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Posts Tagged ‘État-Providence’

Pour obtenir les données utilisées pour cet article:Scandinave_data

Suite à mon article sur la Suède, certains lecteurs mon demandé d’analyser le modèle Scandinave plus en détails. Ces pays – qui sont la Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark – ont des taux d’imposition élevés, un filet social étendu et généreux, des taux de syndicalisation élevés, mais figurent tout de même parmi les plus riches du monde et on semble y trouver une superbe qualité de vie (santé, éducation, etc). La Scandinavie serait-elle un paradis gauchiste? Serait-ce la preuve que le socialisme-démocratique est un modèle viable? Je vous propose ici une plongée en profondeur dans le modèle Scandinave…

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Pour la gauche, un monde sans État-providence serait impensable car dans une telle société, les plus démunis seraient laissés pour contre. Que ferions-nous des paralysés, des invalides, des trisomiques, des vieillards terrassés par l’Alzheimer? Pour eux, le soutien du gouvernement est indispensable pour que ces individus ne soient pas un fardeau pour la société. À leur avis, la « solution libertarienne non-avouée » consiste à adopter une stratégie eugénique, c’est-à-dire à les laisser crever, ou encore à forcer leur famille à les prendre en charge à leurs frais. Et à ce qu’il paraît, cet argument est infaillible pour désarçonner les libertariens!

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La gauche et les libertariens partagent beaucoup d’objectifs communs : vivre dans un monde où il y a moins de pauvreté, de chômage, de récessions, d’endettement, de guerres, de corruption et où l’environnement est sain (l’objectif de la gauche qui n’est pas partagé par les libertariens est la réduction des inégalités).

Cependant, les moyens favorisés pour atteindre ces objectifs sont fort différents de part et d’autre! La gauche préconise l’intervention de l’État alors que les libertariens préconisent la liberté. Cependant, plusieurs des politiques de la gauche apparaissent indéfendables lorsque l’on considère l’ensemble de leurs impacts sur la société. Ce texte comporte une multitude de liens vers des billets que j’ai publiés dans le passé; amusez-vous à les découvrir si ce n’est pas déjà fait!

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            L’économiste Bradford DeLong a estimé le PIB mondial par habitant depuis l’apparition de l’humain sur terre (voir graphique ci-bas).[1] Le constat qui en découle est stupéfiant : le niveau de vie des humains a véritablement stagné pendant 2.5 millions d’années, pour ensuite exploser à la hausse vers la fin du 18e siècle. En fait, l’humain moyen de 1750 avait un niveau de vie plus près de l’homme de cro magnon que de l’humain moderne de 2010!

 

            Que s’est-il donc passé au 18e siècle pour déclencher une telle amélioration du niveau de vie des humains? Le principal moteur de création de richesse est la liberté économique. Se pourrait-il donc qu’une augmentation drastique de la liberté économique se soit produite au 18e siècle, engendrant une croissance économique et une prospérité jamais vue auparavant? C’est en effet ce qui s’est produit!

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« Capitalism and Freedom », Milton Friedman, 1962 (édition 2002), 202 pages.

Comme le titre le laisse présager, ce livre se veut une défense du capitalisme sous l’angle de la liberté individuelle.

Le premier chapitre démontre à quel point la liberté économique et la liberté politique sont connectés. Friedman reprend ici certains des arguments de Hayek dans « La Route de la Servitude ». Il y mentionne notamment que le marché est un mécanisme qui permet la coopération volontaire sans obligation de conformité.

« Chaque personne peut voter pour la couleur de cravate qu’il veut et l’obtenir; il ne dépend pas de la couleur de cravate que la majorité désire et n’a pas à s’y soumettre. »

Dans le second chapitre, il parle du rôle du gouvernement dans une société libre et indique que son rôle doit davantage être celui d’un arbitre plutôt que d’un autocratique paternaliste. Selon lui, l’intervention gouvernementale crée des tensions dans la société (puisque la minorité doit se conformer aux décisions des politiciens). Le marché permet de minimiser ces tensions sur le tissu social en rendant la conformité non-nécessaire.

