Je partage avec vous quelques graphiques fort intéressant rassemblés par le stratégiste de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion.
Tout d’abord, les indicateurs avancés pointent tous vers un ralentissement de l’économie.
Publié dans Économie, tagged ABCT, Allemagne, États-Unis, Canada, chômage, Chine, décennie perdue, dollar canadien, emploi, endettement, exportations, Financière Banque Nationale, immobilier résidentiel, indicateur avancé, investissement, Japon, parité des pouvoirs d'achat, pétrole, PIB, population active, profits, récession, retraite, Stéfane Marion, surcapacité, vieillissement de la population à 30 août 2010 | 4 Commentaires »
Je partage avec vous quelques graphiques fort intéressant rassemblés par le stratégiste de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion.
Tout d’abord, les indicateurs avancés pointent tous vers un ralentissement de l’économie.
Publié dans Économie, Politique, tagged acquisitions, États-Unis, chemin de fer, coûts, concurrence, dérèglementation, fusions, investissement, Jimmy Carter, productivité, règlementation, Staggers Act, tarifs, The Economist, transport ferroviaire à 23 août 2010 | 6 Commentaires »
Dans un article publié en octobre 2009, j’avais démystifié les circonstances entourant la dérèglementation du marché californien de l’électricité ainsi que la crise énergétique de 2000-2001. Dans la même veine, le présent article traite de la dérèglementation réussie (le mot est faible) du transport ferroviaire américain suite au Staggers Rail Act de 1980.
En 1950, le transport de cargaisons par train avait une part de marché de 56%. En 1982, cette part de marché n’était plus que de 36%.
La règlementation des tarifs empêchait les compagnies ferroviaires de s’adapter aux changements de l’industrie du transport. Elle leur imposait aussi des coûts élevés et inutiles. Conséquemment, la condition financière de ces entreprises s’est mise à se détériorer. La Penn Central Railroad a fait faillite en 1970, suivie de plusieurs autres durant les années 1970s, incluant la Erie Lackawanna, la Lehigh Valley, la Reading et la Central of New Jersey.
Publié dans Économie, tagged ABCT, épargne, consommation, création de monnaie, crédit, investissement, keynes, keynesiens, marché du travail, plan de relance, politique monétaire, préférences temporelles, production, récessions, salaires, taux d'intérêt, théorie Autrichienne à 30 juillet 2010 | 24 Commentaires »
Suite à l’excellente présentation de Roger Garrison à la Mises University, j’ai décidé d’écrire un article utilisant la même approche pour expliquer la théorie Autrichienne des cycles économiques (ABCT).
Commençons tout d’abord avec la frontière des possibilités d’investissement. Celle-ci est basée sur le principe que chaque individu peut faire deux choses avec ses revenus: consommer ou épargner. Donc, chaque déplacement vers la droite sur la courve signifie plus d’investissement (i.e. d’épargne) et moins de consommation. Cela est illustré dans l’image suivante.
Publié dans Économie, tagged bailout, boum, chômage, construction, déficit, Dépression de 1921, demande, Hayek, investissement, keynes, keynesiens, multiplicateur, Paul Krugman, Peter Boettke, plan de relance, récession, réforme, stimulus, surcapacité à 9 juillet 2010 | 9 Commentaires »
Selon Krugman (ici et ici), les entreprises n’investissent pas parce qu’elles ont de la sur-capacité de production, donc aucun besoin d’investir. Elles maintiennent en outre des niveaux d’encaisse très élevés.
Pour que celles-ci investissent et embauchent, il faudrait une augmentation de la demande qui vienne utiliser la capacité de production de ces entreprises.
Pour créer cette demande, il faut selon lui que le gouvernement mette de l’avant un autre plan de relance (puisque le premier n’était pas assez gros selon lui). Comme je le démontrais lundi, le premier plan de relance fut un échec lamentable.
Selon lui, l’État n’a pas grand chose à perdre puisque s’il ne fait rien, la situation économique va se détériorer, ce qui augmentera le déficit de toute façon (donc aussi bien dépenser!).
