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Articles Tagués ‘plan de relance’

                Suite à une attaque récente de la part de Paul Krugman sur son blogue suite à ce qu’il ait publié une étude recommandant à la Fed de relever sa cible de taux d’intérêt de 2%, l’économiste de l’Université de Chicago Raghu Rajan répondait à Krugman le 24 août dernier.

                Bien entendu, l’économiste de l’école autrichienne que je suis ne peut être entièrement d’accord avec l’argument de Rajan. Sa position fait cependant beaucoup plus de sens que celle de Krugman. En voici les grandes lignes.

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Suite à l’excellente présentation de Roger Garrison à la Mises University, j’ai décidé d’écrire un article utilisant la même approche pour expliquer la théorie Autrichienne des cycles économiques (ABCT).

Commençons tout d’abord avec la frontière des possibilités d’investissement. Celle-ci est basée sur le principe que chaque individu peut faire deux choses avec ses revenus: consommer ou épargner. Donc, chaque déplacement vers la droite sur la courve signifie plus d’investissement (i.e. d’épargne) et moins de consommation. Cela est illustré dans l’image suivante.

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Selon Krugman (ici et ici), les entreprises n’investissent pas parce qu’elles ont de la sur-capacité de production, donc aucun besoin d’investir. Elles maintiennent en outre des niveaux d’encaisse très élevés.

Pour que celles-ci investissent et embauchent, il faudrait une augmentation de la demande qui vienne utiliser la capacité de production de ces entreprises.

Pour créer cette demande, il faut selon lui que le gouvernement mette de l’avant un autre plan de relance (puisque le premier n’était pas assez gros selon lui). Comme je le démontrais lundi, le premier plan de relance fut un échec lamentable. 

Selon lui, l’État n’a pas grand chose à perdre puisque s’il ne fait rien, la situation économique va se détériorer, ce qui augmentera le déficit de toute façon (donc aussi bien dépenser!).

De plus, les conséquences négatives de cette détérioration auront des répercussions à plus long terme:

"what if there are long-run negative effects of a deeper slump on the economy? The WSJ piece showed one example: workers driven permanently out of the labor force. There’s also the negative effect of a depressed economy on business investment. There’s the waste of talent because young people have their lifetime careers derailed. And so on. And here’s the thing: if the economy is weaker in the long run, this means less revenue, which offsets any savings from the initial austerity."

Cette vision keynesienne de l’économie est complètement erronnée. Voici pourquoi.

Tout d’abord, l’explication de Krugman repose sur une hypothèse très contestable, stipulant que les plans de relance réussissent à relancer l’économie durablement. En termes keynesiens, cela signifie que le "multiplicateur" est supérieur à 1. Dans son exemple, Krugman utilise d’ailleurs un multiplicateur de 1.4. Où prend-il ce chiffre? Dieu seul le sait! 

Ainsi, si vous aviez une entreprise de construction et que le gouvernement fédéral vous octroyait un contrat dans le cadre d’un nouveau stimulus, allez-vous vous mettre à investir dans votre entreprise et à embaucher des employés permanents? Bien sûr que non! Car vous savez que cette "manne" n’est que temporaire et ne représente aucunement de la demande durable. Donc une fois le stimulus passé, c’est le retour à la case départ.

Krugman craint que si le gouvernement ne fait rien, certains emplois dispaîtront pour de bon. J’espère bien que certains emplois ne reviendront jamais; puisque ceux-ci étaient le fruit des mauvais investissements effectués durant le boum artificiel.

C’est justement ce à quoi une récession devrait consister: nettoyer les mauvais investissements et éliminer les emplois inutiles. L’économie n’a plus besoin d’autant de travailleurs de la construction et tout ce qui tourne autour de cette industrie; il ne sert à rien de vouloir maintenir ces emplois. Par la suite, l’investissement peut reprendre dans d’autres industries. Tout ce processus a été ralenti par l’incertitude et la confusion générées par le gouvernement avec ses plans de relance, ses bailouts, ses déficits et ses réformes.

Au contraire, le gouvernement tente d’aller à contre-courant du processus normal de rétablissement d’une récession en tentant de sauver les emplois qui devraient disparaître, en maintenant des entreprises en vie alors que celles-ci auraient dû disparaître, en décourageant l’épargne par la manipulation monétaire, et en choisissant lui-même les industries méritant de l’investissement (par exemples: énergie renouvelable, voitures électriques, infrastructure routière, etc). Le résultat n’est pas surprenant: du chômage persistant.

En somme, il est vrai que les entreprises ont de la sur-capacité de production présentement, mais celle-ci est dans les mauvaises industries. La solution ne consiste pas à tenter de relancer la demande de ces industries. Elle consiste plutôt à ce que le gouvernement s’abstienne d’intervenir pour que ces industries réalisent que la demande n’est plus là et que ce capital soit ré-alloué ailleurs dans l’économie. La dépression de 1920-21 a démontré que cette politique fonctionne.

