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Posts Tagged ‘nationalisation’

Quelques explications sur le sauvetage de la Zone Euro:

La Banque Centrale Européenne (BCE) va intervenir sur les marchés obligataires en achetant des titres en détresse. Elle « stérilisera » ces achats; c’est-à-dire qu’elle fera en sorte de ne pas augmenter la masse monétaire vendant des titres qu’elle possède dans ses réserves (surtout des obligations du gouvernement Allemand).

Le coût des impôts:

Excellent article de Nathalie Elgrably sur le coût des impôts, qui est très élevé en raison de la complexité du système. Une bonne raison de favoriser un système fiscal simple avec un taux d’imposition unique.

« plus un régime fiscal est complexe, plus il faut allouer du temps, de l’énergie et de l’argent pour s’y conformer: il faut colliger toutes les informations nécessaires, se tenir au courant des changements apportés à la loi, embaucher des comptables, des avocats, etc. Des chercheurs ont montré que les Canadiens ont dépensé en 2005 de 18,9 milliards $ à 30,8 milliards $ pour produire leurs déclarations de revenus, soit un montant variant entre 585$ et 955$ par contribuable.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a estimé en 2008 qu’il en coûte 12,6 milliards $ aux entreprises canadiennes au chapitre de la conformité fiscale. La complexité est également coûteuse pour l’État. À lui seul, Revenu Québec emploie 9000 fonctionnaires et nécessite un budget de 1,4 milliard $!

On nous dit que c’est le souci de justice et d’équité qui explique la complexité du régime fiscal. C’est faux! La complexité tient au nombre infini de dispositions spéciales, d’exemptions, d’exceptions, de déductions et d’abris que les politiciens accordent, entre autres, aux groupes de pression dont ils souhaitent obtenir les votes. Or, qui dit privilège, dit corruption. Un régime fiscal complexe est donc doublement injuste. D’une part, parce qu’il ne soumet pas tous les revenus au même traitement. D’autre part, parce que l’État ne peut alléger le fardeau fiscal des uns sans alourdir celui des autres. »

Le privé dans la santé:

Comme je l’expliquais dans un billet précédent, il n’y a aucune raison pour que les hôpitaux soient publiques au Québec. Sans compromettre l’universalité des soins (i.e. la gratuité) et la façon dont le système est financé (RAMQ), on pourrait au moins privatiser les hôpitaux, tout comme c’est le cas pour les cliniques. Voici un extrait d’un billet de David Descôteaux à cet égard:

« Imiter les États-Unis? Non. Plutôt les pays sociaux-démocrates d’Europe. Au Danemark, si vous attendez plus d’un mois pour une opération, on vous envoie dans un hôpital privé. En Suède, l’hôpital Saint-Georges, coté en Bourse, est le plus efficace, le moins coûteux et le plus apprécié de Stockholm. Les Suédois – riches et pauvres – s’y font traiter sans payer un sou. En France, 40% des hôpitaux sont privés et ont un à but lucratif. Leurs chirurgies sont accessibles à tous, payées par l’État. En Belgique, la contribution du privé a éliminé le temps d’attente. Imaginez: on peut obtenir un rendez-vous et consulter un médecin spécialiste le jour même!

Dans ces pays, on finance les hôpitaux publics selon le nombre de cas traités. Le patient devient ainsi une source de revenu, et non de dépense. Cela incite les hôpitaux à être efficaces. Résultat: l’attente est minime, voire inexistante. Et les Européens consacrent moins d’argent par habitant que nous à la santé. Mais surtout, tous – riches et pauvres – sont couverts par l’assurance-maladie. Je répète: il n’y a aucun système à deux vitesses. »

 La publicité d’Hydro-Québec:

Il est plutôt choquant que les entreprises d’État telles que Hydro-Québec, la SAQ et Loto-Québec fassent de la publicité puisque ce sont des monopoles. C’est carrément de l’argent gaspillé. Les Québécois ne devraient pas avoir à payer pour des dépenses destinées à mousser la notoriété d’Hydro-Québec.

