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Posts Tagged ‘dette’

Un lecteur et ami m’a soumis une série de vingt questions qu’il se posait au sujet du système monétaire. Les voici accompagnées de mes réponses.

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Beaucoup de gens m’ont demandé ce que je pensais de la grève des étudiants, qui bat présentement son plein au Québec. Bien entendu, je me réjouis d’une politique qui applique le principe de l’utilisateur-payeur, mais encore une fois, il est bien possible que ces hausses de frais de scolarité ne feront que financer un système universitaire trop bureaucratisé et inefficace. Bref, on devra payer plus sans nécessairement avoir mieux.

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                Tout a commencé lors d’une audience du Congrès, quand Bernanke a déclaré que « l’or n’est pas une monnaie ». Ron Paul lui a alors demandé pourquoi la Fed en détenait dans ses réserves? L’air perplexe, Bernanke a balbutié que c’était par tradition! (voir ceci) Mais non voyons! Si la Fed conserve de l’or dans ses réserves, c’est parce qu’elle ne veut pas se retrouver sans métaux précieux dans un monde qui considère de plus en plus que l’or est LA monnaie de choix, l’ultime étalon de valeur.

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Un article de Doug French publié sur le Mises Institute soulève un point fort intéressant à l’égard de l’évolution du cycle économique en cours.

Les fusions & acquisitions (F&A) ont totalisé $2.4 billions en 2010, une hausse de +23% par rapport à 2009, et il semble que 2011 sera une année record à cet égard. Danaher, DuPont, Ensco, AOL et Newmont, entre autres, ont déjà annoncé d’importantes acquisitions au cours des dernières semaines. Les compagnies canadiennes ne font pas exception : la Banque TD a acquis Chrysler Financial, la Banque Royale a acheté Blue Bay Asset Management, la Banque de Montréal a acquis Marshall & Isley, la Banque Scotia a acquis DundeeWealth, Onex a acheté Tomkins, AGF a acheté Acuity, BP a tenté d’acquérir Potash, Consolidated Thomson a été achetée par Cliff, Hudbay a acquis Norsemont, Gran Tiera Energy a acquis Petrolifera, TMX Group tente de fusionner avec le London Stock Exchange, Inmet fusionne avec Lundin, Verenex (anciennement Biovail) a réalisé une importante transaction en Europe, Saputo vient d’annoncer une acquisition aux États-Unis,…et ça continue sans fin!

Pourquoi une telle frénésie? Je suis d’avis que les F&A peuvent avoir un impact positif sur l’économie lorsqu’elles sont justifiées; c’est-à-dire lorsque l’entreprise combinée permet une meilleure allocation des ressources permettant de mieux satisfaire ses consommateurs et de faire plus de profit (et donc de créer plus de richesse).

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On me demande souvent quel est le véritable problème de la zone Euro. Ma réponse rapide : l’irresponsabilité des gouvernements dans un système où il leur est impossible de monétiser leurs déficits.

Mais qu’est-ce que cela veut dire de « monétiser un déficit »? Il s’agit en fait d’utiliser la banque centrale pour créer de la monnaie, qui sera ensuite utilisée pour acheter des titres de dette du gouvernement. Par exemple, suite à l’implantation de sa politique monétaire expansionniste dès l’aube de la récession ainsi qu’à ses programmes d’assouplissement quantitatif, la Federal Reserve (la Fed pour les intimes…) a créé une quantité gigantesque de monnaie qui a servi à acheter des obligations du gouvernement fédéral américain sur les marchés financiers. Lorsque la Fed veut faire baisser les taux d’intérêt pour stimuler l’économie, ce qui est le cas durant les récessions, elle créée de la monnaie qu’elle utilise pour acheter des bons du trésor, ce qui constitue une injection de nouvelle monnaie dans l’économie. Cette nouvelle monnaie agit telle une hausse « artificielle » de l’épargne, et donc des fonds disponibles au crédit. Quand l’offre de crédit augmente, le prix baisse…et sur le marché du crédit le prix est le taux d’intérêt…donc les taux d’intérêt baissent.