De plus, les conséquences négatives de cette détérioration auront des répercussions à plus long terme:
"what if there are long-run negative effects of a deeper slump on the economy? The WSJ piece showed one example: workers driven permanently out of the labor force. There’s also the negative effect of a depressed economy on business investment. There’s the waste of talent because young people have their lifetime careers derailed. And so on. And here’s the thing: if the economy is weaker in the long run, this means less revenue, which offsets any savings from the initial austerity."
Cette vision keynesienne de l’économie est complètement erronnée. Voici pourquoi.
Tout d’abord, l’explication de Krugman repose sur une hypothèse très contestable, stipulant que les plans de relance réussissent à relancer l’économie durablement. En termes keynesiens, cela signifie que le "multiplicateur" est supérieur à 1. Dans son exemple, Krugman utilise d’ailleurs un multiplicateur de 1.4. Où prend-il ce chiffre? Dieu seul le sait!
Ainsi, si vous aviez une entreprise de construction et que le gouvernement fédéral vous octroyait un contrat dans le cadre d’un nouveau stimulus, allez-vous vous mettre à investir dans votre entreprise et à embaucher des employés permanents? Bien sûr que non! Car vous savez que cette "manne" n’est que temporaire et ne représente aucunement de la demande durable. Donc une fois le stimulus passé, c’est le retour à la case départ.
Krugman craint que si le gouvernement ne fait rien, certains emplois dispaîtront pour de bon. J’espère bien que certains emplois ne reviendront jamais; puisque ceux-ci étaient le fruit des mauvais investissements effectués durant le boum artificiel.
C’est justement ce à quoi une récession devrait consister: nettoyer les mauvais investissements et éliminer les emplois inutiles. L’économie n’a plus besoin d’autant de travailleurs de la construction et tout ce qui tourne autour de cette industrie; il ne sert à rien de vouloir maintenir ces emplois. Par la suite, l’investissement peut reprendre dans d’autres industries. Tout ce processus a été ralenti par l’incertitude et la confusion générées par le gouvernement avec ses plans de relance, ses bailouts, ses déficits et ses réformes.
Au contraire, le gouvernement tente d’aller à contre-courant du processus normal de rétablissement d’une récession en tentant de sauver les emplois qui devraient disparaître, en maintenant des entreprises en vie alors que celles-ci auraient dû disparaître, en décourageant l’épargne par la manipulation monétaire, et en choisissant lui-même les industries méritant de l’investissement (par exemples: énergie renouvelable, voitures électriques, infrastructure routière, etc). Le résultat n’est pas surprenant: du chômage persistant.
En somme, il est vrai que les entreprises ont de la sur-capacité de production présentement, mais celle-ci est dans les mauvaises industries. La solution ne consiste pas à tenter de relancer la demande de ces industries. Elle consiste plutôt à ce que le gouvernement s’abstienne d’intervenir pour que ces industries réalisent que la demande n’est plus là et que ce capital soit ré-alloué ailleurs dans l’économie. La dépression de 1920-21 a démontré que cette politique fonctionne.
Paul Krugman est préoccupé par le sort des chômeurs si l’économie se détériorait davantage. Il devrait plutôt se préoccuper du fait que les plans de relances et les subventions rendent certaines industries dépendantes du gouvernement; les conséquences à long terme de cela seront très négatives lorsque l’aide s’arrêtera éventuellement.
Finalement, si les entreprises maintiennent des niveaux d’encaisse élevés, c’est qu’elles ont appris la leçon et qu’elles veulent pouvoir se maintenir en vie en cas de temps dur. Il n’y a rien de mal là-dedans.
À ce sujet, Peter Boettke a déterré de fascinantes coupures de journaux datant de 1932; notez que l’une est signée par Keynes et l’autre par Hayek. Leur débat est très similaire à celui que Paul Krugman aurait avec Thomas Woods aujourd’hui. Bonne lecture!
http://austrianeconomists.typepad.com/files/cambridge_vs._lse_1932.pdf
Publié dans Économie, tagged épargne, chômage, confiance des consommateurs, création de monnaie, croissance, déficit, demande, dette, endettement, faillites bancaires, interventionnisme, investissement, keynesiens, masse monétaire, Obama, Paul Krugman, PIB, plance de relance, reprise, S&P 500, The Economist, ventes au détail, ventes d'autos, ventes de maison à 5 juillet 2010 | 47 Commentaires »
Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas mis à jour sur l’économie américaine (la dernière fois était dans ce billet de novembre 2009).
