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Articles Tagués ‘fonctionnaires’

J’ai souvent affirmé sur ce blogue que concernant le réchauffement global, il y a plusieurs questions à prendre en compte lorsque l’on évalue le débat.

Premièrement, est-ce que la terre se réchauffe? La réponse est évidemment que oui, et ce depuis plusieurs millénaires. Cependant, cela n’est pas suffisant pour justifier une quelconque politique coercitive.

Deuxièmement, est-ce que la terre se réchauffe à un rythme alarmant et exponentiel? Malgré ce qu’affirme la propagande des médias pro-écolos, il ne semble pas que ce soit le cas. Le graphique suivant montre que si la tendance se maintient après les premiers 6 mois de l’année 2011, il semblerait que cette année confirme la retour à la normale après quelques années de températures anormalement chaudes.

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La plupart des informations de cet article proviennent d’un article publié dans The Economist.

En ce moment, la plupart des pays du monde sont en position de déficit fiscal; c’est-à-dire que les dépenses de l’État sont plus élevées que les revenus, alors que leur endettement atteint des niveaux inquiétants, voire même catastrophiques (pour les pays de l’OCDE, on anticipe 120% du PIB en 2014). La zone Euro est en détresse parce que les gouvernements des PIIGS n’arrivent plus à financer leurs déficits astronomiques (voir ceci). La Federal Reserve a dû créer des quantités gargantuesques de nouvelle monnaie pour acheter des bons du Trésor américain pour financer le déficit monstrueux du gouvernement. De plus, aux États-Unis, les gouvernements des états et des municipalités ont un déficit actuariel de leurs régimes de pension se chiffrant à $3.5 billion (x1012). Les syndicats de la fonction publique ont une bonne part de responsabilité relativement à cette situation critique.

La réalité est que les fonctionnaires bénéficient d’une sécurité d’emploi et de conditions de rémunération nettement supérieure à celles des citoyens qu’ils sont supposés servir. Aux États-Unis, la rémunération du secteur publique a crû deux fois plus rapidement que dans le secteur privé (voir ceci) et est environ un tiers plus élevée dans le secteur public que dans le secteur privé. Par ailleurs, les avantages sociaux sont supérieurs, la charge de travail inférieure, l’âge de la retraite est moindre, les régimes de pensions sont à prestations déterminées (90% du secteur public aux États-Unis relativement à 20% dans le secteur privé) et la sécurité d’emploi est en béton (même pour les employés non-performants). Selon l’organisme britannique Policy Exchange, au cours de leur carrière, les employés du secteur privé travailleront 23% de plus que les fonctionnaires (si on prend compte du plus petit nombre d’heures par semaine, de plus grand nombre de jours de vacances et de maladie, et de la plus grande précocité de la retraite). L’économiste Barry Bluestone estime que le prix des services publics aux États-Unis a augmenté de 41% entre 2000 et 2008, alors que le prix des services privés a augmenté de 27%. Pourquoi?

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On me demande souvent quel est le véritable problème de la zone Euro. Ma réponse rapide : l’irresponsabilité des gouvernements dans un système où il leur est impossible de monétiser leurs déficits.

Mais qu’est-ce que cela veut dire de « monétiser un déficit »? Il s’agit en fait d’utiliser la banque centrale pour créer de la monnaie, qui sera ensuite utilisée pour acheter des titres de dette du gouvernement. Par exemple, suite à l’implantation de sa politique monétaire expansionniste dès l’aube de la récession ainsi qu’à ses programmes d’assouplissement quantitatif, la Federal Reserve (la Fed pour les intimes…) a créé une quantité gigantesque de monnaie qui a servi à acheter des obligations du gouvernement fédéral américain sur les marchés financiers. Lorsque la Fed veut faire baisser les taux d’intérêt pour stimuler l’économie, ce qui est le cas durant les récessions, elle créée de la monnaie qu’elle utilise pour acheter des bons du trésor, ce qui constitue une injection de nouvelle monnaie dans l’économie. Cette nouvelle monnaie agit telle une hausse « artificielle » de l’épargne, et donc des fonds disponibles au crédit. Quand l’offre de crédit augmente, le prix baisse…et sur le marché du crédit le prix est le taux d’intérêt…donc les taux d’intérêt baissent.