De son côté, le gouvernement a dépensé énormément, bien au-delà de ses revenus, générant d’immenses déficits fiscaux. Tout déficit fiscal doit être financé par de la dette; ainsi le gouvernement émet régulièrement des milliards en obligations pour financer ses dépenses, lesquelles sont en grande partie achetées par la Fed. Ces achats sont si massifs que la Fed est maintenant devenue le plus gros détenteur de bons du Trésor américain au monde!

Certains me lanceront que la Fed est indépendante et que le gouvernement américain ne peut lui ordonner de faire quoi que ce soit du genre. Si c’est ce que vous voulez croire, c’est votre choix…mais le monde est ce qu’il est!

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Ce billet fait suite à mes autres billets sur le commerce international publiés ici et ici. Je vous encourage fortement à les revoir.

 L’un des grands mythes découlant du keynésianisme est la croyance selon laquelle les déficits de la balance commerciale sont mauvais et qu’il faille agir pour les éradiquer. Pour les néophytes, la balance commerciale est la différence entre les exportations et les importations d’un pays. Lorsque les importations sont plus élevées que les exportations sur une période donnée, la balance commerciale est dîtes en déficit.

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Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas mis à jour sur l’économie américaine (la dernière fois était dans ce billet de novembre 2009).

  Nous avons appris récemment que sur les 50 états américains,46 d’entre eux cumulent des déficits de l’ordre de $112 milliards à  la fin de l’année fiscale 2010, qui pour eux s’achève fin juin, soit 8 à 10% de leurs budgets totaux. Les états ne sont pas autorisés à avoir un déficit, le gouvernement fédéral devra donc les sauver.

Vous vous souvenez qu’au premier trimestre de 2010, la croissance du PIB avait été de +3.2%. La semaine dernière, cette mesure a été révisée à +2.7%. La majorité de cette croissance provient des inventaires et des dépenses du gouvernement fédéral. La plupart des programmes de relance du gouvernement sont maintenant terminés ce qui signifie que la croissance du PIB pourrait bien être négative en deuxième moitié de 2010, confirmant l’échec de la reprise.

 Voici quelques statistiques économiques parues ces deux dernières semaines :

Ventes au détail en mai : -1.2% (première baisse en 8 mois)

Vente de maisons existantes en mai : -2.2%

Ventes de maisons neuves en mai : -33%

Ventes de véhicules neufs en juin : -7.3%

Confiance des consommateurs en juin : -15.6% (52.9)

Taux de chômage en juin : 9.5% (était de 9.7% en mai)

Le taux de chômage est en baisse depuis quelques mois, mais le chiffre n’inclut pas les travailleurs qui ont cessé de se chercher un emploi (exclus du calcul). Le « vrai » taux de chômage est donc présentement de 16.5%. La création d’emploi est anémique (83,000 en juin, excluant l’impact du recensement), rien de comparable à ce qu’on pourrait s’attendre en reprise économique.

Il est à noter que le programme fédéral pour les chômeurs expirera à la fin de juillet, ce qui signifie qu’environ 3.3 millions de chômeurs perdront leurs indemnités à la fin du mois.

Basé sur les chiffres de ventes de maisons, si on additionne l’inventaire de maisons à vendre au nombre d’hypothèques délinquantes, nous obtenons un inventaire total de maisons sur le marché équivalent à 16 fois les ventes mensuelles!

 Les faillites bancaires se poursuivent en 2010 et même s’accélèrent. Le graphique suivant est éloquent :

 

La croissance de la masse monétaire a repris sont cours. Ce n’est pas à cause de la reprise de l’économie et du crédit, mais bien parce que la Federal Reserve crée de la monnaie pour acheter les titres de dette du gouvernement. À preuve, le taux 10 ans sur les obligations du gouvernement américain est en forte baisse, étant maintenant passé sous la barre des 3%.

Les deux graphiques suivants proviennent de The Economist et sont fort intéressants parce qu’ils présentent le portrait de la dette totale (et non seulement la dette publique). À noter que sur le deuxième graphe, le Canada ne fait pas très bonne figure. Le processus de désendettement est loin d’être terminé et pendant que celui-ci se déroule, la croissance économique sera médiocre.