Nous avons appris récemment que sur les 50 états américains,46 d’entre eux cumulent des déficits de l’ordre de $112 milliards à la fin de l’année fiscale 2010, qui pour eux s’achève fin juin, soit 8 à 10% de leurs budgets totaux. Les états ne sont pas autorisés à avoir un déficit, le gouvernement fédéral devra donc les sauver.
Vous vous souvenez qu’au premier trimestre de 2010, la croissance du PIB avait été de +3.2%. La semaine dernière, cette mesure a été révisée à +2.7%. La majorité de cette croissance provient des inventaires et des dépenses du gouvernement fédéral. La plupart des programmes de relance du gouvernement sont maintenant terminés ce qui signifie que la croissance du PIB pourrait bien être négative en deuxième moitié de 2010, confirmant l’échec de la reprise.
Voici quelques statistiques économiques parues ces deux dernières semaines :
Ventes au détail en mai : -1.2% (première baisse en 8 mois)
Vente de maisons existantes en mai : -2.2%
Ventes de maisons neuves en mai : -33%
Ventes de véhicules neufs en juin : -7.3%
Confiance des consommateurs en juin : -15.6% (52.9)
Taux de chômage en juin : 9.5% (était de 9.7% en mai)
Le taux de chômage est en baisse depuis quelques mois, mais le chiffre n’inclut pas les travailleurs qui ont cessé de se chercher un emploi (exclus du calcul). Le « vrai » taux de chômage est donc présentement de 16.5%. La création d’emploi est anémique (83,000 en juin, excluant l’impact du recensement), rien de comparable à ce qu’on pourrait s’attendre en reprise économique.
Il est à noter que le programme fédéral pour les chômeurs expirera à la fin de juillet, ce qui signifie qu’environ 3.3 millions de chômeurs perdront leurs indemnités à la fin du mois.

Basé sur les chiffres de ventes de maisons, si on additionne l’inventaire de maisons à vendre au nombre d’hypothèques délinquantes, nous obtenons un inventaire total de maisons sur le marché équivalent à 16 fois les ventes mensuelles!
Les faillites bancaires se poursuivent en 2010 et même s’accélèrent. Le graphique suivant est éloquent :
La croissance de la masse monétaire a repris sont cours. Ce n’est pas à cause de la reprise de l’économie et du crédit, mais bien parce que la Federal Reserve crée de la monnaie pour acheter les titres de dette du gouvernement. À preuve, le taux 10 ans sur les obligations du gouvernement américain est en forte baisse, étant maintenant passé sous la barre des 3%.
Les deux graphiques suivants proviennent de The Economist et sont fort intéressants parce qu’ils présentent le portrait de la dette totale (et non seulement la dette publique). À noter que sur le deuxième graphe, le Canada ne fait pas très bonne figure. Le processus de désendettement est loin d’être terminé et pendant que celui-ci se déroule, la croissance économique sera médiocre.
Conclusion :
Nous pouvons d’ores et déjà clamer que les remèdes keynesiens n’ont, une fois de plus, pas fonctionné. Loin d’avouer la fausseté de leurs théories et l’inefficacité des politiques qui en découlent, les keynesiens tels que Paul Krugman reviennent à la charge en affirmant que si ça n’a pas fonctionné, c’est qu’on en a pas assez fait…
Ainsi, l’administration Obama est probablement en train de préparer un deuxième plan de relance, qui serait de l’ordre de $1,000,000,000,000 (un billion). Cette somme sera évidemment financée par de la monnaie créée ex-nihilo par la Fed.
Les plans de relance et les diverses actions entrepris par le gouvernement depuis le début de la récession n’ont fait que semer la confusion et créer de l’incertitude, troublant ainsi les décisions économiques. Conséquemment, l’ajustement nécessaire durant la récession ne s’effectue qu’au compte goutte. Ces programmes visent à raccourcir la récession et de rendre celle-ci moins sévère pour que les gens en souffrent moins, mais c’est le contraire qui se produit. Pendant que l’État tente de « créer » de la demande, l’épargne est découragé et l’investissement paralysé; deux éléments clés d’une reprise économique viable.