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Ce billet vise à répondre aux 9 plus mythes les plus répandus au sujet des libertariens. Espérons que ça permettra d’éclaircir les choses…

1- Les libertariens n’ont pas de morale, ni de valeurs autres que l’argent et aux profits.

Le fait de vouloir vivre dans une société où le code moral n’est pas imposé par décret par l’élite politique ou religieuse ne signifie pas que les libertariens n’ont pas de morale. Chacun a ses propres valeurs et devrait pouvoir les exercer dans la mesure où on n’empiète pas sur la propriété et la liberté d’autrui (la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence).

 Lorsque qu’il est question d’organisation économique, il est vrai que les libertariens portent une importance particulière au rôle de la monnaie et du profit pour l’allocation efficiente des ressources. Cependant, l’argent et le profit ne sont pas centraux au libertariannisme. La base de cette idéologie repose sur la liberté.

2- Les libertariens sont à la solde des corporations et du monde des affaires.

Lorsqu’on parle de liberté, cela inclut évidemment la liberté de former une entreprise. La libre-entreprise est un des éléments défendus par les libertariens. C’est pourquoi vous entendrez souvent les libertariens critiquer l’État lorsque celui-ci restreint la liberté des entreprises. Ceci étant dit, les libertariens ne militent pas pour que les corporations soient favorisées par l’État. Les libertariens s’opposent aux plans de relance économique, aux sauvetages bancaires, subventions, au protectionnisme, aux brevets et aux autres privilèges accordés par l’État à certaines corporations.

L’une des dérives du clivage gauche / droite veut que la gauche défend le filet social, donc les pauvres, alors que la droite défend les hommes d’affaires, donc les riches. Les libertariens ne défendent ni un, ni l’autre; ils ne défendent que la liberté individuelle face à l’État. En ce sens, les libertariens ne défendent pas nécessairement les entreprises privées, mais plutôt le droit à la libre-entreprise privée; un corolaire de notre idéologie.

Par exemple, vous me verrez parfois prendre la défense d’entreprises persécutées par le pouvoir coercitif de l’État, mais vous me verrez aussi condamner les entreprises qui violent les lois et qui utilisent le pouvoir coercitif de l’État avec l’aide de leurs lobbys ou en profitant de la corruption des fonctionnaires de l’État. Encore une fois, il ne faut pas confondre capitalisme et corporatisme.

3- Les libertariens ne sont intéressés qu’à payer moins d’impôts.

L’expression la plus fondamentale de la liberté est que nous sommes les légitimes propriétaires de notre corps. Lorsqu’on utilise notre corps pour produire du travail, que ce soit pour le profit ou pour un salaire, nous sommes donc les légitimes propriétaire de ce profit ou de ce salaire. Lorsqu’une loi coercitive nous force à remettre une partie de cette somme à l’État, cela revient à dire que nous ne sommes pas les légitimes propriétaires de notre corps et ne sommes donc pas libre. L’impôt est donc la négation de la liberté; il nous rend esclaves de l’État.

Ainsi, si il est admit que les libertariens combattent pour la liberté, il est logique que ceux-ci combattent l’impôt. Par contre, payer moins d’impôt est loin d’être le but ultime de la plupart des libertariens. Ce n’est qu’une conséquence collatérale.

4- Les libertariens sont individualistes et anti-sociaux et ne compatissent pas avec la misère de leur prochain.

Encore une fois, chaque libertarien est un individu unique ayant ses propres valeurs. La solidarité peut très bien être l’une d’elles. Dans une société libertarienne, la solidarité s’exprimerait différemment (elle ne serait pas imposée par la force), mais ne serait certainement pas inexistante.

L’individualité est certes primordiale pour les libertariens pusique la première étape de la liberté est la propriété légitime de son propre corps. Cependant, cet individualisme n’implique pas que les libertariens soient avares, égoïstes et insensibles à la misère de leur prochain.