  

 

Conclusion :

Nous pouvons d’ores et déjà clamer que les remèdes keynesiens n’ont, une fois de plus, pas fonctionné. Loin d’avouer la fausseté de leurs théories et l’inefficacité des politiques qui en découlent, les keynesiens tels que Paul Krugman reviennent à la charge en affirmant que si ça n’a pas fonctionné, c’est qu’on en a pas assez fait…

Ainsi, l’administration Obama est probablement en train de préparer un deuxième plan de relance, qui serait de l’ordre de $1,000,000,000,000 (un billion). Cette somme sera évidemment financée par de la monnaie créée ex-nihilo par la Fed.

Les plans de relance et les diverses actions entrepris par le gouvernement depuis le début de la récession n’ont fait que semer la confusion et créer de l’incertitude, troublant ainsi les décisions économiques. Conséquemment, l’ajustement nécessaire durant la récession ne s’effectue qu’au compte goutte. Ces programmes visent à raccourcir la récession et de rendre celle-ci moins sévère pour que les gens en souffrent moins, mais c’est le contraire qui se produit. Pendant que l’État tente de « créer » de la demande, l’épargne est découragé et l’investissement paralysé; deux éléments clés d’une reprise économique viable.

Il semble évident que la croissance économique va décevoir les attentes au cours des prochains mois et cette situation commence à être reflétée par les marchés boursiers, qui battent de l’aile depuis quelques temps. En fait, le S&P 500 est revenu à un niveau plus bas que celui auquel il se situait lors de mon billet de novembre 2009 (baisse de 6%).

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Plusieurs milliers de personnes sont (encore) descendues dans les rues d’Athènes le 4 mai dernier pour protester contre les nouveaux "sacrifices" demandés par le gouvernement en échange d’un prêt de 110 milliards d’euros  sur trois ans cofinancé par le FMI et la Zone Euro.

Les nouvelles mesures d’austérité ont été annoncées dimanche par le gouvernement, comprenant une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des augmentations des taxes sur l’alcool et le tabac et des primes limitées, voire supprimées pour les fonctionnaires et les retraités.

La situation au Québec :

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le Québec, car il y a beaucoup de similitudes avec notre situation, bien que la Grèce soit à un stade plus avancé de détresse financière que nous :

  1. La population du Québec se fait plus vieillissante que celle des autres provinces (voir ce billet sur le choc démographique).
  2. Les programmes sociaux du Québec sont généreux et la fonction publiques très imposante comparativement aux autres provinces (voir capsules économiques de l’IEDM de mai 2009).
  3. Le Québec est fortement endetté.
  4. Le Québec n’a pas le contrôle sur sa monnaie.

Au niveau de l’endettement, selon une étude de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, en prenant les chiffre de 2008, les quatre pays avec le plus haut ratio sont le Japon (172.1%), l’Italie (114.4%), la Grèce(102.6%) et l’Islande (96.3%). Le Québec est non loin derrière à 94.0% si on tient compte de sa part de la dette du Canada. La moyenne de l’OCDE est de 78.4%. Avec les déficits prévus pour les prochaines années, ce ratio passera au-dessus de 100%.

En 2007, le nombre de fonctionnaires Québécois était de 37% plus élevé que le nombre de fonctionnaires en Ontario, 29% plus élevé que le nombre de fonctionnaires en Colombie-Britannique et 20% plus élevé que le nombre de fonctionnaires en Alberta. Depuis 10 ans, la machine étatique québécoise s’est alourdie. Le Québec compte 181,000 employés du secteur public de plus qu’en 2000.

Pour l’exercice 2009-2010, le déficit du Québec se chiffrerait à $4.3 milliards. Selon les plans (optimistes) du gouvernement, le retour à l’équilibre est pour 2013-2014, mais au cours des quatre exercices allant de 2009 à 2012, le déficit cumulatif se chiffrerait à $13.3 milliards. La dette augmentera, ce qui fera en sorte qu’en 2013-2014 (selon les projections du gouvernement), le gouvernement versera 16% de ses revenus de taxation en intérêt sur la dette.

Ce retour à l’équilibre prévu pour 2013-2014 prévoit des mesures d’austérité dont nous avons été récemment mis au courant et qui ont provoqués plusieurs manifestations de mécontentement dans la population.

Le danger est que le gouvernement Québécois n’arrive pas à atteindre cet équilibre et que la province s’engage sur la voie des déficits répétitifs. Si c’est le cas, la dette continuera d’augmenter et le service de la dette deviendra de plus en plus accaparant, jusqu’à ce que nos créanciers jettent l’éponge…c’est ce qui est arrivé à la Grèce !

