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Posts Tagged ‘Hugo Chavez’

            Le socialisme est un système de type collectiviste qui se traduit essentiellement par la propriété publique des instruments de production. Autrement dit, seul le gouvernement peut être propriétaire du capital productif de l’économie.

            L’autre terme souvent utilisé pour désigner le socialisme est la planification centrale. C’est que dans ce système, il n’y a plus d’entrepreneurs, juste des fonctionnaires. Il n’y a plus de concurrence ni de profits. L’État a le monopole sur tout et décide de quoi et combien produire.

            Comme il n’y a plus de profit, plus rien ne motive les travailleurs. Ceux-ci ne peuvent pas améliorer leur sort en travaillant plus dur ou en améliorant leurs compétences. C’est pourquoi les systèmes socialistes voient leur productivité baisser drastiquement. Il en résulte une baisse de la production et des pénuries. Par exemple, avant d’adopter le communisme, la Russie était un gros exportateur de céréales, alors qu’à une certaine époque sous le communisme, elle n’en produisait plus assez pour nourrir sa propre population, devenant éventuellement le plus gros importateur de céréales au monde.

            De plus, sans profit, l’innovation n’est pas encouragée. Pour qu’un individu donne le meilleur de lui-même, il faut que ça en vaille la peine. Si personne ne peut profiter de son travail acharné ou des découvertes engendrées par son génie créatif, personne n’aura la motivation nécessaire à faire avancer la société vers un meilleur niveau de vie. L’absence de profit complique aussi les décisions d’investissement. Comment comparer deux investissements différents sans profit? Les pays socialistes accusent donc généralement un retard technologique important.

(suite…)

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Quelques explications sur le sauvetage de la Zone Euro:

La Banque Centrale Européenne (BCE) va intervenir sur les marchés obligataires en achetant des titres en détresse. Elle « stérilisera » ces achats; c’est-à-dire qu’elle fera en sorte de ne pas augmenter la masse monétaire vendant des titres qu’elle possède dans ses réserves (surtout des obligations du gouvernement Allemand).

Le coût des impôts:

Excellent article de Nathalie Elgrably sur le coût des impôts, qui est très élevé en raison de la complexité du système. Une bonne raison de favoriser un système fiscal simple avec un taux d’imposition unique.

« plus un régime fiscal est complexe, plus il faut allouer du temps, de l’énergie et de l’argent pour s’y conformer: il faut colliger toutes les informations nécessaires, se tenir au courant des changements apportés à la loi, embaucher des comptables, des avocats, etc. Des chercheurs ont montré que les Canadiens ont dépensé en 2005 de 18,9 milliards $ à 30,8 milliards $ pour produire leurs déclarations de revenus, soit un montant variant entre 585$ et 955$ par contribuable.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a estimé en 2008 qu’il en coûte 12,6 milliards $ aux entreprises canadiennes au chapitre de la conformité fiscale. La complexité est également coûteuse pour l’État. À lui seul, Revenu Québec emploie 9000 fonctionnaires et nécessite un budget de 1,4 milliard $!

On nous dit que c’est le souci de justice et d’équité qui explique la complexité du régime fiscal. C’est faux! La complexité tient au nombre infini de dispositions spéciales, d’exemptions, d’exceptions, de déductions et d’abris que les politiciens accordent, entre autres, aux groupes de pression dont ils souhaitent obtenir les votes. Or, qui dit privilège, dit corruption. Un régime fiscal complexe est donc doublement injuste. D’une part, parce qu’il ne soumet pas tous les revenus au même traitement. D’autre part, parce que l’État ne peut alléger le fardeau fiscal des uns sans alourdir celui des autres. »

Le privé dans la santé:

Comme je l’expliquais dans un billet précédent, il n’y a aucune raison pour que les hôpitaux soient publiques au Québec. Sans compromettre l’universalité des soins (i.e. la gratuité) et la façon dont le système est financé (RAMQ), on pourrait au moins privatiser les hôpitaux, tout comme c’est le cas pour les cliniques. Voici un extrait d’un billet de David Descôteaux à cet égard:

« Imiter les États-Unis? Non. Plutôt les pays sociaux-démocrates d’Europe. Au Danemark, si vous attendez plus d’un mois pour une opération, on vous envoie dans un hôpital privé. En Suède, l’hôpital Saint-Georges, coté en Bourse, est le plus efficace, le moins coûteux et le plus apprécié de Stockholm. Les Suédois – riches et pauvres – s’y font traiter sans payer un sou. En France, 40% des hôpitaux sont privés et ont un à but lucratif. Leurs chirurgies sont accessibles à tous, payées par l’État. En Belgique, la contribution du privé a éliminé le temps d’attente. Imaginez: on peut obtenir un rendez-vous et consulter un médecin spécialiste le jour même!

Dans ces pays, on finance les hôpitaux publics selon le nombre de cas traités. Le patient devient ainsi une source de revenu, et non de dépense. Cela incite les hôpitaux à être efficaces. Résultat: l’attente est minime, voire inexistante. Et les Européens consacrent moins d’argent par habitant que nous à la santé. Mais surtout, tous – riches et pauvres – sont couverts par l’assurance-maladie. Je répète: il n’y a aucun système à deux vitesses. »

 La publicité d’Hydro-Québec:

Il est plutôt choquant que les entreprises d’État telles que Hydro-Québec, la SAQ et Loto-Québec fassent de la publicité puisque ce sont des monopoles. C’est carrément de l’argent gaspillé. Les Québécois ne devraient pas avoir à payer pour des dépenses destinées à mousser la notoriété d’Hydro-Québec.

Selon un article publié sur Argent, l’Union des consommateurs ne conteste pas le bien-fondé de la promotion de l’efficacité énergétique ou encore des comportements sécuritaires à adopter à proximité des fils électriques du réseau d’Hydro-Québec.

«Mais pour le reste, on a de grosses réserves, parce qu’il n’y a pas de concurrence. Alors, par rapport à quel autre fournisseur cette image commerciale devraitelle être promue?» a réagi l’analyste spécialisé dans les questions d’énergie de l’Union des Consommateurs, Jean-François Blain.

Selon lui, la société d’État n’a qu’à bien faire son travail et qu’à répondre à ses diverses obligations pour que sa réputation soit perçue positivement par la population.

Notez que dans son rapport annuel de 120 pages, Hydro-Québec n’a pas cru bon de spécifier à ses actionnaires (i.e. nous) le coût de ces publicités.