L’État a d’ailleurs contribué à créer une société individualiste. Les gens envoient leurs impôts anonymement à l’État et considèrent que c’est suffisant pour aider son prochain. Les démunis eux reçoivent l’aide de l’État tout aussi anonymement et considère que c’est leur droit sacro-saint. La charité privée est minimale puisqu’on considère que l’État est là pour s’occuper des démunis, donc après avoir versé plus de 40% de son revenu en taxes et impôts, pas besoin d’en faire plus, c’est bien assez. Et comme il faut travailler 40% de plus pour avoir le même niveau de vie après impôts, pas le temps de faire du bénévolat. Il y a aussi cet antagonisme entre ceux qui sont forcés de payer et ceux qui ont le « droit » de recevoir, qui crée des frictions dans les communautés. Bien entendu, une bonne partie de ce 40% reste entre les mains des fonctionnaires-bureaucrates et ne se rend jamais à destination…

L’État providence, cette solidarité forcée, a détruit l’entraide communautaire et disloqué la société; il a favorisé l’individualisme, l’antagonisme et le parasitisme.

5- Les libertariens sont anti-gouvernement et pro-capitalisme.

Il est vrai que la plupart des libertariens voudraient réduire la taille de l’État et favorise le capitalisme comme organisation économique, mais le libertariannisme n’implique pas l’abolition du gouvernement et l’exclusion de toute forme d’organisation économique autre que le capitalisme.

Par exemple, une mini-société communiste pourrait très bien se former librement au sein d’une société libertarienne. Ces gens pourraient mettre en commun leurs avoirs et appliquer l’égalitarisme. Le mot clé ici est « librement ».

De plus, les libertariens reconnaissent l’existence d’une certaine forme de gouvernement : décentralisé, minimaliste et responsable. Les libertariens admettent que certains services peuvent être plus efficacement offerts par le gouvernement plutôt que par les entreprises privées, en autant que le privé puisse librement concurrencer les fonctionnaires.

Ce n’est pas strictement contre le gouvernement que les libertariens s’opposent, mais plutôt contre le gouvernement tel qu’il est présentement (liberticide, gros, inefficient, omniprésent et centralisé).

6- Dans un monde libertarien, la corruption et la fraude seraient omniprésents parce que la règlementation serait minime.

Un monde libertarien ne signifierait pas l’absence de lois et de règles. La fraude serait punie, tout comme la corruption. La règlementation serait par contre plus décentralisée et plus efficace. Elle ne servirait plus qu’à enrichir les avocats, mais plutôt à protéger l’intégrité du marché. Que l’on parle des scandales de Norbourg, Maddoff, Enron ou BP, la règlementation s’est avérée inefficace à prévenir les abus. La confiance aveugle envers les régulateurs a d’ailleurs facilité ces scandales.

La responsabilité (qui va de pair avec la liberté) et un système légal efficace sont aptes à protéger la population que la règlementation étatique.

7- Dans un monde libertarien, les inégalités seraient omniprésentes; c’est la loi du plus fort qui prévaudrait.

Plus l’État est gros, plus la loi du plus fort prévaut. Les groupes de pression, dont le poids politique est démesuré relativement au petit peuple, obtiennent des privilèges des politiciens qui s’adonnent au clientélisme politique pour se faire élire. Dans un monde libertarien, il n’y a pas de minorités privilégiées; tout le monde est égal devant la loi et le marché. Mais pour y arriver il faut un État minimal et décentralisé, qui ne priviligie pas "les plus forts" au détriment du "monde ordinaire".

8- Les libertariens sont à l’extrême droite.

Les gauchistes veulent utiliser l’État pour grossir le filet social et renforcer l’égalitarisme de la société alors que les droitistes veulent utiliser l’État pour obtenir des faveurs économiques pour les entreprises (protectionnisme, subventions) et pour intervenir dans l’économie (plans de relance, "bailouts”) et sur la scène internationale (guerres, impérialisme). Qu’ils soient de gauche ou de droite, les étatistes sont tout aussi néfastes pour la société et pour les libertés individuelles.