Il semble évident que la croissance économique va décevoir les attentes au cours des prochains mois et cette situation commence à être reflétée par les marchés boursiers, qui battent de l’aile depuis quelques temps. En fait, le S&P 500 est revenu à un niveau plus bas que celui auquel il se situait lors de mon billet de novembre 2009 (baisse de 6%).
Publié dans Économie, tagged Économie, États-Unis, éducation, épargne, bourse, Canada, changements climatiques, création de monnaie, croissance économique, démographie, dépenses militaires, dépression, dette, endettement, GES, Grande Dépression, innovation, investissement, keynes, keynesiannisme, keynesiens, Les Affaires, moteurs de l'économie, Obama, OGMs, politique monétaire, productivité, R&D, récession, REER à 12 février 2010 | 6 Commentaires »
Avec la saison des REERs qui bat son plein, beaucoup de gens me demande quoi acheter dans leur REER et surtout quelles sont mes prévisions économiques.
L’an passé à pareille date, je me préparais à la chasse aux aubaines; non pas parce que j’étais positif relativement à l’économie (je ne l’étais pas du tout), mais bien parce que beaucoup de titres se transigeaient à des niveaux qui reflétaient un scénario de "fin du monde". En pareilles circonstances, lorsque le rapport rendement / risque est si élevé, on ne peut pas se tromper en achetant des actifs risqués. Le fonds du baril fut atteint en mars, la bourse canadienne a grimpé de 49% depuis.
Cette année est une toute autre histoire. L’évaluation des actifs risqués reflète déjà une reprise économique, laquelle ne sera pas au rendez-vous selon moi. C’est plutôt le temps de vendre ces actifs risqués acquis à prix modiques durant la crise. Pourquoi suis-je si négatif par rapport à l’économie?
Si on prend l’économie américaine, l’endettement total (gouvernement, entreprises et ménages) en pourcentage du PIB est passé d’environ 200% dans les années 1980 à plus de 400% récemment. Évidemment, cette tendance s’est accélérée durant la récente bulle. Cela signifie qu’une grande partie de la croissance économique que nous avons connue au cours de cette période a été constituée de dépenses financées par de la dette. Cette dette a été obtenue grâce à des politiques monétaires expansionnistes (bas taux d’intérêt) opérées à travers la création de monnaie par la banque centrale et le système bancaire.
Pour maintenir cette croissance économique, il aurait fallu que les américains continuent de s’endetter pour consommer. Le ratio aurait donc atteint 500%, puis 600%, puis 700% du PIB. La réalité est que la croissance économique générée de cette façon est artificielle et insoutenable. Les bas taux d’intérêt ont fait en sorte que les gens ont devancé des dépenses futures vers le présent en s’endettant. Lorsque l’élastique a été trop étiré, il s’est brisé. Ce ratio devra donc se stabiliser à un niveau plus soutenable avant que l’économie puisse se rétablir, possiblement entre 200% et 300%.
C’est ce qui est en train de se produire. Présentement, les ménages et les corporations remboursent leurs dettes, ce qui est la bonne chose à faire. Cependant le ratio dette totale / PIB ne diminue pas pour autant puisque le gouvernement a pris leur place et finance d’immenses déficits en s’endettant. Le gouvernement tente ainsi de repartir la machine-à-s’endetter; il voudrait que les gens se remettent à dépenser à crédit pour stimuler l’économie. Et puisque les gens ne le font pas, le gouvernement le fait à leur place en dépensant lui-même cet argent qu’il n’a pas. Autrement dit, on pousse le problème en avant et cela ne pourra être fait indéfiniement (comme la Grèce est train de le réaliser).
Ainsi, lorsque les dépenses gouvernementales vont se stabiliser, ce qui est inévitable, la croissance économique va retomber, possiblement en territoire négatif. Nous connaîtrons ensuite une période d’austérité de la part des consommateurs, qui continueront de rembourser leurs dettes jusqu’à ce qu’elles atteignent un niveau plus adéquat et soutenable, plutôt que de consommer. Ils ne sont d’ailleurs pas d’humeur à s’endetter, puisque plusieurs sont sans-emploi alors que les autres craignent de perdre le leur.