Chômage et salaire minimum aux USA:

À l’été 2007, le salaire minimum a augmenté de $0.70 aux États-Unis pour atteindre $5.85/heure. L’été suivant, il a augmenté à $6.55 and et en juillet dernier à $7.25. Je ne m’oppose pas à ce que ces gens puissent avoir de meilleurs revenus et un niveau de vie plus décent (bien que j’aimerais qu’ils le fassent en suivant de la formation, en améliorant leurs compétences et en acquérant de l’expérience), il n’en demeure pas moins que le prix de la main d’oeuvre non-qualifiée a augmenté de +41% en deux ans.
Lorsque le prix de quelque chose augmente autant, il est normal qu’on en consomme moins, surtout durant une récession. Lorsque le prix demandé pour un bien est plus élevé que ce que vous pouvez vous permettre, vous ne l’achetez pas. Le salaire minimum a donc forcé ces gens à augmenter le prix auquel ils offrent leur travail et les employeurs n’ont pas pu suivre. Devrions-nous êtres surpris du taux de chômage élevé qui prévaut présentement aux États-Unis?
Autres chiffres intéressants sur l’emploi aux États-Unis (provenant de The Economist):
Croissance des prêts, ventes de maisons et ventes d’autos en Chine:

À la fin du mois d’avril, il y avait 43.4 trillion de yuan en prêts en Chine, une hausse de +22% par rapport à l’an passé. Les ventes de maisons ont explosé alors que les ventes d’automobiles continuent d’être fortes en 2010.

 

Pénurie de café au Vénézuela:

Deux petites nouvelles intéressantes sur le Vénézuela que j’ai dénichées grâce à Antagoniste.net. Tout d’abord, autrefois un gros producteur de café, voilà que le Vénézuela n’en produit plus suffisamment pour sa propre consommation depuis l’interventionnisme de Chavez dans cette industrie :

[Coffee] was once plentiful in Venezuela. But in 2003, with consumer-price inflation threatening to damage Mr. Chávez’s popularity, the government imposed price controls. That drove down the incentive to grow coffee while increasing the incentive to export to Colombia whatever was grown.

Last year, for the first extended period of time in the country’s history, Venezuela did not produce enough of the little red berry to satisfy domestic demand. It has now become a coffee importer and is facing serious shortages.

For more than a decade Mr. Chávez has employed price controls, capital controls and hyper-regulation in an attempt to meet his socialist goals. When the predictable shortages have arisen, the government has responded by using the salami approach to nationalization, slicing off a bit of the private sector at a time and taking it for the state.

 Par ailleurs, le taux d’inflation annualisé a atteint +30.4% en avril au Vénézuela, selon USA Today. C’est ce qui se produit lorsque les politiciens ont la mainmise sur la banque centrale (et la création de monnaie) comme c’est le cas dans ce pays.

La fuite pétrolière, Paul Krugman et les libertariens:

Un billet de Paul Krugman est plutôt intéressant à ce sujet, dans lequel il utilise l’exemple de la catastrophe de BP pour ridiculiser le libertariannisme (sans succès comme d’habitude).

Mais pourtant, son billet énonce que les poursuites contre BP seront limitées à $75 million par le gouvernement fédéral, ce qui est diamétralement opposé à la prescription libertarienne! Comment peut-on affirmer une chose et son contraire dans le même paragraphe…

Dans un monde libertarien, le gouvernement ne limiterait les pas les pénalités à payer par qui que ce soit, ce qui mettrait prossiblement BP en faillite suite à un tel accident. Dans ces circonstances, il y fort à parier que BP aurait agi plus prudemment face au risque réel de faillite (ou du moins de pertes financières substancielles) et peut-être que l’accident ne se serait pas produit.

C’est ce qu’on appelle le risque moral. Le gouvernement permet à BP de ne pas assumer tous les risques, ce qui fait en sorte qu’elle a un incitatif à prendre des risques démesurés sachant que ces pertes seront limitées. Ce genre de privilège n’est rien d’autre que du corporatisme. C’est le même phénomène avec le bailout des banques. Celles-ci peuvent prendre des risques démesurés sachant que la Fed va les sauver si ça tourne mal…résultat: crise financière.

Krugman termine son billet avec cette perle:

“If libertarianism requires incorruptible politicians to work, it’s not serious.”

Effectivement, les libertariens ont abandonné l’idée selon laquelle les politiciens puissent être “honnête”! La seule solution qu’il reste pour éviter la corruption et le corporatisme est de limiter autant que possible le pouvoir des politiciens et la taille de l’État.

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4.1 – Économie

Il est bien difficile d’évaluer la performance économique du Vénézuela sous Chavez étant donné que le pays a traversé un extraordinaire boum pétrolier sous son règne. Le prix du pétrole a plus que quintuplé durant le chavismo.

Le problème principal de l’administration de Chavez est que malgré le boum pétrolier des années 2000s, il a engendré des déficits budgétaires presque à toutes les années. Notez que le graphique ci-bas n’inclut pas toutes les dépenses sociales des entreprises d’État telles que PDVSA. En effet, PDVSA est directement impliquée dans des programmes sociaux sous l’ordre du gouvernement.

Il a financé une partie de ces déficits en augmentant la dette extérieure…

 

…et en les monétisant par la création de monnaie; la masse monétaire ayant crû astronomiquement,…

 

…ce qui a engendré de l’hyper-inflation, se maintenant presque toujours au-dessus des 20% par année,…

 

…et la dévaluation de la monnaie.

  

Autrement dit, Chavez dépense trop malgré les prix élevés du pétrole. Donc advenant une baisse du prix du pétrole ou de la production, il aurait à couper drastiquement dans les dépenses, à défaut de quoi il mettrait le pays dans une situation financière encore plus précaire. La baisse de la production de PDVSA sera d’ailleurs un grave problème pour le pays dans le futur. Je suis d’avis que c’est une épée de Damoclès sur la tête de Chavez. 

4.2 – Pauvreté

Au cours de sa présidence, Chavez a utilisé les revenus provenant du pétrole, lesquels ont explosé grâce à la hausse fulgurante du prix du pétrole, pour aider les plus démunis. C’était une stratégie plutôt simple et efficace pour prendre le pouvoir puisque au début de son premier mandat, environ 50% de la population du pays était considérée comme pauvre (ce chiffre est descendu à 31.5% au début de 2008). Il a notamment mis en place le Plan Bolivar 2000, mobilisant 40,000 soldats à faire des activités anti-pauvreté (vaccination, éducation, distribution de nourriture, etc).

Le PIB par habitant a grandement augmenté grâce aux retombées directes et indirectes du pétrole. De façon directe, le pétrole compte pour environ le tiers du PIB, 80% des exportations et 50% des revenus de l’État. La redistribution de cette richesse, orchestrée par Chavez, a permis de réduire la pauvreté (de 50% à 31.5% de la population entre 1999 et le début de 2008) et d’améliorer quelque peu le coefficient de Gini du pays, qui est passé de 46.9 à 41.0 entre 1999 et le début de 2008.

Selon une étude du Center for Economic and Policy Research, le taux de mortalité infantile a diminué, l’espérance de vie a augmenté, l’accès à l’eau potable a augmenté, l’accès à l’éducation a augmenté, l’illettrisme a diminué, le taux de chômage a diminué (de 14.6% en 2000 à 7.8% en 2008) sous le régime de Chavez. Notez cependant que tous ces chiffres proviennent d’agences du gouvernement…

Le problème que je vois au niveau de la pauvreté sous Chavez est que les gains réalisés ne sont soutenables que si le prix du pétrole et/ou la production restent au même niveau. Il a distribué cette manne inespérée pour acheter le pouvoir et a par le fait même rendu ces gens dépendants de l’État et, par ricochet, des revenus de PDVSA.