La situation en Grèce:

Dans son excellent article publié sur Un Monde Libre le 27 avril 2010, Takis Michas mentionne les faits suivants sur la Grèce :

Le principe central d’organisation de la société grecque a toujours été le clientélisme politique, un système dans lequel le soutien politique est fourni en échange d’avantages matériels.

En Grèce, le groupe social qui prît la tête du pays après la libération du joug Ottoman, était constitué de notables locaux dont le pouvoir ne résidait pas dans leur propriété sur la terre, mais dans le fait qu’ils avaient été des collecteurs d’impôts pour leurs dirigeants ottomans. Ainsi, en Grèce, la classe dirigeante qui a émergé après l’indépendance voyait l’État non comme un instrument pour la protection des biens déjà existants, mais comme sa principale source de revenu.

Dans le même temps, le contrôle de l’appareil d’État est devenu le principal mécanisme pour la distribution des récompenses et des avantages matériels. Le plus important de ces avantages a été la mise à disposition d’emplois dans la fonction publique. À la fin des années 1880, la Grèce avait déjà l’une des bureaucraties d’État les plus importantes d’Europe: pour 10.000 habitants, il y avait 200 fonctionnaires en Belgique, 176 en France, 126 en Allemagne et 73 en Grande-Bretagne. En Grèce, leur nombre était de 214.

La Grèce, comme beaucoup de pays Européens, a multiplié les déficits (36 ans pour la France); l’État a donc financé ses dépenses générales par de la dette. Cette situation l’a rendue extrêmement vulnérable aux récessions. Tout comme nous, sa population vieillit et sa fonction publique pèse lourd sur sa compétitivité économique.

D’autre part, comme je le mentionnais dans un billet précédent, la Grèce ne peut plus monétiser ses déficits par la création de monnaie puisqu’en raison de son appartenance à la zone Euro, elle n’a pas le contrôle sur sa banque centrale. On peut comparer la situation monétaire de la Grèce au sein de la zone Euro à celle du Québec au sein du Canada ou de la Californie au sein des Etats-Unis (un autre exemple à ne pas suivre).

Conclusion :

La Grèce nous fournit un bel exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans la gestion des finances publiques. Dépenses gouvernementales élevées, déficits à répétition, spirale d’endettement : c’est ce qui arrive quand on vit au-dessus de ses moyens. Notons cependant que le Québec est à un stade beaucoup moins avancé. Espérons que les penseurs de notre gouvernement réaliseront l’ampleur de ce risque et agiront en conséquence, mais je doute fort que ce soit le cas.

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Le taux de chômage au Québec:

Les Jean-François Lisée de ce monde utilise ce chiffre pour vanter les mérites du modèles Québécois, puisque le taux de chômage du Québec est présentement de 8.1% versus 8.2% pour l’ensemble du Canada (le taux de chômage québécois est généralement plus élevé que celui du Canada). Pourtant, ce n’est pas une très bonne mesure car le taux de chômage ne tient pas compte de ceux qui ne cherche plus un emploi. Ainsi, comme l’indique René Vézina, la meilleure mesure est plutôt le taux d’emploi, qui est de 59.7% au Québec comparativement à 61.5% au Canada. L’inflexibilité du marché du travail québécois est selon moi destructrice d’emplois.

Le taux d’imposition au Québec décourage le travail:

Selon les professeurs Claude Laferrière et Francis Montreuil de l’UQAM dans une étude récemment mise à jour, le taux réel d’imposition de certains contribuables québécois peut souvent dépasser 70% et même atteindre 100%. L’étude démontre que selon la fiscalité actuelle, certains contribuables voient les impôts supplémentaires gruger la majeure partie du montant de leur augmentation de salaire, de leur prime de performance ou de leur temps supplémentaire.

Expiration du brevet de Lipitor: $225 millions d’économies pour le Québec:

J’ai récemment publié deux billets sur la propriété intellectuelle sur ce blogue (ici et ici). Voici un bon exemple. Le brevet du médicament Lipitor de Pfizer expirera au Canada dans les prochains mois. Selon Les Affaires,  le gouvernement Québécois pourrait économiser $225 millions par année en le remplaçant par une version générique.