Paul Krugman est préoccupé par le sort des chômeurs si l’économie se détériorait davantage. Il devrait plutôt se préoccuper du fait que les plans de relances et les subventions rendent certaines industries dépendantes du gouvernement; les conséquences à long terme de cela seront très négatives lorsque l’aide s’arrêtera éventuellement.

Finalement, si les entreprises maintiennent des niveaux d’encaisse élevés, c’est qu’elles ont appris la leçon et qu’elles veulent pouvoir se maintenir en vie en cas de temps dur. Il n’y a rien de mal là-dedans.

À ce sujet, Peter Boettke a déterré de fascinantes coupures de journaux datant de 1932; notez que l’une est signée par Keynes et l’autre par Hayek. Leur débat est très similaire à celui que Paul Krugman aurait avec Thomas Woods aujourd’hui. Bonne lecture!

http://austrianeconomists.typepad.com/files/cambridge_vs._lse_1932.pdf

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Paul Krugman continue à s’accrocher aux théories keynesiennes malgré l’évidence de leur échec.

Sur son blogue, il compare souvent la récession que nous avons de traverser avec la Grande Dépression des années 1930s et affirme que sans l’intervention étatique à la Keynes, nous aurions connu une autre Grande Dépression, prouvant de ce fait l’efficacité des politiques keynesiennes. En revanche, il ne cesse de blâmer les politiques de Hoover, qu’il présente comme un maître de l’austérité, pour avoir agravé la Grande Dépression. Selon lui, une augmentation du taux directeur de la Fed en Octobre 1931 et une petite coupure dans les dépenses de l’État en 1932 ont été catastrophiques pour l’économie.

Tout d’abord, Krugman devrait réaliser qu’en Octobre 1931, le taux de chômage officiel frôlait déjà les 16%. Autrement dit, l’économie était déjà en lambeaux. Deuxièmement, lorsqu’on met en perspective les dépenses de l’administration Hoover, on se rend compte qu’il était aussi austère que Tiger Woods était fidèle! Il a augmenté les dépenses de 42% entre 1930 et 1932. Le déficit fiscal s’est chiffré à $2.6 milliards en 1932, ou 4% du PIB. Cependant, comme c’est toujours le cas lorsque les politiques keynesiennes ne fonctionnent pas, le seul argument qu’il leur reste est de dire que ce n’était pas assez! Troisièmement, le taux directeur de la Fed était quand même très expansionniste même après la hausse de 1931. La façon dont Paul Krugman décrit ce qui s’est passé durant ces années est donc fallacieuse. En revanche, il s’abstient systématiquement de parler de la Dépression de 1920-21!

En fait, s’il y a une chose que l’on peut reprocher à Hoover qui a vraiment eu un impact négatif sur l’économie, c’est son penchant pour le protectionnisme. Pour comprendre ce qui s’est réellement passé en 1929, je vous propose ceci.

Figure 1
Figure 2
Figure 3

Dans un billet publié le 25 mai dernier, Krugman affirme que les gigantesques dépenses gouvernementales engendrées par le plan de relance économique Bush/Obama n’ont pas eu d’effet « crowding-out »; c’est-à-dire qu’elles n’ont pas eu comme effet de se substituer aux investissements privés.

L’effet crowding-out se produit lorsque le gouvernement génère des déficits pour stimuler l’économie (à la Keynes). Ces déficits font augmenter les taux d’intérêt, ce qui signifie que les entreprises privées et autres emprunteurs doivent se financer à un taux plus élevé. Cela a un effet négatif sur l’investissement, la consommation et donc sur la création d’emplois. Ainsi, en voulant stimuler l’économie, le gouvernement se trouve à l’étouffer.

L’argument de Krugman est que le taux sur les obligations du gouvernement américain n’a pratiquement pas augmenté depuis un an, donc manifestement pas de crowding-out.

 

Comment le crowding-out fait monter les taux d’intérêt?

Il y a deux façons par lesquelles le crowding-out fait augmenter les taux.

La première survient lorsque les titres de dette du gouvernement sont achetés par des investisseurs. Cela a comme impact d’augmenter l’offre d’obligations sur les marchés, ce qui a un effet à la hausse sur les taux d’intérêt. Bref, le gouvernement « inonde » les marchés obligataires, ce qui crée un surplus de titres de dette. Pour attirer davantage d’investisseurs, les taux doivent augmenter. L’épargne disponible dans l’économie va davantage vers le gouvernement plutôt que vers les entrepreneurs. Autrement dit, lorsque le gouvernement vend ses titres de dette sur le marché, il s’accapare une plus grande partie de la quantité d’épargne disponible. Il en reste donc moins pour les emprunteurs privés. Ce n’est pas vraiment cela qui s’est produit au cours des 12 derniers mois.

La deuxième façon survient lorsque la dette du gouvernement est achetée par la Federal Reserve avec de la monnaie créée ex nihilo. L’effet sur les taux d’intérêt n’est alors pas immédiat. Cette création de monnaie génèrera éventuellement de l’inflation (ou du moins fera augmenter les anticipations d’inflation), ce qui mettra de la pression à la hausse sur les taux d’intérêt.