Néanmoins, les « missions bolivariennes » visant à moderniser des hôpitaux, contrer l’illettrisme, subventionner la nourriture, l’essence et autres biens, ont été applaudies par l’ONU, l’UNICEF et OMS.

 4.3 – Criminalité et corruption

Le taux d’homicide du Vénézuela est passé de 20 par 100,000 habitants en 1998 à 48 en 2007, comparativement à 1.8 au Canada et 6.1 aux Etats-Unis. C’est le troisième plus élevé parmi les pays mesurés derrière l’Irak et le Honduras. Le taux de kidnapping est notamment passé de 50 par année en 1998 à 382 par année en 2007. Le taux d’impunité (crime rapporté, mais non-puni) est très élevé à 97%.

Sous le règne de Chavez, Caracas est devenue l’une des villes les plus dangereuses au monde avec un taux d’homicide de 130 par 100,000 habitants en 2007, comparativement à 63 en 1998. Suite aux événements d’avril 2002, Chavez a littéralement désarmé la police de Caracas, ce qui la rend vulnérable face aux criminels.

L’autre catalyseur de criminalité sous Chavez a été la nouvelle loi qu’il a introduite suite à son élection en 1999, faisant en sorte qu’un criminel doive être pris en flagrant délit pour être arrêté suite à un crime. Cette loi avait comme objectif officiel de contrer les arrestations non-fondées, mais elle agissait aussi comme protection pour les auteurs de kidnappings, qu’elle rendait maintenant très difficile à contrer. Comme le kidnapping est le moyen principal de financement pour la guérilla, cette loi a été fort utile aux amis guérilleros de Chavez.

Dans les sondages, la population exprime que Chavez n’a rien fait pour améliorer la situation de la criminalité et que la police est corrompue et inapte à contrer le crime.

En ce qui a trait à la corruption, bien qu’il s’agissait d’une chose à laquelle Chavez promettait de s’attaquer lorsqu’il a été initialement élu, elle a en fait augmenté sous son règne (voir graphique ci-bas). Cela n’est pas très surprenant étant donné l’augmentation fulgurante de la taille de l’État sous Chavez. Beaucoup de fonctionnaires profitent de ses innombrables programmes sociaux pour s’en mettre plein les poches. Notez que le Vénézuela se retrouve au 162e rang sur 180 pays classés par Transparency International.

4.4 – Droits humains

En septembre 2008, l’organisme Human Rights Watch a dénoncé le gouvernement Chavez pour avoir bafoué les droits humains à plusieurs niveaux.

Selon eux, l’une de ses armes favorites a été la discrimination politique, mettant à la porte des employés du gouvernement, refusant des services sociaux ou emprisonnant des gens parce qu’ils ne le supportaient pas. Il est aussi bien connu que Chavez diminue les budgets des municipalités dont le maire n’est pas un supporteur de Chavez.

Chavez a utilisé les événements d’avril 2002 comme prétexte pour mieux asseoir sa main-mise sur le pays. Il a notamment pris le contrôle de la Cour Suprême, faisant passer le nombre de juges de 20 à 32 (les 12 juges ajoutés sont des chavistas).

L’autre front sur lequel Chavez a constamment violé les droits et libertés tout au long de ses mandats est la liberté de presse. Selon Freedom House, le Vénézuela se classe 160e sur 195 pays au niveau de la liberté de presse. Le graphique ci-bas illustre que les choses se sont grandement détériorées sous Chavez. Les lois anti-médias qu’il a fait adopter, ses fameuses cadenas, le retrait de la licence de RCTV et la fermeture de 34 stations de radios ces dernières années sont de bons exemples de ces violations.

HRW rapporte aussi que Chavez a brimé la liberté d’association syndicale. Il a fait renvoyer des travailleurs qui ont exercé leur droit de grève, il a refusé à certains groupes de travailleurs leur droit de négocier collectivement leur convention de travail et il a délibérément affaibli certains syndicats en faveurs d’autres qui lui était plus avantageux politiquement. Notez que suite à ce qu’il ait participé à l’organisation de la grève de décembre 2002, Carlos Ortega, le chef de la CTV (une grosse centrale syndicale) a été condamné à 16 ans de prison pour trahison. Il s’est cependant évadé de prison et réfugié au Pérou.

Finalement, le comportement de Chavez durant la marche du 11 avril 2002 était en lui-même une immense atteinte aux droits humains. Il a laissé ses supporteurs et la garde nationale ouvrir le feu sur une marche pacifique. Il avait de plus demandé la mise en œuvre du plan Avila (et donc que l’armée utilise la violence contre les marcheurs), lequel avait fait tant de morts durant la Caracazo que Chavez avait lui-même tant dénoncée en 1992.

4.5 – Conclusion

Le bilan d’Hugo Chavez à la présidence du Vénézuela est peu reluisant. Sans l’aide du prix du pétrole, les finances du pays serait en banqueroute; elles ne sont d’ailleurs pas loin de cette situation malgré une hausse fulgurante du prix du pétrole. En plus de ce désastre économique, la répression, la négation de la liberté de presse, le comportement anti-démocratique, la criminalité et la corruption ont été au menu sous Chavez. Présentement, le Vénézuela est clairement sur les traces de Cuba; i.e. que Chavez est en train d’amener le pays, peu à peu, vers une dictature socialiste militaire-totalitaire.

Selon moi, c’est la production de PDVSA qui sonnera le glas de Chavez. Avec toute son ingérence dans l’industrie pétrolière du pays, la production de pétrole est en chute libre. Le prix du pétrole continuera certes d’augmenter au cours des 10 prochaines années, mais à un rythme moindre qu’au cours des 10 dernières années. S’il fallait que la production baisse plus vite que le prix monte, les revenus de l’État chuteront et Chavez devra couper dans le filet social. Les conséquences seront fatales pour le chavismo…

En terminant, voici un bon article qui résume bien l’histoire d’Hugo Chavez:

http://www.laht.com/article.asp?CategoryId=13374&ArticleId=202997

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3.1 La grève de 2002 – 2003.

Le 2 décembre 2002 a marqué le début d’une grève de deux mois visant à éjecter Chavez du pouvoir, menée par les syndiqués, les hommes d’affaires et les employés de PDVSA. Des pénuries de pétrole sont rapidement apparues. PDVSA a eu recours à des briseurs de grève, des sans-emploi et des ingénieurs et techniciens de l’étranger pour faire fonctionner l’entreprise. En mars 2003, Chavez a alors renvoyé la direction de PDVSA ainsi que 18,000 de ses employés. La cour a jugé ces renvois illégaux, mais le jugement n’a jamais été pris en compte. Le problème est que parmi ces 18,000 employés figurait d’excellents ingénieurs et techniciens qui ont dû quitter le Vénézuela pour trouver du travail; une lourde perte pour PDVSA.