Selon un article publié sur Argent, l’Union des consommateurs ne conteste pas le bien-fondé de la promotion de l’efficacité énergétique ou encore des comportements sécuritaires à adopter à proximité des fils électriques du réseau d’Hydro-Québec.

«Mais pour le reste, on a de grosses réserves, parce qu’il n’y a pas de concurrence. Alors, par rapport à quel autre fournisseur cette image commerciale devraitelle être promue?» a réagi l’analyste spécialisé dans les questions d’énergie de l’Union des Consommateurs, Jean-François Blain.

Selon lui, la société d’État n’a qu’à bien faire son travail et qu’à répondre à ses diverses obligations pour que sa réputation soit perçue positivement par la population.

Notez que dans son rapport annuel de 120 pages, Hydro-Québec n’a pas cru bon de spécifier à ses actionnaires (i.e. nous) le coût de ces publicités.

Chômage et salaire minimum aux USA:

À l’été 2007, le salaire minimum a augmenté de $0.70 aux États-Unis pour atteindre $5.85/heure. L’été suivant, il a augmenté à $6.55 and et en juillet dernier à $7.25. Je ne m’oppose pas à ce que ces gens puissent avoir de meilleurs revenus et un niveau de vie plus décent (bien que j’aimerais qu’ils le fassent en suivant de la formation, en améliorant leurs compétences et en acquérant de l’expérience), il n’en demeure pas moins que le prix de la main d’oeuvre non-qualifiée a augmenté de +41% en deux ans.
Lorsque le prix de quelque chose augmente autant, il est normal qu’on en consomme moins, surtout durant une récession. Lorsque le prix demandé pour un bien est plus élevé que ce que vous pouvez vous permettre, vous ne l’achetez pas. Le salaire minimum a donc forcé ces gens à augmenter le prix auquel ils offrent leur travail et les employeurs n’ont pas pu suivre. Devrions-nous êtres surpris du taux de chômage élevé qui prévaut présentement aux États-Unis?
Autres chiffres intéressants sur l’emploi aux États-Unis (provenant de The Economist):
Croissance des prêts, ventes de maisons et ventes d’autos en Chine:

À la fin du mois d’avril, il y avait 43.4 trillion de yuan en prêts en Chine, une hausse de +22% par rapport à l’an passé. Les ventes de maisons ont explosé alors que les ventes d’automobiles continuent d’être fortes en 2010.

 

Pénurie de café au Vénézuela:

Deux petites nouvelles intéressantes sur le Vénézuela que j’ai dénichées grâce à Antagoniste.net. Tout d’abord, autrefois un gros producteur de café, voilà que le Vénézuela n’en produit plus suffisamment pour sa propre consommation depuis l’interventionnisme de Chavez dans cette industrie :

[Coffee] was once plentiful in Venezuela. But in 2003, with consumer-price inflation threatening to damage Mr. Chávez’s popularity, the government imposed price controls. That drove down the incentive to grow coffee while increasing the incentive to export to Colombia whatever was grown.

Last year, for the first extended period of time in the country’s history, Venezuela did not produce enough of the little red berry to satisfy domestic demand. It has now become a coffee importer and is facing serious shortages.

For more than a decade Mr. Chávez has employed price controls, capital controls and hyper-regulation in an attempt to meet his socialist goals. When the predictable shortages have arisen, the government has responded by using the salami approach to nationalization, slicing off a bit of the private sector at a time and taking it for the state.

 Par ailleurs, le taux d’inflation annualisé a atteint +30.4% en avril au Vénézuela, selon USA Today. C’est ce qui se produit lorsque les politiciens ont la mainmise sur la banque centrale (et la création de monnaie) comme c’est le cas dans ce pays.

La fuite pétrolière, Paul Krugman et les libertariens:

Un billet de Paul Krugman est plutôt intéressant à ce sujet, dans lequel il utilise l’exemple de la catastrophe de BP pour ridiculiser le libertariannisme (sans succès comme d’habitude).