Dans la période récente, le déficit du gouvernement américain a été financé avec de l’argent créé ex nihilo par la Federal Reserve. La Federal Reserve a utilisé ce qu’on appelle le « quantitative easing »; c’est-à-dire qu’elle a créé de la monnaie pour acheter des obligations (surtout celles du gouvernement). À preuve, la Fed est maintenant le plus gros détenteur de bons du trésor au monde. Il est normal de ne pas avoir assisté à une augmentation du taux d’intérêt du gouvernement depuis le plan de relance, puisque celui-ci est maintenu à la baisse par la Fed!

Quand verrons-nous le crowding-out alors?

En fait, on pourrait montrer à Paul Krugman que le taux 10 ans sur les obligations du gouvernement a fortement augmenté depuis le début de 2009 (de 2.5% à 3.5%).

Les taux vont monter davantage lorsque l’inflation se manifestera. Présentement, l’économie est trop faible et la tendance est au désendettement. Il n’y a donc pas de pressions inflationnistes.

D’autre part, le taux directeur de la Federal Reserve a beau être de 0% et celui des bons du trésor à 3.5%, c’est sur les marchés obligataires et auprès de leur banque que les entreprises et particuliers doivent se financer. Voyons voir si le crowding out s’est manifesté depuis un an.

Le graphique suivant montre les dépenses en capital des entreprises américaines. Elles sont en forte baisse depuis le début du plan de relance et n’ont pas rebondi malgré la supposé reprise économique.

  

Ainsi, il m’apparaît clair que 1) le plan de relance n’a pas fonctionné et que 2) l’investissement privé est très faible. Paul Krugman n’a donc pas de quoi taper sur la table en nous montrant son graphique du taux d’intérêt des bons du trésor…

Ensuite, Paul Krugman ne s’arrête pas là. Il affirme que ceux qui craignent un épisode d’hyper-inflation suite à l’immense création de monnaie engendrée par la Federal Reserve dans ses manœuvres de « quantitative easing », devraient observer le Japon qui malgré une forte augmentation de sa masse monétaire dans les années 2000 (suite à du quantitative easing), n’a pas subi d’hyper-inflation. Donc, s’il n’y a pas d’inflation, les taux de monteront pas, et si les taux ne montent pas, il n’y aura pas de crowding-out et tout ira bien!

Effectivement, le Japon n’a pas subi d’hyper-inflation; il n’a d’ailleurs pas connu de croissance économique non plus! Le Japon est un exemple flagrant de l’échec des politiques keynesiennes. La croissance du PIB n’y a pas dépassé 2% dans les années 2000 et le taux de chômage n’a jamais été aussi élevé. Il y a plusieurs explications, au marasme économique japonais (système bancaire déficient, changements démographiques, interventionnisme étatique, inflexibilité du marché du travail, etc), mais il est plutôt fallacieux d’utiliser cet exemple pour vanter les plans de relance et le « quantitative easing » puisque ces politiques n’ont carrément pas fonctionné. Bref, si c’est pour nous réconforter que Krugman nous pointe le Japon, c’est manqué!

Ce que Krugman répondrait est probablement que, tout comme le Japon, les Etats-Unis sont dans une trappe à liquidité, une autre chimère keynesienne, directe conséquence de leurs politiques. L’autre conséquence des politiques keynesienne est la stagflation. C’est probablement ce qui attend les États-Unis une fois qu’ils seront sortis de leur trappe à liquidité après une ou plusieurs décennies perdues!

 

 Voyez mes autres articles dans la série Paul Krugman ici, ici, ici et ici.

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Le nom de ce mouvement fait évidemment référence aux fameux événements du Boston Tea Party de 1773, qui mèneront à la révolution américaine de 1775. Il est apparu à l’aube de 2009, suite à l’annonce du plan de relance de l’économie américaine et au sauvetage des banques. Le mouvement a par la suite critiqué la réforme du système de santé de Barrack Obama ainsi que les dépenses gouvernementales élevées en général.

Le mouvement est composé de plusieurs branches, dont la Tea Party Nation, qui a récemment tenu un congrès marqué par un discours de Sarah Palin.

Les tea-partys sont décrits comme un mouvement faisant la promotion des valeurs libertariennes et conservatrices. Leur principal cheval de bataille est la réduction des dépenses gouvernementales et la discipline fiscale. La gauche n’a pas tardé à affirmer que le mouvement n’a rien d’authentique et qu’il est financé par les riches pour faire en sorte que leurs impôts n’augmentent pas. Il y a sûrement un peu de vérité là-dedans (que les riches supportent ce mouvement par exemple), mais il n’en demeure pas moins que le mouvement est désorganisé, décentralisé et quasi-spontané. Les assemblées sont garnies de gens ordinaires qui ne se sont jamais impliqués politiquement et qui sont dégoûtés par les agissements de leur gouvernement.

