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Dans un billet publié récemnent, Paul Krugman affirmait que le Canada du début des années 1990s serait un bon modèle pour l’Amérique…

C’est que le Canada a connu une sévère récession au début des années 1990s. Le boum de crédit insoutenable des années 1980s avaient propulsé l’inflation à des niveaux dangereux, ce qui amena la banque centrale à relever ses taux, ce qui déclencha la correction.

Donc, selon Krugman, le Canada avait un problème de demande typique, qui une fois réglé par l’intervention gouvernementale, a permis à l’économie de reprendre de la vigueur.

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Un article très intéressant est paru hier sur le site du Mises Institute; j’ai décidé d’y mettre mon grain de sel. L’article introduit un nouveau concept dont je n’avais pas encore entendu parler: le multiplicateur autrichien.

Si une entreprise a une marge brute de 25% et que ses coûts augmentent de $2,000 en raison d’un fardeau règlementaire plus important ou encore d’une hausse de taxes, elle devra augmenter ses ventes de $8,000 pour compenser la perte de profit, soit un multiplicateur de 4x. En période de récession, cette situation est fondamentalement importante puisque cela pourrait faire la différence « entre la vie et la mort ». Comme en récession la demande est plus faible, l’entreprise choisit plutôt de couper dans sa main d’oeuvre, ce qui a un impact négatif sur l’emploi. C’est pourquoi la règlementation et les impôts nuisent à l’emploi.

Supposons qu’une entreprise a besoin de $2,000 en profits supplémentaire pour rester en affaires et que ses marges brutes sont de 25%, il lui faudra des ventes supplémentaires de $8,000 pour y arriver. Ce sera très difficile d’y arriver avec un plan de relance visant à stimuler la demande en augmentant les dépenses gouvernementales. Par ailleurs, le stimulus étant non-récurrent, il est peu probable que l’entreprise investira dans sa capacité de production et embauchera de nouveaux employés permanents. Par contre, une simple baisse d’impôt de $2,000 permettrait d’y arriver rapidement et sûrement, à un coût fiscal moindre pour l’État. Cette approche est nettement supérieure.

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Les keynésiens sont présentement dans l’eau chaude puisqu’il est maintenant très évident que leurs prescriptions de politiques publiques n’ont pas réussi à relancer l’économie américaine. Malgré les billions de dollars en jeu, ils nous disent que ce n’était pas assez… Ils cherchent des explications pour prouver leur point, mais ce faisant, ils ne font que se peindre encore plus serré dans un coin de leur tour d’ivoire.

Dans deux billets publiés récemment (ici et ici), Paul Krugman nous dit que « l’argent n’est pas un problème ». Les entreprises américaines génèrent d’excellents flux monétaires et leur bilan est généralement en bonne santé, avec beaucoup d’encaisse. Elles ont donc les fonds nécessaires pour investir. Pourtant celles-ci n’investissent pas autant qu’elles ne le pourraient selon lui, ce qui nuit à l’emploi. Selon Krugman, la raison pour laquelle les entreprises n’investissent pas est parce qu’il n’y a pas suffisamment de Demande agrégée.

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 En Chine, les importations ont augmenté encore plus que les exportations, ce qui a fait disparaitre le surplus de la balance commerciale du pays. La hausse des prix des commodités (nourriture, coton, pétrole, cuivre et autres métaux) est responsable de cette situation.

 

Parlant du pétrole, ce graphique de Stéphane Marion (Banque Nationale) montre la corrélation du prix avec la production industrielle mondiale. On peut en déduire que le prix du baril pourrait très bien dépasser les $130, surtout avec la crise qui frappe présentement le Moyen-Orient.

 

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« The Case For Legalizing Capitalism », par Kel Kelly, 2010, 492 pages.

Cet ouvrage vise à expliquer ce qu’est vraiment le capitalisme et comment celui-ci est la meilleure forme d’organisation économique possible. La plupart des mythes et sophismes économiques les plus répandus y sont abordés.

J’ai bien aimé ce livre, mais avec quelques petits bémols. Le livre est un peu trop long ce qui le rend un peu inaccessible à ceux qui auraient bien besoin de le lire (le commun des mortels). L’auteur aurait gagné à réduire le nombre de sujets couverts (j’aurais notamment laissé tombé la section sur l’Empire Romain). Cependant, le niveau de language utilisé est assez simple, pas trop technique, sauf pour ce qui est du chapitre sur le keynésianisme, que j’ai trouvé pénible à lire et mal structuré. L’autre conséquence du nombre très étendu de sujets abordés par ce livre est que certains sujets très importants ne sont qu’effleurés (par exemple, la théorie autrichienne des cycles économiques et le rôle de la création de monnaie dans les cycles économiques). D’autre part, l’auteur passe souvent du coq à l’âne à l’intérieur d’un même chapitre, ce qui peut devenir étourdissant. Certains sujets sont traités à plusieurs endroits dans le livre, ce qui porte parfois à confusion. Mon dernier reproche est à propos de la tendance « droitiste » de l’auteur sur certains sujets. Il est déjà assez difficile pour les libertariens de se dissocier de la droite, je pense qu’un ouvrage libertarien devrait éviter d’utiliser les arguments de la droite.

