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"The Case For Legalizing Capitalism", par Kel Kelly, 2010, 492 pages.

Cet ouvrage vise à expliquer ce qu’est vraiment le capitalisme et comment celui-ci est la meilleure forme d’organisation économique possible. La plupart des mythes et sophismes économiques les plus répandus y sont abordés.

J’ai bien aimé ce livre, mais avec quelques petits bémols. Le livre est un peu trop long ce qui le rend un peu inaccessible à ceux qui auraient bien besoin de le lire (le commun des mortels). L’auteur aurait gagné à réduire le nombre de sujets couverts (j’aurais notamment laissé tombé la section sur l’Empire Romain). Cependant, le niveau de language utilisé est assez simple, pas trop technique, sauf pour ce qui est du chapitre sur le keynésianisme, que j’ai trouvé pénible à lire et mal structuré. L’autre conséquence du nombre très étendu de sujets abordés par ce livre est que certains sujets très importants ne sont qu’effleurés (par exemple, la théorie autrichienne des cycles économiques et le rôle de la création de monnaie dans les cycles économiques). D’autre part, l’auteur passe souvent du coq à l’âne à l’intérieur d’un même chapitre, ce qui peut devenir étourdissant. Certains sujets sont traités à plusieurs endroits dans le livre, ce qui porte parfois à confusion. Mon dernier reproche est à propos de la tendance "droitiste" de l’auteur sur certains sujets. Il est déjà assez difficile pour les libertariens de se dissocier de la droite, je pense qu’un ouvrage libertarien devrait éviter d’utiliser les arguments de la droite.

Les chapitres que j’ai préférés sont ceux sur le marché du travail (1), le commerce (2), la règlementation (4) et l’environnement (9). Le dernier chapitre (11) est plutôt original: l’auteur y commente et analyse des titres d’articles en provenance des médias "mainstream".

L’auteur a été négociateur sur Wall-Street et a aussi travaillé pour une firme de consultants en management du Fortune 500. Il détient une maîtrise en économie et un MBA. Il collabore souvent aux articles du Mises Institute.

Le livre est disponible gratuitement en pdf sur le site du Mises Institute alors que la version physique est en vente pour $20:

http://mises.org/resources/5642/The-Case-for-Legalizing-Capitalism

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Pour moi, le représentant typique de l’extrême-gauche est un blogueur nommé Sylvain Guillemette. Voici donc une réfutation de ses arguments principaux, énumérés dans les commentaires d’un billet de Jimmy St-Gelais et d’un billet publié sur Cents Papiers.

« Dans les faits, la liberté d’entreprendre est relative aux capitaux qu’on possède, et ce système permet à certains individus, de multiplier plus rapidement les capitaux, par leurs moyens de production. »

Oui ! Et idéalement, dans un monde libertarien, tout le monde a la possibilité d’amasser du capital et d’entreprendre : ça s’appelle l’épargne. Mais présentement, l’État s’accapare une grosse part du capital sous forme d’impôts, taxes et par l’inflation. Ce capital est dilapidé en dépenses diverses et sert à grossir une bureaucratie inefficace plutôt qu’à aider les gens.

(suite…)

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            Le socialisme est un système de type collectiviste qui se traduit essentiellement par la propriété publique des instruments de production. Autrement dit, seul le gouvernement peut être propriétaire du capital productif de l’économie.

            L’autre terme souvent utilisé pour désigner le socialisme est la planification centrale. C’est que dans ce système, il n’y a plus d’entrepreneurs, juste des fonctionnaires. Il n’y a plus de concurrence ni de profits. L’État a le monopole sur tout et décide de quoi et combien produire.

            Comme il n’y a plus de profit, plus rien ne motive les travailleurs. Ceux-ci ne peuvent pas améliorer leur sort en travaillant plus dur ou en améliorant leurs compétences. C’est pourquoi les systèmes socialistes voient leur productivité baisser drastiquement. Il en résulte une baisse de la production et des pénuries. Par exemple, avant d’adopter le communisme, la Russie était un gros exportateur de céréales, alors qu’à une certaine époque sous le communisme, elle n’en produisait plus assez pour nourrir sa propre population, devenant éventuellement le plus gros importateur de céréales au monde.