De son côté, le gouvernement a dépensé énormément, bien au-delà de ses revenus, générant d’immenses déficits fiscaux. Tout déficit fiscal doit être financé par de la dette; ainsi le gouvernement émet régulièrement des milliards en obligations pour financer ses dépenses, lesquelles sont en grande partie achetées par la Fed. Ces achats sont si massifs que la Fed est maintenant devenue le plus gros détenteur de bons du Trésor américain au monde!

Certains me lanceront que la Fed est indépendante et que le gouvernement américain ne peut lui ordonner de faire quoi que ce soit du genre. Si c’est ce que vous voulez croire, c’est votre choix…mais le monde est ce qu’il est!

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Les gauchistes du Québec et d’ailleurs font souvent référence à la Suède comment étant le système quasi-idéal. Selon eux, la Suède prouve qu’il est possible de figurer parmi les pays les plus riches du monde tout en ayant des impôts élevés, un gros gouvernement et un marché du travail hyper-règlementé. Est-ce une preuve que libéralisme n’est pas nécessaire à la création de richesse?

La Suède se classe 14e (sur 182 pays) pour ce qui est du PIB par habitant selon la Banque Mondiale (2010). Il s’agit donc incontestablement d’un pays riche. Elle ne l’a cependant pas toujours été. Au début du 19 siècle, la Suède figurait parmi les pays les plus pauvres.

Entre 1850 et 1970, la Suède a connu un extraordinaire rattrapage économique. L’expansion économique de la Suède a culminé en 1970, alors que le pays était le quatrième plus riche du monde. Il bénéficiait alors d’une solide protection des droits de propriété, d’une règlementation peu contraignante et de faibles impôts (similaires à ceux des États-Unis). Au début des années 1950, les dépenses du gouvernement en pourcentage du PIB étaient très basses, à environ 20%, mêmes inférieures au niveau observé aux États-Unis.

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Est-ce que les syndicats contribuent au chômage ?

Le syndicalisme est une chose tout à fait légitime. Selon Michel Kelly-Gagnon, de l’Institut Économique de Montréal[1] :

« Les syndicats peuvent rendre des services utiles à leurs membres, en plus de jouer leur rôle fondamental de protection et de représentation des intérêts des syndiqués auprès des patrons. D’un point de vue sociopolitique, les syndicats constituent une barrière entre l’État et les personnes et, en général, contribuent au pluralisme de la société. »

Des groupes de travailleurs devraient être libres de s’unir pour négocier ensemble leurs contrats de travail. Il est cependant dommage que, dans la plupart des pays, les travailleurs soient forcés à joindre un syndicat et à payer les cotisations qui vont avec, parfois contre leur gré. Le droit à la libre-association est effectivement disparu au Canada. Cette règle liberticide a conféré un pouvoir démesuré aux immenses centrales syndicales qui sont administrées comme de grosses corporations. Ils sont d’ailleurs d’importants contributeurs aux campagnes électorales et un groupe de pression très menaçant.

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Plusieurs milliers de personnes sont (encore) descendues dans les rues d’Athènes le 4 mai dernier pour protester contre les nouveaux "sacrifices" demandés par le gouvernement en échange d’un prêt de 110 milliards d’euros  sur trois ans cofinancé par le FMI et la Zone Euro.

Les nouvelles mesures d’austérité ont été annoncées dimanche par le gouvernement, comprenant une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des augmentations des taxes sur l’alcool et le tabac et des primes limitées, voire supprimées pour les fonctionnaires et les retraités.

La situation au Québec :

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le Québec, car il y a beaucoup de similitudes avec notre situation, bien que la Grèce soit à un stade plus avancé de détresse financière que nous :

  1. La population du Québec se fait plus vieillissante que celle des autres provinces (voir ce billet sur le choc démographique).
  2. Les programmes sociaux du Québec sont généreux et la fonction publiques très imposante comparativement aux autres provinces (voir capsules économiques de l’IEDM de mai 2009).
  3. Le Québec est fortement endetté.
  4. Le Québec n’a pas le contrôle sur sa monnaie.