L’influence politique du mouvement commence à se faire grandement sentir. Selon le magazine The Economist, les tea-baggers ont contribué à la chute d’un candidat Républicain "centriste-modéré" dans l’État de New York l’an passé, ce qui a permi à un Démocrate de se faire élire. Plus récemment, l’élection du Républicain Scott Brown dans l’ancien compté de Ted Kennedy au Massachusetts a fait beaucoup de bruit et aurait été influencée par le mouvement Tea-Party.

Il est tout à fait légitime qu’un groupe de pression défende finalement les intérêts des contribuables, trop souvent négligés par la classe dirigeante face à tous ces autres groupes de pression qui eux veulent attirer les dépenses gouvernementales.

Évidemment, les plus riches ont toujours joué du coude en coulisses pour limiter l’ampleur de leur charge fiscale, mais personne ne défend les payeurs d’impôts de la classe moyenne et les consommateurs en général (qui paient des taxes de vente et qui subissent l’inflation engendrée par la banque centrale finançant les dépenses de l’État).

Ce genre de manifestation est d’autant plus nécessaire que ces gens ne peuvent s’exprimer au scrutin puisque tant les Républicains que les Démocrates sont d’affreux dépensiers. Contrairement à ce que Barack Obama pense, il est important que l’on recentre le débat sur ‘combien dépenser’ plutôt que sur ‘dans quoi dépenser’, ainsi que sur la taille de l’État en général.

Ça me fait penser à l’éditorial de The Economist il y a quelques semaines, qui décrivait que bien que la crise financière ait accéléré l’expansion du gouvernement américain, le phénomène était déjà en branle depuis un bon bout de temps. Georges Bush a augmenté les dépenses de l’État plus que n’importe quel président depuis Lyndon Johnson. Il a aussi ajouté 1,000 pages de règlementation fédérale par année durant ses 7 ans de mandats (et après on nous parle d’une crise causée par la dérèglementation!).

Il est évident que les dépenses gouvernementales ont explosé ces dernières années, mais on ne peut pas dire que ça a été pour le mieux. Au niveau fédéral, une bonne partie de l’augmentation a été causée par le budget militaire ainsi que par l’implantation du Homeland Security Department. De plus, les fonctionnaires et politiciens sont des spécialistes du gaspillage. Le professeur Bill Watkins de l’Université de la Californie calcule que le gouvernement de cet État dépense 26% de plus qu’il y a 10 ans (après ajustement pour l’inflation et la croissance de la population). Est-ce que la qualité et la quantité des services s’est améliorée de 26% sur cette période? Bien sûr que non! 

Cet argent a terminé sa course dans les poches de fonctionnaires et d’intérêts corporatistes plutôt que pour les services publics. Il y a plus de 15,000 lobbyistes enregistrés aux États-Unis dont le travail consiste à détourner cet argent. De plus, les fonctionnaires s’assurent de bien protéger leurs propres intérêts. Aux États-Unis, 30% des fonctionnaires sont syndiqués ce qui leur confère de meilleurs salaires et avantages sociaux que leurs homologues du privé. Les salaires des fonctionnaires fédéraux américains sont totalement déconnectés de la réalité économique et l’écart continue de se creuser avec le secteur privé.

Government departments are good at expanding their empires. Thus a welfare state that was designed to help people deal with unavoidable risks, such as sickness and old age, is increasingly in the business of trying to eliminate risk in general through a proliferating health-and-safety bureaucracy. – The Economist.

Le problème avec le Tea-Party Movement est qu’il attire de plus en plus d’individus dont les motivations sont pour le moins discutables; plus conservateurs que libertariens. Ces gens s’intéressent au mouvement tea-party dans l’optique de l’utiliser pour promouvoir des politiques conservatrices telles que l’interdiction des marriages entre conjoints de même sexe, l’interdiction de l’avortement et même des politiques racistes anti-immigration. Ces choses n’ont absolument rien à voir avec le libertariannisme et la taille de l’État et il est bien malheureux que cette gangraine vienne infecter une cause aussi importante.

Ceci étant dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est important de s’informer et débattre quant à la taille de l’État et il est aussi important de défendre les intérêts des contribuables (nous en sommes tous de toute façon). Sans nécessairement devenir un parti politique, je pense que ce mouvement pourrait être très bénéfique en tant que groupe de pression. Il serait temps que nous en ayons un au Québec.

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Le gouvernement Conservateur a fait un autre pas important vers la liberté économique vendredi en permettant à Globalive de lancer son service de téléphonie sans-fil au Canada. Vous vous souviendrez que je vous avais parlé de cette situation (ici), où le CRTC avait refusé l’accès au marché du sans-fil à ce nouveau compétiteur, dû au fait que l’entreprise est contrôlée par une société étrangère (Orascom).