Des projets éoliens qui battent de l’aile:

Des 4,000 mégawatts qu’Hydro-Québec avait prévu intégrer à son réseau, 600MW ont présentement été abandonnés ou sont menacés de l’être selon Les Affaires. Il y a quelques années, plusieurs gauchistes critiquaient la société d’État de faire affaire avec le privé pour ces projets éoliens. Nous constatons aujourd’hui les bienfaits. Cartier Énergie devra payer une pénalité de $3 million pour bris de contrat. Pour Kruger ce sera $680,000, alors que la pénalité imposée à SkyPower ne m’est pas connue, même chose pour Saint-Laurent Énergies. Northland Power devra quant à elle payer $55 par jour par mégawatt à compter du 31 décembre 2010.

Les problèmes reliés à ces projets sont essentiellement reliés à l’opposition des résidents locaux (problème NIMBY), donc la société d’État n’aurait pas pu faire mieux au niveau de la réalisation de ces projets.

Ainsi, Hydro-Québec n’a pas à se soucier des problèmes et des sunk costs reliés à ces projets et n’a qu’à encaisser les pénalités. Cette électricité n’était pas requise dans la province et aurait probablement été vouée à l’exportation, dont les prix sont présentement bas. Le gouvernement n’aura qu’à faire un autre appel d’offre et les entreprises privées feront des pieds et des mains pour soumissionner au meilleur coût possible, sans risque pour les contribuables Québécois.

La dette menace la croissance du Québec:

Selon une étude de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, la croissance économique ralentit lorsque la dette de l’État atteint plus de 90% du PIB. En prenant les chiffre de 2008, les quatre pays avec le plus haut ratio sont le Japon (172.1%), l’Italie (114.4%), la Grèce(102.6%) et l’Islande (96.3%). Le Québec est non loin derrière à 94.0% si on tient compte de sa part de la dette du Canada. La moyenne de l’OCDE est de 78.4%.  Serait-ce le bon vieux effet crowding-out qui laisse encore sa marque inéluctable!

La fonction publique du Québec est "obèse":

Tiré du blogue de Pierre Duhamel sur Argent:

Depuis 10 ans, il y a 532 200 employés de plus dans le secteur public au Canada, une hausse de 30 %. En 2009, 3,6 millions de personnes, soit 21 % des travailleurs, étaient à l’emploi d’un gouvernement, d’une administration ou d’une société d’État.

Pendant cette période, la machine étatique québécoise s’est alourdie. Le Québec compte 181 000 employés du secteur public de plus qu’en 2000. À lui seul, le Québec a créé un nouveau poste de fonctionnaire sur trois au pays. Le nombre d’employés a crû de 114 000 entre 2000 et 2003, sous le gouvernement du Parti Québécois, et de 67 000 depuis l’élection du gouvernement libéral.

C’est d’autant plus désolant que les libéraux avaient fait de la réingénierie de l’État un engagement électoral. Non seulement l’État a continué de grossir, mais les emplois créés ne l’ont pas été au bon endroit. Dans le domaine de la santé, nous apprend Paul Larocque dans son reportage à TVA, le nombre d’infirmières est en hausse de 5,4 % depuis 2003, le nombre de médecins de 7,2 % alors que le nombre de fonctionnaires a bondi de 19,3 %. Le Québec a besoin de gens sur la ligne de front, pas dans les bureaux !

***Petite clarification***

M. Duhamel a plutôt mal cité M. Laroque. Le 19.3% représente en fait les cadres dans le milieu de la santé. Voici la source:

http://www2.canoe.com/infos/dossiers/archives/2010/03/20100315-170647.html

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Dans le débat sur le système de santé "idéal", il y a deux choses qu’il convient de séparer, mais qui sont malheureusement trop souvent confondues: 1) la prestation des soins et 2) le financement des soins. Pour moi, ce sont deux problématiques distinctes.

Un article paru dans The Economist  la semaine dernière présentait des données fort intéressantes à l’égard des systèmes de santé de divers pays. Selon le second graphique, lequel présente un indice de qualité en fonction des dépenses en proportion du PIB, le pays qui semble en avoir le plus pour son argent est les Pays-Bas. Or, ce pays est aussi un de ceux où l’assurance-santé privée occupe la plus grande place quant au financement (voir premier graphique).  Y aurait-il des leçons à en tirer pour le Québec? Voyons ce qu’il en est.