            De plus, sans profit, l’innovation n’est pas encouragée. Pour qu’un individu donne le meilleur de lui-même, il faut que ça en vaille la peine. Si personne ne peut profiter de son travail acharné ou des découvertes engendrées par son génie créatif, personne n’aura la motivation nécessaire à faire avancer la société vers un meilleur niveau de vie. L’absence de profit complique aussi les décisions d’investissement. Comment comparer deux investissements différents sans profit? Les pays socialistes accusent donc généralement un retard technologique important.

(suite…)

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Ce billet vise à répondre aux 9 plus mythes les plus répandus au sujet des libertariens. Espérons que ça permettra d’éclaircir les choses…

1- Les libertariens n’ont pas de morale, ni de valeurs autres que l’argent et aux profits.

Le fait de vouloir vivre dans une société où le code moral n’est pas imposé par décret par l’élite politique ou religieuse ne signifie pas que les libertariens n’ont pas de morale. Chacun a ses propres valeurs et devrait pouvoir les exercer dans la mesure où on n’empiète pas sur la propriété et la liberté d’autrui (la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence).

 Lorsque qu’il est question d’organisation économique, il est vrai que les libertariens portent une importance particulière au rôle de la monnaie et du profit pour l’allocation efficiente des ressources. Cependant, l’argent et le profit ne sont pas centraux au libertariannisme. La base de cette idéologie repose sur la liberté.

2- Les libertariens sont à la solde des corporations et du monde des affaires.

Lorsqu’on parle de liberté, cela inclut évidemment la liberté de former une entreprise. La libre-entreprise est un des éléments défendus par les libertariens. C’est pourquoi vous entendrez souvent les libertariens critiquer l’État lorsque celui-ci restreint la liberté des entreprises. Ceci étant dit, les libertariens ne militent pas pour que les corporations soient favorisées par l’État. Les libertariens s’opposent aux plans de relance économique, aux sauvetages bancaires, subventions, au protectionnisme, aux brevets et aux autres privilèges accordés par l’État à certaines corporations.

L’une des dérives du clivage gauche / droite veut que la gauche défend le filet social, donc les pauvres, alors que la droite défend les hommes d’affaires, donc les riches. Les libertariens ne défendent ni un, ni l’autre; ils ne défendent que la liberté individuelle face à l’État. En ce sens, les libertariens ne défendent pas nécessairement les entreprises privées, mais plutôt le droit à la libre-entreprise privée; un corolaire de notre idéologie.

Par exemple, vous me verrez parfois prendre la défense d’entreprises persécutées par le pouvoir coercitif de l’État, mais vous me verrez aussi condamner les entreprises qui violent les lois et qui utilisent le pouvoir coercitif de l’État avec l’aide de leurs lobbys ou en profitant de la corruption des fonctionnaires de l’État. Encore une fois, il ne faut pas confondre capitalisme et corporatisme.

3- Les libertariens ne sont intéressés qu’à payer moins d’impôts.

L’expression la plus fondamentale de la liberté est que nous sommes les légitimes propriétaires de notre corps. Lorsqu’on utilise notre corps pour produire du travail, que ce soit pour le profit ou pour un salaire, nous sommes donc les légitimes propriétaire de ce profit ou de ce salaire. Lorsqu’une loi coercitive nous force à remettre une partie de cette somme à l’État, cela revient à dire que nous ne sommes pas les légitimes propriétaires de notre corps et ne sommes donc pas libre. L’impôt est donc la négation de la liberté; il nous rend esclaves de l’État.

Ainsi, si il est admit que les libertariens combattent pour la liberté, il est logique que ceux-ci combattent l’impôt. Par contre, payer moins d’impôt est loin d’être le but ultime de la plupart des libertariens. Ce n’est qu’une conséquence collatérale.

4- Les libertariens sont individualistes et anti-sociaux et ne compatissent pas avec la misère de leur prochain.