Au niveau de l’endettement, selon une étude de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, en prenant les chiffre de 2008, les quatre pays avec le plus haut ratio sont le Japon (172.1%), l’Italie (114.4%), la Grèce(102.6%) et l’Islande (96.3%). Le Québec est non loin derrière à 94.0% si on tient compte de sa part de la dette du Canada. La moyenne de l’OCDE est de 78.4%. Avec les déficits prévus pour les prochaines années, ce ratio passera au-dessus de 100%.

En 2007, le nombre de fonctionnaires Québécois était de 37% plus élevé que le nombre de fonctionnaires en Ontario, 29% plus élevé que le nombre de fonctionnaires en Colombie-Britannique et 20% plus élevé que le nombre de fonctionnaires en Alberta. Depuis 10 ans, la machine étatique québécoise s’est alourdie. Le Québec compte 181,000 employés du secteur public de plus qu’en 2000.

Pour l’exercice 2009-2010, le déficit du Québec se chiffrerait à $4.3 milliards. Selon les plans (optimistes) du gouvernement, le retour à l’équilibre est pour 2013-2014, mais au cours des quatre exercices allant de 2009 à 2012, le déficit cumulatif se chiffrerait à $13.3 milliards. La dette augmentera, ce qui fera en sorte qu’en 2013-2014 (selon les projections du gouvernement), le gouvernement versera 16% de ses revenus de taxation en intérêt sur la dette.

Ce retour à l’équilibre prévu pour 2013-2014 prévoit des mesures d’austérité dont nous avons été récemment mis au courant et qui ont provoqués plusieurs manifestations de mécontentement dans la population.

Le danger est que le gouvernement Québécois n’arrive pas à atteindre cet équilibre et que la province s’engage sur la voie des déficits répétitifs. Si c’est le cas, la dette continuera d’augmenter et le service de la dette deviendra de plus en plus accaparant, jusqu’à ce que nos créanciers jettent l’éponge…c’est ce qui est arrivé à la Grèce !

La situation en Grèce:

Dans son excellent article publié sur Un Monde Libre le 27 avril 2010, Takis Michas mentionne les faits suivants sur la Grèce :

Le principe central d’organisation de la société grecque a toujours été le clientélisme politique, un système dans lequel le soutien politique est fourni en échange d’avantages matériels.

En Grèce, le groupe social qui prît la tête du pays après la libération du joug Ottoman, était constitué de notables locaux dont le pouvoir ne résidait pas dans leur propriété sur la terre, mais dans le fait qu’ils avaient été des collecteurs d’impôts pour leurs dirigeants ottomans. Ainsi, en Grèce, la classe dirigeante qui a émergé après l’indépendance voyait l’État non comme un instrument pour la protection des biens déjà existants, mais comme sa principale source de revenu.

Dans le même temps, le contrôle de l’appareil d’État est devenu le principal mécanisme pour la distribution des récompenses et des avantages matériels. Le plus important de ces avantages a été la mise à disposition d’emplois dans la fonction publique. À la fin des années 1880, la Grèce avait déjà l’une des bureaucraties d’État les plus importantes d’Europe: pour 10.000 habitants, il y avait 200 fonctionnaires en Belgique, 176 en France, 126 en Allemagne et 73 en Grande-Bretagne. En Grèce, leur nombre était de 214.

La Grèce, comme beaucoup de pays Européens, a multiplié les déficits (36 ans pour la France); l’État a donc financé ses dépenses générales par de la dette. Cette situation l’a rendue extrêmement vulnérable aux récessions. Tout comme nous, sa population vieillit et sa fonction publique pèse lourd sur sa compétitivité économique.

D’autre part, comme je le mentionnais dans un billet précédent, la Grèce ne peut plus monétiser ses déficits par la création de monnaie puisqu’en raison de son appartenance à la zone Euro, elle n’a pas le contrôle sur sa banque centrale. On peut comparer la situation monétaire de la Grèce au sein de la zone Euro à celle du Québec au sein du Canada ou de la Californie au sein des Etats-Unis (un autre exemple à ne pas suivre).

Conclusion :

La Grèce nous fournit un bel exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans la gestion des finances publiques. Dépenses gouvernementales élevées, déficits à répétition, spirale d’endettement : c’est ce qui arrive quand on vit au-dessus de ses moyens. Notons cependant que le Québec est à un stade beaucoup moins avancé. Espérons que les penseurs de notre gouvernement réaliseront l’ampleur de ce risque et agiront en conséquence, mais je doute fort que ce soit le cas.

