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Posts Tagged ‘corporatisme’

Au Québec, lorsqu’il est question de capitalisme « sauvage » et de l’hégémonie des grandes entreprises assoiffées de profits, on pointe souvent Québécor du doigt, ainsi que son PDG, Pierre-Karl Péladeau. L’entreprise vient d’ailleurs de lancer la chaîne de télévision Sun TV, qui fait la promotion des valeurs de droite. La soi-disant « dangereuse » convergence médiatique qui sévit présentement au Québec serait le résultat inévitable d’un libre-marché débridé, qu’il faudrait règlementer et contrôler.

Pourtant, peu de gens savent que Pierre-Karl était, durant sa jeunesse, un marxiste, un communiste! C’est d’ailleurs en l’honneur de Karl Marx qu’il a remplacé le « C » de Carl pour le « K » de Karl Marx (voir ceci). Par la suite, l’évolution de sa pensée et la chute du rideau de fer l’ont sans doute mené à réaliser que le communisme était une idéologie irréalisable et utopiste. Il a donc délaissé le socialisme de gauche pour son alter-égo : le socialisme de droite.

Pour moi, Québécor est l’incarnation parfaite, au Québec, de ce que l’on appelle le capitalisme de connivence (en anglais « crony capitalism »). Lobby puissant, subventions, protections, privilèges, telles sont les signes de cette déviation du capitalisme; des entreprises qui utilisent les pouvoirs (trop grands) de l’État pour tricher au jeu du libre-marché.

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La gauche et les libertariens partagent beaucoup d’objectifs communs : vivre dans un monde où il y a moins de pauvreté, de chômage, de récessions, d’endettement, de guerres, de corruption et où l’environnement est sain (l’objectif de la gauche qui n’est pas partagé par les libertariens est la réduction des inégalités).

Cependant, les moyens favorisés pour atteindre ces objectifs sont fort différents de part et d’autre! La gauche préconise l’intervention de l’État alors que les libertariens préconisent la liberté. Cependant, plusieurs des politiques de la gauche apparaissent indéfendables lorsque l’on considère l’ensemble de leurs impacts sur la société. Ce texte comporte une multitude de liens vers des billets que j’ai publiés dans le passé; amusez-vous à les découvrir si ce n’est pas déjà fait!

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Question quiz: qu’ont en commun les individus suivants:

  • Daniel Johnson (fils)
  • Robert Bourassa
  • Lucien Bouchard
  • Bernard Landry
  • Jean Charest
  • Pierre Elliott Trudeau
  • Brian Mulroney
  • Jean Chrétien
  • Paul Martin
  • Barrack Obama
  • Bill Clinton et Hillary Clinton

Réponse: ce sont tous des politiciens ayant oeuvré sur la scène provinciale-québécoise ou fédérale-canadienne ou fédérale-américaine; et ce sont tous des avocats!

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Pour moi, le représentant typique de l’extrême-gauche est un blogueur nommé Sylvain Guillemette. Voici donc une réfutation de ses arguments principaux, énumérés dans les commentaires d’un billet de Jimmy St-Gelais et d’un billet publié sur Cents Papiers.

« Dans les faits, la liberté d’entreprendre est relative aux capitaux qu’on possède, et ce système permet à certains individus, de multiplier plus rapidement les capitaux, par leurs moyens de production. »

Oui ! Et idéalement, dans un monde libertarien, tout le monde a la possibilité d’amasser du capital et d’entreprendre : ça s’appelle l’épargne. Mais présentement, l’État s’accapare une grosse part du capital sous forme d’impôts, taxes et par l’inflation. Ce capital est dilapidé en dépenses diverses et sert à grossir une bureaucratie inefficace plutôt qu’à aider les gens.

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Ce billet vise à répondre aux 9 plus mythes les plus répandus au sujet des libertariens. Espérons que ça permettra d’éclaircir les choses…

1- Les libertariens n’ont pas de morale, ni de valeurs autres que l’argent et aux profits.