 3.2 Élections et référendums

En Novembre 2003, une pétition de 3.6 millions de signatures demandant la destitution de Chavez a été présentée au Conseil National des Élections. La pétition a été initialement invalidée et saisie par le gouvernement, qui s’est mis à renvoyer tous les employés du gouvernement qui avaient signé (Tascon list). Huit soldats ont d’ailleurs été brûlés vifs au lance-flammes par leurs compatriotes parce qu’ils avaient signé la pétition, sans qu’aucune enquête ne soit menée. Des démarches subséquentes ont permis de valider 2.4 millions de signatures, ce qui selon la constitution, permettait de justifier un référendum qui se tiendra le 15 août 2004. Chavez remporta ce référendum avec 59% des votes.

D’autres élections présidentielles furent tenues en décembre 2006, que Chavez remporta à 63%. Il déclara alors que le pays prendra dorénavant un tournant plus radical vers le socialisme. Le moins qu’on puisse dire est que Chavez a tenu cette promesse!

En 2007, Chavez déclenche un référendum visant à modifier la constitution proposant entre autres de retirer les limites de mandats. Il pourrait ainsi se faire réélire indéfiniment. Le Général Baduel, un co-fondateur du mouvement MBR-200 avec Chavez, se dissocie de Chavez et condamne ses actions anti-démocratiques. Il proclame dans un Op-Ed du New-York Times que le socialisme ne figurait pas dans la philosophie bolivarienne et que Chavez a fait bien peu pour les pauvres, outre leur distribuer des « cadeaux pétroliers » pour acheter leurs votes. Les propositions sont rejetées par la population à 51%, mais Chavez organise un autre référendum en 2009 sur la question des limites de mandats et l’emporte cette fois-ci. Plusieurs considèrent que le pays est en route vers une dictature socialiste à la Fidel Castro. 

3.3 Nationalisations et expropriations

En 2001, Chavez a passé une loi lui permettant d’exproprier et saisir des terres. En 10 ans, son gouvernement aurait saisi environ 2.5 millions d’hectares.

En janvier 2007, Chavez a annoncé la nationalisation des compagnies de télécommunications et d’électricité. Depuis ce temps, le pays a connu six « blackouts » nationaux, en raison du fait que l’État n’investit pas suffisamment pour maintenir les actifs opérationnels et accroître la production, alors qu’il maintient les tarifs gelés, ce qui stimule la consommation.

En août 2008, Chavez a annoncé la nationalisation de Banco de Venezuela, une division de l’espagnole Banco Santander et l’une des plus grosses institutions financières du pays. En novembre dernier, Chavez a saisi quatre banques privées parce qu’elles n’étaient pas en « conformité avec la loi ». Chavez a continué de menacer les banques privées, mentionnant qu’il les nationaliserait si celles-ci refusaient de faire des prêts aux pauvres. Il en a d’ailleurs saisi trois autres en décembre pour des raisons obscures. L’hebdomadaire The Economist suggérait que c’est parce que le gouvernement devait de l’argent à ces banques.

En mai 2007, Chavez exige que PDVSA ait une participation d’au moins 60% dans tous les projets des compagnies pétrolières étrangères. La plupart des compagnies ont accepté les termes, excepté Exxon-Mobil et Conoco-Phillips. En février 2008, Exxon a obtenu une injonction de la cour britannique faisant en sorte de geler $12 milliards d’actifs de PDVSA. L’affaire n’est toujours pas réglée. 

En janvier 2009, faisant face à une chute des prix et de la production de pétrole, l’administration Chavez a recommencé à solliciter les compagnies pétrolières (Chevron, Royal Dutch/Shell et Total) pour qu’elles investissent au Vénézuela. La réalité est que PDVSA est une entreprise inefficace et qu’elle ne peut être rentable lorsque le prix du baril baisse à un certain niveau. Chavez ne peut donc pas se passer de l’expertise étrangère s’il veut maintenir son État-providence et sa réforme socialiste.

En mai 2009, le gouvernement a saisi les actifs de 74 entreprises oeuvrant dans les services pétroliers. Ces entreprises, dont l’expertise est indispensable pour PDVSA, menaçaient de suspendre leurs opérations car PDVSA leur devrait une somme de $12 milliards en facture impayées. Des 10,000 employés oeuvrant au sein de ces entreprises, Chavez a declaré que 8,000 pourraient garder leur emploi auprès de PDVSA (en commençant par ceux qui supportent le parti de Chavez).

Sous Chavez, les revenus de PDVSA ont été dilapidés en programmes sociaux, ce qui a laissé bien peu pour l’investissement. De plus, le pays a perdu beaucoup de travailleurs compétents au fil du temps suite aux grèves et aux expropriations. Le résultat est que la production de PDVSA est en chute libre.

  

3.4 – Relation avec Castro

Le Vénézuela a toujours été une plateforme de choix pour l’exportation de la révolution communiste de Fidel Castro, en raison de ses importantes ressources naturelles. C’est pourquoi Castro a longtemps supporté les guérillas FALN oeuvrant au Vénézuela et a même déjà supporté un coup d’État visant à éjecter le président en place au Vénézuela.

Dans les années 1990s, Luis Miquilena (le stratège politique derrière Chavez) a emmené Chavez à Cuba, où Castro l’attendait à bras ouverts. Une relation très solide est alors née entre les deux leaders, qui se sont rencontrés et téléphonés très régulièrement au cours de la dernière décennie.

L’année où Chavez est arrivé au pouvoir en 1999, marqua la fin des subventions russes à Cuba. Le Vénézuela a alors remplacé la Russie comme supporteur de Cuba, y expédiant environ $2.5 milliards en pétrole par année, ce qui permet au régime de Castro de subsister. En échange, Chavez bénéficie de l’expertise de Castro à mener à bien une révolution socialiste.

Ainsi, ce que Castro a toujours voulu obtenir par les armes lui a carrément été livré sur un plateau d’argent par l’électorat vénézuelien!

 

3.5 – Les Boligarques

Le régime de Hugo Chavez a fait naître une nouvelle classe de riches hommes d’affaires : les Boligarques, nommés ainsi en raison de leurs similarités avec les oligarques russes et en référence à la révolution bolivarienne de Chavez. Ces individus sont devenus milliardaires en raison de leurs liaisons avec l’administration Chavez et l’obtention d’importants contrats gouvernementaux.

Il y a entre autres le président de Banco Real, Arne Chacon, le frère de Jesse Chacon qui a participé au coup de 1992 aux côtés de Chavez et qui a été nommé ministre de la science par la suite. La banque avait bénéficié d’une généreuses part de dépôts du gouvernement.

Il y a aussi Ricardo Fernandez Barrueco, qui s’est enrichi en bénéficiant d’un monopole de l’État sur les importations de nourriture dans les supermarchés du gouvernement et a fondé une banque qui aussi bénéficié des dépôts du gouvernement. Barrueco avait forgé ses liens avec le gouvernement durant la grève de 2002, alors qu’il avait maintenu l’approvisionnement des épiceries gouvernementales malgré la grève générale.

Et que dire de Wilmer Ruperti, dont l’entreprise a importé de l’essence de Russie durant la grève de 2002, permettant à l’économie de passer au travers du conflit. Chavez l’a décoré de la médaille de Carabobo et lui a assuré un quasi-monopole pour le transport maritime de pétrole de PDVSA, ce qui en a fait l’un des hommes les plus riches du pays.