Mais pourtant, son billet énonce que les poursuites contre BP seront limitées à $75 million par le gouvernement fédéral, ce qui est diamétralement opposé à la prescription libertarienne! Comment peut-on affirmer une chose et son contraire dans le même paragraphe…

Dans un monde libertarien, le gouvernement ne limiterait les pas les pénalités à payer par qui que ce soit, ce qui mettrait prossiblement BP en faillite suite à un tel accident. Dans ces circonstances, il y fort à parier que BP aurait agi plus prudemment face au risque réel de faillite (ou du moins de pertes financières substancielles) et peut-être que l’accident ne se serait pas produit.

C’est ce qu’on appelle le risque moral. Le gouvernement permet à BP de ne pas assumer tous les risques, ce qui fait en sorte qu’elle a un incitatif à prendre des risques démesurés sachant que ces pertes seront limitées. Ce genre de privilège n’est rien d’autre que du corporatisme. C’est le même phénomène avec le bailout des banques. Celles-ci peuvent prendre des risques démesurés sachant que la Fed va les sauver si ça tourne mal…résultat: crise financière.

Krugman termine son billet avec cette perle:

“If libertarianism requires incorruptible politicians to work, it’s not serious.”

Effectivement, les libertariens ont abandonné l’idée selon laquelle les politiciens puissent être “honnête”! La seule solution qu’il reste pour éviter la corruption et le corporatisme est de limiter autant que possible le pouvoir des politiciens et la taille de l’État.

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Pour voir la partie 1, cliquez ici.
Pour voir la partie 2, cliquez ici.

3.1 La grève de 2002 – 2003.

Le 2 décembre 2002 a marqué le début d’une grève de deux mois visant à éjecter Chavez du pouvoir, menée par les syndiqués, les hommes d’affaires et les employés de PDVSA. Des pénuries de pétrole sont rapidement apparues. PDVSA a eu recours à des briseurs de grève, des sans-emploi et des ingénieurs et techniciens de l’étranger pour faire fonctionner l’entreprise. En mars 2003, Chavez a alors renvoyé la direction de PDVSA ainsi que 18,000 de ses employés. La cour a jugé ces renvois illégaux, mais le jugement n’a jamais été pris en compte. Le problème est que parmi ces 18,000 employés figurait d’excellents ingénieurs et techniciens qui ont dû quitter le Vénézuela pour trouver du travail; une lourde perte pour PDVSA.

 3.2 Élections et référendums

En Novembre 2003, une pétition de 3.6 millions de signatures demandant la destitution de Chavez a été présentée au Conseil National des Élections. La pétition a été initialement invalidée et saisie par le gouvernement, qui s’est mis à renvoyer tous les employés du gouvernement qui avaient signé (Tascon list). Huit soldats ont d’ailleurs été brûlés vifs au lance-flammes par leurs compatriotes parce qu’ils avaient signé la pétition, sans qu’aucune enquête ne soit menée. Des démarches subséquentes ont permis de valider 2.4 millions de signatures, ce qui selon la constitution, permettait de justifier un référendum qui se tiendra le 15 août 2004. Chavez remporta ce référendum avec 59% des votes.

D’autres élections présidentielles furent tenues en décembre 2006, que Chavez remporta à 63%. Il déclara alors que le pays prendra dorénavant un tournant plus radical vers le socialisme. Le moins qu’on puisse dire est que Chavez a tenu cette promesse!

En 2007, Chavez déclenche un référendum visant à modifier la constitution proposant entre autres de retirer les limites de mandats. Il pourrait ainsi se faire réélire indéfiniment. Le Général Baduel, un co-fondateur du mouvement MBR-200 avec Chavez, se dissocie de Chavez et condamne ses actions anti-démocratiques. Il proclame dans un Op-Ed du New-York Times que le socialisme ne figurait pas dans la philosophie bolivarienne et que Chavez a fait bien peu pour les pauvres, outre leur distribuer des « cadeaux pétroliers » pour acheter leurs votes. Les propositions sont rejetées par la population à 51%, mais Chavez organise un autre référendum en 2009 sur la question des limites de mandats et l’emporte cette fois-ci. Plusieurs considèrent que le pays est en route vers une dictature socialiste à la Fidel Castro. 

3.3 Nationalisations et expropriations

En 2001, Chavez a passé une loi lui permettant d’exproprier et saisir des terres. En 10 ans, son gouvernement aurait saisi environ 2.5 millions d’hectares.