Le fait de vouloir vivre dans une société où le code moral n’est pas imposé par décret par l’élite politique ou religieuse ne signifie pas que les libertariens n’ont pas de morale. Chacun a ses propres valeurs et devrait pouvoir les exercer dans la mesure où on n’empiète pas sur la propriété et la liberté d’autrui (la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence).

 Lorsque qu’il est question d’organisation économique, il est vrai que les libertariens portent une importance particulière au rôle de la monnaie et du profit pour l’allocation efficiente des ressources. Cependant, l’argent et le profit ne sont pas centraux au libertariannisme. La base de cette idéologie repose sur la liberté.

2- Les libertariens sont à la solde des corporations et du monde des affaires.

Lorsqu’on parle de liberté, cela inclut évidemment la liberté de former une entreprise. La libre-entreprise est un des éléments défendus par les libertariens. C’est pourquoi vous entendrez souvent les libertariens critiquer l’État lorsque celui-ci restreint la liberté des entreprises. Ceci étant dit, les libertariens ne militent pas pour que les corporations soient favorisées par l’État. Les libertariens s’opposent aux plans de relance économique, aux sauvetages bancaires, subventions, au protectionnisme, aux brevets et aux autres privilèges accordés par l’État à certaines corporations.

L’une des dérives du clivage gauche / droite veut que la gauche défend le filet social, donc les pauvres, alors que la droite défend les hommes d’affaires, donc les riches. Les libertariens ne défendent ni un, ni l’autre; ils ne défendent que la liberté individuelle face à l’État. En ce sens, les libertariens ne défendent pas nécessairement les entreprises privées, mais plutôt le droit à la libre-entreprise privée; un corolaire de notre idéologie.

Par exemple, vous me verrez parfois prendre la défense d’entreprises persécutées par le pouvoir coercitif de l’État, mais vous me verrez aussi condamner les entreprises qui violent les lois et qui utilisent le pouvoir coercitif de l’État avec l’aide de leurs lobbys ou en profitant de la corruption des fonctionnaires de l’État. Encore une fois, il ne faut pas confondre capitalisme et corporatisme.

3- Les libertariens ne sont intéressés qu’à payer moins d’impôts.

L’expression la plus fondamentale de la liberté est que nous sommes les légitimes propriétaires de notre corps. Lorsqu’on utilise notre corps pour produire du travail, que ce soit pour le profit ou pour un salaire, nous sommes donc les légitimes propriétaire de ce profit ou de ce salaire. Lorsqu’une loi coercitive nous force à remettre une partie de cette somme à l’État, cela revient à dire que nous ne sommes pas les légitimes propriétaires de notre corps et ne sommes donc pas libre. L’impôt est donc la négation de la liberté; il nous rend esclaves de l’État.

Ainsi, si il est admit que les libertariens combattent pour la liberté, il est logique que ceux-ci combattent l’impôt. Par contre, payer moins d’impôt est loin d’être le but ultime de la plupart des libertariens. Ce n’est qu’une conséquence collatérale.

4- Les libertariens sont individualistes et anti-sociaux et ne compatissent pas avec la misère de leur prochain.

Encore une fois, chaque libertarien est un individu unique ayant ses propres valeurs. La solidarité peut très bien être l’une d’elles. Dans une société libertarienne, la solidarité s’exprimerait différemment (elle ne serait pas imposée par la force), mais ne serait certainement pas inexistante.

L’individualité est certes primordiale pour les libertariens pusique la première étape de la liberté est la propriété légitime de son propre corps. Cependant, cet individualisme n’implique pas que les libertariens soient avares, égoïstes et insensibles à la misère de leur prochain.