Le ministre Tony Clement a maintenu le cap vers le libre-marché, défendant ainsi les intérêts des consommateurs canadiens plutôt qu’en maintenant une politique protectionniste inutile. D’ailleurs, le lobby des grosses entreprises en présence (Bell, Rogers et Telus) a probablement eu une influence marquée sur le CRTC, en tentant de bloquer cette initiative. Ceux-ci avaient récemment manifesté leur intérêt à acquérir le spectre de Globalive si l’entreprise n’avait pas été en mesure de l’exploiter étant bloquée par le CRTC. Bell avait d’ailleurs déclaré être prêt à payer jusqu’à 50% du prix payé par Globalive!! Ces entreprises oubliaient que l’objectif était d’amener plus de concurrence dans une industrie qui en manque cruellement; pas de renforcer le statut des gros joueurs en présence!

Globalive lancera ainsi son service Wind Mobile d’ici quelques jours. L’interférence du CRTC aura tout de même grandement nuit à ce nouvel entrant en retardant son entrée, qui avait pourtant été approuvée en mars dernier par Industrie Canada. Wind Mobile est ainsi en retard pour la saison des fêtes, ce qui nuira grandement à son lancement.

Pour ceux qui doutaient de l’impact positif de ces nouveaux compétiteurs pour les consommateurs canadiens, sachez que les effets sont déjà là. Bell a précipité le lancement de son nouveau réseau HSPA, plus performant, qui lui permettra de distribuer le Iphone (que Wind Mobile ne peut offrir pour le moment). Telus a introduit en Octobre dernier un nouveau forfait Simplicité sans frais de réseau, permettant des économies de $2.70/mois. Rogers a aussi abandonné les frais de réseau (de $6.95), mais a augmenté le prix de ses forfaits (de $5) pour compenser, permettant tout de même des économies de $1.95. Notez que Globalive ne facturera pas de frais d’accès au réseau. C’est bien peu pour le moment, mais ce n’est que le début puisque d’autres nouveaux compétiteurs vont bientôt suivre la voie de Globalive au cours des prochains mois, offrant des prix attrayants pour se bâtir une part de marché, ce qui forcera les joueurs en présence à réduire leurs tarifs, qui sont parmis les plus élevés au monde en raison du manque de concurrence.

Le Canada regorge d’industries protégées et non-compétitives. J’ai bien hâte de voir quelle sera la prochaine industrie à laquelle les Conservateurs s’attaqueront…

Les idiots de La Presse – l’or versus le S&P500

En passant, La Presse nous prend vraiment pour des valises ce matin en nous recopiant un article de Bloomberg nous mentionnant que depuis le sommet de $850 atteint par l’or en 1980, le rendement de l’or a été d’à peine +44% alors que le S&p500 a été multiplié par 22 (incluant les dividendes) et qu’un compte-chèque rapportait 92% au cours de cette période. Pourquoi comparer les rendements en partant d’un sommet du prix de l’or? Si on prend le rendement de l’or à partir de son creux du 30 mars 2001, il s’est apprévié de +333% alors que le S&p500 a fait -4.6%. Quel manque de jugement et quel article impertinent…

La Chine est toujours en feu

Je vous mentionnais en octobre dernier à quel point l’économie chinoise était survoltée par les programmes gouvernementaux visant à maintenir l’économie à flots. Vendredi, nous apprenions que la production industrielle chinoise a augmenté de +19.2% en novembre. Alors que la croissance de la masse monétaire bat des records, la banque centrale chinoise maintient sa politique monétaire accomodante, qui semble être en train de gonfler une bulle immobilière (les prix sont en forte hausse cette année). Ça continue d’être positif pour l’économie canadienne, mais qu’arrivera-t-il lorsque ces programmes de relance seront terminés?

La SCHL: un risque pour les contribuables

La semaine dernière, le chroniqueur Bernard Mooney du journal Les Affaires levait le voile sur une réalité que j’avais décrite en août dernier sur ce blogue, à l’égard de la SCHL. Un peu comme je l’avais fait, son article montre à quel point les banques s’enrichissent sur notre dos par l’entremise de cette entreprise d’État. En plus, M. Mooney analyse le bilan de la SCHL et démontre que ce dernier est très précaire. Il semble que la SCHL utilise le levier financier à un niveau qui dépasse l’entendement, pire encore que plusieurs institutions qui ont dû être secourues aux États-Unis et en Europe. Si jamais des problèmes survenaient, ce sont les contribuables canadiens qui devraient payer la note; tout ça pour maintenir notre marché immobilier gonflé à bloc grâce à l’argent frais que la SCHL canalise vers le crédit hypothécaire. Et après on nous vante les mérite de l’accès à la propriété alors que le prix moyen des maisons transigées en octobre au Canada a été de $341,079, et on nous parle de l’irresponsabilité des banques privées durant la crise financière alors que cette entreprise d’État fait encore pire…

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Dans ce dossier, inspiré du livre “Where Keynes went wrong” de Hunter Lewis, je traite des principales idées de Keynes. La première partie traitait des taux d’intérêt, la seconde partie traitait de l’épargne, la troisième partie traitait de la bourse et de l’investissement, et la quatrième partie traite des récessions.

