l’achetez pas. Le salaire minimum a donc forcé ces gens à augmenter le prix auquel ils offrent leur travail et les employeurs n’ont pas pu suivre. Devrions-nous êtres surpris du taux de chômage élevé qui prévaut présentement aux États-Unis?
Autres chiffres intéressants sur l’emploi aux États-Unis (provenant de The Economist):
Croissance des prêts, ventes de maisons et ventes d’autos en Chine:

À la fin du mois d’avril, il y avait 43.4 trillion de yuan en prêts en Chine, une hausse de +22% par rapport à l’an passé. Les ventes de maisons ont explosé alors que les ventes d’automobiles continuent d’être fortes en 2010.

 

Pénurie de café au Vénézuela:

Deux petites nouvelles intéressantes sur le Vénézuela que j’ai dénichées grâce à Antagoniste.net. Tout d’abord, autrefois un gros producteur de café, voilà que le Vénézuela n’en produit plus suffisamment pour sa propre consommation depuis l’interventionnisme de Chavez dans cette industrie :

[Coffee] was once plentiful in Venezuela. But in 2003, with consumer-price inflation threatening to damage Mr. Chávez’s popularity, the government imposed price controls. That drove down the incentive to grow coffee while increasing the incentive to export to Colombia whatever was grown.

Last year, for the first extended period of time in the country’s history, Venezuela did not produce enough of the little red berry to satisfy domestic demand. It has now become a coffee importer and is facing serious shortages.

For more than a decade Mr. Chávez has employed price controls, capital controls and hyper-regulation in an attempt to meet his socialist goals. When the predictable shortages have arisen, the government has responded by using the salami approach to nationalization, slicing off a bit of the private sector at a time and taking it for the state.

 Par ailleurs, le taux d’inflation annualisé a atteint +30.4% en avril au Vénézuela, selon USA Today. C’est ce qui se produit lorsque les politiciens ont la mainmise sur la banque centrale (et la création de monnaie) comme c’est le cas dans ce pays.

La fuite pétrolière, Paul Krugman et les libertariens:

Un billet de Paul Krugman est plutôt intéressant à ce sujet, dans lequel il utilise l’exemple de la catastrophe de BP pour ridiculiser le libertariannisme (sans succès comme d’habitude).

Mais pourtant, son billet énonce que les poursuites contre BP seront limitées à $75 million par le gouvernement fédéral, ce qui est diamétralement opposé à la prescription libertarienne! Comment peut-on affirmer une chose et son contraire dans le même paragraphe…

Dans un monde libertarien, le gouvernement ne limiterait les pas les pénalités à payer par qui que ce soit, ce qui mettrait prossiblement BP en faillite suite à un tel accident. Dans ces circonstances, il y fort à parier que BP aurait agi plus prudemment face au risque réel de faillite (ou du moins de pertes financières substancielles) et peut-être que l’accident ne se serait pas produit.

C’est ce qu’on appelle le risque moral. Le gouvernement permet à BP de ne pas assumer tous les risques, ce qui fait en sorte qu’elle a un incitatif à prendre des risques démesurés sachant que ces pertes seront limitées. Ce genre de privilège n’est rien d’autre que du corporatisme. C’est le même phénomène avec le bailout des banques. Celles-ci peuvent prendre des risques démesurés sachant que la Fed va les sauver si ça tourne mal…résultat: crise financière.

Krugman termine son billet avec cette perle:

“If libertarianism requires incorruptible politicians to work, it’s not serious.”

Effectivement, les libertariens ont abandonné l’idée selon laquelle les politiciens puissent être “honnête”! La seule solution qu’il reste pour éviter la corruption et le corporatisme est de limiter autant que possible le pouvoir des politiciens et la taille de l’État.

Read Full Post »

Pertes de la SGF: le PLQ blâme le PQ:

La Société générale de financement (SGF) a annoncé une perte de $245 millions en 2009 ce qui est toutefois moins que les $261 millions de l’année dernière. La SGF a perdu environ $1 milliard de dollars sur 10 ans. Notez que l’actionnaire de la SGF est le Gouvernement du Québec.

Selon ARGENT, la perte comprend des dévaluations d’actifs et des frais de fermeture pour une valeur de $208 millions reliées à des entreprises pétrochimiques et forestières. En outre, des pertes d’opération de $19 millions ont été encourues, notamment dans le secteur de l’aluminium en raison d’une conjoncture défavorable en 2009.

Pierre Shedleur, le PDG, n’a pas manqué de souligner le rôle de son organisation durant la crise:

«On a eu une crise, la plus importante depuis 1929. Notre rôle à la SGF a été de faire en sorte que les gens ne manquent pas d’argent et de crédit. Et c’est ce que nous avons fait dans plusieurs dossiers».

Même si la SGF avait permi de sauver / créer quelques milliers d’emplois, ça commence à faire cher…

Selon le ministre Bachand: 

«Les pertes d’argent de la SGF, ce sont des investissements pétrochimiques et forestiers. La plupart de ces investissements ont été faits il y a de nombreuses années sous un président que vous connaissez bien et sous d’autres administrations qui n’étaient pas sous le mandat de notre gouvernement.»

En fait, la SGF gaspille de l’argent pour tenter de sauver des entreprises en détresse et pour tenter de faire naître de nouvelles entreprises. Dans les deux cas, la SGF cherche à tromper le marché, avec un résultat plutôt lamentable. La SGF n’est en fait qu’une autre façon utilisée par le gouvernement pour intervenir dans l’économie et tenter d’inutilement freiner le processus de destruction créatrice si vital au développement économique.

Cuba affamée:

The Economist rapportait la semaine dernière que les supermarchés de Cuba manquent de nourriture. L’agriculture locale, paralysée par l’ingérence de l’État et l’absence de droits de propriété, n’arrive même pas à fournir plus de 20% de la nourriture du pays. En fait, les Cubains manquent de tout. Si ce n’était du pétrole fourni par Chavez, ça ferait longtemps que ce régime illusoire serait tombé.

Clotaire Rapaille: 

Pour moi, Clotaire Rapaille est une autre des nombreuses preuves de l’incompétence des politiciens à gérer quoi que ce soit. Dire que le maire Labeaume a gaspillé des centaines de milliers de dollar en fonds publics dans cette histoire et comme si ce n’était pas assez, il veut aussi attirer les Olympiques à Québec. Il devrait se contenter de bien gérer la ville, plutôt que de tenter d’en faire une corporation multinationale.

Généreux bonis chez Hydro-Québec:

Un billet choquant de Claude Garcia dénonce les généreux bonis de "performance" octroyés chez Hydro-Québec malgré une performance plutôt médiocre. Que peut-on faire pour faire valoir nos droits en tant qu’actionnaires? Rien!

Les pilleurs se déchaînent au Québec:

Le mot qui me vient en tête pour décrire le nouveau budget du gouvernement du Québec: pathétique!