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Le taux de chômage au Québec:

Les Jean-François Lisée de ce monde utilise ce chiffre pour vanter les mérites du modèles Québécois, puisque le taux de chômage du Québec est présentement de 8.1% versus 8.2% pour l’ensemble du Canada (le taux de chômage québécois est généralement plus élevé que celui du Canada). Pourtant, ce n’est pas une très bonne mesure car le taux de chômage ne tient pas compte de ceux qui ne cherche plus un emploi. Ainsi, comme l’indique René Vézina, la meilleure mesure est plutôt le taux d’emploi, qui est de 59.7% au Québec comparativement à 61.5% au Canada. L’inflexibilité du marché du travail québécois est selon moi destructrice d’emplois.

Le taux d’imposition au Québec décourage le travail:

Selon les professeurs Claude Laferrière et Francis Montreuil de l’UQAM dans une étude récemment mise à jour, le taux réel d’imposition de certains contribuables québécois peut souvent dépasser 70% et même atteindre 100%. L’étude démontre que selon la fiscalité actuelle, certains contribuables voient les impôts supplémentaires gruger la majeure partie du montant de leur augmentation de salaire, de leur prime de performance ou de leur temps supplémentaire.

Expiration du brevet de Lipitor: $225 millions d’économies pour le Québec:

J’ai récemment publié deux billets sur la propriété intellectuelle sur ce blogue (ici et ici). Voici un bon exemple. Le brevet du médicament Lipitor de Pfizer expirera au Canada dans les prochains mois. Selon Les Affaires,  le gouvernement Québécois pourrait économiser $225 millions par année en le remplaçant par une version générique.

Des projets éoliens qui battent de l’aile:

Des 4,000 mégawatts qu’Hydro-Québec avait prévu intégrer à son réseau, 600MW ont présentement été abandonnés ou sont menacés de l’être selon Les Affaires. Il y a quelques années, plusieurs gauchistes critiquaient la société d’État de faire affaire avec le privé pour ces projets éoliens. Nous constatons aujourd’hui les bienfaits. Cartier Énergie devra payer une pénalité de $3 million pour bris de contrat. Pour Kruger ce sera $680,000, alors que la pénalité imposée à SkyPower ne m’est pas connue, même chose pour Saint-Laurent Énergies. Northland Power devra quant à elle payer $55 par jour par mégawatt à compter du 31 décembre 2010.

Les problèmes reliés à ces projets sont essentiellement reliés à l’opposition des résidents locaux (problème NIMBY), donc la société d’État n’aurait pas pu faire mieux au niveau de la réalisation de ces projets.

Ainsi, Hydro-Québec n’a pas à se soucier des problèmes et des sunk costs reliés à ces projets et n’a qu’à encaisser les pénalités. Cette électricité n’était pas requise dans la province et aurait probablement été vouée à l’exportation, dont les prix sont présentement bas. Le gouvernement n’aura qu’à faire un autre appel d’offre et les entreprises privées feront des pieds et des mains pour soumissionner au meilleur coût possible, sans risque pour les contribuables Québécois.

La dette menace la croissance du Québec:

Selon une étude de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, la croissance économique ralentit lorsque la dette de l’État atteint plus de 90% du PIB. En prenant les chiffre de 2008, les quatre pays avec le plus haut ratio sont le Japon (172.1%), l’Italie (114.4%), la Grèce(102.6%) et l’Islande (96.3%). Le Québec est non loin derrière à 94.0% si on tient compte de sa part de la dette du Canada. La moyenne de l’OCDE est de 78.4%.  Serait-ce le bon vieux effet crowding-out qui laisse encore sa marque inéluctable!

La fonction publique du Québec est "obèse":

Tiré du blogue de Pierre Duhamel sur Argent:

Depuis 10 ans, il y a 532 200 employés de plus dans le secteur public au Canada, une hausse de 30 %. En 2009, 3,6 millions de personnes, soit 21 % des travailleurs, étaient à l’emploi d’un gouvernement, d’une administration ou d’une société d’État.