Encore une fois, chaque libertarien est un individu unique ayant ses propres valeurs. La solidarité peut très bien être l’une d’elles. Dans une société libertarienne, la solidarité s’exprimerait différemment (elle ne serait pas imposée par la force), mais ne serait certainement pas inexistante.

L’individualité est certes primordiale pour les libertariens pusique la première étape de la liberté est la propriété légitime de son propre corps. Cependant, cet individualisme n’implique pas que les libertariens soient avares, égoïstes et insensibles à la misère de leur prochain.

L’État a d’ailleurs contribué à créer une société individualiste. Les gens envoient leurs impôts anonymement à l’État et considèrent que c’est suffisant pour aider son prochain. Les démunis eux reçoivent l’aide de l’État tout aussi anonymement et considère que c’est leur droit sacro-saint. La charité privée est minimale puisqu’on considère que l’État est là pour s’occuper des démunis, donc après avoir versé plus de 40% de son revenu en taxes et impôts, pas besoin d’en faire plus, c’est bien assez. Et comme il faut travailler 40% de plus pour avoir le même niveau de vie après impôts, pas le temps de faire du bénévolat. Il y a aussi cet antagonisme entre ceux qui sont forcés de payer et ceux qui ont le « droit » de recevoir, qui crée des frictions dans les communautés. Bien entendu, une bonne partie de ce 40% reste entre les mains des fonctionnaires-bureaucrates et ne se rend jamais à destination…

L’État providence, cette solidarité forcée, a détruit l’entraide communautaire et disloqué la société; il a favorisé l’individualisme, l’antagonisme et le parasitisme.

5- Les libertariens sont anti-gouvernement et pro-capitalisme.

Il est vrai que la plupart des libertariens voudraient réduire la taille de l’État et favorise le capitalisme comme organisation économique, mais le libertariannisme n’implique pas l’abolition du gouvernement et l’exclusion de toute forme d’organisation économique autre que le capitalisme.

Par exemple, une mini-société communiste pourrait très bien se former librement au sein d’une société libertarienne. Ces gens pourraient mettre en commun leurs avoirs et appliquer l’égalitarisme. Le mot clé ici est « librement ».

De plus, les libertariens reconnaissent l’existence d’une certaine forme de gouvernement : décentralisé, minimaliste et responsable. Les libertariens admettent que certains services peuvent être plus efficacement offerts par le gouvernement plutôt que par les entreprises privées, en autant que le privé puisse librement concurrencer les fonctionnaires.

Ce n’est pas strictement contre le gouvernement que les libertariens s’opposent, mais plutôt contre le gouvernement tel qu’il est présentement (liberticide, gros, inefficient, omniprésent et centralisé).

6- Dans un monde libertarien, la corruption et la fraude seraient omniprésents parce que la règlementation serait minime.

Un monde libertarien ne signifierait pas l’absence de lois et de règles. La fraude serait punie, tout comme la corruption. La règlementation serait par contre plus décentralisée et plus efficace. Elle ne servirait plus qu’à enrichir les avocats, mais plutôt à protéger l’intégrité du marché. Que l’on parle des scandales de Norbourg, Maddoff, Enron ou BP, la règlementation s’est avérée inefficace à prévenir les abus. La confiance aveugle envers les régulateurs a d’ailleurs facilité ces scandales.

La responsabilité (qui va de pair avec la liberté) et un système légal efficace sont aptes à protéger la population que la règlementation étatique.

7- Dans un monde libertarien, les inégalités seraient omniprésentes; c’est la loi du plus fort qui prévaudrait.

Plus l’État est gros, plus la loi du plus fort prévaut. Les groupes de pression, dont le poids politique est démesuré relativement au petit peuple, obtiennent des privilèges des politiciens qui s’adonnent au clientélisme politique pour se faire élire. Dans un monde libertarien, il n’y a pas de minorités privilégiées; tout le monde est égal devant la loi et le marché. Mais pour y arriver il faut un État minimal et décentralisé, qui ne priviligie pas "les plus forts" au détriment du "monde ordinaire".

8- Les libertariens sont à l’extrême droite.