L’État a d’ailleurs contribué à créer une société individualiste. Les gens envoient leurs impôts anonymement à l’État et considèrent que c’est suffisant pour aider son prochain. Les démunis eux reçoivent l’aide de l’État tout aussi anonymement et considère que c’est leur droit sacro-saint. La charité privée est minimale puisqu’on considère que l’État est là pour s’occuper des démunis, donc après avoir versé plus de 40% de son revenu en taxes et impôts, pas besoin d’en faire plus, c’est bien assez. Et comme il faut travailler 40% de plus pour avoir le même niveau de vie après impôts, pas le temps de faire du bénévolat. Il y a aussi cet antagonisme entre ceux qui sont forcés de payer et ceux qui ont le « droit » de recevoir, qui crée des frictions dans les communautés. Bien entendu, une bonne partie de ce 40% reste entre les mains des fonctionnaires-bureaucrates et ne se rend jamais à destination…

L’État providence, cette solidarité forcée, a détruit l’entraide communautaire et disloqué la société; il a favorisé l’individualisme, l’antagonisme et le parasitisme.

5- Les libertariens sont anti-gouvernement et pro-capitalisme.

Il est vrai que la plupart des libertariens voudraient réduire la taille de l’État et favorise le capitalisme comme organisation économique, mais le libertariannisme n’implique pas l’abolition du gouvernement et l’exclusion de toute forme d’organisation économique autre que le capitalisme.

Par exemple, une mini-société communiste pourrait très bien se former librement au sein d’une société libertarienne. Ces gens pourraient mettre en commun leurs avoirs et appliquer l’égalitarisme. Le mot clé ici est « librement ».

De plus, les libertariens reconnaissent l’existence d’une certaine forme de gouvernement : décentralisé, minimaliste et responsable. Les libertariens admettent que certains services peuvent être plus efficacement offerts par le gouvernement plutôt que par les entreprises privées, en autant que le privé puisse librement concurrencer les fonctionnaires.

Ce n’est pas strictement contre le gouvernement que les libertariens s’opposent, mais plutôt contre le gouvernement tel qu’il est présentement (liberticide, gros, inefficient, omniprésent et centralisé).

6- Dans un monde libertarien, la corruption et la fraude seraient omniprésents parce que la règlementation serait minime.

Un monde libertarien ne signifierait pas l’absence de lois et de règles. La fraude serait punie, tout comme la corruption. La règlementation serait par contre plus décentralisée et plus efficace. Elle ne servirait plus qu’à enrichir les avocats, mais plutôt à protéger l’intégrité du marché. Que l’on parle des scandales de Norbourg, Maddoff, Enron ou BP, la règlementation s’est avérée inefficace à prévenir les abus. La confiance aveugle envers les régulateurs a d’ailleurs facilité ces scandales.

La responsabilité (qui va de pair avec la liberté) et un système légal efficace sont aptes à protéger la population que la règlementation étatique.

7- Dans un monde libertarien, les inégalités seraient omniprésentes; c’est la loi du plus fort qui prévaudrait.

Plus l’État est gros, plus la loi du plus fort prévaut. Les groupes de pression, dont le poids politique est démesuré relativement au petit peuple, obtiennent des privilèges des politiciens qui s’adonnent au clientélisme politique pour se faire élire. Dans un monde libertarien, il n’y a pas de minorités privilégiées; tout le monde est égal devant la loi et le marché. Mais pour y arriver il faut un État minimal et décentralisé, qui ne priviligie pas "les plus forts" au détriment du "monde ordinaire".

8- Les libertariens sont à l’extrême droite.

Les gauchistes veulent utiliser l’État pour grossir le filet social et renforcer l’égalitarisme de la société alors que les droitistes veulent utiliser l’État pour obtenir des faveurs économiques pour les entreprises (protectionnisme, subventions) et pour intervenir dans l’économie (plans de relance, "bailouts”) et sur la scène internationale (guerres, impérialisme). Qu’ils soient de gauche ou de droite, les étatistes sont tout aussi néfastes pour la société et pour les libertés individuelles.

Les libertariens et la droite divergent grandement. Les libertariens sont contre les subventions, le protectionnisme, les plans de relance économiques, les "bailouts” , le lobbying, les banques centrales, la monnaie fiduciaire, les brevets, et toutes les autres interventions de l’État dans l’économie qui visent à procurer un avantage particulier à un groupe d’individus au détriment des autres.