Les libertariens et la droite divergent grandement. Les libertariens sont contre les subventions, le protectionnisme, les plans de relance économiques, les "bailouts” , le lobbying, les banques centrales, la monnaie fiduciaire, les brevets, et toutes les autres interventions de l’État dans l’économie qui visent à procurer un avantage particulier à un groupe d’individus au détriment des autres.

Je vous recommande de lire mon billet intitulé La Vraie Politique, qui présente plus en détail la façon dont je vois le clivage politique.

9- Le libertarianisme n’est qu’une utopie irréalisable. Les libertariens ne sont pas activistes.

Il est vrai que le libertariannisme est confronté à beaucoup de barrières l’empêchant de s’implanter.

Les politiciens et les fonctionnaires, dont le gagne-pain consiste à parasiter les contribuables et à grossir leur empire bureaucratique, ne vont certainement pas se réveiller un matin et décider de rationaliser leurs effectifs. Ils n’ont aucun incitatif à le faire, et ont même des incitatifs à faire le contraire. D’autre part, un pourcentage significatif de la population est dépendant de l’État et craint une réduction de l’État-providence. Si on additionne les votes de ces deux camps, ils sont assez nombreux pour gagner une élection.

De plus, le système d’éducation néglige de présenter l’idéologie libertarienne, ce qui fait en sorte que la grande majorité de la population ne sait même pas de quoi il s’agit. Ceux qui en connaissent l’existence sont souvent déroutés par les gauchistes qui véhiculent des mythes à son égard, tels que ceux décrits ci-haut.

Quelle est la solution à cette impasse?

La première étape consiste faire connaître la philosophie libertarienne en bonne et due forme. La blogosphère permet de le faire avec une certaine efficacité, mais il faudra que ça aille plus loin éventuellement pour rejoindre plus de gens.

L’étape suivante consistera à exiger une plus grande liberté de nos politiciens. Je pense que cela peut s’effectuer un pas à la fois. Contrairement à d’autres libertariens, tel que Martin Masse, je pense qu’il faudrait un accès au système politique, aussi petit soit-il. Certains petits partis, tels que Québec-Solidaire et le Parti Verts, ont réussi à obtenir beaucoup d’exposition médiatique malgré un petit électorat et ont forcé les grands partis à adapter leurs programmes pour ne pas perdre d’électeurs. Il faut davantage de Maxime Bernier et Ron Paul pour défendre la liberté au sein des institutions démocratiques.

C’est de cette façon que les libertariens arriveront à changer le cours des choses. Entre-temps, je pense qu’il est faux de prétendre qu’il est utopique de demander davantage de liberté.

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Cela fait maintenant une dizaine d’années qu’on nous sonne l’alarme du choc démographique imminent au Québec. Selon une étude de Desjardins publiée en mai dernier, le Québec s’apprête à vivre deux ondes de choc simultanées au plan démographique, soit celle du vieillissement de son bassin de main-d’oeuvre qui va s’accélérer et, dans quelques années, celle d’une baisse de la population active.

Nés en 1946, les premiers baby-boomers fêteront leur 65e anniversaire cette année. Dans un an, soit en 2011, ils auront atteint l’âge normal de la retraite. Nous observerons donc une baisse de la population active et une augmentation de la population inactive. Selon le scénario de référence de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), en 2031, il y aura deux travailleurs pour un retraité. En 2001, ce ratio était de cinq travailleurs pour un retraité.

En quoi cela est-il un problème? Desjardins met l’emphase sur l’impact négatif que cela aura sur la croissance du PIB réel total. C’est logique puisque la croissance du PIB est stimulée par la productivité, par la quantité de capital productif ainsi que par la quantité de travailleurs (population active). Donc, si la population active diminue, le PIB potentiel total diminue aussi (ceteris paribus).