Les médias et blogues ont décrit le budget de long en large, je me contente donc ici de citer Martin Masse, qui résume très bien ma pensée à cet égard:

On peut bien soutenir, en s’appuyant sur une logique économique saine, que les étudiants devraient contribuer davantage aux coûts de leur formation, que les consommateurs d’électricité devraient payer le prix du marché et non un prix subventionné, que la mise en place d’une franchise pour les soins de santé injectera un dose de réalisme sur le plan de la demande de services, etc. On applique en quelque sorte une logique partielle de marché sur le plan de la demande. Mais à moins d’être compensées par des baisses correspondantes de l’impôt sur le revenu, toutes ces hausses de tarifs et de taxes impliquent simplement une augmentation du fardeau fiscal, et cela pour financer des «services publics» qui restent sous le contrôle des bureaucrates et dont la gestion, elle, n’a aucunement recours à des mécanismes de marché.

On retrouve bien ici et là dans le budget quelques mesures largement symboliques pour limiter ou réduire les dépenses de l’État dans certains domaines, mais strictement rien qui remet en question sa taille gargantuesque. (…) Le Québec entre donc finalement dans sa phase lucide, tout de même préférable à la phase lunatique et à la politique de l’autruche qui dominent depuis des décennies. Mais on n’a rien réglé; on a simplement repoussé peut-être le moment où nous frapperons le mur. Le véritable débat, sur une réduction réelle de la taille de l’État, reste à faire.

Les pilleurs se déchaînent aux USAs:

Pour financer sa réforme du système de santé, l’administration Obama prévoit extorquer $1.2 milliards en 10 ans des contribuables les plus riches. En effet, il prévoit des taxes supplémentaires de 3.8% sur les revenus d’intérêt, de loyers, de dividendes et de gains en capitaux pour les couples gagnant plus de $250,000 et pour les individus gagnant plus de $200,000. Il prévoit augmenter les taux d’imposition des plus riches de 33-35% à 36.0%-39.6%. Il augmentera les taxes sur les dividendes et gains en capitaux de 15% à 20% et coupera $500 milliards en crédits d’impôts.

Comme le mentionne Alan Reynolds du Wall-Street Journal:

"Successful people are not docile sheep just waiting to be shorn."

M. Reynolds explique que ces gens trouveront diverses façons de contourner ces mesures ce qui aura comme impact de grandement réduire les reçus d’impôts anticipés par Obama. Les économistes nomment ce phénomène "élasticité du revenu imposable". Il cite une étude publiée par le NBER estimant une perte de 43% des revenus de taxation attribuables aux changements comportementaux suivant une hausse du niveau de taxation. Cependant, si on prend les individus les plus riches, l’élasticité est beaucoup plus forte. On parle alors de presque 100%. Ainsi, il est fort probable que les hausses d’impôts visant à financer la réforme de la santé ne réussiront  pas à augmenter les revenus du gouvernement. Vous reconnaîtrez ici le fameux phénomène illustré par la courbe de Laffer

Read Full Post »

Il ne fait aucun doute que le Yuan est présentement sous-évalué. Nous n’avons qu’à observer le Big Mac Index publié par The Economist pour le constater (voir image au bas du billet). Le Chine détient présentement environ $2.4 billion de réserves en devises étrangères.

Pour le Congrès américain et le Président Obama, le problème n’est pas vraiment la sous-évaluation du renminbi, mais bien l’immense déficit commercial des États-Unis avec la Chine, lequel donne des spasmes aux protectionnistes pur-et-durs.

En effet, les États-unis semblent de plus en plus déterminés à stimuler leurs exportations et leur attitude face à la Chine s’est endurcie depuis quelques temps. M. Obama vise à doubler les exportations du pays sur 5 ans et a promis d’être "plus dur" à l’égard de ce qu’il perçoit comme étant de la "compétition injuste" de la part de la Chine. Avec le taux de chômage à 9.7% et les élections de mi-mandat qui approchent, l’attrait politique d’une telle attitude augmente beaucoup.

Ceci étant dit, est-ce qu’une appréciation du yuan aurait l’effet escompté, c’est-à-dire une réduction du déficite commercial des États-Unis avec la Chine (exportations – importations)? Selon Daniel Ikenson, du Cato Institute, les chiffres indiquent que ce ne serait pas le cas.

Entre juillet 2005 et juillet 2008, le renminbi s’est apprécié de 21% contre le dollar US. Au cours de cette période, le déficit commercial États-Unis / Chine a augmenté de 33%.

L’appréciation du renminbi n’a pas découragé la consommation de biens chinois, au contraire les importations ont augmenté. La réalité est que les États-Unis ne produisent pas localement les biens qu’ils achètent de la Chine; il n’y a donc aucun substitut abordable, même si le prix augmente.

D’autre part, les producteurs Chinois ont simplement compensé l’appréciation du yuan par une baisse de prix. Cela a été plutôt facile puisque l’appréciation du renminbi a aussi fait chuter les coûts de productions des producteurs Chinois en réduisant le coût des intrants importés, qui représentent jusqu’à 50% de la valeur des biens importés de la Chine par les États-Unis.

Il semble donc que l’appréciation du yuan n’a fait que réduire le pouvoir d’achat des américains; pas certains que c’était l’objectif du Congrès!

Il ne fait aucun doute à l’égard du fait qu’il serait préférable que la Chine laisse sa devise fluctuer au gré du marché, permettant ainsi une meilleure allocation des ressources. Cela permettrait notamment un meilleur équilibre entre la consommation locale et les exportations en améliorant le pouvoir d’achat des Chinois. Cependant, menacer la Chine de sanctions pour qu’elle ré-évalue sa devise dans le but d’aider la reprise économique américaine ne donnera pas les effets escomptés. D’autre part, il est plutôt futile de compter sur la dépréciation de sa propre devise pour mousser ses exportations et relancer son économie; nous le verrons dans un billet à être publié très prochainement…

Read Full Post »

Énormément de gens, incluant la chancellière d’Allemagne Angela Merkel et le président Français Nicholas Sarkozy, se soulèvent contre les credit-default swaps (CDSs) et proposent de limiter l’ampleur de ces titres.

Un CDS typique est relié à un titre de dette. L’acheteur du CDS cherche à se protéger contre un défaut de paiement sur cette dette. Ce dernier verse des primes au vendeur pour une période donnée. Si l’émetteur entre en défaut de paiement sur le titre de dette en question, le vendeur du CDS doit verser une somme à l’acheteur. Si rien ne se produit jusqu’à l’expiration du CDS, le vendeur ne paie rien et n’aura qu’encaissé les primes.

Vous comprendrez que plus l’émetteur est dans une situation précaire, plus le risque de défaut sera élevé et donc la valeur de cette assurance augmentera. C’est ce qui s’est produit avec la Grèce récemment (voir graphique). Ainsi, le prix des CDS est fréquemment utilisé par les investisseurs obligataires pour évaluer le risque de défaut d’un émetteur. Lorsque le risque de défaut augmente, le taux d’intérêt exigé est plus élevé. Cela peut accentuer les problèmes financiers de l’émetteur en réduisant son accès à du financement abordable. Ainsi, plusieurs observateurs accusent les CDSs d’avoir contribué à la crise financière et à la débâcle de la Grèce.