1) La prestation des soins:

Au Canada, la plupart des soins de santé sont déjà octroyés par le privé (cliniques médicales, dentaires, orthodontistes, optométristes, etc). Ces entités sont en concurrence et sont assez efficaces. Les problèmes d’opération sont plutôt au niveau des hôpitaux, qui eux sont publics…

Je ne vois aucune raison pour que les hôpitaux ne soient pas privatisés, au même titre que les autres prestataires de soins de santé. Je suis d’avis que la concurrence et la recherche du profit forceront les hôpitaux à améliorer la qualité et la quantité de service tout en réduisant les coûts de bureaucratie. Si ça fonctionne bien pour tout le reste du système, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas fonctionner pour les hôpitaux. D’ailleurs, en vendant les infrastructures actuelles à des entreprises privées, le gouvernement pourrait lever d’importantes sommes qui pourraient être utilisées au remboursement de la dette.

2) Le financement des soins:

Le principe si cher aux Québécois, l’universalité des soins de santé, implique que personne ne doit se voir refuser des soins requis en raison de son incapacité de payer. Y aurait-t-il moyen de maintenir ce principe tout en améliorant l’efficacité du financement des soins? Les Pays-Bas ont réussi ce tour de force!

Le gouvernement québécois assume présentement environ 70% des coûts de soins de santé notamment à travers la RAMQ. Le reste provient d’assurances privées, de fondations et de la poche des gens qui reçoivent les soins. Comme son nom le dit, la RAMQ est une assurance-santé et comme je le décrirai plus loin, il y a plusieurs problèmes avec cette assurance:

  1. Cette assurance est obligatoire, son financement est assumé à 100% par les contribuables,
  2. les risques couverts sont très étendus, définis par décret et imposés,
  3. il n’y a aucune sélection de risque moral (i.e. tout le monde est accepté au même prix – $0),
  4. la gestion est effectuée par les fonctionnaires de l’État.

Tout d’abord, en raison de la structure et du mode d’opération de la RAMQ, la population perçoit les soins de santé comme étant gratuits, ce qui n’est évidemment pas le cas. Cela mène évidemment à une sur-consommation de soins. Une assurance-santé privée ferait en sorte de rendre les coûts plus transparents. Pensez à votre assurance auto: vous avez un fort incitatif à surveillez votre conduite et à ne pas soumettre de réclamation pour un dommage léger.

Ensuite, qu’est-ce qu’une assurance à la base? Selon Wiki, une assurance est un service qui fournit une prestation lors de la survenance d’un risque. Ainsi, le but d’avoir une assurance est de se protéger contre des risques que l’on craint et qui pourraient avoir un impact négatif significatif sur notre situation.

À cet égard, avoir un cancer, faire une crise cardiaque, avoir un accident de voiture, se blesser en déboulant les escaliers, avoir un malaise grave ou un ACV, sont des exemples de risques contre lesquels un individu devrait chercher à se protéger. Vouloir visiter une clinique pour une grippe ou un examen usuel, aller à l’hôpital pour accoucher ou pour une prise de sang ne sont pas des risques significatifs; ce sont des événements normaux dans le cours d’une vie. Il n’y a pas de raison pour être assuré à cet égard, tout comme pour votre assurance-auto qui ne couvre pas l’entretien de votre voiture et les petits bris usuels. Je suis d’avis que la RAMQ devrait redéfinir les risques qu’elle couvre et se concentrer sur les risques réels. Cela permettrait de grandement réduire les coûts de cette assurance.

L’autre problème de la RAMQ est qu’elle assume un risque moral démesuré sans aucune compensation. Un très grand nombre de maladies sont simplement reliées à de mauvaises habitudes de vie. Certains individus ne font pas attention à leur santé, mais bénéficient quand même de toute la couverture de la RAMQ sans surcharge. C’est comme si le conducteur qui a deux accidents et quatre contraventions par  année payait la même prime que vous pour son assurance-auto.