Les gauchistes veulent utiliser l’État pour grossir le filet social et renforcer l’égalitarisme de la société alors que les droitistes veulent utiliser l’État pour obtenir des faveurs économiques pour les entreprises (protectionnisme, subventions) et pour intervenir dans l’économie (plans de relance, "bailouts”) et sur la scène internationale (guerres, impérialisme). Qu’ils soient de gauche ou de droite, les étatistes sont tout aussi néfastes pour la société et pour les libertés individuelles.

Les libertariens et la droite divergent grandement. Les libertariens sont contre les subventions, le protectionnisme, les plans de relance économiques, les "bailouts” , le lobbying, les banques centrales, la monnaie fiduciaire, les brevets, et toutes les autres interventions de l’État dans l’économie qui visent à procurer un avantage particulier à un groupe d’individus au détriment des autres.

Je vous recommande de lire mon billet intitulé La Vraie Politique, qui présente plus en détail la façon dont je vois le clivage politique.

9- Le libertarianisme n’est qu’une utopie irréalisable. Les libertariens ne sont pas activistes.

Il est vrai que le libertariannisme est confronté à beaucoup de barrières l’empêchant de s’implanter.

Les politiciens et les fonctionnaires, dont le gagne-pain consiste à parasiter les contribuables et à grossir leur empire bureaucratique, ne vont certainement pas se réveiller un matin et décider de rationaliser leurs effectifs. Ils n’ont aucun incitatif à le faire, et ont même des incitatifs à faire le contraire. D’autre part, un pourcentage significatif de la population est dépendant de l’État et craint une réduction de l’État-providence. Si on additionne les votes de ces deux camps, ils sont assez nombreux pour gagner une élection.

De plus, le système d’éducation néglige de présenter l’idéologie libertarienne, ce qui fait en sorte que la grande majorité de la population ne sait même pas de quoi il s’agit. Ceux qui en connaissent l’existence sont souvent déroutés par les gauchistes qui véhiculent des mythes à son égard, tels que ceux décrits ci-haut.

Quelle est la solution à cette impasse?

La première étape consiste faire connaître la philosophie libertarienne en bonne et due forme. La blogosphère permet de le faire avec une certaine efficacité, mais il faudra que ça aille plus loin éventuellement pour rejoindre plus de gens.

L’étape suivante consistera à exiger une plus grande liberté de nos politiciens. Je pense que cela peut s’effectuer un pas à la fois. Contrairement à d’autres libertariens, tel que Martin Masse, je pense qu’il faudrait un accès au système politique, aussi petit soit-il. Certains petits partis, tels que Québec-Solidaire et le Parti Verts, ont réussi à obtenir beaucoup d’exposition médiatique malgré un petit électorat et ont forcé les grands partis à adapter leurs programmes pour ne pas perdre d’électeurs. Il faut davantage de Maxime Bernier et Ron Paul pour défendre la liberté au sein des institutions démocratiques.

C’est de cette façon que les libertariens arriveront à changer le cours des choses. Entre-temps, je pense qu’il est faux de prétendre qu’il est utopique de demander davantage de liberté.

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Aux dires de certains, la recherche du profit est un vice qui nuit à la société. À les entendre, plus le profit est élevé, plus les gens se font exploiter par les producteurs. Ils considèrent scandaleux que les producteurs profitent des pénuries pour augmenter leurs prix pour faire plus de profit.

Selon eux, le système capitaliste fait en sorte que les prix sont souvent plus élevés que le "juste prix" de façon à ce que les producteurs puissent faire du profit. Alors nationalisons ces producteurs, éliminons le profit et nous économiserons tous! C’est ce raisonnement simpliste qui a, entre autres, servi d’argument aux communistes. Suite à l’échec monumental de cette idéologie, il est clair que la réalité est différente de ce que ces gens pensent et que ce type d’argumentation est fort dangeureux.

En réalité, voici comment le profit crée de la richesse et fait du bien pour la société.