En janvier 2007, Chavez a annoncé la nationalisation des compagnies de télécommunications et d’électricité. Depuis ce temps, le pays a connu six « blackouts » nationaux, en raison du fait que l’État n’investit pas suffisamment pour maintenir les actifs opérationnels et accroître la production, alors qu’il maintient les tarifs gelés, ce qui stimule la consommation.

En août 2008, Chavez a annoncé la nationalisation de Banco de Venezuela, une division de l’espagnole Banco Santander et l’une des plus grosses institutions financières du pays. En novembre dernier, Chavez a saisi quatre banques privées parce qu’elles n’étaient pas en « conformité avec la loi ». Chavez a continué de menacer les banques privées, mentionnant qu’il les nationaliserait si celles-ci refusaient de faire des prêts aux pauvres. Il en a d’ailleurs saisi trois autres en décembre pour des raisons obscures. L’hebdomadaire The Economist suggérait que c’est parce que le gouvernement devait de l’argent à ces banques.

En mai 2007, Chavez exige que PDVSA ait une participation d’au moins 60% dans tous les projets des compagnies pétrolières étrangères. La plupart des compagnies ont accepté les termes, excepté Exxon-Mobil et Conoco-Phillips. En février 2008, Exxon a obtenu une injonction de la cour britannique faisant en sorte de geler $12 milliards d’actifs de PDVSA. L’affaire n’est toujours pas réglée. 

En janvier 2009, faisant face à une chute des prix et de la production de pétrole, l’administration Chavez a recommencé à solliciter les compagnies pétrolières (Chevron, Royal Dutch/Shell et Total) pour qu’elles investissent au Vénézuela. La réalité est que PDVSA est une entreprise inefficace et qu’elle ne peut être rentable lorsque le prix du baril baisse à un certain niveau. Chavez ne peut donc pas se passer de l’expertise étrangère s’il veut maintenir son État-providence et sa réforme socialiste.

En mai 2009, le gouvernement a saisi les actifs de 74 entreprises oeuvrant dans les services pétroliers. Ces entreprises, dont l’expertise est indispensable pour PDVSA, menaçaient de suspendre leurs opérations car PDVSA leur devrait une somme de $12 milliards en facture impayées. Des 10,000 employés oeuvrant au sein de ces entreprises, Chavez a declaré que 8,000 pourraient garder leur emploi auprès de PDVSA (en commençant par ceux qui supportent le parti de Chavez).

Sous Chavez, les revenus de PDVSA ont été dilapidés en programmes sociaux, ce qui a laissé bien peu pour l’investissement. De plus, le pays a perdu beaucoup de travailleurs compétents au fil du temps suite aux grèves et aux expropriations. Le résultat est que la production de PDVSA est en chute libre.

  

3.4 – Relation avec Castro

Le Vénézuela a toujours été une plateforme de choix pour l’exportation de la révolution communiste de Fidel Castro, en raison de ses importantes ressources naturelles. C’est pourquoi Castro a longtemps supporté les guérillas FALN oeuvrant au Vénézuela et a même déjà supporté un coup d’État visant à éjecter le président en place au Vénézuela.

Dans les années 1990s, Luis Miquilena (le stratège politique derrière Chavez) a emmené Chavez à Cuba, où Castro l’attendait à bras ouverts. Une relation très solide est alors née entre les deux leaders, qui se sont rencontrés et téléphonés très régulièrement au cours de la dernière décennie.

L’année où Chavez est arrivé au pouvoir en 1999, marqua la fin des subventions russes à Cuba. Le Vénézuela a alors remplacé la Russie comme supporteur de Cuba, y expédiant environ $2.5 milliards en pétrole par année, ce qui permet au régime de Castro de subsister. En échange, Chavez bénéficie de l’expertise de Castro à mener à bien une révolution socialiste.

Ainsi, ce que Castro a toujours voulu obtenir par les armes lui a carrément été livré sur un plateau d’argent par l’électorat vénézuelien!