La montée de ces magnats, qui se promènent en Hummer et mangent dans les meilleurs restaurants de Caracas, est devenue un problème de relations publiques pour Chavez. La population pauvre, l’électorat de Chavez, est frustré par la montée de cette « boli-bourgeoisie ». Il a récemment entrepris de « purger » le pays de ces nouveaux-riches en les arrêtant pour diverses raisons. En effet, Barrueco et Chacon ont récemment été arrêtés par la DISIP.

 À suivre…

La partie 4 de ce dossier dressera un bilan des 10 ans du régime de Chavez au niveau de l’économie, de la pauvreté, de la criminalité, de la corruption et des droits humains.

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Pour voir la partie 1, cliquez ici.

2.1 – La première élection de Chavez

Suite à son coup manqué, Chavez a été emprisonné et Perez est demeuré au pouvoir, mais le coup de grâce pour Perez a été sa comparution pour corruption et détournement de fonds publics, pour laquelle il a été condamné en 1994 à 2 ans de prison. Il s’est par la suite exilé à Miami.

C’est aussi en 1994 que le président Caldera accorde son pardon à Hugo Chavez, qui est alors libéré et entame son accession au pouvoir, par la démocratie cette fois. Il bénéficie de l’aide de Luis Miquilena, le stratège politique derrière l’ascension au pouvoir de Chavez. Ce dernier lui a enseigné à faire de la politique et a forgé des alliances avec les autres partis de l’extrême-gauche permettant au MVR de prendre le pouvoir. Notez que Miquilena a par la suite été surnommé Dr. Frankenstein, ayant perdu le contrôle du monstre qu’il avait créé…

Chavez a été élu en 1998, avec une récolte de 56% des votes, alors que le taux de participation à l’élection a été le plus bas de l’histoire du pays. Le peuple, dégoûté par la corruption de l’administration précédente, a cédé au populisme et aux belles promesses de la révolution bolivarienne de Chavez, dont les détails étaient cependant nébuleux à l’époque. Chavez promettait de combattre la maladie, la malnutrition, la pauvreté et l’illettrisme, et il usait abondamment de la religion et des idées marxistes pour habilement convaincre son auditoire. La stratégie de Miquilena était simple et efficace : utiliser l’argent du pétrole pour s’acheter la plus grosse clientèle électorale du pays : les pauvres, qui représentaient plus de 50% de la population.

Dès son élection, Chavez a nommé des chavistas (supporteurs du régime de Chavez) à toutes les positions clés du gouvernement et de l’armée, incluant tous les juges de la cour suprême. Il avait donc l’appui des fonctionnaires, des militaires (au sein desquels il avait œuvré) et des pauvres (classe dont il était issu et à qui il promettait la lune). Plusieurs chavistas font partie de groupes appelés Cercles Bolivariens, formés sur l’initiative de Chavez, dont la plupart sont des groupes d’actions communautaires, mais dont certains sont des milices armées et entraînées. Il est d’ailleurs connu que Chavez supporte les guérillas FARC de Colombie en échange de l’entraînement prodigué par ceux-ci aux milices bolivariennes.

 2.2 – Chavez et les médias

Après son élection, Chavez a convertit VTV (la chaîne nationale) en une véritable infopub pour sa révolution visant à endoctriner la population à sa cause. Il y tient notamment sa propre émission, Alo Presidente, tous les dimanches, durant laquelle il vante les mérites de la révolution, de Simon Bolivar et de Jésus. Quant aux autres stations de télé privées, il leur impose régulièrement des cadenas, c’est-à-dire des messages présidentiels qu’ils n’ont pas le choix de diffuser gratuitement. Durant les deux jours précédant la marche du 11 avril 2002, Chavez a imposé 35 cadenas, mobilisant 15 heures de diffusion. Il est difficile de rentabiliser une station de télé lorsqu’on vous pille plus de la moitié de votre temps d’antenne…

Récriminant la critique provenant des journalistes, Chavez fait passer une loi en juin 2001 lui permettant de fermer des stations de télé et de radio comme bon lui semble. En raison de ces actions (et pour d’autres raisons), les médias entretiennent une relation tumultueuse avec Chavez et deviennent excessivement cinglants à son égard, au point d’en perdre leur objectivité. Ceux-ci dénoncent avec exagération les largesses de l’administration Chavez et ne mettent l’emphase que sur les éléments négatifs de ses actions, ce qui est peu surprenant étant donné que plusieurs de ces médias étaient la propriété de riches hommes d’affaires opposés à Chavez.

En 2005, Chavez a créé la chaîne Telesur, une sorte de Al-Jazeera venezuelien. En 2007, Chavez a retiré la licence de diffusion de RCTV, l’une des plus importantes stations privées, ce qui a été dénoncé par la communauté internationale comme une grave atteinte à la liberté d’expression. En juillet 2009, Chavez a établi une loi permettant d’emprisonner jusqu’à 4 ans quiconque utilise les médias pour diffuser une fausse information qui nuit aux intérêts de l’État (ce qu’il interprètera de façon très large évidemment). En août 2009, il a décrété la fermeture de 34 stations de radio sous le prétexte qu’elles n’étaient pas en règle.

 2.3 – Les autres opposants à Chavez

Les autres escualidos (opposants à Chavez) sont évidemment les membres de la communauté des affaires, qui se méfient de son agenda socialiste, mais aussi les syndicats, menés par un dénommé Carlos Ortega, chef de la puissante centrale syndicale CTV. L’Église s’oppose aussi à Chavez. De plus, au fil du temps, les mères de familles ont été choquées de constater que les manuels scolaires de leurs enfants, imposés par Chavez, étaient bourrés de propagande révolutionnaire et communiste. Elles ont été parmis les premières à se soulever contre Chavez pour cette raison.

 2.4 – Les événements du 11 avril 2002

En novembre 2001, Chavez a utilisé le prétexte de la « crise nationale » pour instaurer 49 lois par décret. Ces lois lui donnaient plus de pouvoir et lui permettaient de faire un grand pas vers sa révolution. La loi la plus choquante était sans doute celle concernant les terres; lui permettant d’exproprier des terres pour les donner à des pauvres et, éventuellement, à des chavistas en guise de récompense. Cet épisode a engendré la plus grosse grève de l’histoire du pays, paralysant 90% de l’économie.

En mars 2002, Chavez s’attaque à la compagnie pétrolière nationale, PDVSA, qu’il désire contrôler pour mieux financer sa révolution. Il renvoie tous les membres du conseil d’administration pour les remplacer par des chavistas. Il renvoie aussi des dizaines d’employés qu’il juge escualidos. La population en a assez et déclenche une grève nationale, qui culmine le 11 avril 2002 par une gigantesque marche. Tous les partis politiques (sauf le MVR) sont présents incluant les socialistes / communistes (Bandera Roja, MAS) et les partis plus à droite (Action Democratica, COPEI, Primero Justicia). Le taux d’approbation de Chavez, qui était auparavant de 80%, était alors descendu à 30%.