Keynes était d’accord avec le fait que les booms économiques génèrent de mauvais investissement, mais il prêchait que "c’est mieux que pas d’investissement du tout". Keynes ne croyait pas que les récessions puissent au moins avoir l’utilité de "nettoyer" l’économie des industries/entreprises qui utilisent mal leurs ressources et de rediriger ces ressources vers les bonnes industries/entreprises (autrement dit, il ne croyait pas en la destruction créatrice).

Selon Keynes, aussitôt que des signes avant-coureurs d’un ralentissement économique se manifestent, le gouvernement doit mettre en branle un plan d’action radical pour intervenir et ramener l’économie en croissance (au plein-emploi). Il importe peu que ces dépenses gouvernementales soient vraiment utiles ou non, l’important est de dépenser cet argent le plus vite possible, de préférence dans les infrastructures. De toute façon, grâce au fameux concept keynesiens qu’est le "multiplicateur", chaque dollar dépensé par le gouvernement durant une récession est multiplié plusieurs fois par l’économie.

Keynes croyait que le libre-marché n’arriverait pas à sortir l’économie de la récession par lui-même et que l’économie atteindrait un équilibre sous-optimal (avec un taux de chômage trop élevé). Il croyait que les salaires ne devaient ni baisser, ni augmenter durant les récessions. L’un réduirait le pouvoir d’achat des travailleurs, l’autre serait mauvais pour le "climat d’affaires" en réduisant les profits. La solution consiste à créer de la monnaie pour générer de l’inflation. Cette hausse des prix permettra aux entreprises de maintenir les salaires tout en faisant du profit. À cet égard, la déflation doit être évitée à tout prix; c’est du poison pour l’économie.

Finalement, Keynes préconisait que la banque centrale et le gouvernement agissent comme prêteurs de dernier recours pour le système bancaire, de façon à éviter les faillites bancaires. Ainsi, la banque centrale devrait fournir de la liquidité aux banques autant qu’elles en ont de besoin et ce à un taux très bas (non-punitif contrairement à ce que suggérait Walter Bagehot).

Réfutation:

Lorsque les "booms" économiques inflationnistes se mettent à dérailler, le marché lève le voile sur tous ces mauvais investissements financés par de la dette artifiellement abordable (facilitée par la création de monnaie) et l’économie frappe un mur. Contrairement à ce que Keynes pensait, on ne peut artificiellement maintenir l’économie en boom perpétuel sans créer d’énormes distorsions sur les marchés. À cet égard, les récessions viennent corriger ces distorsions et permettent à l’économie de repartir sur une base plus solide. Plus l’inflation a été sévère durant le "boom", plus récession sera sévère.

En voulant éviter les récessions à tout prix, les théories de Keynes ne font que les prolonger, font en sorte que la reprise sera plus faible et que prochaine crise sera plus grave. L’interventionnisme keynesiens n’a-t-il pas échoué durant la Grande Dépression des années 1930s, prolongeant celles-ci jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale? Et que dire de la "décennie perdue" du Japon suite à la bulle des années 1980? Et de la bulle immobilière que nous venons de traverser, résultat inévitable de l’ère Greenspan (qui n’a pas laissé la récession de 2000-01 suivre son cours et qui l’a étouffée par une inflation démesurée, laquelle a gonflé une immense bulle immobilière). L’historique du keynesiannisme est en fait parsemmé d’échecs et d’inflation. La recette n’a jamais fonctionné et a toujours mené à des "booms and busts", c’est-à-dire de violents cycles économiques.

En ce qui a trait au fameux multiplicateur keynesien, ce concept fallacieux dont les Paul Krugman de ce monde font encore la promotion, c’est une théorie économique fondamentalement erronée. Voici la formule:

       DY = 1 /(1-c) *  DI

I est l’investissement fait par le gouvernement, c est la propension marginale à consommer (le pourcentage de chaque dollar qui est dépensé par les gens plutôt qu’épargné) et Y le revenu qui en résulte.

Ainsi, si la propension marginale à consommer est de 90%, le multiplicateur est de 10 fois, donc chaque dollar investi par le gouvernement est multiplié par 10 dans l’économie. Mais qu’arrive-t-il si la propension marginale à consommer augmente à 100% (i.e. les gens n’épargent plus)? Le modèle tombe à l’eau! D’ailleurs, aucune étude n’a clairement démontré l’existence de ce multiplicateur dans la réalité. Prenons par exemple celle de Christina Romer, présidente du Council of Economic Advisors sous Barrack Obama, qui a estimé le multiplicateur à 1.57x. D’autres études estiment qu’il est bêtement de 1x alors que d’autres l’estiment inférieur à 1x. Pour une réfutation complète du multiplicateur (qui serait trop longue pour ce billet), cliquez ici.