La prochaine décennie sera, selon moi, similaire à la lost decade qu’a connu le Japon suite à sa bulle financière. Tous les ingrédients sont présentement réunis pour que ce scénario se reproduise aux États-Unis: éclatement d’une bulle gonflée par la création de monnaie, endettement excessif, démographie en déclin, entreprises déchues maintenues en vie par l’État, etc. On pourrait dire que le Japon ne s’est toujours pas remis de cette crise, notamment grâce aux remèdes keynesiens que l’on a tenté d’y appliquer.
Certains parlent aussi d’un double-dip comme celui que les États-Unis ont connu durant la Grande Dépression des années 1930s. Ce genre de scénario est en effet fort plausible à chaque fois que les remèdes keynesiens sont utilisés.
Ceci étant dit, quels pourraient être les moteurs de l’économie et du PIB pour les prochaines années? À la base, la croissance économique est stimulée par :
A) la croissance du capital (générée par l’épargne et la démographie)
B) l’amélioration de la productivité de ce capital (menée par le progrès technologique, l’éducation et formation de la main d’oeuvre).
Est-ce que ces stimulis sont au rendez-vous?
1) Épargne: Présentement, les disciples de Keynes en charge de la politique monétaire n’encouragent pas l’épargne réelle; ils la détruisent. En créant de la monnaie et en maintenant les taux d’intérêt bas, ils favorisent l’endettement plutôt que l’épargne. Ceci étant dit, les consommateurs sont si mal en point et si endettés qu’ils n’ont pas le coeur à s’endetter davantage pour consommer; leurs épargnes servent donc à rembourser leurs dettes. C’est le gouvernement qui profite des bas taux d’intérêt pour s’endetter à leur place. Le gouvernement siphonne donc l’épargne réelle pour financer ses dépenses inutiles, ce qui laisse moins d’épargne pour fournir le capital nécessaire aux investissements qui génèreraient la croissance économique future.
2) Démographie et éducation: D’autre part, nous ne pouvons certainement pas compter sur la croissance démographique pour aider l’économie puisque la population nord-américaine vieillit. La population devient certainement de plus en plus éduquée, ce qui est positif, mais cette éducation est possiblement mal adaptée à la structure de production actuelle, comme c’est presque toujours le cas à la sortie d’une récession. Ainsi, je ne compterais pas sur des gains de productivités reliés à l’éducation dans un avenir rapproché. Ceux-ci se manifesteront à plus long terme.
3) Innovation: Finalement, que dire de l’innovation technologique et de sa contribution potentielle à une hausse de la productivité? Les nouvelles ne sont pas bonnes de ce côté là non plus! Les années 80s et 90s ont été marqués par l’essor de l’ordinateur personnel, qui a eu un impact majeur sur la productivité. Les années 90s et 2000s ont vu l’essor de l’internet et des télécommunications, qui ont aussi eu un impact positif significatif sur la productivité. Les années 2000s ont particulièrement vu le commerce international et la mondialisation s’accélérer, ce qui a été une source inéluctable de productivité. Quels seront les moteurs de la productivité durant les années 2010s?
Je suis tombé sur un article paru dans Les Affaires le 30 janvier dernier intitulé Les prochains moteurs de l’économie. Les dix éléments mentionnés* dans cet article sont certainement de bonne opportunités d’affaires, mais ce ne sont pas des "moteurs économiques" et ils n’auront pas vraiment d’impact significatif sur la productivité.
En fait, grâce à l’intervention des gouvernements, la plupart des ressources dédiées à la R&D mèneront à des innovations technologiques visant à réduire les émissions de GES, dans le but de contrer les supposés changements climatiques créés par les humains. Non seulement je doute de l’utilité de ces innovations, mais en plus il est clair que ces politiques auront un effet négatif sur la productivité et sur l’économie. Les coûts énergétiques et de la plupart des biens augmenteront alors que les coût des émissions de CO2 seront passés aux consommateurs. Notre niveau de vie en sera d’autant réduit.
Par ailleurs, les organismes génétiquements modifiés pourraient améliorer la productivité en agriculture et réduire les coûts de l’alimentation, mais ils rencontrent beaucoup d’opposition de la part des écologistes et sont contrôlés par une poignée de corporations qui accumulent les profits quasi-monopolistiques sur le dos de leurs brevets enforcés par l’État.