Lorsque vous détenez une obligation d’une corporation ou d’un pays, il peut faire beaucoup de sens de vouloir s’assurer contre un défaut de paiement. Cependant, ce qui semble surtout choquer les anti-CDSs sont ceux qui sont "naked", c’est-à-dire qui ne détiennent pas le titre de dette sous-jacent et qui ne font que spéculer sur le défaut de l’émetteur. Selon The Economist, il y aurait $9 milliards de CDSs sur les obligations grecques, alors que le pays a émis pour $400 milliards de dette en tout.

On indique généralement trois problèmes avec les naked-CDSs:

1) Lorsque l’émetteur éprouve des problèmes, la hausse du prix des CDS le signale au marché ce qui met l’émetteur dans une situation précaire. Ça a été le cas pour les banques américaines durant la crise financière et pour le Grèce il y a quelques semaines.

Je pense au contraire que les CDS agissent comme une source utile d’information. Il y a toujours deux parties dans un CDS, l’une pense qu’il y a un risque de défaut significatif alors que l’autre pense que ce risque est surévalué. Une hausse du prix du CDS indique qu’il y a davantage de gens qui pense que le risque est élevé. Les banques américaines détenaient des tas de titres "toxiques" durant la crise. La Grèce a généré un déficit budgétaire équivalent à 12.7% de son PIB en 2009. Il est légitime que les investisseurs obligataires exigent un taux d’intérêt plus élevé sur la dette de ces émetteurs étant donné leur situation financière médiocre. Les CDS ne sont que les messagers, pas la cause de ces problèmes. De toute façon, il n’est pas démontré que les CDS aient réellement un impact sur les taux obligataires de l’émetteur. Ils ont plutôt tendance à bouger ensemble simplement parce que les deux sont affectés par la situation financière de l’émetteur.

2) Lorsqu’un défaut survient, il peut arriver que le vendeur du CDS ne puisse pas verser la somme promise et qu’il devienne lui-même en faillite. Cela peut causer des problèmes "systémiques" sur les marchés financiers. C’est ce qui est arrivé avec AIG, qui a été sauvée par le gouvernement américain.

Dans le cas d’un CDS transigé sur un marché public, cela n’est pas un problème puisqu’une maison de compensation centrale s’occupe d’agir en tant que contrepartie. Les problèmes surviennent lorsqu’il s’agit de CDS gré-à-gré (over-the-counter ou OTC). Il incombe alors à l’acheteur de s’assurer que la contrepartie est solvable et au vendeur de s’assurer qu’il pourra verser les indemnités si une vague de défauts survient. Les actionnaires de ces entreprises sont responsables de ces pertes, si elles surviennent. La décision de sauver AIG était selon moi injustifiée. Nous avons appris par la suite que Goldman Sachs avait été un acheteur important de CDSs de AIG et que l’entreprise lui devait $13 milliards. Ça explique pourquoi Hank Paulson, un ancien de Goldman Sachs, a décidé de sauver AIG! Le problème n’est donc pas le CDS, mais plutôt l’intervention gouvernementale pour soutenir les banques.

3) Je laisse Yan Barcelo présenter le troisième problème dans ses mots éloquents:

"N’entrons pas dans le fin détail physiologique de ces créatures et contentons-nous de savoir qu’il s’agit d’un produit d’assurance tout à fait inouï : on peut acheter un CDS pour assurer un actif financier qu’on ne détient pas et qu’a n’a jamais détenu! C’est un peu comme si on détenait une assurance sur la vie d’un voisin. Un telle assurance est une invitation à l’assassinat! Et c’est à un tel jeu d’assassinat les banques se sont livrées avec les obligations de la Grèce pour en écraser la valeur. Elles ont acheté des CDS en masse auprès d’une foule d’acteurs financiers (fonds de pension, fonds mutuels, fonds de couverture, etc.) et, disposant de ceux-ci en poche, ont attaqué systématiquement les obligations du gouvernement grec, faisant ainsi augmenter la valeur de leur « assurance ». Évidemment, une foule de gens à Wall Street y gagnent… tandis que le gagne-petit en Grèce verra ses taxes et son coût de la vie augmenter."

 Si les ’banques de Wall-Street’ ont pu jouer ce jeu, c’est qu’elles croyaient que la situation financière grecque était pire que ce que les vendeurs de ces CDSs croyaient, et elles ont eu raison. Pour ‘assassiner’ la Grèce, elles ont dû vendre les obligations grecques. Si les problèmes financiers de la Grèce avaient été fictifs ou surévalués par les banques, celles-ci auraient perdu gros dans cette histoire (si la situation de la Grèce s’était améliorée), mais ce n’était pas le cas. Les banques ne sont pas responsables du déficit de 12.7% du PIB de la Grèce ni de la gestion des finances publiques de ce pays. Ainsi, les banques ont profité de la naïveté et de l’incompétence des investisseurs qui étaient de l’autre côté de la transaction, comme ceux qui gèrent notre chère Caisse de Dépôts… Dommage pour les cotisants à ces fonds de pension, qui sont forcés d’y déposer leurs avoirs.  

Finalement, notez qu’il y a d’excellentes raisons de détenir des naked-CDSs, autre que pour spéculer sur les malheurs d’un pays. Par exemple, si vous faîtes une grosse partie de votre chiffre d’affaires auprès du gouvernement grec et que vos comptes à recevoir s’accumulent, ça pourrait être prudent de détenir un CDS pour vous protéger d’un défaut de paiement.

Conclusion:

En somme, il est facile de comprendre pourquoi les politiciens s’opposent aux CDS. Les politiciens aiment dépenser, générer des déficits et s’endetter pour gagner des votes. Ils aimeraient bien pouvoir le faire impunément, à l’insu des marchés financiers, mais les CDSs sont là pour mettre à jour la situation financière précaires de ces pays dépensiers et contribuent à protéger les citoyens de ces pays contre leurs politiciens irresponsables. Les CDS améliorent la transparence des marchés financiers et permettent à toutes sortes d’investisseurs de se prémunir, sinon de profiter de la déterioration des finances d’un émetteur de dette. Cette détérioration n’est pas la faute des CDS contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire!

À cet égard, David Descôteaux publiait un excellent article sur les spéculateurs il y a quelques jours:

Une bombe de 2200 pages vient d’éclater aux États-Unis. Le lourd rapport d’enquête dévoile que Lehman Brothers, cette banque dont la faillite a précipité la débâcle boursière de l’automne 2008, avait trafiqué ses livres comptables plusieurs mois avant de s’effondrer.  (…) Mais des petits futés avaient compris l’arnaque. Ils ont vendu massivement leurs actions, exposant la situation précaire de la banque et provoquant sa faillite. Le rapport montre que ces spéculateurs – des investisseurs professionnels qui recherchent le profit à court terme – avaient vu juste. Sous les mensonges comptables, l’empereur était nu.