Je vous recommande de lire mon billet intitulé La Vraie Politique, qui présente plus en détail la façon dont je vois le clivage politique.

9- Le libertarianisme n’est qu’une utopie irréalisable. Les libertariens ne sont pas activistes.

Il est vrai que le libertariannisme est confronté à beaucoup de barrières l’empêchant de s’implanter.

Les politiciens et les fonctionnaires, dont le gagne-pain consiste à parasiter les contribuables et à grossir leur empire bureaucratique, ne vont certainement pas se réveiller un matin et décider de rationaliser leurs effectifs. Ils n’ont aucun incitatif à le faire, et ont même des incitatifs à faire le contraire. D’autre part, un pourcentage significatif de la population est dépendant de l’État et craint une réduction de l’État-providence. Si on additionne les votes de ces deux camps, ils sont assez nombreux pour gagner une élection.

De plus, le système d’éducation néglige de présenter l’idéologie libertarienne, ce qui fait en sorte que la grande majorité de la population ne sait même pas de quoi il s’agit. Ceux qui en connaissent l’existence sont souvent déroutés par les gauchistes qui véhiculent des mythes à son égard, tels que ceux décrits ci-haut.

Quelle est la solution à cette impasse?

La première étape consiste faire connaître la philosophie libertarienne en bonne et due forme. La blogosphère permet de le faire avec une certaine efficacité, mais il faudra que ça aille plus loin éventuellement pour rejoindre plus de gens.

L’étape suivante consistera à exiger une plus grande liberté de nos politiciens. Je pense que cela peut s’effectuer un pas à la fois. Contrairement à d’autres libertariens, tel que Martin Masse, je pense qu’il faudrait un accès au système politique, aussi petit soit-il. Certains petits partis, tels que Québec-Solidaire et le Parti Verts, ont réussi à obtenir beaucoup d’exposition médiatique malgré un petit électorat et ont forcé les grands partis à adapter leurs programmes pour ne pas perdre d’électeurs. Il faut davantage de Maxime Bernier et Ron Paul pour défendre la liberté au sein des institutions démocratiques.

C’est de cette façon que les libertariens arriveront à changer le cours des choses. Entre-temps, je pense qu’il est faux de prétendre qu’il est utopique de demander davantage de liberté.

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Je suis tombé hier matin sur la bande-annonce du nouveau film de Michael Moore sur le bailout du système financier américain. Bien que le film mette le doigt sur l’une des pires fraudes de l’histoire des États-Unis, il identifie encore une fois le mauvais coupable. En effet, la film semble colporter le message que le bailout est du "capitalisme à l’état pur" et que c’est le méchant capitalisme qui a pris l’argent des pauvres prolétaires pour le donner aux riches banquiers de Wall-Street. Quel sophisme! Michael Moore nous prouve qu’il ne sait définitivement pas ce qu’est le capitalisme.

Pourtant, le film semble bien illustrer la mécanique derrière le bailout. On voit plusieurs fois Hank Paulson dans la bande annonce et l’infiltration du gouvernement par les banquiers semble y être présentée. Cependant, Moore semble incapable de faire le lien entre cette corruption évidente et la trop grande étendue des pouvoirs de l’État.

N’est-ce pas l’État qui vole le fruit du labeur des contribuables (impôt) et signe les chèques envoyés aux banques? L’interventionnisme étatique, dont le bailout est un exemple extrême, n’est-il pas l’anti-thèse du capitalisme?  Alors comment peut-on blâmer le capitalisme pour cela!

Ce sont les politiciens qui, malgré l’opposition de la population, ont distribué cet argent au gré du vent pour déjouer les règles fondamentales de ce qu’est vraiment le capitalisme, et ce sous l’influence des pot-de-vins venant de Wall-Street. Cette vicieuse corruption n’est pas le fruit du capitalisme, mais plutôt le modus operandi du corporatisme, qui empoisonne notre économie et notre société. C’est cette injustice qui creuse le fossé entre les classes sociales, i.e. ceux qui ont de bons contacts ($) avec les politiciens et ceux qui n’en ont pas; où les uns peuvent s’enrichir sur le dos des autres en trichant.