Finalement, le secteur que l’article a oublié de mentionner et qui, grâce à l’État, fait toujours bien peu importe la conjoncture, est le secteur militaire. Le budget Obama prévoit $708 milliards en dépenses militaires pour 2010, plus que ses récents prédécesseurs et plus que durant les guerres de Korée et du Vietnam.
Conclusion:
En somme, l’évaluation actuelle des actifs risqués et la conjoncture économique chancelante m’amènent à recommander la prudence. Les obligations d’entreprises ayant un solide bilan et les actions d’entreprises défensives (pipelines, services publics, télécommunications, consommation de base, technologie, et certaines financières) seront à privilégier. Les rendements seront, bien entendu, plutôt faibles. À cet égard, je priviligie les titres ayant un taux de dividend élevé, mais soutenable.
Je ne suis pas trop excité par l’or et les métaux (pour le moment), puisque leurs prix ont déjà pas mal augmenté et que les prix à la consommation resteront stables pour encore quelques temps. C’est la reprise de l’économie chinoise qui est derrière l’appréciation des prix des métaux tels que le cuivre, et je pense qu’une portion significative de cette reprise est artificielle. Une baisse des prix des métaux serait mauvaises pour plusieurs entreprises canadiennes, c’est pourquoi j’évite ce secteur.
Je me méfie du dollar américain et même de l’Euro, d’une part en raison de la possibilité d’un autre plan de relance inflationniste aux États-Unis, et d’autre part en raison de la possibilité d’un sauvetage financier pour la zone Euro. Le Canada sera donc ma destination de choix point de vue investissement. Je ne pense pas que la bourse canadienne rejoindra son bas de mars 2009, mais je pense tout de même que nous pourrions connaître une sévère correction.
Bonne cotisation!
* Les 10 moteurs économiques mentionnés dans l’article sont:
Publié dans Économie, tagged Animal Spirits, bourse, bulles, communisme, interventionnisme, investissement, keynes, keynesiannisme, plein-emploi, politiciens à 13 novembre 2009 | 5 Commentaires »
Dans ce dossier, inspiré du livre “Where Keynes went wrong” de Hunter Lewis, je traite des principales idées de Keynes. La première partie traitait des taux d’intérêt, la seconde partie traitait de l’épargne et la troisième partie traite de la bourse et de l’investissement.
Selon Keynes, les investisseurs "ne savent rien à propos du futur". Ils sont incapables d’adopter un point de vue à long terme. La bourse n’est qu’un casino, mût par les "esprits animaliers". Elle est contrôlée par les spéculateurs qui créent des "bulles". Les mouvements boursiers sont d’ailleurs souvent absurdes. Keynes citait l’exemple des compagnies de crème glacée, dont les actions se transigeaient à des prix plus élevés durant l’été qu’en hiver. Si le marché était rationnel, ce ne serait pas le cas (i.e. le prix de l’action reflèterait les perspectives de l’entreprise en tout temps). Keynes nous mentionne ensuite que le marché boursier est futile, puisque lorsque quelqu’un achète des actions existantes sur le marché, l’argent ne va pas directement à l’entreprise, mais dans les poches du vendeur, ça ne stimule donc pas l’investissement.
La solution proposée par Keynes est fort simple: le gouvernement devrait faire lui-même les investissements nécessaires à ramener l’économie au plein-emploi. Le gouvernement peut agir de façon désintéressée, rationnelle et en fonction du long terme, grâce à ses "experts". Ces investissements doivent être financés par les taxes et impôts.
Réfutation:
Premièrement, pour une fois que Keynes utilise un exemple concret pour illustrer une de ses idées (les compagnies de crème glacée), il fallait qu’il s’avère erronné! Il n’a même pas pris le temps de vérifier les chiffres avant d’affirmer une telle chose. Henry Hazlitt a vérifié et il est totalement faux que les actions des compagnies de crème glacée se transigeaient à des cours plus élevés en été. Keynes était tellement sûr de la véracité de son intuition qu’il n’a même pas cru bon l’appuyer par des chiffres. Ce constat s’applique d’ailleurs à l’ensemble de ses théories.
