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John Kerry (Démocrate-Massachusetts), auteur du cap-and-trade bill qui est au Sénat américain présentement, et Lindsey Graham (Républicain-South Carolina) ont co-écrit un article dans le NY Times intitulé « Yes We Can (Pass Climate Change Legislation) », publié le 10 octobre dernier.

Cet article visait en quelque sorte à inciter le Sénat à en venir à un accord bi-partisan sur la question des changements climatiques ou du moins à vendre cette idée aux lecteurs. L’article énumère les compromis qui permettront possiblement d’y arriver. Rien de bien rassurant:

Premièrement, ils justifient la nécessité de passer à l’acte en mentionnant qu’ils sont d’accords sur l’existence du réchauffement climatique et qu’il s’agit d’une menace pour l’économie et la sécurité nationale. C’est plutôt discutable! C’est davantage l’augmentation des coûts de l’énergie qu’occasionnerait cette loi qui est une menace pour l’économie. Quant à l’existence du réchauffement climatique, il faudrait spécifier s’il est vraiment causé par l’homme ou non. Je n’en suis pas convaincu.

Deuxièmement, ils tentent de vendre l’idée que cette loi va revitaliser l’économie (comment?), protéger les emplois en place, créer de nouveaux emplois, protéger la sécurité nationale et réduire la pollution. C’est bien beau de vouloir réduire la pollution en appliquant une principe de pollueur-payeur, mais arrêtons de nous conter des histoires: ça va être négatif pour l’économie! Prétendre le contraire est stupide et intellectuellement malhonnête. D’ailleurs, les nouveaux emplois créés par les subventions et les investissements-verts seront en sous-nombre face aux emplois perdus résultant de l’augmentation des coûts de l’énergie et des émissions.

Troisièmement, la protection des emplois dont ils parlent se ferait en imposant des tarifs douaniers sur les biens provenant de pays qui n’ont pas de standards environnementaux aussi sévères que ceux des États-Unis. Les pays visés sont évidemment la Chine et l’Inde. Une barrière de plus au commerce international n’aidera sûrement pas l’économie. Cela résulterait aussi en une augmentation du coût de la vie.

Quatrièmement, ils voudraient protéger les consommateurs et les entreprises des hausses potentielles du coût de l’énergie (inévitable si cette loi est adoptée) en limitant le prix des droits d’émissions de CO2 sur le marché. Avons-nous vraiment besoin d’un prix plafond en plus? La présence d’un prix plafond risquera de causer des pénuries. Une pénurie de droits d’émettre signifie qu’on ne peut plus polluer et donc qu’on ne peut plus produire…ce qui ne peut être bon pour l’économie vous en conviendrez. 

Finalement, l’un des points discuté dans l’article qui ferait en sorte d’amener plusieurs républicains à supporter le projet de loi est l’utilisation accrue de l’énergie nucléaire, ce qui fait beaucoup de sens selon moi.

En somme, je ne suis pas nécessairement contre le contrôle de la pollution par une solution de marché, mais je trouve que les arguments utilisés sont fallacieux et que la prémisse de départ (le réchauffement climatique causé par l’homme) est discutable, voire fausse.

Par ailleurs, nous pouvons déjà anticiper que cette loi sera remplie d’échappatoires qui permettront à certains groupes de s’enrichir aux dépends des autres ou de mieux s’en tirer que d’autres. Au final, nous nous retrouverons avec un gros fardeau législatif sur les épaules, sans assurance que cela changera quoi que ce soit au niveau du climat. Notez que je parle à la première personne du pluriel même s’il est question des États-Unis puisque le gouvernement canadien a signifié son intention d’imiter ce que nos voisins du Sud feront.

Selon le site de prédictions Intrade, la probabilité qu’une telle législation soit établie avant la fin de 2010 n’est que de 42%…

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En juillet dernier, je publiais un billet sur le rôle de l’État, déplorant le fait que les gouvernements cherchent trop à intervenir dans l’économie et négligent leur fonction régalienne de protéger leur population en faisant respecter le cadre légal. Cet article du NY Times en est la parfaite illustration.

Aux États-Unis, l’Environmental Protection Agency (EPA) est tellement occupée avec le « sujet chaud » que sont les émissions de gas à effet de serre, qu’elle néglige de faire respecter le Clean Water Act.

La nouvelle administratrice de l’EPA, Lisa Jackson, mentionnait dans une entrevue que de nos jours, l’eau de la nation ne rencontre pas les exigences de la santé publique et que le respect des lois de pollution de l’eau est inacceptablement bas. Il est estimé que 19.5 millions d’Américains tombent malade chaque année après avoir bu de l’eau contaminée.

Les chiffres indiquent que le Clean Water Act a été violé plus de 506,000 fois depuis 2004, mais seulement 3% des plaines ont résulté en une sanction. L’une des causes principales est le manque de ressources. Trop occupé à octroyer des subventions pour les voitures hybrides, le gouvernement Obama ne juge pas nécessaire de protéger l’eau de sa population…

De nos jours, la pollution est plus subtile qu’en 1972, lorsque le Clean Water Act a été adopté. Elle est invisible, n’a pas d’oeur ni de goût. Lorsque les rejets industriels s’infiltrent dans la nappe phréatique, il est difficile de déterminer qu’elle entreprise en est responsable. De plus, il est difficile de déterminer hors de tout doute la cause d’un cancer et cette maladie se développe lentement. Il est donc fort ardu de faire respecter cette loi.

Cependant, les ressources limitées ne sont qu’une partie du problème. Le Times affirme que les lobbys de plusieurs industries ont fait beaucoup de pression pour miner l’efficacité de la règlementation et son application. Et comme le mentionne Matthew Crum, ancien administrateur de l’EPA, « les bonnes intentions ne peuvent rivaliser avec l’intimidation des politiciens et la bureaucratie. » M. Crum a d’ailleurs été renvoyé parce qu’il faisait trop bien son travail, après avoir fermé plusieurs mines de charbon qui polluaient l’eau illégalement.

Plusieurs autres administrateurs ont déclaré avoir subi des pressions de politiciens pour arrêter leurs enquêtes. Les pollueurs figurent souvent parmis les plus gros donateurs des campagnes électorales. Ils s’en tirent donc aisément. Pendant ce temps, des gens tombent malades et meurent.

La pollution est une externalité de l’activité économique. L’État doit s’assurer que ceux qui bénéficient de cette activité économique assument les coûts et/ou les responsabilité reliées à ces externalités. Le pollueur-payeur quoi… 

http://www.nytimes.com/2009/09/13/us/13water.html?_r=2&pagewanted=1

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