Il aurait été davantage intéressant d’observer l’impact sur le PIB par habitant. D’ailleurs, la productivité sera probablement excellente puisque le chômage sera très bas et que nous remplacerons des travailleurs âgés par de jeunes travailleurs dynamiques et hautement éduqués.

Ceci étant dit, la réduction du PIB potentiel total est un problème majeur pour l’État puisque ses recettes fiscales diminueront alors que ses dépenses continueront d’augmenter. En outre, les retraités sont de grands consommateurs de services sociaux, surtout en santé. Cette situation sera exacerbée par les mauvais rendements de la Caisse ces dernières années ainsi que par les mauvais rendements boursiers durant la dernière décennie, qui ont grugé le peu d’épargne existant.

L’État-providence et le keynesiannisme

Le choc démographique est un problème pour deux raisons.

Premièrement, notre système d’État-providence fait en sorte que ces retraités se retrouvent sur le dos des contribuables pour l’obtention de généreux services sociaux. Nous pouvons nous demander si nous vivons présentement selon nos moyens en terme de services sociaux (je pense que non), mais dans quelques années la question ne se posera plus. Nous n’aurons plus les moyens d’un tel filet social. Il faudra donc soit couper dans les services, ce qui est politiquement impossible, ou augmenter les revenus de l’État par les taxes, impôts et tarifs, la solution la plus plausible. Les conséquences économiques de ces actions seront dévastatrices.

Ainsi, durant leur vie active, les baby-boomers ont mis en place de généreux programmes sociaux, incluant un régime de pension (Régie des Rentes). Ils ont endetté le gouvernement et ce sont les prochaines générations qui devront payer pour leurs excès. Il est là le véritable choc démographique.

Deuxièmement, après plus d’un demi-siècle de keynesiannisme, cette façon de gérer l’économie nous a finalement amené au bord du gouffre où elle devait inévitablement nous mener avec toute son absurdité. Comment? Keynes était contre l’épargne et vénérait la consommation. Que ce soit par des politiques monétaires inflationnistes ou par des dépenses gouvernementales, nos gouvernements ont mis en place des politiques visant à stimuler à tout prix la consommation, que ce soit pour sortir des récessions ou pour maintenir la croissance.

Résultat: les gens ont consommé, se sont endettés et ont peu épargné. Arrivant à la retraite, ils seront donc à la remorque des contribuables et dépendants de l’État-providence pour leur survie. L’État est endetté et n’a pas de marge de manoeuvre.

Conclusion

Le choc démographique sonnera-t-il le glas de l’État-providence et causera-t-il l’implosion du gouvernement québécois? Ce n’est pas impossible. Les travailleurs les mieux rémunérés de notre société sont aussi souvent les plus compétents, les plus productifs et les plus mobiles. Ceux-ci n’accepteront pas ce fardeau fiscal et fuieront vers des contrées où les gens vivent selon leurs moyens sans dépendre des autres. L’assiette fiscale de l’État en sera d’autant plus réduite. Plus de 40% des gens ne paient pas d’impôts au Québec et ce sont eux qui consomment le plus de services sociaux.

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

– Frédéric Bastiat, 1848

Le gouvernement Charest ne semble toutefois pas enclin à prendre la bonne direction et à vivre selon ses moyens. Il annonçait il y a quelques temps une série de hausses de tarifs visant à augmenter les revenus de l’État. Il a même parlé d’une hausse possible de la TVQ. Il s’est néanmoins abstenu de parler de hausses d’impôts ce qui est minimalement réjouissant.

Dans une société minarchiste, le choc démographique serait un "non-event". Chacun vivrait selon ses moyens, épargnerait pour ses vieux jours et s’achèterait des assurances pour couvrir les risques majeurs. Personne ne vivrait aux dépends de personne; c’est ça la vraie justice sociale.

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Dans un article paru lundi dernier, l’économiste Marcel Boyer de l’Institut Économique de Montréal propose une approche alternative à la privatisation de la société d’État.

M. Boyer voudrait tout d’abord laisser tomber le bloc patrimonial qui dilapide notre électricité à moins de $0.03 par kilowatt/heure alors que le coût marginal de production est maintenant au-delà de $0.10.