Deuxièmement, qu’est-ce qui crée les bulles? L’ingrédient indispensable est la liquidité. Que l’on parle de la bulle de 1995- 2000, de celle des années 1920s ou de la bulle immobilière que l’on vient de traverser, le levier financier facilité par de la dette abondante et abordable a toujours été présent durant les bulles. D’où vient cette liquidité? Des banques centrales qui crée de la monnaie à profusion, comme Keynes le prescrivait. C’est ce levier financier qui permet aux investisseurs d’emprunter pour financer d’immenses positions boursières et à d’autres d’acheter plusieurs condos à Miami (sans les habiter), dans le but de les revendre plus cher un an plus tard. Dans un libre-marché, cette irrationnalité liée à la recherche du profit serait contenue, mais dans un marché innondé de liquidités, elle prend une ampleur considérable. Rappelons-nous par exemple du crash de 1929. À cette époque, les gens empruntaient massivement pour investir à la bourse. Lorsque l’élastique a été étiré au maximum, il a cédé; les gens ont dû vendre leurs actions à perte tous en même temps pour rembourser leurs prêts sur marge.
Troisièmement, est-ce que les politiciens ont réellement une vision à plus long terme que les investisseurs? Sont-ils si désintéressés et concentrés sur le bien-être collectif? Permettez- moi d’en douter. Les politiciens cherchent à se faire élire et agissent dans leur intérêt à cet égard. Leur horizon temporel s’arrête à la prochaine élection. Et comme ce n’est pas leur argent qu’ils dépensent, ils sont en conflit d’intérêts. Et qui est Keynes pour nous parler du long terme? N’est-ce pas lui qui a déclaré que "à long terme nous sommes tous morts"! La réalité est que le gouvernement est généralement un bien piètre investisseur.
Quatrièmement, lorsqu’on achète une action à la bourse, on crée de la demande pour ce titre et, par conséquent, on contribue à faire monter le prix. Lorsque le prix d’une action monte, le coût du capital de l’entreprise en question diminue, puisqu’elle pourra en émettre une moins grande quantité pour financer un investissement quelconque (donc moins de dilution pour les actionnaires existants). En revanche, les mauvaises entreprises voient le prix de leurs actions chuter, ce qui restreint leur capacité à en émettre pour financer leur expansion. De cette façon, les bonnes entreprises ont accès plus facilement à du capital que les mauvaises. La bourse n’est donc pas futile; c’est un mécanisme très important pour l’économie, même si l’argent de va pas directement à l’entreprise lorsqu’on achète ses actions existantes sur le marché.
Finalement, on comprend que Keynes utilise ces arguments anti-marché pour justifier des politiques interventionnistes, favorisant les dépenses gouvernementales. Il nous incite à faire un grand pas vers le communisme (un système que Keynes a souvent décrit en bien) en remplaçant l’investissement privé par l’investissement gouvernemental. Il propose d’enlever le pouvoir au marché, pour le donner aux politiciens, ces supposés "experts". Il propose de retirer l’argent des mains des individus et entreprises pour le donner au gouvernement qui, évidemment, saura mieux que quiconque quoi en faire pour le bien de tous.
En terminant, Keynes ne prêchait pas par l’exemple à cet égard: c’était un spécualteur invétéré. Il utilisait l’effet de levier en empruntant et investissait dans les actions, les obligations, les ressources et les devises. En 1920, ses emprunts sur marge l’ont mis en faillite, il a dû emprunter de sa famille et ses amis. Suite au crash de 1929, il a perdu 86% de sa fortune. Puis, en 1937, il a perdu 50% de sa fortune, mais l’avait pratiquement regagnée au moment de sa mort. Il était alors multi-millionnaire en dollars d’aujourd’hui.
Publié dans Économie, Politique, tagged épargne, consommation, dossier keynes, idle savings, impôts, interventionnisme, investissement, keynes, keynesiannisme, laffer, paradox of thrift, propension marginale à consommer, riches à 9 novembre 2009 | 12 Commentaires »
Dans ce dossier, inspiré du livre “Where Keynes went wrong” de Hunter Lewis, je traite des principales idées de Keynes. La première partie traitait des taux d’intérêt, la seconde partie traite de l’épargne.