Les chapitres que j’ai préférés sont ceux sur le marché du travail (1), le commerce (2), la règlementation (4) et l’environnement (9). Le dernier chapitre (11) est plutôt original: l’auteur y commente et analyse des titres d’articles en provenance des médias « mainstream ».

L’auteur a été négociateur sur Wall-Street et a aussi travaillé pour une firme de consultants en management du Fortune 500. Il détient une maîtrise en économie et un MBA. Il collabore souvent aux articles du Mises Institute.

Le livre est disponible gratuitement en pdf sur le site du Mises Institute alors que la version physique est en vente pour $20:

http://mises.org/resources/5642/The-Case-for-Legalizing-Capitalism

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J’ai souvent avoué ne pas être un expert relativement au système de santé des Etats-Unis. Cependant, lorsque les gauchistes l’utilisent comme exemple de l’échec du libre-marché et des effets pervers de l’entreprise privée, il m’apparaît évident qu’ils font fausse route.

Il y a environ 46 millions d’américains sans assurance. Environ 20% d’entre eux ont des revenus supérieurs à $75,000, et pourraient donc se permettre une assurance-santé. Les gauchistes nous bombardent d’histoires où des gens sans assurance sont « mort dans la rue » parce qu’ils ont été rejetés par l’hôpital. Ces histoires existent, mais ne sont pas si répandues. De plus, ces situations se produisent aussi dans les endroits où le système de santé est universel (nous avons vécu plusieurs cas au Québec).

Le véritable problème du système de santé américain est l’augmentation des coûts (voir le graphique ci-bas). Mais alors que la technologie s’améliore, pourquoi est-ce que les coûts augmentent autant, contrairement à d’autres industries telles que l’informatique et l’électronique, qui voient les coûts chuter? On pourrait aussi parler du LASIK, dont le prix a chuté de plus de 30% en 10 ans en même temps que la qualité a été grandement améliorée. Si les coûts étaient plus raisonnables, les 46 millions de non-assurés pourraient plus facilement avoir accès aux soins et/ou s’assurer.

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La gauche a une vision du capitalisme qui se résume à ce que les riches bourgeois ont le capital qu’ils utilisent pour faire du profit et exploiter le travail des prolétaires. Ils ne comprennent évidemment pas l’importance de la notion de profit dans l’économie (j’en discuterai dans un billet ultérieur), mais je ne comprend pas ce qu’ils entendent par exploitation. Je n’ai vraisemblablement pas la même définition qu’eux; est-ce mon dictionnaire qui est erroné? Voyons ce qu’en dit le Larousse:

exploitation,  nom féminin (de exploiter)

  1. Action de mettre en valeur quelque chose en vue d’en tirer un profit : L’exploitation d’un sol, d’un cinéma.
  2. Action d’assurer la production d’une matière, d’un minerai, d’un produit, etc. : Exploitation d’une mine, d’un puits de pétrole.
  3. Lieu où l’on met en œuvre les moyens matériels nécessaires à la production : Être à la tête d’une petite exploitation.
  4. Mise à profit méthodique de quelque chose : Exploitation du succès.
  5. Action de tirer un profit abusif de quelqu’un ou de quelque chose: l’exploitation de l’homme par l’homme.
  6. Militaire: Phase du combat offensif, visant à tirer un parti maximal de la réussite d’une attaque.

La définition à laquelle les gauchistes réfèrent est probablement la définition numéro 5. Le capitalisme implique-t-il l’exploitation de l’homme par l’homme ou par l’entreprise privée? Est-ce que l’État devrait prendre plus de place pour contrer le capitalisme? Examinons la question en comparant ma relation avec mon employeur et celle que j’ai avec l’État.

Ma relation avec mon employeur:

Ma relation avec mon employeur actuel a débuté lorsque, de mon plein gré, j’ai décidé de me trouver un travail. J’ai librement décidé de poser ma candiature pour le poste et me suis rendu à l’entrevue . J’ai ensuite librement choisi d’accepter le poste, suite à ce que mon employeur ait librement décidé d’accepter ma candidature, et c’est sans aucune contrainte que j’ai signé mon contrat de travail. Si je le voulais, je pourrais librement démissionner pour aller travailler ailleurs ou ne plus travailement tout simplement.