Pendant cette période, la machine étatique québécoise s’est alourdie. Le Québec compte 181 000 employés du secteur public de plus qu’en 2000. À lui seul, le Québec a créé un nouveau poste de fonctionnaire sur trois au pays. Le nombre d’employés a crû de 114 000 entre 2000 et 2003, sous le gouvernement du Parti Québécois, et de 67 000 depuis l’élection du gouvernement libéral.

C’est d’autant plus désolant que les libéraux avaient fait de la réingénierie de l’État un engagement électoral. Non seulement l’État a continué de grossir, mais les emplois créés ne l’ont pas été au bon endroit. Dans le domaine de la santé, nous apprend Paul Larocque dans son reportage à TVA, le nombre d’infirmières est en hausse de 5,4 % depuis 2003, le nombre de médecins de 7,2 % alors que le nombre de fonctionnaires a bondi de 19,3 %. Le Québec a besoin de gens sur la ligne de front, pas dans les bureaux !

***Petite clarification***

M. Duhamel a plutôt mal cité M. Laroque. Le 19.3% représente en fait les cadres dans le milieu de la santé. Voici la source:

http://www2.canoe.com/infos/dossiers/archives/2010/03/20100315-170647.html

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Le nom de ce mouvement fait évidemment référence aux fameux événements du Boston Tea Party de 1773, qui mèneront à la révolution américaine de 1775. Il est apparu à l’aube de 2009, suite à l’annonce du plan de relance de l’économie américaine et au sauvetage des banques. Le mouvement a par la suite critiqué la réforme du système de santé de Barrack Obama ainsi que les dépenses gouvernementales élevées en général.

Le mouvement est composé de plusieurs branches, dont la Tea Party Nation, qui a récemment tenu un congrès marqué par un discours de Sarah Palin.

Les tea-partys sont décrits comme un mouvement faisant la promotion des valeurs libertariennes et conservatrices. Leur principal cheval de bataille est la réduction des dépenses gouvernementales et la discipline fiscale. La gauche n’a pas tardé à affirmer que le mouvement n’a rien d’authentique et qu’il est financé par les riches pour faire en sorte que leurs impôts n’augmentent pas. Il y a sûrement un peu de vérité là-dedans (que les riches supportent ce mouvement par exemple), mais il n’en demeure pas moins que le mouvement est désorganisé, décentralisé et quasi-spontané. Les assemblées sont garnies de gens ordinaires qui ne se sont jamais impliqués politiquement et qui sont dégoûtés par les agissements de leur gouvernement.

L’influence politique du mouvement commence à se faire grandement sentir. Selon le magazine The Economist, les tea-baggers ont contribué à la chute d’un candidat Républicain "centriste-modéré" dans l’État de New York l’an passé, ce qui a permi à un Démocrate de se faire élire. Plus récemment, l’élection du Républicain Scott Brown dans l’ancien compté de Ted Kennedy au Massachusetts a fait beaucoup de bruit et aurait été influencée par le mouvement Tea-Party.

Il est tout à fait légitime qu’un groupe de pression défende finalement les intérêts des contribuables, trop souvent négligés par la classe dirigeante face à tous ces autres groupes de pression qui eux veulent attirer les dépenses gouvernementales.

Évidemment, les plus riches ont toujours joué du coude en coulisses pour limiter l’ampleur de leur charge fiscale, mais personne ne défend les payeurs d’impôts de la classe moyenne et les consommateurs en général (qui paient des taxes de vente et qui subissent l’inflation engendrée par la banque centrale finançant les dépenses de l’État).

Ce genre de manifestation est d’autant plus nécessaire que ces gens ne peuvent s’exprimer au scrutin puisque tant les Républicains que les Démocrates sont d’affreux dépensiers. Contrairement à ce que Barack Obama pense, il est important que l’on recentre le débat sur ‘combien dépenser’ plutôt que sur ‘dans quoi dépenser’, ainsi que sur la taille de l’État en général.