La meilleure façon de contrer une récession est de laisser le marché suivre son cours. Nous n’avons qu’à penser à la Dépression de 1921 aux États-Unis, où ni le gouvernement, ni la Federal Reserve ne sont intervenus. Cette dépression s’est résorbée d’elle-même, sans interventionnisme étatique. C’est d’ailleurs pourquoi les partisans de Keynes refusent à tout prix d’en parler! Par contre, les néo-keynesiens ont abandonné l’idée farfelue de Keynes selon laquelle un chômage élevé persisterait indéfiniement dans un libre-marché, sans intervention gouvernementale pour sortir de la récession (voir Modigliani et Patinkin). Une autre "intuition" de Keynes déconnectée de la réalité…

Quand aux salaires, le gel de ceux-ci a généralement comme impact de prolonger les récessions (nous n’avons qu’à comparer la Grande Dépression des années 1930s où les salaires furent gelés, à celle de 1921 où les salaires ont baissé drastiquement). La flexibilité du marché du travail est un élément essentiel pour sortir l’économie d’une récession et réduire le chômage. Les entreprises peuvent ainsi réduire leurs coûts (sans nécessairement mettre des travailleurs à pied), préserver leurs flux monétaires et rester en opération.

La déflation quant à elle n’est pas mauvaise en soit. C’est d’ailleurs un phénomène tout à fait naturel et sain: lorsque la productivité s’améliore, on fait plus avec moins, ce qui permet aux prix de baisser sans affecter les marges. Des prix plus bas signifie que le pouvoir d’achat et le niveau de vie de la population a augmenté et que de la vraie richesse a été créée. L’autre déflation, celle causée par la destruction de monnaie due au remboursement des dettes, est simplement le fruit d’une création excessive de monnaie qui a mené à de mauvais investissements, à du gaspillage de ressources et à un niveau d’endettement insoutenable. Ce réajustement est un mal nécessaire pour purger le système de toute cette dette et de toute cette monnaie artificielle, mais malheureusement, nos gouvernements veulent à tout prix l’empêcher en créant de la monnaie.

Finalement, la présence de la banque centrale comme prêteur de dernier recours crée un risque moral important pour les citoyens. Cette "fausse sécurité" permet et encourage la prise de risque excessive et mène inévitablement à des crises financières comme celle que nous avons récemment connue. L’expression "too-big-to-fail" et les "bailouts" existent depuis fort longtemps et tirent leurs origines, entre autres, du keynesiannisme. Cette promesse de sauvetage du gouvernement est malsaine et encourage les banques à étirer l’élastique au maximum.

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Comme je le laissais entendre ici, le chiffre du PIB américain de 3.5% pour le troisième trimestre n’était que de la poudre aux yeux. Excluant les dépenses gouvernementales, le PIB continue de diminuer.

Ce matin, nous apprenons que le taux de chômage pour octobre aux États-Unis a été de 10.2%, comparativement à 9.8% en septembre. Les économistes s’attendaient à 9.9%. Au Canada, le taux de chômage a augmenté à 8.6%. Ainsi, les chiffres de l’emploi confirment que le "vrai" PIB continue de baisser et que l’économie est toujours mal en point malgré tous ces milliards de programmes de dépenses keynesiens.

L’erreur fondamentale des keynesiens est de croire que les dépenses gouvernementales peuvent redémarrer l’économie et stimuler l’emploi. Ils pensent qu’en injectant de l’argent dans l’économie, la consommation va augmenter et qu’en réponse à cette augmentation, les entreprises vont investir et embaucher pour augmenter la production. Cette vision des choses ne tient pas la route. Pourquoi les entreprises se mettraient-elles à investir et embaucher alors qu’elles opèrent significativement sous leur capacité de production?

La réalité est que pour fournir à cette demande temporaire venant du gouvernement, les entreprises utilisent de la main d’oeuvre temporaire et du temps supplémentaire (les chiffres le confirment d’ailleurs). Elles n’investissent pas et n’embauchent pas, puisqu’elles ont amplement de capacité de production excédentaire pour satisfaire cette demande et savent pertinemment que ce n’est que temporaire. Une fois que la manne sera passée, ce sera un retour à la case départ.

Qu’est-ce qui nous ramènera en reprise économique alors? Lorsque les gens et les entreprises auront amélioré leur bilan financier (i.e. remboursé leurs dettes et amassé un coussin financier sous forme d’épargne), ils se remettront à consommer. Cette "vraie" demande fera hausser le "vrai" PIB. Les entreprises feront des profits qu’elles réinvestiront dans la production, anticipant une hausse soutenable de la demande.

Le chiffre de l’emploi de ce matin est une véritable claque en plein visage des keynesiens. Mais j’anticipe déjà leur explication à cet échec de leur idéologie: le plan de relance n’a pas été assez gros! Paul Krugman le répète d’ailleurs depuis quelques temps sur son blogue, et comme il a été nobélisé, il doit forcément avoir raison…:-)

Ne manquez pas la suite de mon dossier sur Keynes la semaine prochaine.

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C’est dans une enquête menée par le Ottawa Citizen et le Halifax Chronicle-Herald, publiée dans le National Post de mardi, que nous apprenions à quel point les politiciens se sont fait du capital politique sur le dos des contribuables avec le fameux plan de relance du fédéral.