 À l’approche du palais présidentiel (Miraflores), les marcheurs essuient des coup de feu provenant des membres des cercles bolivariens. La police de Caracas s’interpose entre les deux groupes utilisant des gaz lacrymogènes. Le président Chavez ordonne l’exécution du plan Avila, ce qui implique que l’armée utiliserait la force contre la population pour arrêter une manifestation pacifique.

Les principaux généraux de Chavez refusent d’appliquer le plan Avila (qui avait fait tant de civils morts durant la Caracazo de 1989) et ne reconnaissent plus Chavez comme président, tout comme son mentor Luis Miquilena, qui fait une sortie médiatique dénonçant ses agissements.

Chavez finit par se rendre et est transporté dans une base militaire. En échange de la signature de sa lettre de démission, il serait déporté à Cuba, mais suivant les conseils de son ami Fidel Castro, Chavez refuse de signer. Entre-temps, le Dr. Pedro Carmona, à la tête de la Fedecamaras (la fédération des chambres de commerce), est nommé président par intérim. Ce dernier réunit son nouveau cabinet au Miraflores, où il énonce une série de décrets :

 Annulation des 49 décrets de Chavez.

Dissolution de l’Assemblée Nationale.

Remplacement de tous les gouverneurs d’états.

Élimination du procureur général, de la cour suprême, du bureau de la protection du citoyen et du conseil des élections nationales.

Révocation de la constitution de 1999 (retour à celle de 1958).

Plusieurs jugent que le gouvernement par intérim a été trop loin, jugeant les décrets anti-démocratiques; Carmona perd le soutien des généraux militaires, de Carlos Ortega, le chef du syndicat CTV, ainsi que de 19 présidents de pays latino-américains. Par la suite, la garde nationale reprit le contrôle de Miraflores et Chavez fit un retour triomphal.

Chavez a utilisé ces événements comme prétexte pour mieux asseoir sa main-mise sur le pays. Il a notamment pris le contrôle de la Cour Suprême, faisant passer le nombre de juges de 20 à 32 (les 12 juges ajoutés sont des chavistas). Finalement, Chavez a fait de Carmona la figure de proue du coup, qu’il a décrit comme une tentative des hommes d’affaires de s’approprier la richesse pétrolière du pays (même si les hommes d’affaires ne représentaient qu’une petite portion de l’opposition).

Pour une chronologie complète des événements, voir ceci.

 À suivre en 2010…

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1.1 – Le premier mandat de Perez

Suite à la crise pétrolière de 1973, les prix élevés du pétrole ont fait en sorte d’enrichir considérablement le Vénézuela, qu’on surnommait à l’époque Petite Arabie Saoudite. Le taux de change était alors de 4 Bolivars pour 1 Dollar (en 2001 il était de 700 pour 1 et aujourd’hui il est de 2,150 pour 1).

Mais durant les années 1980s, les choses ont commencé à tourner au vinaigre. L’État s’est mis à gaspiller les fonds publics dans des projets douteux. La corruption était grandissante. L’inflation était élevée et le pays s’est excessivement endetté. Les crimes violents étaient aussi en hausse.

Durant sa jeunesse, Chavez joint l’armée et et se fait des amis parmis les guérilleros, notamment Douglas Bravo. Il devient éventuellement instructeur, ce qui lui permet de « recruter » des révolutionnaires parmis les cadets, qu’il endoctrine à son idéologie. Bien qu’il ait fondé son mouvement révolutionnaire bolivarien (MBR-200 qui deviendra MVR) en 1983, ce n’est qu’en 1992 que Chavez se manifeste pour la première fois sur la scène politique en tenant de renverser le gouvernement de Carlos Andres Perez par un coup d’État.

Perez représentait le parti Action Démocratique, que beaucoup de gens considèrent, à tort, comme un parti de droite. Perez a certainement paru plus à droite relativement aux valeurs communistes de Chavez, mais son parti était plutôt de centre-gauche (social-démocrate, un peu plus à gauche que le Parti Québécois par exemple).

Le premier mandat de Perez (1974-1979) a été plutôt positif. Il a mené un gouvernement que l’on qualifiait de « progressiste » à travers le boum pétrolier. Il a grandement investi dans les infrastructures, il a instauré un système d’aide-sociale et d’éducation gratuite (l’illettrisme a chuté de 23% à 7% durant les années 1970s), il a nationalisé les industries du pétrole et de l’acier, il a investi dans des projets étatiques d’alumineries et d’hydroélectricité. Il est apparu comme un protecteur de l’environnement et un promoteur du développement durable, ce qui lui a valu le prix Earth Care en 1975, une première pour un dirigeant d’Amérique Latine. Plutôt gauchiste comme programme, vous en conviendrez.

 1.2 – Campins et Lusinchi

Des allégations de corruption ont cependant affecté l’image de Perez vers la fin de la décennie, et il a perdu le pouvoir aux mains d’un parti socialiste mené par Luis Herrera Campins. Ce dernier s’est plaint d’avoir hérité d’un pays hyper-endetté, mais a cependant continué à l’endetter pour financer ses programmes collectivistes. Il a d’ailleurs été le précurseur de Chavez en ce qui a trait à sa politique de pétrole-diplomatique, en garantissant des approvisionnements en pétrole à plusieurs pays des Caraïbes. Il a mené le pays à une crise économique, au chômage et à la pauvreté.

 Campins a été suivi par un autre président de l’Action Démocratique, Jaime Lusinchi. Le début de son mandat a été plutôt positif. Il a remis la situation financière du pays sur les rails en entreprenant le remboursement de sa dette, aidé par le prix élevé du pétrole. Cependant, devant la baisse du prix du pétrole à la fin des années 1980s, la fin de son mandat a pris un virage populiste et il a abandonné sa discipline budgétaire, plongeant à nouveau le pays dans la précarité financière.

 1.3 – Deuxième mandat de Perez : Caracazo.

C’est dans ce contexte que Carlos Andres Perez a repris le pouvoir et a dû, contre son gré, accepter les conditions du Fonds Monétaire International en échange d’une aide financière de US$4.5 milliards. Perez fustigeait le FMI étant donné les exigences reliées à cet argent (le Consensus de Washington).

Les recommandations du Consensus de Washington étaient essentiellement positives et consistaient notamment à assurer la discipline budgétaire, à stopper les subventions et à rediriger l’argent vers les programmes de santé et d’éducation, à promouvoir le commerce international, à privatiser les entreprises d’État, à assurer la protection de la propriété privée et à diverses dérèglementations visant à promouvoir la concurrence. Le principal problème du Washington Consensus est qu’il a été beaucoup trop brusque. Lorsqu’on libéralise drastiquement des pays quasi-communistes menés par des dirigeants populistes voire dictatoriaux et des fonctionnaires corrompus, il n’est pas surprenant que cela mène à des crises. Des réformes graduelles adaptées aux réalités des différents pays impliqués auraient beaucoup mieux fonctionné.

 Cependant, dans le cas du Vénézuela, la provision qui a soulevé les protestations du peuple a été la libéralisation du prix de l’essence, qui était maintenu artificiellement bas (comme nous le faisons avec notre électricité). Cette situation a mené à la fameuse Caracazo, une immense vague de protestations et d’émeutes survenue en février 1989. L’armée est intervenue sous la loi martiale (suivant le Plan Avila), faisant, selon certaines estimations, jusqu’à 3,000 morts chez les civils.