Mais dans leur tour d’ivoire, les milliers de bureaucrates et de «gendarmes» chargés de démasquer ce genre de fraude aux États-Unis (la Réserve fédérale, la Securities and Exchange Commission, les agences de crédit, etc.) n’ont rien vu. Comme dans le cas de Bernie Madoff, ils dormaient sur la switch. Et comme dans celui d’Enron en 2001 – ce courtier en électricité qui a déclaré faillite après avoir menti sur l’état de ses finances –, ils ont manqué le bateau. Dans ce dernier cas, ce fut encore une fois les spéculateurs qui sonnèrent l’alarme en faisant chuter le titre d’Enron. Les régulateurs, eux, ont allumé… six mois plus tard!

Pourtant, les politiciens et autres démagogues blâment toujours les spéculateurs quand ça va mal. Prenez la Grèce en ce moment. Les politiciens grecs, bon nombre d’entre eux des irresponsables qui ont endetté leur pays jusqu’au bord de la faillite, blâment aujourd’hui les spéculateurs pour leurs problèmes. Mais les spéculateurs ne provoquent pas les crises. Ils les exposent au grand jour. Et forcent les responsables à corriger leurs problèmes sans tarder. En faisant chuter une devise ou une action en bourse, ils préviennent les autres investisseurs – comme vous et moi – qu’il vaut mieux déguerpir. Que les choses sentent mauvais dans telle entreprise ou tel pays. Ce sont les entreprises comme Enron, Lehman Brothers et les gouvernements qui provoquent les crises. Les spéculateurs donnent seulement l’heure juste sur la situation d’une entreprise ou d’un pays. Comme le veut l’adage: si votre visage est laid, ne blâmez pas le miroir.

Bref, le spéculateur est le meilleur policier du marché.

Read Full Post »

Dans le débat sur le système de santé "idéal", il y a deux choses qu’il convient de séparer, mais qui sont malheureusement trop souvent confondues: 1) la prestation des soins et 2) le financement des soins. Pour moi, ce sont deux problématiques distinctes.

Un article paru dans The Economist  la semaine dernière présentait des données fort intéressantes à l’égard des systèmes de santé de divers pays. Selon le second graphique, lequel présente un indice de qualité en fonction des dépenses en proportion du PIB, le pays qui semble en avoir le plus pour son argent est les Pays-Bas. Or, ce pays est aussi un de ceux où l’assurance-santé privée occupe la plus grande place quant au financement (voir premier graphique).  Y aurait-il des leçons à en tirer pour le Québec? Voyons ce qu’il en est.

1) La prestation des soins:

Au Canada, la plupart des soins de santé sont déjà octroyés par le privé (cliniques médicales, dentaires, orthodontistes, optométristes, etc). Ces entités sont en concurrence et sont assez efficaces. Les problèmes d’opération sont plutôt au niveau des hôpitaux, qui eux sont publics…

Je ne vois aucune raison pour que les hôpitaux ne soient pas privatisés, au même titre que les autres prestataires de soins de santé. Je suis d’avis que la concurrence et la recherche du profit forceront les hôpitaux à améliorer la qualité et la quantité de service tout en réduisant les coûts de bureaucratie. Si ça fonctionne bien pour tout le reste du système, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas fonctionner pour les hôpitaux. D’ailleurs, en vendant les infrastructures actuelles à des entreprises privées, le gouvernement pourrait lever d’importantes sommes qui pourraient être utilisées au remboursement de la dette.

2) Le financement des soins:

Le principe si cher aux Québécois, l’universalité des soins de santé, implique que personne ne doit se voir refuser des soins requis en raison de son incapacité de payer. Y aurait-t-il moyen de maintenir ce principe tout en améliorant l’efficacité du financement des soins? Les Pays-Bas ont réussi ce tour de force!

Le gouvernement québécois assume présentement environ 70% des coûts de soins de santé notamment à travers la RAMQ. Le reste provient d’assurances privées, de fondations et de la poche des gens qui reçoivent les soins. Comme son nom le dit, la RAMQ est une assurance-santé et comme je le décrirai plus loin, il y a plusieurs problèmes avec cette assurance:

  1. Cette assurance est obligatoire, son financement est assumé à 100% par les contribuables,
  2. les risques couverts sont très étendus, définis par décret et imposés,
  3. il n’y a aucune sélection de risque moral (i.e. tout le monde est accepté au même prix – $0),
  4. la gestion est effectuée par les fonctionnaires de l’État.

Tout d’abord, en raison de la structure et du mode d’opération de la RAMQ, la population perçoit les soins de santé comme étant gratuits, ce qui n’est évidemment pas le cas. Cela mène évidemment à une sur-consommation de soins. Une assurance-santé privée ferait en sorte de rendre les coûts plus transparents. Pensez à votre assurance auto: vous avez un fort incitatif à surveillez votre conduite et à ne pas soumettre de réclamation pour un dommage léger.

Ensuite, qu’est-ce qu’une assurance à la base? Selon Wiki, une assurance est un service qui fournit une prestation lors de la survenance d’un risque. Ainsi, le but d’avoir une assurance est de se protéger contre des risques que l’on craint et qui pourraient avoir un impact négatif significatif sur notre situation.

À cet égard, avoir un cancer, faire une crise cardiaque, avoir un accident de voiture, se blesser en déboulant les escaliers, avoir un malaise grave ou un ACV, sont des exemples de risques contre lesquels un individu devrait chercher à se protéger. Vouloir visiter une clinique pour une grippe ou un examen usuel, aller à l’hôpital pour accoucher ou pour une prise de sang ne sont pas des risques significatifs; ce sont des événements normaux dans le cours d’une vie. Il n’y a pas de raison pour être assuré à cet égard, tout comme pour votre assurance-auto qui ne couvre pas l’entretien de votre voiture et les petits bris usuels. Je suis d’avis que la RAMQ devrait redéfinir les risques qu’elle couvre et se concentrer sur les risques réels. Cela permettrait de grandement réduire les coûts de cette assurance.

L’autre problème de la RAMQ est qu’elle assume un risque moral démesuré sans aucune compensation. Un très grand nombre de maladies sont simplement reliées à de mauvaises habitudes de vie. Certains individus ne font pas attention à leur santé, mais bénéficient quand même de toute la couverture de la RAMQ sans surcharge. C’est comme si le conducteur qui a deux accidents et quatre contraventions par  année payait la même prime que vous pour son assurance-auto.

Finalement, l’administration de la RAMQ est effectuée par les fonctionnaires du gouvernement, ce qui implique des conditions salariales supérieures et déconnectées du marché du travail ainsi qu’une coûteuse bureaucratie inefficace. Comme la RAMQ ne recherche pas le profit et n’a pas de concurrence, elle n’a aucun incitatif à améliorer sa performance à quelque égard que ce soit.

Les conséquences:

Les conséquences principales des quatre éléments ci-haut mentionnés sont une explosion des coûts des soins de santé suivie d’une insuffisance de la quantité et de la qualité de l’offre de soins.

Pour contrer ces augmentations de coûts sans changer le système, l’État s’est engagé dans une série de politiques totalitaires ayant comme impact de réduire les liberté individuelles. Le gouvernemaman veut nous imposer ses vues quant à nos habitudes de vie (alimentation, cigarette, exercice, etc) à grands coups de dépenses et de lois. 