 

3.5 – Les Boligarques

Le régime de Hugo Chavez a fait naître une nouvelle classe de riches hommes d’affaires : les Boligarques, nommés ainsi en raison de leurs similarités avec les oligarques russes et en référence à la révolution bolivarienne de Chavez. Ces individus sont devenus milliardaires en raison de leurs liaisons avec l’administration Chavez et l’obtention d’importants contrats gouvernementaux.

Il y a entre autres le président de Banco Real, Arne Chacon, le frère de Jesse Chacon qui a participé au coup de 1992 aux côtés de Chavez et qui a été nommé ministre de la science par la suite. La banque avait bénéficié d’une généreuses part de dépôts du gouvernement.

Il y a aussi Ricardo Fernandez Barrueco, qui s’est enrichi en bénéficiant d’un monopole de l’État sur les importations de nourriture dans les supermarchés du gouvernement et a fondé une banque qui aussi bénéficié des dépôts du gouvernement. Barrueco avait forgé ses liens avec le gouvernement durant la grève de 2002, alors qu’il avait maintenu l’approvisionnement des épiceries gouvernementales malgré la grève générale.

Et que dire de Wilmer Ruperti, dont l’entreprise a importé de l’essence de Russie durant la grève de 2002, permettant à l’économie de passer au travers du conflit. Chavez l’a décoré de la médaille de Carabobo et lui a assuré un quasi-monopole pour le transport maritime de pétrole de PDVSA, ce qui en a fait l’un des hommes les plus riches du pays.

La montée de ces magnats, qui se promènent en Hummer et mangent dans les meilleurs restaurants de Caracas, est devenue un problème de relations publiques pour Chavez. La population pauvre, l’électorat de Chavez, est frustré par la montée de cette « boli-bourgeoisie ». Il a récemment entrepris de « purger » le pays de ces nouveaux-riches en les arrêtant pour diverses raisons. En effet, Barrueco et Chacon ont récemment été arrêtés par la DISIP.

 À suivre…

La partie 4 de ce dossier dressera un bilan des 10 ans du régime de Chavez au niveau de l’économie, de la pauvreté, de la criminalité, de la corruption et des droits humains.

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Il y a trois choses que l’on peut observer dans l’histoire du communisme: des surplus de ce dont la population n’a pas besoin (armement / militarisme), des pénuries de ce dont la population a vraiment de besoin et de la corruption généralisée.

Au Venezuela, c’est de l’eau et de l’électricité dont on manque présentement. Chavez peut bien blâmer la sécheresse causée par El Nino, qui a résulté en une faible hydrologie au principal barrage du pays, il n’en demeure pas moins que le réel coupable est le sous-investissement dans les infrastructures. Cette installation hydroélectrique fournit 60% de l’électricité du pays et la sécheresse a réduit sa production d’environ 10%; pas de quoi causer autant de problèmes. Plusieurs centrales thermiques du pays, supposées prendre le relais lorsque l’hydrologie est mauvaise, sont hors-fonction, puisqu’elles n’ont pas été entretenues adéquatement.

En 2007, Chavez a nationalisé l’industrie de l’électricité. Depuis ce temps, le pays a connu six « blackouts » nationaux. Les budgets alloués à l’entretien et l’expansion des infrastructures électriques du pays n’ont été dépensés qu’à 25%, l’argent ayant été alloué à d’autres postes et dérouté dans les poches des fonctionnaires. Le gouvernement a sous-investi et ses infrastructures sont maintenant inadéquates. Pendant ce temps, les tarifs ont été gelés (trop bas) ce qui fait en sorte que la demande d’électricité demeure élevée et croissante.

Voici ce que M. Chavez propose pour remédier à la situation (tiré d’une récente rencontre du cabinet):

“Il y a des gens qui chantent sous la douche pendant 30 minutes; quel mauvais communisme! Trois minutes, c’est plus qu’assez! »

Pendant ce temps, Chavez a récemment dépensé US$3 milliards en armement, notamment pour « montrer les dents » face à la Colombie. Il a d’ailleurs déployé 15,000 soldats à sa frontière cette semaine.