Ça me fait penser à l’éditorial de The Economist il y a quelques semaines, qui décrivait que bien que la crise financière ait accéléré l’expansion du gouvernement américain, le phénomène était déjà en branle depuis un bon bout de temps. Georges Bush a augmenté les dépenses de l’État plus que n’importe quel président depuis Lyndon Johnson. Il a aussi ajouté 1,000 pages de règlementation fédérale par année durant ses 7 ans de mandats (et après on nous parle d’une crise causée par la dérèglementation!).

Il est évident que les dépenses gouvernementales ont explosé ces dernières années, mais on ne peut pas dire que ça a été pour le mieux. Au niveau fédéral, une bonne partie de l’augmentation a été causée par le budget militaire ainsi que par l’implantation du Homeland Security Department. De plus, les fonctionnaires et politiciens sont des spécialistes du gaspillage. Le professeur Bill Watkins de l’Université de la Californie calcule que le gouvernement de cet État dépense 26% de plus qu’il y a 10 ans (après ajustement pour l’inflation et la croissance de la population). Est-ce que la qualité et la quantité des services s’est améliorée de 26% sur cette période? Bien sûr que non! 

Cet argent a terminé sa course dans les poches de fonctionnaires et d’intérêts corporatistes plutôt que pour les services publics. Il y a plus de 15,000 lobbyistes enregistrés aux États-Unis dont le travail consiste à détourner cet argent. De plus, les fonctionnaires s’assurent de bien protéger leurs propres intérêts. Aux États-Unis, 30% des fonctionnaires sont syndiqués ce qui leur confère de meilleurs salaires et avantages sociaux que leurs homologues du privé. Les salaires des fonctionnaires fédéraux américains sont totalement déconnectés de la réalité économique et l’écart continue de se creuser avec le secteur privé.

Government departments are good at expanding their empires. Thus a welfare state that was designed to help people deal with unavoidable risks, such as sickness and old age, is increasingly in the business of trying to eliminate risk in general through a proliferating health-and-safety bureaucracy. – The Economist.

Le problème avec le Tea-Party Movement est qu’il attire de plus en plus d’individus dont les motivations sont pour le moins discutables; plus conservateurs que libertariens. Ces gens s’intéressent au mouvement tea-party dans l’optique de l’utiliser pour promouvoir des politiques conservatrices telles que l’interdiction des marriages entre conjoints de même sexe, l’interdiction de l’avortement et même des politiques racistes anti-immigration. Ces choses n’ont absolument rien à voir avec le libertariannisme et la taille de l’État et il est bien malheureux que cette gangraine vienne infecter une cause aussi importante.

Ceci étant dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est important de s’informer et débattre quant à la taille de l’État et il est aussi important de défendre les intérêts des contribuables (nous en sommes tous de toute façon). Sans nécessairement devenir un parti politique, je pense que ce mouvement pourrait être très bénéfique en tant que groupe de pression. Il serait temps que nous en ayons un au Québec.

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Excellent billet de Richard Martineau ce matin, intitulé  Notre État poids plume. M. Martineau réplique à la présidente du syndicat de la fonction publique du Québec, qui elle-même avait réagit à un article de M. Martineau sur la taille de l’État.

M. Martineau rétorque en lui énumérant l’organigramme du Ministère de la Santé et des Services Sociaux. C’est hallucinant!