Le libertarianisme embrasse le capitalisme comme source d’efficience économique et de justice sociale. Mais le capitalisme est rare, voire absent, dans nos sociétés occidentales; seul le satané corporatisme prévaut.

Bref, par ce film, Moore illustre de façon claire le point que soulevais dans mon billet de vendredi sur la manie qu’ont les gauchistes de confondre capitalisme et corporatisme.

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Depuis quelque temps, je m’amuse à fréquenter les blogues de la go-gauche, question de leur brasser un peu leur petit monde rose bonbon où tout le monde est égal (et pauvre).  J’ai remarqué que l’un des sophismes qu’ils commettent souvent est de mélanger capitalisme et corporatisme.

Par exemple, pour eux, le bailout du système bancaire américain a été nécessaire pour sauver le "méchant" système capitaliste de l’effondrement. Or, nous savons très bien qu’un système bancaire de réserves fractionnaires et de fiat money mènent inévitablement à ce genre de crise et que le bailout est le fruit de l’emprise du cartel bancaire américain sur le gouvernement. Si vous doutez de cette emprise, vous n’avez qu’à lire mon billet sur Goldman Sachs pour vous en convaincre. Cela n’a rien à voir avec le capitalisme, c’est du corporatisme pur et simple!

Quant à ces lobbys corporatifs, qui mettent de la pression sur le gouvernement pour faire pencher la balance de la justice de leur côté, est-ce du méchant capitalisme? Bien non! En tant que minarchiste, je soutiens que l’État a trop de pouvoir dans notre société. Par leur influence, les lobbys et groupes de pression prennent le contrôle de ce surplus de pouvoir et le manipulent à leur avantage, au détriment de la collectivité. Ainsi, plus on diminue le pouvoir de l’État, moins celui-ci est corruptible.

Lorsque Bombardier séduit Ottawa pour obtenir une subvention à même l’argent des contribuables pour mener une compétition déloyale sans issue à Embraer et al., lorsque les constructeurs automobiles américains obtiennent de l’aide du gouvernement pour survivre alors d’autres entreprises sont aussi en difficulté, lorsqu’une entreprise réussit à convaincre ses dirigeants politiques d’instaurer des mesures protectionnistes pour protéger son industrie de la compétition étrangère obligeant par le fait même la collectivité à payer ses biens plus cher que le juste prix, lorsqu’une entreprise obtient un contrat du gouvernement sans appel d’offre suite à ce qu’elle ait invité le bon politicien à passer une fin de semaine sur un luxueux yacht, ou même lorsqu’un conseiller municipal obtient sans problème le changement de zonage d’un terrain pour qu’une entreprise de construction (dans laquelle il a une participation) puisse développer des condos, est-ce du méchant capitalisme? Absolument pas! C’est du corporatisme, de la fraude rendue possible parce que l’État est partout.

Les go-gauchistes dénoncent la plupart de ces abus autant que nous (libertariens). La différence est qu’ils y voient l’influence du "méchant capitalisme qui exploite le labeur des prolétaires au profit de la bourgeoisie" , alors que nous y voyons les conséquences logiques de la trop grande présence de l’État dans toutes les sphères de la société. Leur solution consiste à donner tous les pouvoirs à l’État, alors que la notre consiste à lui en enlever le plus possible pour redonner au peuple sa liberté.