Je commence par citer Keynes directement: "Consumption is the sole object of all economic activity".
Tiens-tiens, ne blâme-t-on pas régulièrement le capitalisme comme étant à l’origine de notre "société de consommation"? C’est plutôt des décénies de politiques gouvernementales keynesiennes qui nous ont amenées dans cet état. Voici comment.
Keynes méprisait l’épargne. Il était plus spécifiquement contre l’épargne stagnante (idle savings), c’est-à-dire l’épargne qui n’est pas investie, puisque celle-ci réduit l’activité économique et crée du chômage. Keynes a même été jusqu’à déclarer que les guerres et les catastrophes naturelles ont, au cours de l’histoire, créé de la richesse en réduisant l’épargne stagnante. Il est cependant préférable de réduire l’épargne stagnante en consommant plus ou en travaillant moins. Selon Keynes, plus nous devenons riches, plus nous épargnons, c’est-à-dire que notre propension marginale à consommer diminue, ce qui est un problème majeur. On peut régler partiellement ce problème en taxant plus sévèrement les riches, leur soutirant ainsi cette vilaine épargne et la donnant aux moins fortunés qui eux vont dépenser et faire "rouler l’économie".
Finalement, Keynes a introduit le paradoxe de l’économie (paradox of thrift), qui stipule qu’en temps de récession, les gens se mettent à épargner au cas où ils perdraient leur emploi. Cette réduction de la consommation engendre une baisse de la production, qui engendre du chômage, ce qui réduit encore plus la consommation, et ainsi de suite… Il faut donc que le gouvernement dépense à la place des gens pour stimuler l’économie et stopper ce cercle vicieux.
Réfutation:
Premièrement, qu’est-ce que de l’épargne stagnante? C’est l’argent que vous mettez dans votre coffre-fort ou sous votre matelas. Parions que vous n’en avez pas tellement! En effet, même l’argent qui gît dans votre compte-chèque est réinjectée dans l’économie par les banques sous forme de prêts. Ce concept est donc une illusion. L’épargne est très rarement stagnante, elle est constamment redirigée dans l’économie.
Deuxièmement, je ne pense pas avoir vraiment besoin d’ajouter quoi que ce soit au sujet des guerres et des catastrophes. Si vous ne comprenez pas, vous n’avez qu’à lire le sophisme de la vitre brisée de Bastiat. Le gros bon sens vous reviendra rapidement.
Troisièmement, veut-on vraiment travailler moins pour réduire cette fameuse épargne stagnante? Si on travaille moins, on produit moins et donc on est moins riche. On ne s’enrichit pas en travaillant moins, c’est le gros bon sens.
Quatrièmement, est-ce vraiment un problème que les gens deviennent riches et qu’ils épargnent? L’épargne nourrit l’investissement, qui permet d’augmenter la production et l’emploi. Cette affirmation basée sur la propension marginale à consommer n’est qu’un autre sophisme de Keynes provenant de ce concept erroné d’épargne stagnante. Ce n’est qu’une manière fallacieuse de justifier des impôts élevés pour les riches. Comme le montre la courbe de Laffer, cette façon de faire ne fera que réduire l’activité économique. Les riches ne sont pas riches pour rien; ils ont une habileté à créer de la richesse pour la société. En les imposants outrageusement, nous les décourageons à faire ce qu’ils font le mieux.
Finalement, le fameux paradoxe de l’économie est une théorie totallement déconnectée de la réalité. Si le gouvernement taxe les riches et se met à dépenser l’argent pour stimuler l’économie, les entreprises ne vont pas se mettre à embaucher et à investir pour autant puisqu’elles opèrent significativement sous leur capacité de production (comme c’est le cas présentement). Comme vous pouvez le voir ici, elles ne vont qu’utiliser du temps supplémentaire et de la main d’oeuvre temporaire (si nécessaire) pour satisfaire la demande gouvernementale, puis on retourne à la case départ. Elles n’investissent pas et n’embauchent pas, puisqu’elles ont amplement de capacité de production excédentaire pour satisfaire cette demande et savent pertinemment que ce n’est que temporaire. Ainsi, le taux de chômage n’est pratiquement pas affecté par ces monstrueux déficits gouvernementaux.