Le salaire que je reçois ne m’est pas imposé, il est déterminé librement, en fonction du marché. Sa borne inférieure est le salaire que je pourrais recevoir en offrant mon travail à un autre employeur, en effectuant un autre travail ou en ne travaillant pas. Sa borne supérieure est le salaire qui ferait en sorte que ma productivité soit inférieure à ce salaire. Autrement dit, l’employeur pourrait me remplacer par quelqu’un qui produit autant à un salaire inférieur ou qui produit plus pour le même salaire. De plus, une portion significative de mon salaire est relié à ma performance, ce qui m’incite à maximiser la valeur de mon travail.

Ma relation avec mon employeur est donc basée sur la liberté. Est-ce que mon employeur m’exploite? Oui, mais plutôt selon la définition numéro 1. Le désir de mériter un salaire m’incite à mettre mes compétences, mon ardeur et mon temps à la disposition de mon employeur, qui lui met ces éléments en valeur pour en tirer profit et les mettre au bénéfice de la société en les plaçant au coeur du processus de création de richesse qu’est l’entreprise. Il m’apparaît clair que mes compétences, mon ardeur et mon temps auraient une valeur significativement moins élevées en-dehors de ce processus, probablement beaucoup moins élevée que le salaire que je reçois présentement. C’est donc une relation gagnant-gagnant.

Est-ce que les mots librement, de mon plein gré et sans aucune contrainte vous font penser à la définition numéro 5 du mot exploitation? Pas moi.

Ma relation avec l’État:

L’État me force à économiser une portion de mon salaire. Non seulement il décide du montant, il me force en plus à placer l’argent auprès du gestionnaire de son choix (la Caisse). Je n’ai évidemment pas mon mot à dire sur la façon dont cet argent est investi.

L’État me force à me procurer une assurance couvrant la plupart des soins de santé dont je pourrais avoir de besoin. Il en fixe le coût et m’oblige à faire affaire avec son monopole d’État, la RAMQ. L’État a d’ailleurs le monopole sur la plupart des soins de santé, ce qui me contraint à faire affaires avec lui.

Si je désire me procurer un véhicule, l’État m’oblige à me procurer une assurance pour les dommages corporels. Il en fixe le coût et me force à la prendre auprès de son monopole d’État, la SAAQ.

En dernier lieu, pour chaque dollar de salaire que je reçois pour mon travail, l’État me force à lui verser environ la moitié en impôts, ce qui fait de moi un demi-esclave. Et pour presque chaque bien ou service que je me procure avec le fruit de mon travail, l’État me subtilise un montant d’argent. L’État utilise donc la force pour me prendre une bonne partie de l’argent que je gagne à la « sueur de mon front » pour financer ses activités; n’est-ce pas de l’exploitation de l’homme par l’homme? À ce niveau, n’est-ce pas une exploitation abusive de surcroît?

Est-ce que les mots forcer, obliger, contraindre et subtiliser sont plus en accord avec la définition numéro 5 du mot exploitation que ceux que j’ai utilisés en décrivant ma relation avec mon employeur?

Conclusion

En conclusion, l’État ne produit rien, tout son argent doit être subtilisé à ceux qui produisent. Pour subsister et maintenir son hégémonie sur la société, l’État doit utiliser la force pour nous subtiliser de l’argent qui nous a librement été versé en échange de notre travail. Ce n’est rien d’autre que de l’exploitation. Donc lorsqu’un blogeur gauchiste me parle d’exploitation abusive de l’homme par l’homme, la vision qui me vient en tête est davantage celle de l’étatisme que celle du capitalisme. Et chaque fois que l’État accroît son pouvoir, c’est au détriment des libertés individuelles.

Le plus hypocrite dans ce système étatique est que l’État nous donne l’illusion que nous sommes en contrôle de la situation par un mécanisme appelé démocratie; mais en fait, tout ce que nous décidons est celui qui sera à la tête de cette gigantesque machine d’exploitation humaine qu’est l’État.

En terminant, je vous suggère de lire cet excellent article de George Reisman publié sur le Mises Institute. En voici un extrait en lien avec le sujet du présent billet:

As stated, it is a view that sees the role of businessmen and capitalists as comparable to that of slave owners, despite the fact that businessmen and capitalists do not and cannot employ guns, whips, or chains to find and keep their workers but only the offer of better wages and conditions than those workers can find elsewhere.

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