Il a aussi étendu sa bureaucratie autocratique à l’industrie pharmaceutique ce qui a eu comme impact d’augmenter les coûts de développement et de commercialisation des médicaments. Notez que le Canada a un taux de pénétration des médicaments génériques de seulement 50% versus 70% pour les États-Unis (un chiffre déjà trop bas).

Il tente aussi par tous les moyens de restreindre l’offre de soins (quotas), même si elle devient insuffisante face à la demande, tel un régime communiste déespéré. Résultat: impossible de trouver un médecin de famille, les urgences débordent et les listes d’attentes pour certaines chirurgies s’allongent dramatiquement.

Malgré cela, les coûts continuent d’exploser et représentent une portion de plus en plus grande des dépenses totales du gouvernement québécois. Le besoin d’un changement de structure ne fait plus aucun doute…

Les défauts de l’assurance-santé privée:

Les pays qui utilisent un système d’assurance-santé privée ou semi-privée ont rencontré certains problèmes qu’il faut tenter d’éviter, mais qui ne sont pas sans solution, comme le démontre l’exemple des Pays-Bas.

Le premier problème est que les individus dont la santé est plus à risque ont de la difficulté à se trouver une assurance à prix abordable (a.k.a. "lemon-dropping"). La solution à ce problème est relativement simple. On crée un pool règlementé avec ces assurés, lesquels paieront un prix règlementé (inférieur au prix du marché pour un tel risque). Les pertes financières de ce pool seront assumées par l’ensemble des assureurs, en proportion de leurs revenus. C’est de cette façon que fonctionne l’assurance-auto dans plusieurs provinces canadiennes. Le nouveau système en place aux Pays-Bas depuis 2006 est aussi inspiré de ce concept. Le système Néerlandais sépare d’ailleurs les soins long terme et maladies chroniques des soins court terme et urgents.

Le deuxième problème est le manque de transparence des prix. Dans certains pays, l’assureur oblige le patient à être traité dans certains hôpitaux spécifiques avec lesquels il a une entente. Cela permet de minimiser les coûts, mais ne permet pas de favoriser la qualité des soins. L’autre option consiste à donner le choix de l’hôpital au patient, mais à ce moment le coût n’est plus pris en compte. D’autre part, certaines région ont vu apparaître des cartels d’hôpitaux formant des monopoles locaux, empêchant tout compromis sur le prix.

Encore une fois, il y existe des solution à cette impasse. À cet égard, les Pays-Bas montrent encore la voie. Ils ont développé un système de tarification qui décourage les médecins à fournir un service de mauvaise qualité. Ils ont développé des outils pour mesurer la qualité du service et ont fourni aux consommateurs davantage d’information sur les prix et la qualité du service des assureurs et fournisseurs de soins de santé. Le gouvernement a mis en place un site internet où les consommateurs peuvent comparer les différents assureurs, leurs prix, les services offerts, le niveau de satisfaction des clients et plusieurs indicateurs de performance des hôpitaux. Cette transparence améliore grandement le fonctionnement et l’efficacité du système.

Conclusion:

Il est temps que le gouvernement québécois sorte de sa torpeur et s’attaque à la structure de notre système de santé. L’utilisation de la concurrence est selon moi primordiale à l’amélioration de l’efficacité du système. Tout comme Singapour, les Pays-Bas nous montrent un exemple de structure qui donne de biens meilleurs résultats que notre système quasi-communiste. Malheureusement, nos élus manquent de volonté et l’immobilisme prévaut…

Read Full Post »

Le nom de ce mouvement fait évidemment référence aux fameux événements du Boston Tea Party de 1773, qui mèneront à la révolution américaine de 1775. Il est apparu à l’aube de 2009, suite à l’annonce du plan de relance de l’économie américaine et au sauvetage des banques. Le mouvement a par la suite critiqué la réforme du système de santé de Barrack Obama ainsi que les dépenses gouvernementales élevées en général.

Le mouvement est composé de plusieurs branches, dont la Tea Party Nation, qui a récemment tenu un congrès marqué par un discours de Sarah Palin.

Les tea-partys sont décrits comme un mouvement faisant la promotion des valeurs libertariennes et conservatrices. Leur principal cheval de bataille est la réduction des dépenses gouvernementales et la discipline fiscale. La gauche n’a pas tardé à affirmer que le mouvement n’a rien d’authentique et qu’il est financé par les riches pour faire en sorte que leurs impôts n’augmentent pas. Il y a sûrement un peu de vérité là-dedans (que les riches supportent ce mouvement par exemple), mais il n’en demeure pas moins que le mouvement est désorganisé, décentralisé et quasi-spontané. Les assemblées sont garnies de gens ordinaires qui ne se sont jamais impliqués politiquement et qui sont dégoûtés par les agissements de leur gouvernement.

L’influence politique du mouvement commence à se faire grandement sentir. Selon le magazine The Economist, les tea-baggers ont contribué à la chute d’un candidat Républicain "centriste-modéré" dans l’État de New York l’an passé, ce qui a permi à un Démocrate de se faire élire. Plus récemment, l’élection du Républicain Scott Brown dans l’ancien compté de Ted Kennedy au Massachusetts a fait beaucoup de bruit et aurait été influencée par le mouvement Tea-Party.

Il est tout à fait légitime qu’un groupe de pression défende finalement les intérêts des contribuables, trop souvent négligés par la classe dirigeante face à tous ces autres groupes de pression qui eux veulent attirer les dépenses gouvernementales.

Évidemment, les plus riches ont toujours joué du coude en coulisses pour limiter l’ampleur de leur charge fiscale, mais personne ne défend les payeurs d’impôts de la classe moyenne et les consommateurs en général (qui paient des taxes de vente et qui subissent l’inflation engendrée par la banque centrale finançant les dépenses de l’État).

Ce genre de manifestation est d’autant plus nécessaire que ces gens ne peuvent s’exprimer au scrutin puisque tant les Républicains que les Démocrates sont d’affreux dépensiers. Contrairement à ce que Barack Obama pense, il est important que l’on recentre le débat sur ‘combien dépenser’ plutôt que sur ‘dans quoi dépenser’, ainsi que sur la taille de l’État en général.

Ça me fait penser à l’éditorial de The Economist il y a quelques semaines, qui décrivait que bien que la crise financière ait accéléré l’expansion du gouvernement américain, le phénomène était déjà en branle depuis un bon bout de temps. Georges Bush a augmenté les dépenses de l’État plus que n’importe quel président depuis Lyndon Johnson. Il a aussi ajouté 1,000 pages de règlementation fédérale par année durant ses 7 ans de mandats (et après on nous parle d’une crise causée par la dérèglementation!).

Il est évident que les dépenses gouvernementales ont explosé ces dernières années, mais on ne peut pas dire que ça a été pour le mieux. Au niveau fédéral, une bonne partie de l’augmentation a été causée par le budget militaire ainsi que par l’implantation du Homeland Security Department. De plus, les fonctionnaires et politiciens sont des spécialistes du gaspillage. Le professeur Bill Watkins de l’Université de la Californie calcule que le gouvernement de cet État dépense 26% de plus qu’il y a 10 ans (après ajustement pour l’inflation et la croissance de la population). Est-ce que la qualité et la quantité des services s’est améliorée de 26% sur cette période? Bien sûr que non! 