Ensuite, il propose de faire en sorte que le dividende d’Hydro-Québec soit versé directement aux citoyens Québécois plutôt qu’à l’État. Ainsi, en 2008, les 7,782,561 habitants du Québec auraient reçu un chèque de  $289.36, qui se serait ajouté au revenu disponible (et imposable) des citoyens.

Et comme l’abandon du bloc patrimonial (165 TWh) permettrait à Hydro-Québec de faire d’encore plus gros profits, ce dividende serait encore plus élevé. Je calcule qu’en augmentant le prix de l’électricité du bloc patrimonial de $0.0279/KWh à $0.07/KWh, les profits d’Hydro-Québec augmenteraient de $6.9 milliards. Le dividende total d’Hydro-Québec atteindrait donc $9.2 milliards, soit $1,176 par habitant par année.

Voici quelques observations relativement à cette situation:

  1. N’oubliez pas que des 165 TWh du bloc patrimonial, 20 TWh vont aux alumineries, donc elles assumeraient une portion significative de la hausse de prix.
  2. Un couple avec 3 enfants aurait reçu un chèque de $1,447 en 2008 et recevrait un chèque de $5,880 dans le scénario où le prix du bloc patrimonial serait augmenté, ce qui est amplement suffisant pour compenser la hausse de leur facture d’électricité.
  3. Les pauvres ne paieraient que très peu ou pas d’impôt du tout sur ce dividende puisque leurs revenus sont très bas. En revanche, les riches paieraient beaucoup d’impôts sur ces dividendes et comme ils consomment davantage d’électricité que les pauvres avec leurs grandes maisons et leurs multiples appareils électriques, leur facture d’électricité augmenterait davantage que celle des pauvres suite à la nouvelle tarification du bloc patrimonial. Cette mesure serait donc progressive.
  4. Cette mesure forcerait les grands consommateurs d’électricité à rationaliser leurs activités et encouragerait l’économie d’énergie. Cela permettrait à Hydro-Québec d’exporter davantage et de créer encore plus de richesse pour le Québec.
  5. L’argent provenant d’Hydro-Québec serait remis directement à la population, donc chacun serait libre de le dépenser librement, selon ses préférences et ses besoins. Ne serait-ce pas mieux que de le mettre dans les mains des politiciens et des fonctionnaires qui l’utilisent présentement pour grossir la bureaucratie étatique et pour rendre les pauvres dépendants de l’État-providence?

Évidemment, si on procédait de cette façon, l’État perdrait une importante source de revenus. Ce trou de $2.3 milliard dans les finances publiques serait en partie compensé par les impôts perçus sur le dividende. L’État pourrait aussi réduire un peu le filet social. De cette façon, les bénéficiaires d’aide sociale de l’État recevraient moins d’argent du gouvernement en tant qu’assisté sociaux, mais recevraient un beau dividende en tant qu’actionnaires d’Hydro-Québec. C’est plus valorisant et ça réduit la dépendance envers l’État. Au bout du compte, il est évident que les pauvres se retrouveraient avec plus d’argent dans leurs poches, gracieuseté des grands consommateurs d’électricité.

Concernant la paperasse, chaque citoyen canadien dont le domicile principal est au Québec depuis au moins un an et qui est titulaire d’un numéro d’assurance sociale serait théoriquement propriétaire d’une action d’Hydro-Québec (incluant les enfants).

En somme, cette proposition moins radicale que la privatisation totale d’Hydro-Québec permettrait de régler plusieurs problèmes reliés à cette société d’État sans traumatiser la gauche. Elle permettrait en outre de court-circuiter le gouvernement et de faire en sorte que les Québécois soient les bénéficiaires directs des dividendes de l’entreprise qui a été bâtie avec leur argent.

Pour mon billet précédent sur la peformance et la privatisation d’Hydro-Québec, cliquez ici.

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Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traite de la santé et l’éducation.