 1.4 – Le coup manqué de 1992

Ce sont ces événements qui ont probablement poussé Hugo Chavez a préparer son coup d’État de 1992, sans succès. Le président Perez a réussi à lui échapper et son soulèvement a été maîtrisé.

Mais contre toute attente et malgré le fait qu’il se soit attaqué à un président démocratiquement élu, Chavez s’est attiré la sympathie du public suite à ce coup d’état manqué. Son fameux discours télévisé (surnommé Por Ahora) demandant à ses acolytes de jeter les armes pour éviter davantage d’effusions de sang (le coup a quand même fait 14 morts et 130 blessés) l’a présenté comme un défenseur des pauvres et des démunis, notamment en raison de son teint foncé (prédominant chez les pauvres vénézuéliens alors que les riches ont le teint plus blanchâtre).

Àsuivre…

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“The Silence and the Scorpion, the coup against Chavez and the making of modern Venezuela”, Brian A. Nelson, 293 pages.

Je commence par vous annoncer que la première partie de mon dossier complet sur Hugo Chavez, qui comporte 4 parties, sera publiée demain (vendredi le 18 décembre, 2009).

Comme je l’ai vite constaté en faisant mes recherches sur Chavez, il est très difficile d’obtenir de l’information fiable et impartiale sur le sujet. La propagande et la désinformation véhiculée par les deux camps est prépondérante. Ce livre de Brian Nelson est donc très intéressant à ce niveau puisque l’auteur, un américain qui a étudié au Vénézuela, était jusqu’à tout récemment un supporteur de Chavez. Il voulait d’ailleurs écrire ce livre pour dénoncer les événements survenus en 2002, mais s’est vite rendu compte que sa vison des choses était erronnée. Les interviews qu’il a réussi à obtenir sont stupéfiantes; impliquant les acteurs les plus importants des deux camps. Il s’est notamment entretenu avec les généraux Uson, Rosendo et Vasquez Velasco, ainsi qu’avec Guillermo Garcia Ponce (un chavista radical).

Ainsi, le livre débute par une introduction sur la montée au pouvoir de Chavez, pour ensuite se concentrer sur son sujet principal: les événements entourant le 11 avril 2002. Le premier chapitre décrit la marche anti-Chavez réunissant des centaines de milliers de personnes. L’auteur nous raconte cette histoire comme si c’était un roman d’aventure, en utilisant la perspective de plusieurs manifestants qu’il a interviewés. Ses entretiens avec certains des plus importants généraux de Chavez nous donne aussi la perspective de l’intérieur du gouvernement, ce qui est fascinant. Les autres chapitres, plus courts, traitent de la chute de Chavez, de la nomination de Pedro Carmona comme président, du retour de Chavez et des événements subséquents.

En somme, c’est un excellent ouvrage que je recommande à tous ceux qui veulent en apprendre sur Hugo Chavez tout en étant divertis par une histoire sensationnelle. L’auteur est très bien renseigné, ayant d’excellent contacts, et présente une vision plutôt neutre et fiable des événements. Pour lui, il ne fait aucun doute que le comportement de Chavez à travers ces événements s’est avéré être une grave atteinte aux droits humains et démontrent bien le climat politique nauséabond qui règne présentement au Vénézuela.

Pour ceux qui ne compte pas lire le livre (ou même pour ceux qui le feront), voici un résumé des événements du 11 avril 2002, certainement la journée la plus marquante du règne de Chavez jusqu’à ce jour.

En novembre 2001, Chavez a utilisé le prétexte de la « crise nationale » pour instaurer 49 lois par décret. Ces lois lui donnaient plus de pouvoir et lui permettait de faire un grand pas vers sa révolution. La loi la plus choquante était sans doute celle concernant les terres; lui permettant d’exproprier des terres pour les donner à des pauvres et, éventuellement, à des chavistas en guise de récompense. Cet épisode a engendré la plus grosse grève de l’histoire du pays, paralysant 90% de l’économie.

En mars 2002, Chavez s’attaque à la compagnie pétrolière nationale, PDVSA, qu’il désire contrôler pour mieux financer sa révolution. Il renvoie tous les membres du conseil d’administration pour les remplacer par des chavistas (supporteurs de Chavez). Il renvoie aussi des dizaines d’employés qu’il juge escualidos (opposants à Chavez). La population en a assez et déclenche une grève nationale, qui culmine le 11 avril 2002 par une gigantesque marche. Tous les partis politiques (sauf le MVR) sont présents incluant les socialistes / communistes (Bandera Roja, MAS) et les partis plus à droite (Action Democratica, COPEI, Primero Justicia). Le taux d’approbation de Chavez, qui était auparavant de 80%, est maintenant à 30%.

  1. La marche devait se terminer devant les bureaux de PDVSA, mais les manifestants survoltés décident d’aller protester devant Miraflores, le palais présidentiel.
  2. Sous ordre du Commandement Tactique de la Révolution (Chavez), les membres des Cercles Bolivariens (groupes communautaires parfois armés formés par Chavez) entourent le Miraflores, armés de bâtons, de cocktails Molotov et de pistolets.
  3. Aussitôt arrivés à avenue Baralt, les marcheurs se mettent à recevoir des pierres et des cocktails Molotov de la part des chavistas, décidés à stopper la marche. Entre les deux groupes, la police de Caracas tente de calmer les choses en lançant des gaz lacrymogènes.
  4. Des coups-de-feu se mettent à retentir, atteignant les marcheurs et les journalistes (six journalistes ont été atteint durant l’après-midi). La police s’interpose entre les marcheurs et les chavistas et échange des coups de feu avec ces derniers. Les chavistas tirent sur les policiers et les marcheurs du haut du viaduc Llaguno.
  5. La Garde Nationale de Chavez n’intervient pas initialement, mais bloque les accès au Miraflores, canalisant la marche vers le viaduc Llaguno, où les chavistas armés attendent les marcheurs de pied ferme. Le journaliste Luis Fernandez, juché sur un toit, filme les chavistas en flagrant délit (voir image plus bas) et sera plus tard menacé par les chavistas. Il réussira tout de même à rejoindre sa station pour diffuser la vidéo.
  6. Pendant ce temps, craignant qu’un coup d’État soit réalisé, Chavez demande à l’armée d’utiliser la violence pour neutraliser une marche pourtant pacifique; c’est le plan Avila (qui avait fait tant de civils morts durant la Caracazo de 1989).

Concernant le plan Avila, Chavez craignait, avec raison qu’il y ait de la dissidence dans l’armée parce que des coparticipants du coup de 1992 ont obtenu des grades élevés dans l’armée grâce à Chavez, au détriment d’officiers plus méritants, ce qui a créé des tensions. De plus, l’attitude plus que tolérante de Chavez envers les guérilleros Colombien (FARC) opérant à l’intérieur du territoire Vénézuélien (il est d’ailleurs connu que Chavez utilise les fonds publics pour financer l’entraînement et les opérations du FARC), contribuait au mécontentement des militaires, dont la tache principale consistait jadis à lutter contre ces guérilleros (autrement dit, Chavez encourageait leurs ennemis!). Et comme Simon Bolivar, l’idole de Chavez, l’avait lui-même déclaré : « maudit soit le soldat qui pointe son arme vers son propre peuple », ce qui est devenu une sorte de devise pour les soldats, plusieurs officiers seraient réticents à appliquer le plan Avila, surtout après les événements tragiques de 1989 (Caracazo).