Finalement, l’administration de la RAMQ est effectuée par les fonctionnaires du gouvernement, ce qui implique des conditions salariales supérieures et déconnectées du marché du travail ainsi qu’une coûteuse bureaucratie inefficace. Comme la RAMQ ne recherche pas le profit et n’a pas de concurrence, elle n’a aucun incitatif à améliorer sa performance à quelque égard que ce soit.

Les conséquences:

Les conséquences principales des quatre éléments ci-haut mentionnés sont une explosion des coûts des soins de santé suivie d’une insuffisance de la quantité et de la qualité de l’offre de soins.

Pour contrer ces augmentations de coûts sans changer le système, l’État s’est engagé dans une série de politiques totalitaires ayant comme impact de réduire les liberté individuelles. Le gouvernemaman veut nous imposer ses vues quant à nos habitudes de vie (alimentation, cigarette, exercice, etc) à grands coups de dépenses et de lois. 

Il a aussi étendu sa bureaucratie autocratique à l’industrie pharmaceutique ce qui a eu comme impact d’augmenter les coûts de développement et de commercialisation des médicaments. Notez que le Canada a un taux de pénétration des médicaments génériques de seulement 50% versus 70% pour les États-Unis (un chiffre déjà trop bas).

Il tente aussi par tous les moyens de restreindre l’offre de soins (quotas), même si elle devient insuffisante face à la demande, tel un régime communiste déespéré. Résultat: impossible de trouver un médecin de famille, les urgences débordent et les listes d’attentes pour certaines chirurgies s’allongent dramatiquement.

Malgré cela, les coûts continuent d’exploser et représentent une portion de plus en plus grande des dépenses totales du gouvernement québécois. Le besoin d’un changement de structure ne fait plus aucun doute…

Les défauts de l’assurance-santé privée:

Les pays qui utilisent un système d’assurance-santé privée ou semi-privée ont rencontré certains problèmes qu’il faut tenter d’éviter, mais qui ne sont pas sans solution, comme le démontre l’exemple des Pays-Bas.

Le premier problème est que les individus dont la santé est plus à risque ont de la difficulté à se trouver une assurance à prix abordable (a.k.a. "lemon-dropping"). La solution à ce problème est relativement simple. On crée un pool règlementé avec ces assurés, lesquels paieront un prix règlementé (inférieur au prix du marché pour un tel risque). Les pertes financières de ce pool seront assumées par l’ensemble des assureurs, en proportion de leurs revenus. C’est de cette façon que fonctionne l’assurance-auto dans plusieurs provinces canadiennes. Le nouveau système en place aux Pays-Bas depuis 2006 est aussi inspiré de ce concept. Le système Néerlandais sépare d’ailleurs les soins long terme et maladies chroniques des soins court terme et urgents.

Le deuxième problème est le manque de transparence des prix. Dans certains pays, l’assureur oblige le patient à être traité dans certains hôpitaux spécifiques avec lesquels il a une entente. Cela permet de minimiser les coûts, mais ne permet pas de favoriser la qualité des soins. L’autre option consiste à donner le choix de l’hôpital au patient, mais à ce moment le coût n’est plus pris en compte. D’autre part, certaines région ont vu apparaître des cartels d’hôpitaux formant des monopoles locaux, empêchant tout compromis sur le prix.

Encore une fois, il y existe des solution à cette impasse. À cet égard, les Pays-Bas montrent encore la voie. Ils ont développé un système de tarification qui décourage les médecins à fournir un service de mauvaise qualité. Ils ont développé des outils pour mesurer la qualité du service et ont fourni aux consommateurs davantage d’information sur les prix et la qualité du service des assureurs et fournisseurs de soins de santé. Le gouvernement a mis en place un site internet où les consommateurs peuvent comparer les différents assureurs, leurs prix, les services offerts, le niveau de satisfaction des clients et plusieurs indicateurs de performance des hôpitaux. Cette transparence améliore grandement le fonctionnement et l’efficacité du système.

Conclusion:

Il est temps que le gouvernement québécois sorte de sa torpeur et s’attaque à la structure de notre système de santé. L’utilisation de la concurrence est selon moi primordiale à l’amélioration de l’efficacité du système. Tout comme Singapour, les Pays-Bas nous montrent un exemple de structure qui donne de biens meilleurs résultats que notre système quasi-communiste. Malheureusement, nos élus manquent de volonté et l’immobilisme prévaut…

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