Cet argent a terminé sa course dans les poches de fonctionnaires et d’intérêts corporatistes plutôt que pour les services publics. Il y a plus de 15,000 lobbyistes enregistrés aux États-Unis dont le travail consiste à détourner cet argent. De plus, les fonctionnaires s’assurent de bien protéger leurs propres intérêts. Aux États-Unis, 30% des fonctionnaires sont syndiqués ce qui leur confère de meilleurs salaires et avantages sociaux que leurs homologues du privé. Les salaires des fonctionnaires fédéraux américains sont totalement déconnectés de la réalité économique et l’écart continue de se creuser avec le secteur privé.

Government departments are good at expanding their empires. Thus a welfare state that was designed to help people deal with unavoidable risks, such as sickness and old age, is increasingly in the business of trying to eliminate risk in general through a proliferating health-and-safety bureaucracy. – The Economist.

Le problème avec le Tea-Party Movement est qu’il attire de plus en plus d’individus dont les motivations sont pour le moins discutables; plus conservateurs que libertariens. Ces gens s’intéressent au mouvement tea-party dans l’optique de l’utiliser pour promouvoir des politiques conservatrices telles que l’interdiction des marriages entre conjoints de même sexe, l’interdiction de l’avortement et même des politiques racistes anti-immigration. Ces choses n’ont absolument rien à voir avec le libertariannisme et la taille de l’État et il est bien malheureux que cette gangraine vienne infecter une cause aussi importante.

Ceci étant dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est important de s’informer et débattre quant à la taille de l’État et il est aussi important de défendre les intérêts des contribuables (nous en sommes tous de toute façon). Sans nécessairement devenir un parti politique, je pense que ce mouvement pourrait être très bénéfique en tant que groupe de pression. Il serait temps que nous en ayons un au Québec.

Read Full Post »

 Ce billet se veut une sorte de revue d’articles intéressants sur la situation en Haïti.

Joseph Facal:

Son article énonce les sept plaies d’Haïti: le despotisme, la corruption, l’analphabétisme, la maladie, la dépendance, l’indifférence et le départ définitif de ses enfants les plus doués.

Le peuple haïtien, qui n’a pas moins de talents que n’importe quel autre, est écrasé par des éléphants qui l’empêchent de se redresser.  Ces éléphants, c’est une petite élite locale qui considère ce pays, ou ce qu’il en reste, comme sa chose personnelle. On n’y retrouve pas une seule force politique qui ne soit pas gangrenée de part en part par la corruption. Dégoûtés, les meilleurs s’en vont et ne retournent jamais, envoyant de l’argent à leurs proches depuis l’étranger.

Plutôt défaitiste comme article et ne proposant pas vraiment de solution…

Nathalie Elgrably (IEDM):

Selon elle, ce n’est pas l’absence d’infrastructures qui explique la pauvreté, c’est plutôt la pauvreté qui explique l’absence d’infrastructures. Et la pauvreté, c’est généralement le résultat d’un système économique qui empêche la création de richesse en décourageant la production et l’investissement.

Elle avance que le cas du Chili devrait servir de modèle pour Haïti. Jusqu’au début des années 1980, le Chili était le parent pauvre de l’Amérique latine avec une économie pratiquement stagnante depuis 1913. Mais grâce à la libéralisation des marchés et aux réformes économiques adoptées en 1985 et 1990, l’économie chilienne a crû à un rythme de 4,2% par an, permettant ainsi au niveau de vie de doubler tous les 17 ans.

"Secourir les victimes du séisme, cela va de soi! Contribuer à la reconstruction, c’est honorable, mais c’est insuffisant pour vaincre la pauvreté. Ce n’est pas en recevant de l’aide internationale qu’un pays s’enrichit, c’est en produisant et en vendant ses biens et services. Or, pour cela, il faut des réformes qui permettent de créer un contexte économique favorable aux affaires. Le Chili l’a compris et a réussi un véritable miracle économique en 20 ans à peine."

The Economist:

Leur article propose que l’ONU prenne le pays en tutelle temporaire de façon à mettre en place un État fort et sain qui prendrait en charge l’avenir du pays. Ils nommeraient même Bill Clinton à la tête de cette initiative! N’est-ce pas ce qui a été tenté par le passé?

Felix Salmon (Reuters):

Ce blogueur nous incite à ne pas faire de dons à Haïti! Ses arguments sont que 1) beaucoup de dons ont déjà été versés, notamment des gouvernements de plusieurs pays 2) à partir d’un certain montant, l’argent ne sert plus à rien, c’est plutôt une question de logistique, 3) les dons à Haïti sont probablement des dons qui auraient été faits à d’autres causes, ça crééra donc des manques ailleurs, 4) certaines organisations recueillant des dons pour Haïti sont plutôt douteuses, comme Yele par exemple (Wyclef Jean). 

Il propose plutôt de faire des dons sans restriction à Médecins Sans Frontière, qui allouera l’argent efficacement aux différents pays dans le besoin, incluant Haïti bien sûr.

Martin Masse (Le Québécois Libre):

Martin utilise ici son alter-ego, Tramin Assem, pour nous livrer un savoureux texte satirique sur les sophismes keynesiens. Le principal sophisme qu’il ridiculise est celui voulant que les catastrophes naturelles sont bonnes pour l’économie lorsque celle-ci opère sous son "potentiel" (vous trouvez ça stupide? c’est pourtant ce que Keynes avançait).

Antagoniste:

Ce blogue rapporte les propros du professeur d’économie Don Boudreau à l’égard du manque de liberté économique individuelle en Haïti. 

À Haïti, pour ouvrir un commerce, il faut passer au travers 13 procédures bureaucratiques. Ce processus prend en moyenne 195 jours et représente une dépense de 227,9% du salaire annuel. À Haïti, pour obtenir un permis de construction, il faut passer au travers 11 procédures bureaucratiques. Ce processus prend en moyenne 1 179 jours et représente une dépense de 569,5% du salaire annuel. À Haïti, importer un conteneur de marchandise, il faut passer au travers 10 procédures bureaucratiques. Ce processus prend en moyenne 33 jours et représente une dépense de 1 545$/conteneur.

François Marginean (7 du Québec):

Le maître du scepticisme nous rapporte que pour chaque dollar des payeurs de taxes que le gouvernement américain a décidé de déployer pour aider Haïti, seulement environ 1 cent est pour Haïti. Pour chaque dollar d’aide humanitaire que les Américains dépensent, 40 cents vont à l’appareil militaire US, payer pour la sécurité, les recherches et les équipes de secours, incluant le navire hôpital de la Navy USNS Comfort. Un autre 36 cents va au financement de l’assistance d’urgence de la US AID. Uniquement 10 cents ont déjà été dépensés pour de la nourriture.

Il poursuit en mentionnant que "l’occupation" du pays par les ONG est justifiée par les ressources naturelles du pays, dont notamment des réserves de pétroles plus grandes que celles du Vénézuela, de l’or et de l’iridium…..permettez-moi d’en douter fortement!