Il y a l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé, le Commissaire à la santé et au bien-être, la Corporation d’hébergement du Québec, l’Institut national de santé publique du Québec, l’Office des personnes handicapées, le Comité provincial pour la prestation des services de santé et des services sociaux en langue anglaise, le Conseil du médicament, la Direction générale du Conseil du médicament, le Bureau des projets CHUM et CUSM, le Comité pour la prestation des services de santé et des services sociaux aux personnes issues des communautés ethnoculturelles, la Direction de la vérification interne, le Service d’accès à l’information et des ressources documentaires, le Secrétariat administratif, le Secrétariat général, la Direction des communications, le Service des communications et des relations avec les citoyens, le Service des affaires publiques et des campagnes sociétales, le Service des stratégies de communication, la Direction des affaires juridiques, le Service de planification stratégique et d’évaluation de qualité, le Service de santé et médecine universitaire, le Service de la coordination, du financement, des immobilisations et du budget, le Service des technologies de l’information, (on reprend son souffle…) la Direction générale adjointe de l’évaluation, de la recherche et de l’innovation, la Direction des affaires pharmaceutiques et du médicament, la Direction des études et des analyses, la Direction des affaires intergouvernementales et de la coopération, l’Unité des maladies infectieuses, le Bureau de la surveillance et de la régie, l’Unité de santé au travail et de santé environnementale, la Direction du développement des individus et de l’environnement social, le Service de lutte contre les infections transmissibles sexuellement et par le sang, l’Unité de développement, d’adaptation et d’intégration sociale, le Service de lutte contre le tabagisme, l’Unité de prévention clinique, le Service de la promotion des saines habitudes de vie, la Direction de la prévention des maladies chroniques et des traumatismes, la Direction de la surveillance de l’état de santé, l’Unité de l’éthique, la Direction des affaires universitaires, la Direction adjointe des services préhospitaliers, la Direction adjointe des services de traumatologie, la Direction de l’organisation des services médicaux et technologiques, le Service du développement et de l’évaluation des technologies, la Direction de l’organisation des services de première ligne intégrés, la Direction de la biovigilance, la Direction nationale des urgences, la Direction de la main-d’oeuvre médicale, la Direction des professionnels de la santé, la Direction générale adjointe des relations de travail du personnel d’encadrement et du personnel salarié, la Direction des soins infirmiers, le Service de la gestion des infrastructures et des systèmes, la Direction du suivi financier…

 Et une trentaine d’autres organismes que je n’ai pas le temps de vous nommer.

En somme, pendant que le gouvernement se questionne sur les hausses de tarifs pour financer ses dépenses, la population a raison d’être en rogne face à l’obésité de la fonction publique. M. Charest devrait commencer par rationner ses dépenses avant de penser à augmenter ses revenus. Mais il est utopique d’espérer que l’État veuille réduire la taille de…l’État!

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Le sujet chaud dans l’actualité présentement est le financement de l’État Québécois par des hausses de tarifs. TVA a publié aujourd’hui les résultats d’un sondage Léger Marketing sur le sujet.

65% des gens sont en colère face à d’éventuelles hausses de tarifs. Pas surprenant puisque les contribuables québécois sont déjà sur-taxés. 70% se disent "beaucoup /assez préoccupés" par le déficit.

64% attribuent le déficit à la mauvaise gestion du gouvernement (seulement 34% à la crise économique). Les gens sont donc passablement lucides: s’il y a un déficit c’est parce que le gouvernement dépense trop.

40% croient que les fonctionnaires ne devraient pas avoir d’augmentation salariales.

Seulement 22% seraient favorables à une augmentation des tarifs d’électricité, ce qui n’est pas surprenant puisqu’il est bien connu que les Québécois considèrent le bloc patrimonial comme une vache sacrée.

57% sont favorables à une augmentation des tarifs des garderies à $7.

50% pour une augmentation des droits de scolarité universitaires.

60% pour le retour des péages sur les autoroutes, mais seulement 15% pour l’augmentation de la taxe sur l’essence.

77% pour une taxe sur la malbouffe.

Et finalement, 57% pour l’introduction d’un ticket modérateur pour les soins de santé (disparition d’une vache sacrée?).

En général, les résultats du sondage démontrent que la population est contre les déficits et qu’elle est consciente qu’ils sont dus à des dépenses gouvernementales trop élevées. La population propose de s’attaquer à la taille de l’État, aux garderies, aux droits de scolarité universitaires, aux péages et aux soins de santé, ce que j’approuve. Je suis par contre moins favorable à une taxe à la malbouffe et à la réticence à augmenter les tarifs d’Hydro-Québec (voir les liens vers mes billets antérieurs sur ces sujets).

Je suis généralement en faveur de tarifs adéquats sur les services publics, qui permettent de rationner la demande pour ces services et de les financer à même les utilisateurs; à condition que ces revenus soient utilisés pour réduire les impôts; et non pour dépenser irresponsablement (interventionnisme / keynesiannisme) et accroître la taille de l’État. C’est pour cette raison que la colère des Québécois face aux hausses de tarifs est justifiée: cet argent sera utilisé pour dépenser, et non pour réduire le fardeau fiscal, ni pour réduire la dette.

Comme l’illustrait le Québécois Libre la semaine dernière, le gouvernement continue de presser le citron des contribuables québécois…

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