Au niveau de la santé, le QS vise l’élimination totale du privé et ce pas seulement au niveau des quelques services présentement toléré par la RAMQ, mais aussi au niveau de l’optométrie, de la dentisterie, de la physio-thérapie, etc. Ils visent d’ailleurs à étendre l’universalité des soins de santé à toutes les sphères de la santé. Donc, l’État paierait pour les soins dentaires, les lunettes, les services d’un psychologue, etc. Les couvertures privées présentement offertes par plusieurs employeurs seraient remplacées par cette RAMQ élargie. Tout serait "gratuit", sans aucun frais.

L’assurance-médicament serait aussi universelle, donc plus besoin de payer pour les médicaments achetés sous prescription. Le QS propose d’ailleurs la création d’une nouvelle entreprise d’État: Pharma Québec, qui s’occuperait de l’approvisionnement en médicaments de la province. Cette entreprise devrait théoriquement atténuer la hausse des coûts des médicaments en centralisant l’approvisionnement, en ayant un fort pouvoir de négociation auprès des pharmaceutiques, en favorisant les médicaments génériques et en s’appropriant la marge de profit des entreprises privées qui s’occupent présentement de l’approvisionnement; tout ça en supposant qu’elle soit bien gérée, ce qui est rarement le cas lorsque la carotte et le bâton du profit et de la compétition ne sont pas là. Cette entreprise deviendrait sans doute une grosse bureaucratie politisée, inefficace, corrompue et déconnectée des besoins des consommateurs.

Le QS propose aussi d’augmenter le financement pour la prévention, ce qui laisse entendre qu’on arriverait ainsi à diminuer la demande de soins de santé en améliorant la santé des gens par la prévention. Comme si on avait besoin d’une publicitée avec un bonhomme bleu pour savoir qu’il ne faut pas fumer, faire de l’exercice et manger des légumes. Comme si les gens n’étaient pas capable de savoir ce qui est bon pour eux. C’est clairement du wishful thinking.

Finalement, le QS propose une augmentation significative des ressources du système de santé (ajouter des lits, recruter plus de médecins et d’infirmières, etc); la solution facile d’injecter plus d’argent. Comme nous l’avons vu au cours des dernières années, cet argent sert davantage à grossir la bureaucratie qu’à améliorer le service. En somme le Q-S nous propose un buffet à volonté en ce qui concerne les soins de santé. Ce poste de dépense  occupe déjà une part importante du budget du gouvernement; les propositions du QS pourraient facilement doubler la facture. Même si la prévention et Pharma-Québec étaient des succès sans précédent, ça ne serait pas suffisant pour compenser les augmentations astronomiques des dépenses en santé proposées par le QS.

Au niveau de l’éducation, le QS propose de rendre l’éducation totalement gratuite (de la maternelle à l’université), sans aucun frais facturé aux étudiants. Ils proposent aussi d’éliminer l’endettement des étudiants et de transformer tous les prêts scolaires en bourses. Ils désirent investir massivement dans l’ensemble du système et ses infrastructures. Ils veulent éliminer toutes les subventions aux écoles privées. Il a été clairement démontré au Canada que les taux de diplomation ne sont pas affecté par le niveau des frais de scolarité. Il est aussi démontré que la gratuité universitaire serait une mesure rétrograde, et non progressiste (c’est-à-dire à l’avantage des riches). 

Les points de leur programme que je trouve positifs à l’égard de l’éducation sont de faciliter une meilleure reconnaissance des diplômes des immigrants, d’assurer la laïcité du système d’éducation, de favoriser des bulletins simples et compréhensibles et de faire en sorte que les étudiants qui échouent doivent redoubler.

Le premier constat que l’on peut faire à l’égard de ces propositions en santé et éducation est que la facture sera salée (le QS chiffre à $2.2 milliards ses engagements en santé et $1.2 milliards en éducation). Le QS propose clairement une expansion significative de l’État-providence. Comment allons-nous payer pour tout ça? Nous le verrons dans une autre partie de ce dossier! À suivre…

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