Jeanne Émard (Lutopium):

Lutopium met ici le doigt sur un bobo majeur, mais y appose la mauvaise étiquette. Son erreur est évidemment de confondre libertariannisme et droite politique. Ce que propose la Heritage Foundation n’est vraiment pas libertarien, mais bien du corporatisme de droite. Il est néanmoins tout à fait légitime de se demander si tous ces États qui envoient des soldats en Haïti le font vraiment par entraide ou s’il y a des intentions géopolitiques cachées, ou encore s’il le font pour promouvoir le complexe militaro-industriel ainsi que les intérêts corporatistes.

Gérard Latulippe (L’Actualité):

Cet ancien ministre libéral dans le gouvernement du Québec, qui fut aussi délégué général du Québec à Mexico et à Bruxelles, se trouvait en Haïti lors du séisme. Selon lui, le vide politique qui s’y est installé est un problème colossal et la communauté internationale devra s’y attaquer rapidement.

"Il est urgent de combler ce vide politique et je ne vois aucune autre voie que la mise sous tutelle d’Haïti par la communauté internationale, avec la participation impérative des Haïtiens. (…) La communauté internationale est frileuse quand il s’agit d’imposer une gouvernance, parce que ça va à l’encontre de la souveraineté des États. Il y a un devoir d’ingérence sur le plan humanitaire et il y a un droit d’ingérence dans d’autres cas très limités – les génocides, par exemple. Mais dans le cas d’Haïti, il y a un vide juridique sur le droit d’ingérence. C’est tout un débat. Mais il ne faut pas être frileux."

Est-ce que la communauté internationale peut légitimement prendre en charge l’État haïtien et y mettre sur pied les bases d’un gouvernement sain?

 

Read Full Post »

Paralèllement à la bulle immoblière des années 2000s, les niveaux d’endettement totaux (particuliers, entreprises et gouvernements) de certains pays ont atteint des niveaux insoutenables (d’où la fin de la bulle). Dans le cas des États-Unis ont parle de près de 400% du PIB, alors que pour le Royaume-Uni le ratio est monté jusqu’à 465%.

Dans le but de redémarrer l’économie, nos dirigeants ont injecté d’énormes stimulus monétaires et fiscaux dans le système, avec des résultats plutôt décevants. Les gens et les entreprises sont en train d’assainir leur bilan en remboursant leurs dettes et seront plutôt hésitants à retomber dans les excès qui ont mené à cette crise.

Une étude de McKinsey Global Institute a observé les niveaux d’endettement de 14 pays et estimé la probabilité que les différents secteurs de ces économies réduisent leur niveau d’endettement (voir tableau ci-bas).

Au Canada, ce sont les particuliers qui ont une forte probabilité de réduire leur endettement. Les entreprises canadiennes quant à elles sont relativement peu endettées et ne vont pas réduire leur dette davantage. Les gouvernements ne vont certainement pas réduire leur dette non plus, mais vont plutôt l’augmenter pour financer leurs déficits monstrueux. Les institutions financières canadiennes vont quant à elles modérément continuer à réduire leur niveau d’endettement.

Aux États-Unis, la situation est identique, sauf en ce qui a trait à l’immobilier commercial.

Conclusion:

L’étude de McKinsey démontre qu’il y a eu une quinzaine d’épisodes durant lesquels un certain "désendettement" a été observé (3 années consécutives durant lesquelles le ratio dette / PIB a diminué de 10% ou plus) suite à une crise financière.

La croissance économique durant ces épisodes a été mauvaise. Le désendettement a typiquement débuté 2 ans après le début de la crise financière et a duré durant 6 à 7 ans. Dans presque tous les cas, le PIB a diminué durant les 2 à 3 années subséquentes. Cela est de bien mauvaise augure en ce qui a trait à la croissance économique à venir puisque l’épisode actuel a été marqué par un niveau d’endettement record et a touché un grand nombre de pays. Jusqu’à maintenant, le désendettement des particuliers et entreprises a été amorti par l’endettement du gouvernement, mais cette situation n’est pas soutenable.

Je ne peux qu’en conclure que l’économie mondiale retombera en récession au cours des prochains mois…

Il est illogique de souhaiter que les consommateurs et les entreprises se mettent à se ré-endetter au nom de la sacro-sainte croissance économique. C’est pourtant ce que les autorités gouvernementales tentent de réaliser. Il faut que la structure de production s’ajuste à la nouvelle réalité économique et que les mauvaises créances (résultant de mauvais investissements durant le boum) soient purgées du systèmes. C’est après cet inévitable et douloureux nettoyage que nous pourrons compter sur une reprise solide de l’économie. Vouloir éviter à tout prix les effets de la récession nous mettra dans la même situation que le Japon durant sa "lost decade". C’est malheureusement ce qui semble se dessiner à l’horizon…

Read Full Post »

Comme je vous le mentionnais dans mon billet de lundi dernier, il est faux d’associer les libertariens à la droite politique. La droite est truffée d’étatistes voulant utiliser le pouvoir de l’État pour leurs intérêts corporatistes et Nicolas Sarkozy en est un exemple éloquent. Les faits qui vont suivre proviennent essentiellement d’un article paru dans The Economist le 9 janvier dernier.

Bien que M. Sarkozy soit à la tête d’un parti dit de droite, l’UMP, sa main-mise sur l’économie française est de plus en plus évidente. Les gouvernements plus au centre des années 1990s avaient vendu des participations de l’État dans des sociétés telles que France Telecom. Ils avaient aussi laissé des entreprises d’État, telles que EdF, prendre un virage plus "libre-marché". Mais les choses ont changé depuis quelques temps…

Suite à l’acquisition de la firme de télécommunications brésilienne GVT en septembre dernier, les dirigeants de Vivendi ont eu droit à une réprimande de la part de l’administration Sarkozy. C’est que le président aurait voulu être mis au courant de l’affaire avant tout le monde de façon à pouvoir "se réjouir publiquement de la gloire française" lors de sa visite au Brésil.

Les coups de téléphone en provenance de l’Élysée sont devenus fréquents pour les grandes entreprises françaises sous le règne de Sarko. En février 2009, l’entreprise de satellite Eutelsat, dans laquelle le gouvernement français a une part minoritaire, a décidé d’utiliser une fusée chinoise pour lancer un de ses satellites en raison des coûts abordables et pour diversifier ses fournisseurs. Les membres du conseil d’Eutelsat ont alors été convoqués à l’Élysée pour expliquer pourquoi ils n’avaient pas fait affaires avec la firme française Ariane.

M. Sarkozy a créé en 2008 le Fonds Stratégique d’Investissement, lequel est financé à 50% par l’État français et à 50% par la Caisse des Dépôts, et dont l’objectif est essentiellement d’investir 2 milliards d’euros par année dans des entreprises françaises pour promouvoir les intérêts corporatistes de l’administration Sarkozy.

Le FSI fera donc de l’interférence dans les décisions de ces entreprises pour qu’elles fassent affaires avec des firmes françaises plutôt qu’étrangères (au détriment de la compétitivité de l’économie française) et pour bloquer les acquisitions et prises de contrôles de firmes françaises par des entreprises étrangères (permettant à des entreprises inefficaces de subsister sur le dos des contribuables).

