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Un article de Doug French publié sur le Mises Institute soulève un point fort intéressant à l’égard de l’évolution du cycle économique en cours.

Les fusions & acquisitions (F&A) ont totalisé $2.4 billions en 2010, une hausse de +23% par rapport à 2009, et il semble que 2011 sera une année record à cet égard. Danaher, DuPont, Ensco, AOL et Newmont, entre autres, ont déjà annoncé d’importantes acquisitions au cours des dernières semaines. Les compagnies canadiennes ne font pas exception : la Banque TD a acquis Chrysler Financial, la Banque Royale a acheté Blue Bay Asset Management, la Banque de Montréal a acquis Marshall & Isley, la Banque Scotia a acquis DundeeWealth, Onex a acheté Tomkins, AGF a acheté Acuity, BP a tenté d’acquérir Potash, Consolidated Thomson a été achetée par Cliff, Hudbay a acquis Norsemont, Gran Tiera Energy a acquis Petrolifera, TMX Group tente de fusionner avec le London Stock Exchange, Inmet fusionne avec Lundin, Verenex (anciennement Biovail) a réalisé une importante transaction en Europe, Saputo vient d’annoncer une acquisition aux États-Unis,…et ça continue sans fin!

Pourquoi une telle frénésie? Je suis d’avis que les F&A peuvent avoir un impact positif sur l’économie lorsqu’elles sont justifiées; c’est-à-dire lorsque l’entreprise combinée permet une meilleure allocation des ressources permettant de mieux satisfaire ses consommateurs et de faire plus de profit (et donc de créer plus de richesse).

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Dans son billet publié ce matin, Yan Barcelo s’insurge encore une fois contre l’un des mécanismes du capitalisme: le private equity. Tout d’abord, définissons ce qu’est le private-equity (piètre traduction française: capital-investissement privé):

C’est un investissement en actions dans une entreprise dont les actions ne se transigent pas sur un marché boursier.

C’est fort simple; un groupe d’investisseurs réunissent du capital, ils ciblent une entreprise qui, pour diverses raisons, a un certain potentiel, ils procèdent à son acquisition, restructurent l’entreprise, améliorent sa gestion, puis revendent leurs actions à d’autres investisseurs, souvent sous la forme d’un premier-appel-public-à-l’épargne (PAPE / IPO), encaissant un profit. L’horizon d’investissement est généralement de 4 à 8 ans.

Pas trop choqué jusqu’à maintenant? Alors on continue! Il existe plusieurs types de stratégies dans le domaine:

  • Turnaround strategies: lorsqu’une entreprise est mal gérée et/ou inefficace et/ou a une mauvaise gouvernance, le consortium de private equity peut prendre le contrôle de l’entreprise et améliorer les choses.
  • Situations de détresse: lorsqu’une entreprise ne peut rencontrer ses obligations financières, le private equity peut injecter le capital nécessaire (à prix d’aubaine) pour maintenir l’entreprise en vie. Une fois la situation financière de l’entreprise rétablie, les investisseurs peuvent vendre à profit.
  • Faillite: il s’agit simplement d’acheter les actifs d’une entreprise en faillite à prix de liquiditation et les revendre à profits quelques années plus tard.
  • Capital de risque (venture capital): investissement dans une petite/jeune entreprise qui ne fait pas encore de profit et qui a besoin de capital pour financer sa croissance, et qui est trop risquée pour les bailleurs de fonds conventionnels.
  • Leveraged buy-out (LBO): utilisation massive de dette pour augmenter le levier financier (et donc le rendement potentiel). Les intérêts sont déductibles d’impôts ce qui améliorent les flux monétaires.

La seule stratégie à laquelle M. Barcelo s’attaque (comme s’il n’y avait que celle-là) est le LBO. Un bon exemple est la tentative d’acquisition de BCE par le consortium de Teachers en 2007. Il est vrai que les LBOs n’ajoutent parfois pas de valeur économique à l’entreprise. Ils ne font que profiter du fait que les intérêts sont déductibles d’impôt. Ils profitent de marchés financiers favorables (bas taux d’intérêt / embellie boursière) pour faire de l’argent facile. Sans dire que les LBOs détruisent de la richesse, ils n’en créent pas beaucoup selon moi, à moins d’avoir été combinés à une autre des stratégies ci-haut énumérées.

Or, si vous relisez les stratégies mentionnées ci-haut, vous conviendrez que le private equity remplit un vide important sur les marchés des capitaux. Il contribue grandement au phénomène extraordinaire qu’est la destruction créatice. C’est-à-dire que, en l’absence de bailout gouvernemental, le private equity récupère les actifs des entreprises inefficaces / en faillite, les réorganise et leur permet de s’envoler à nouveau sous un autre visage. Ce processus est très important pour une allocation optimale des ressources dans l’économie.

Une des entreprises que j’admire le plus dans le domaine est Onex. La raison est qu’ils ne font pas de LBOs, ils n’utilisent pas beaucoup d’endettement pour financer leurs transactions. Ce sont davantage des experts en gestion et ils sont excellents pour ajouter de la valeur aux entreprises avec lesquelles ils s’associent. Leurs actions sont transigées en bourse ce qui permet à tout le monde de bénéficier de leur expertise.

Alors, croyez vous comme M. Barcelo que le private equity est l’outil de vampires diaboliques; de requins capitalistes verreux qui détruisent des entreprises et des emplois? Je pense plus tôt qu’ils représentent un rouage important du capitalisme.

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