7. Le Général Rosendo refuse donc d’appliquer le plan Avila, qu’il juge inconstitutionnel. Les généraux Vasquez Velasco et Rincon (pourtant un loyal chavista) font de même. Chavez tente de lancer le plan Avila quand même, sans succès.

8. Le président met en onde un message présidentiel pré-enregistré, diffusé sur toutes les chaînes (cadenas). L’objectif principal de ce message est de monopoliser l’espace médiatique pour ne pas que la population puisse constater l’ampleur de la protestation et les mesures répressives utilisées contre elle.

9. Certaines chaînes divisent l’écran en deux et montrent en même temps des images choquantes en direct de la manifestation, qui contredisent le message du président, qui lui mentionne que tout va bien. Le président ordonne de couper le signal par câble des stations de télé, mais ces dernières continuent de diffuser par satellite.

10. Les médecins de l’hôpital Vargas, non loin du Miraflores, notent que plusieurs marcheurs ont été atteints par des balles de calibre 0.308, ne pouvant que provenir des armes de la Garde Nationale du président. Ces projectiles ont atteint l’arrière des jambes des marcheurs dans une trajectoire descendante, ce qui signifie que les marcheurs se sauvaient des tireurs.

11. Durant la soirée, des porte-parole du gouvernement déclarent avoir arrêté des tireurs d’élite affiliés au parti Bandera Roja, question de faire croire que l’opposition était à l’origine de la violence. Cette déclaration ne sera jamais confirmée ni prouvée.

12. Les principaux généraux militaires annoncent qu’ils ne reconnaissent plus Chavez comme le président du pays. Luis Miquilena, le mentor et stratège politique de Chavez, fait de même. Ceux-ci demandent la démission du président.

13. Chavez finit par se rendre aux militaires et est transporté dans une base militaire. En échange de la signature de sa lettre de démission, il serait déporté à Cuba, mais suivant les conseils de son ami Fidel Castro, Chavez refuse de signer.

14. Le CIPCP (l’équivalent du FBI au Vénézuela) découvre d’immenses caches d’armes appartenant aux Cercles Bolivariens, confirmant que ceux-ci étaient armés jusqu’aux dents.

15. Entre-temps, le Dr. Pedro Carmona, à la tête de la Fedecamaras (la fédération des chambres de commerce), est nommé président par intérim. Ce dernier réunit son nouveau cabinet au Miraflores, où il énonce une série de décrets :

Annulation des 49 décrets de Chavez.

Dissolution de l’Assemblée Nationale.

Remplacement de tous les gouverneurs d’états.

Élimination du procureur général, de la cour suprême, du bureau de la protection du citoyen et du conseil des élections nationales.

Révocation de la constitution de 1999 (retour à celle de 1958).

16. Plusieurs jugent que le gouvernement par intérim a été trop loin, jugeant les décrets anti-démocratiques; Carmona perd le soutien des généraux militaires, de Carlos Ortega, le chef du syndicat CTV, ainsi que de 19 présidents de pays latino-américains qui ne le reconnaisse pas comme président du Vénézuela.

17. Par la suite, la garde nationale (constituée essentiellement de chavistas) reprit le contrôle de Miraflores et Chavez fit un retour triomphal en hélicoptère.

18. À partir du lendemain, Chavez fait nettoyer les lieux (et disparaître les preuves) en 5 jours. Il tente par tous les moyens de bloquer toute enquête sur les événements (par exemple, il renvoie des policiers trop perspicaces à son goût). Il tente de rallier le plus de gens possible de son côté en offrant une généreuse compensation à ceux qui disent avoir été blessé en combattant pour le gouvernement durant les événements (argent, travail au gouvernement, bourses d’étude, etc), et en offrant rien aux blessés de l’opposition. Beaucoup de gens décident alors de changer de camps pour bénéficier de ces avantages, même s’ils n’ont même pas été blessés lors des événements en question. Le gouvernement tente de faire croire (sans succès) que la plupart des blessés de l’opposition ont été atteints par des tirs-amis de leurs compatriotes. Rien ne prouve cette affirmation, ni que les marcheurs aient été armés.

 19. Chavez discrédite le reportage de Luis Fernandez en mentionnant qu’il s’agit d’un trucage hollywoodien. Le journaliste a par la suite été constamment harcelé par la DISIP (police politique) qui l’a menacé de mort et l’a forcé à s’exiler. Le documentaire irlandais « The Revolution will not be televised » a aussi tenté de discréditer la vidéo, mais ce documentaire a été qualifié de mensonger par The Economist et son incohérence a été clairement démontrée dans le documentaire « X-ray of a lie ». Fernandez a tout de même remporté le prestigieux Prix du Roi d’Espagne pour le Journalisme pour son périlleux reportage. Les tireurs identifiés dans la vidéo ont été félicités par Chavez et innocenté par le tribunal, qui a établi qu’il s’agissait de légitime défense (bien que les marcheurs n’aient pas été armés).

20. Le bouc-émissaire dans cette affaire a été la police métropolitaine de Caracas. Huit policiers et trois commissaires ont été arrêtés presque au hasard et emprisonnés pour trahison, sans procès. Chavez a tenté de démontrer que la police tentait de repousser les chavistas pour que la marche puisse avancer vers Miraflores, ce qui est faux puisque la police n’a tenté que de séparer les deux groupes. La vérité est que Chavez voulait affaiblir la police, qui est la seule force armée indépendante qui aurait pu le menacer. Il leur a par la suite retiré tous leur armement, sauf leur petit pistolet de calibre 0.38, de façon à réduire cette menace. Il a politisé la police en nommant des chavistas aux postes clés et l’a ensuite mise sous la juridiction du ministre fédéral de la justice pour qu’elle soit sous son contrôle.

 21. Ressentant la menace de Chavez, tous les témoins qui ont comparus à la commission d’enquête subséquente n’ont pratiquement rien dit. Le seul à avoir dit la vérité fut le Général Rosendo, qui a par la suite été renvoyé de l’armée et poursuivi par la DISIP. Il est aujourd’hui en exil.

 22. Finalement, Chavez a fait de Carmona la figure de proue du coup, qu’il a décrit comme une tentative des hommes d’affaires de s’approprier la richesse pétrolière du pays (même si les hommes d’affaires ne représentaient qu’une petite portion de l’opposition). Chavez a utilisé ces événements comme prétexte pour mieux asseoir sa main-mise sur le pays. Il a notamment pris le contrôle de la Cour Suprême, faisant passer le nombre de juges de 20 à 32 (les 12 juges ajoutés sont des chavistas), ce qui a été dénoncé par l’organisme Human Rights Watch.

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