Ainsi, M. Sarkozy a encouragé le FSI à sauver Valeo, un producteur de pièces d’automobiles en détresse, pour éviter qu’il ne soit acquis par Pardus Capital, un conglomérat américain. Selon The Economist, M. Sarkozy voudrait même ressusciter les restes du producteur d’aluminium Pechiney, acquis par Alcan au début des années 2000s. En octobre dernier, le FSI a investit dans DailyMotion, une firme française de vidéos sur internet compétitionnant avec YouTube. Cette manoeuvre visait à bloquer des investisseurs étrangers qui voulaient prendre une participation dans cette entreprise.

Récemment, le gouvernement Sarkozy a vendu la division de transmission et distribution d’électricité de Areva, une entreprise d’État, à Alstom et Schneider, deux entreprises françaises, plutôt qu’à la japonaise Toshiba, laquelle offrait pourtant un prix plus élevé.

Comme tout bon politicien, Sarko en profite pour récompenser ses amis et collaborateurs. Il a nommé François Pérol à la tête de la BCPE (dont le gouvernement a supervisé la création suite à une fusion), Stéphane Richard à France Telecom (27% détenue par l’État), Henri Proglio à la tête de EdF (alors que ce dernier conserve son rôle au sein de Veolia, laquelle oeuvre dans la même industrie).

Et que dire des interventions de Sarkozy durant la crise financière. Il a plaidé pour la reconstruction d’un "capitalisme régulé", dans lequel les banques renoncent à la spéculation, régi par des règles prudentielles permettant "d’amortir les chocs au lieu de les aggraver". Il a demandé aux dirigeants de "gérer collectivement les crises les plus aiguës. "Pour moraliser le capitalisme financier, nous ne pouvons pas attendre". Il n’a pas hésité à brandir le spectre de la nationalisation des banques en guise de menace pour les inciter à prêter durant la crise du crédit.

Conclusion:

En somme, Nicolas Sarkozy démontre bien de quelle façon agit la droite étatique. Cette politique d’interventionnisme minera le compétitivité de la France, qui risque aussi de se mettre à dos certains de ses partenaires commerciaux. En redistribuant la richesse des contribuables vers les banques, les grosses compagnies en faillite et d’autres groupes d’intérêt privilégiés, Sarkozy fait autant de torts à la société française que les socialistes de la gauche. Nicolas Sarkozy est bel et bien un dirigeant de droite, un étatiste de droite devrais-je dire, mais une chose est sûre, il est à des années-lumières d’être un libertarien.

 
 
 
 
 
 
 

 

Read Full Post »

Je suis tombé hier sur un article intéressant de la Federal Reserve of Cleveland, portant sur les différences entre les marchés immobiliers américains et canadiens. L’article cherchait plus précisément à identifier les raisons pour lesquelles le marché canadian avait mieux fait. Les deux suspects évoqués sont 1) la politique monétaire et 2) les conditions de prêts.

Il faut d’abord noter que le marché immobilier résidentiel canadien a beaucoup mieux fait que celui des États-Unis (voir graphique 1). Plusieurs observateurs, tels que le magazine The Economist ont décrit le Canada comme “a country that got things right.” Il n’en demeure pas moins que le marché canadien a connu une hausse fulgurante suivie d’une baisse significative en 2008, pour ensuite se redresser un 2009.

1. Prix des maisons

  

Sources: U.S.: S&P/Case-Shiller (20-city); Canada: Teranet (6-city).

Au niveau du levier financier, le Canada paraît mieux, ayant un pourcentage beaucoup moins élevé d’hypothèques avec un ration d’endettement de plus de 80% (voir tableau 2). La principale raison selon moi est qu’au Canada, toute hypothèque avec un ratio d’endettement supérieur à 80% doit être assurée auprès de la SCHL aux frais de l’emprunteur, ce qui décourage cette pratique.

2. Distribution des hypothèques par ratio d’endettement (%)

  United States Canada
LTV ratios 1999 2005 2007 2006
0–80 76.48 79.14 78.12 84.79
80–90 10.55 8.98 9.66 8.81
90–100 7.56 6.37 6.93 1.53
100+ 5.41 5.51 5.28 4.87

Sources: Bank of Canada Financial System Review December 2007; American Housing Survey.

L’article apporte aussi notre attention sur une différence notable entre les deux marchés, qui est que le taux de délinquence a commencé à monter avant de le taux de chômage aux États-Unis, alors qu’au Canada le taux de délinquence a commencé à monter après le taux de chômage. Il semble donc que l’évolution différente des marchés immobiliers des deux pays puissent tirer son origine des conditions de crédit.

3. Taux de délinquence hypothécaire (90 jours et plus)

 

Sources: U.S.: Mortgage Bankers Association. National Delinquency Survey; Canada: Canadian Bankers Association.

L’article semble reconnaître que la politique monétaire ultra-expansionniste des deux banques centrales est en partie à l’origine des "boums" immobiliers des deux pays, mais il écarte que celle-ci soit à l’origine de la différence de performance entre les deux marchés puisque les deux pays ont eu des politiques monétaires similaires et des taux hypothécaires similaires.

4. Taux cible des banques centrales

 

Source: International Monetary Fund,International Financial Statistics.

L’article présente les conditions de crédit comme étant la différence principale entre les marchés immobiliers des deux pays. Bien que le marché "subprime"  et Alt-A ait connu une certaine croissance au Canada entre 2002 et 2006, il est demeuré beaucoup plus petit qu’aux États-Unis, où il a littéralement explosé. De plus, le Canada n’a pas introduit de nouveaux produits risqués tels que les intérêts-seulement et amortissement-négatif, dont la popularité a été sans cesse croissance aux États-Unis durant le boum. Finalement, le Canada a beaucoup moins utilisé la désintermédiation financière; la croissance de la titrisation hypothécaire a été beaucoup moindre (les fameuses mortgage-backed securities ou MBS).

L’autre facteur que j’ajouterais est que les banques canadiennes ont maintenu des niveau de capital et de liquidité nettement supérieurs aux banques américaines et européennes, ce qui leur a fourni un coussin suite à la crise.

En somme, l’article semble chercher à déculpabiliser la Federal Reserve pour son rôle dans la crise immobilière et à rejetter le blâme sur les banques. Il est bien vrai que les différences structurelles du marché hypothécaire canadien relativement à son homologue américain (assurance hypothécaire pour les prêts à plus de 80% de LTV, moins de subprime/Alt-A, absence de produits interest-only et negative-amortization, moins de titrisation) ont ralenti et le boum et, à tout le moins, retardé le "bust". Il n’en demeure pas moins que les deux pays ont eu une politique monétaire inflationniste et que les deux pays ont gonflé une bulle immobilière qui a créé beaucoup de distorsions dans l’économie. La différence est que le Canada a été capable de maintenir sa bulle gonflée en injectant de l’argent des contribuables dans la SCHL

Read Full Post »

« Newer Posts - Older Posts »

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 80 followers