- 57% des projets de plus de $1 million on été réalisé dans des circonscriptions où le député élu est un conservateur alors que le parti ne détient que 46% des sièges. Ça veut dire que les circonscriptions conservatrices ont eu 24% plus de projets qu’ils auraient dû en avoir s’ils avaient été répartis uniformément.

-  C’est au Québec que l’écart est le plus prononcé. Les circonscriptions conservatrices ont obtenu 22% des projets alors qu’ils n’ont que 13% des sièges. Même si le Québec représente 23% de la population canadienne, seulement 7% des projets supportés par le plan de relance s’y trouvent.

- L’Ontario, où le gouvernement conservateur a besoin de gagner plus de sièges pour former un gouvernement majoritaire, a obtenu 54% des projets alors qu’elle ne représente que 39% de la population.

- En Nouvelle-Écosse, le gouvernement a mis plus d’argent dans les 3 circonscriptions conservatrices que dans les 8 circonscriptions de l’opposition réunies.

 Si vous vous demandiez pourquoi les gouvernements s’entêtent à faire des plans de relance même si nous savons que ça ne donne pas grand chose, vous avez la réponse. Les politiciens adorent ces programmes puisque ça leur permet de se faire du capital politique et de préparer la prochaine élection en dépensant notre argent dans leur intérêt. Ça leur permet aussi de s’approprier le mérite d’une reprise économique éventuelle et de passer pour des héros.

Merci à Renart L’éveillé pour cette trouvaille.

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L’une des raisons d’être positif relativement à l’économie canadienne à court et moyen terme est la hausse fulgurante du prix des ressources cette année. Le cuivre, le nickel, l’aluminium, l’acier, l’or, l’argent, le pétrole et même le gaz naturel sont en forte hausse ce qui est excellent pour notre économie. Mais pourquoi le prix de ces matières premières augmente-t-il autant à ce stade-ci du cycle économique?

Réponse: la Chine! Encore eux.

Tout d’abord, le gouvernement chinois a dépensé $586 milliards en infrastructures (routes, chemins de fer, centrales d’électricité et résidences) cette année dans le cadre de son plan de relance, lequel comprend aussi des baisses d’impôts et des subventions diverses. Ensuite, la politique monétaire du gouvernement Chinois est ultra-expansionniste. La presse à billets roule à fonds de train là-bas aussi ce qui a mené à une hausse de l’endettement (environ $1.3 billions* en nouveaux prêts dans les 9 premiers mois de 2009). Finalement, la devise chinoise est encore maintenue en situation de sous-évaluation, ce qui bénéficie à ces exportations et donc à sa production industrielle locale.

Tous ces éléments ont généré beaucoup de demande pour les ressources ci-haut mentionnées et le Canada est très bien placé pour en profiter. Mais combien de temps cela pourra durer? Le plan de relance se terminera l’an prochain. La politique monétaire devra se raffermir aussi l’an prochain lorsque l’inévitable inflation se pointera le bout du nez. Le yuan devra être ré-évalué à la hausse ce qui sera négatif pour les exportations. Bref, lorsque le stimuli gouvernemental sera retiré, il y a de bonnes chances que le ballon se dégonfle assez rapidement.

Il y a aussi le phénomène de reconstruction des inventaires. La production industrielle mondiale a commencé à rebondir récemment. Elle avait été coupée encore plus que la baisse des ventes ne le justifiait durant la récession, ce qui a fait en sorte que les inventaires sont devenus très bas. La production doit donc augmenter (temporairement?)pour rebâtir des inventaires plus appropriés. Lorsque les inventaires seront revenus à la normale, il faudra que la demande finale soit au rendez-vous pour que la production se maintienne. Présentement, la demande finale provient essentiellement des dépenses gouvernementales, mais cette situation est insoutenable à long terme. Les gouvernements ne pourront pas maintenir le rhytme sans bousiller leur situation financière (déficits / dette). Il faudra que les consommateurs dépensent et que les entreprises investissent.

Mais que font les consommateurs? Ils économisent! Le dernier boom économique s’est produit par l’endettement des ménages. Ceux-ci remboursent présentement leurs dettes plutôt que de dépenser. Et les entreprises font essentiellement la même chose devant la grande incertitude économique à laquelle elles font face. Elles coupent dans les coûts pour maintenir leurs flux monétaires positifs. 

Ce graphique montre la croissance du crédit octroyé par les banques américaines. Les entreprises et les ménages n’empruntent plus; ils remboursent leurs dettes.

bank credit

L’endettement des américains (et de la plupart des pays industrialisés) a d’ailleurs atteint un niveau insoutenable. Ce graphique (du Mises Institute) montre la dette totale des américains (gouvernement + entreprises + ménages) en pourcentage du PIB. Ce ratio ne pouvait augmenter indéfiniement et devra diminuer.

USdebttoGDP

 *$1.3 billions = $1,300,000,000,000

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