Pas surprenant que la population soit en rogne et que le taux d’approbation de Chavez soit en chute libre. Il y a néanmoins une chose qui pourra aider Chavez à traverser cette tempête politique: il pourra continuer à utiliser les dizaines de stations de télévision et de radio qu’il a fait fermer ces derniers mois pour diffuser sa propagande communiste et « démontrer hors de tout doute » que les problèmes sont liés à El Nino!

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Nous apprenions lundi que Pemex, l’entreprise pétrolière nationalisée du Mexique, voit sa production chuter de façon dramatique cette année, et ce encore plus vite que les plus sombres prédictions.

Pemex a été formée lorsque les compagnies pétrolières américaines et britanniques qui opéraient au Mexique ont été expropriées de leur propriété et que l’État a nationalisé la production de pétrole.  Mais comme c’est souvent le cas pour les entreprises d’État, les considérations politiques l’emportent souvent sur le gros bon sens ce qui ne peut mener qu’au désastre.

Pemex voit environ 60% de ses revenus être subtilisés par le gouvernement qui s’en sert  pour financer ses dépenses de programme et sa bureaucratie obèse. Cela laisse bien peu d’argent pour l’investissement et lorsqu’une compagnie pétrolière n’investit pas suffisamment, sa production diminue. La production de Pemex est en baisse de 35% en 2009 par rapport à son peak de de 2004 et le taux de déclin va en s’accélérant. 

Pour ralentir le taux de déclin de sa production, Pemex a dû s’endetter et éprouve maintenant des difficultés financières. En juin dernier, elle a demandé $1.5 milliard en aide gouvernementale pour boucler son budget, malgré le fait que le prix du pétrole frise les $70.

Pourquoi Pemex est en difficulté malgré le prix élevé du pétrole? La raison est simple: Pemex subventionne l’essence. Le prix du litre est présentement d’environ CAD$0.68! Donc, la demande locale ne réagit pas au prix élevé du pétrole et elle continue de croître. Et comme Pemex a grandement sous-investit dans sa capacité de raffinage, elle doit importer de l’essence raffinée des États-Unis, au prix du marché.

Le Mexique représente environ 10% des importations de pétrole des États-Unis. Si la tendance se maintient,  plusieurs experts pensent que ce pourcentage tombera à 0% d’ici quelques années. C’est donc 1.5 millions de baril par jour que les États-Unis devront trouver ailleurs. Le manque-à-gagner pourra être comblé en partie par les sables bitumineux canadiens, mais ça ne sera pas suffisant.

Les entreprises privées auraient investi suffisamment pour maintenir et faire croître la production ainsi que la capacité de raffinage, notamment grâce à leurs technologies plus avancées (développées avec des investissements en R&D que Pemex n’a pas faits). Ils auraient ainsi maintenu un niveau élevé de production, de  royautés et d’impôts pour le gouvernement Mexicain et auraient maintenu un grand nombre d’emplois pour les travailleurs Mexicains. Maintenant, les Mexicains font face à une situation où non seulement ils ne pourront plus exporter de pétrole à gros prix, mais en plus la baisse de production entraînera des pertes d’emplois et de revenus de taxations et de royautés pour le gouvernement.  Ils auront tué la poule aux oeufs d’or…

Pemex est un exemple flagrant des problèmes reliés aux entreprises d’État. Pendant ce temps, Léo-Paul Lauzon nous propose de nationaliser les raffineries de pétrole du Québec pour nous permettre d’avoir de l’essence bon marché et suivre ce même sentier menant tout droit à l’échec. Quelle stupidité. M. Lauzon n’a pas pensé que si le l’État achetait les raffineries de Shell à Montréal, par exemple, et vendait l’essence 10% ou 15%  moins cher, il ne ferait pratiquement pas de profit sur cet investissement. Ce serait donc de l’argent « mort », qui ne rapporte rien. Quel non investissement…à moins d’utiliser la violence pour subtiliser ces actifs pour presque rien (à la Chavez). De plus, la consommation d’essence augmenterait dans la province (en réponse au plus bas prix) ce qui aurait comme impact de créer une pénurie…laquelle permettrait aux compétiteurs de hausser leur prix!

 

Mexican_Petroleum_Production

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