Là où j’arrive encore moins à suivre les gauchistes, c’est lorsqu’ils utilisent d’autres pays en comparaison. Il me semble évident que, sans même se référer à un nombre incalculable d’études bidons, les pays de gauche s’approchant le plus du modèle socialiste (l’ex-URSS, Cuba, le Vénézuela, pour ne nommer que ceux-là) sont pauvres et manquent de tout, alors que les pays plus libéraux font mieux à presque tous les égards. La libéralisation graduelle de la Chine communiste n’a-t-elle pas eu un effet positif grandiose sur la qualité de vie de ses citoyens? Comment peut-on nier pareille évidence. Lorsque je verrai les taux d’immigrations du Vénézuela augmenter en flèche, je reconsidèrerai ma position, mais pour l’instant tout ce que je vois ce sont des Cubains qui fuient déspespérément leur pays sur des radeaux en carton.

Mais évidemment, lorsque Hugo Chavez verra la production de pétrole de son pays chuter, comme c’est maintenant le cas pour Pemex, et qu’il ne pourra plus alimenter sa population et celle de son ami Castro à une fraction du prix du marché et qu’il ne pourra plus en exporter pour financer ses généreux programmes sociaux populistes, et que la situation financière de son pays se détériorera à un point tel qu’il plongera son peuple dans une pauvreté encore plus grande, ce sera encore la faute du méchant capitalisme…Nous verrons alors si sa popularité tiendra la coup!

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Dans un excellent article de Matt Taibbi paru dans Rolling-Stones (dont j’ai trouvé le lien sur le blogue des 7 du Québec), l’auteur relate de quelle façon Goldman Sachs (GS) a réussi à infiltrer le gouvernement et comment elle tire profit de ces positions.

http://www.rollingstone.com/politics/story/29127316/the_great_american_bubble_machine/1

Voici tout d’abord une liste d’anciens haut-placés de Goldman Sachs qui oeuvrent au sein du gouvernement et/ou d’agences de règlementation:

  • - Robert Rubin: ancien secrétaire du trésor de Clinton.
  • - Henry Paulson: ancien secrétaire du trésor de Bush.
  • - Joshua Bolten: ancien chief of staff de Bush.
  • - Mark Patterson: treasury chief of staff de Obama.
  • - Ed Liddy: celui que Paulson a mis en charge de AIG suite au bailout.
  • - Neel Kashkari: celui que Paulson a mis en charge du TARP.
  • - Gary Gensler: en charge de la Commodity Futures Trading Commission.
  • - Neil Levin: en charge du New York State Insurance Department.
  • - Stephen Friedman: ancien chairman de la NY Federal Reserve.
  • - William Dudley: chairman de la NY Federal Reserve.
  • - Mark Carney: chairman de la Banque du Canada.
  • - Robert Zoellick: chairman de la Banque Mondiale.
  • - John Thain: ancien PDG de Merrill-Lynch.
  • - Robert Steel: ancien PDG de Wachovia.

Et je suis sûr que la liste pourrait très bien s’allonger si on cherche davantage…

Comment GS a-t-elle usé de ces relations importantes? Voici la réponse (selon l’article de Taibbi dont plusieurs faits demeurent à vérifier):

1) Durant la bulle technologique, après avoir fait le premier appel public à l’épargne (PAPE) de Yahoo!, GS est devenu un leader dans ce domaine, multipliant les PAPEs d’entreprises fraîchement créées, sans profits, ni modèle d’affaire. Elle a utilisé plusieurs tactiques frauduleuses pour arriver à ses fins, notamment le "laddering" et le "spinning", consistant à manipuler les marchés. Elle  a payé de faibles amendes à cet égard (grâce à ses contacts), mais a empochés d’immenses profits et payé d’immense bonus à ses dirigeants et employés.

2) GS a été une pionnière dans la titrisation de créances "sub-prime", vendant ces titres frauduleux à des fonds de pension, sachant très bien que les pertes seraient immenses. La preuve qu’elle n’y croyait pas? Elle a pris des positions gigantesques dans des credit-default-swaps (CDS), notamment auprès de AIG (i.e. elle a parié que les pertes sur ces prêts seraient élevées). C’est un cas typique d’asymétrie d’information: GS savait que les CDOs ne vaudraient rien, donc elle les vend à d’autres et achète des CDS pour faire le pari inverse! De la pure fraude de valeurs mobilières.

Comment AIG a-t-elle pu prendre ces immenses positions en passant sous le radar de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC)? Grâce à la collaboration de Robert Rubin et de son Commodity Futures Modernization Act et aussi grâce à Neil Levin, qui a fait en sorte que les CDS ne soient pas règlementés comme un produit d’assurance.

À noter que suite au bailout de AIG, Ed Liddy, nommé par Paulson pour prendre AIG en charge, a fait un chèque d’environ $13 milliard d’argent des contribuables à GS, pour rembourser les gains de GS sur les CDS que AIG lui devait. Il est donc faux de prétendre que GS n’a pas bénéficié du bailout parce qu’elle voulait à tout prix le rembourser. Le bailout a sauvé ses contreparties; et elle a voulu le rembourser pour pouvoir payer de généreux bonus à ses employés!

Ce paiement de AIG fait en sorte que les résultats du premier trimestre de 2009 de GS ont surpris à la hausse, stimulant le prix de l’action. GS en profite pour faire une émission d’actions à prix avantageux, et ce quelque temps avant l’annonce des fameux "stress-tests" qui allaient faire en sorte que plusieurs banques allaient avoir à émettre des actions toutes en même temps; comme si GS savait à l’avance ce qui allait arriver. Ensuite, les règles pour le remboursement du TARP ont été annoncées et requièrent que l’argent soit remboursé avec de la dette fraîchement émise d’au moins 5 ans, non-garantie par le FDIC, ce que GS avait fait une semaine auparavant! C’est ce qui s’appelle être ahead of the curve…

3) GS a grandement bénéficié de la hausse des prix des commodités en 2008, surtout du pétrole. Elle a pu en profiter largement parce qu’elle a obtenu une exemption du CFTC (où elle a un homme d’influence) lui permettant de prendre d’immenses positions sur les marchés à terme, ce qui n’était pas permis auparavant pour ne pas que les prix soient manipulés. GS avait d’ailleurs plusieurs investissements directs dans le pétrole, notamment des rafineries au Kansas.

4) L’auteur de l’article suggère que la prochaine source de profits de GS sera les crédits d’émission de carbone. Le site internet de l’entreprise corrobore d’ailleurs cette affirmation (voir image de la page principale de GS plus bas). L’entreprise a déjà mobilisé tous ces contacts gouvernementaux, dont le Président lui-même, de façon à créer une règlementation qui lui permettra de s’enrichir. Elle a d’ailleurs déjà positionné ses investissements à cet égard:

  • - Horizon Wind Energy ( énergie éolienne)
  • - Changing World Tech
  • - BP Solar (partenariat d’énergie solaire avec British Petroleum)
  • - Chicago Climate Exchange (bourse du carbone)
  • - Blue Source LLC
  • - Generation Investment Management (avec Al Gore)
  • - Green Growth Fund

Non seulement ces entreprises recevront de généreuses subventions avec de l’argent des contribuables, mais elles pourront en plus permettre à GS de s’enrichir au fur et à mesure que le prix des crédits de carbone vont augmenter. Et elle s’assurera que cela se produise en utilisant son immense pouvoir spéculatif et ses contacts au gouvernement.

Finalement, Goldman Sachs a fait $2 milliard de profit en 2008, mais n’a payé que $14 millions en impôts, grâce à ses filiales dans les paradis fiscaux. Le PDG a fait $42.9 millions et les employés ont fait $16 milliards en rémunération. Les employés et l’entreprise ont contribué $981,000 à la campagne de Obama et $4.5 millions au parti Démocrate.

Facile de faire de l’argent lorsqu’on sait à l’avance (ou décide à l’avance) de ce qui va arriver. L’intervention du gouvernement dans l’économie, influencée par les bonzes de GS, lui a permis tricher le capitalisme et de rediriger des milliards d’épargne des citoyens sous la forme de profits pour les actionnaires et de bonus pour les haut-placés de cette banque.

GS_climatechange

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