Le profit plaît aux actionnaires:

Le profit est ce qui revient aux actionnaires d’une entreprise après toutes les dépenses, intérêts et impôts. Il peut servir à réinvestir dans l’entreprise pour améliorer les profits futurs ou à verser des dividendes. La valeur d’une entreprise repose essentiellement sur les profits; sans eux l’entreprise ne vaut que la valeur liquidative de ses actifs. Ainsi, les actionnaires ont grand intérêt à ce que les profits soient le plus élevé possible. Par l’entremise du conseil d’administration, les actionnaires de l’entreprise mettent beaucoup de pression sur ses dirigeants (bonus, congédiements, etc) pour que ceux-ci fassent en sorte de maximiser les profits, et donc la valeur des actions. Sans profit il n’y pas de capital et donc pas d’investissement privé. 

Il y a beaucoup de compétition entre les entreprises pour obtenir le capital des actionnaires. Pour obtenir du capital (i.e. que les investisseurs achètent leurs actions), les entreprises doivent démontrer qu’elles sont bien gérées, que leur situation financière est appropriée et que leurs investissements seront profitables. Les marchés financiers agissent donc en tant qu’allocateurs de capital et tentent de faire en sorte que le capital ne soit pas gaspillé et qu’il soit utilisé le mieux possible. Le moteur de tout ce processus d’allocation est le profit. Sans lui, il n’y aurait aucun moyen de savoir si le capital est bien investi et aucune motivation à ce que ce soit le cas.

Le profit incite à minimiser les coûts et incite à l’innovation:

Une bonne façon de maximiser les profits est de réduire ses coûts. Les entreprises font donc en sorte d’améliorer la productivité de leurs employés en engageant les meilleurs candidats possibles, en leur fournissant de la formation et en leur attribuant une rémunération alignée sur la performance (lorsque faisable). Les salaires doivent être le plus bas possible, mais doivent quand même être compétitifs si l’entreprise veut attirer de bon candidats.

D’autre part, l’entreprise investira en marketing pour tenter d’augmenter ses parts de marché. L’augmentation des volumes réalisée grâce au marketing permet de réduire les coûts unitaires totaux, puisque les coûts fixes sont répartis sur un plus grand nombre d’unité, ce qui rentabilise cette dépense. Le profit incite aussi à réduire la bureaucratie au minimum, puisque celle-ci coûte cher à l’entreprise.

L’autre façon de réduire les coûts et d’améliorer la productivité est d’innover. Pour ce faire, l’entreprise devra faire de la recherche & développement pour améliorer ses technologies. Elle pourra aussi investir dans de nouvelles machineries et revoir ses processus logistiques. Sans profit supplémentaire, les entreprises n’auraient aucun incitatif à innover et à investir.

Sur un marché concurrentiel, les entreprises utiliseront ces économies de coûts pour gagner des parts de marché en réduisant leurs prix (sinon un compétiteur le fera à leur place et leur volera des parts de marché). Ces réductions de prix font en sorte d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la société en augmentant le pouvoir d’achat de tous et chacun.

Le profit avantage les consommateurs:

Sur un marché concurrentiel, les producteurs doivent satisfaire leurs consommateurs pour faire du profit. Il y a différentes stratégies pour y arriver, mais si un produit ne plaît pas aux consommateurs par ses caractéristiques, son apparence, sa qualité ou son prix, le producteur ne fera pas beaucoup de profit. Le profit indique donc aux entreprises si ce qu’elles font plaît ou non à leurs clients. Si une entreprise se met à perdre des parts de marché aux mains d’un compétiteur, elle ajustera le tir et s’assurera de récupérer ses clients en améliorant son produit ou en réduisant le prix pour qu’il plaise davantage aux consommateurs.

Le profit permet d’éviter les pénuries et les surplus:

Le profit incite aussi les producteurs à produire des quantités optimales de biens et services. Si un bien est produit en trop grande quantité, les producteurs seront pris avec des surplus qu’ils devront écouler à bas prix, ce qui n’est pas bon pour les profits. La recherche du profit décourage donc ce comportement.

D’autre part, si un bien est produit en quantité insuffisante, les producteurs pourront augmenter leurs prix et ainsi faire de plus gros profits. Cependant, cette situation ne durera pas longtemps puisque les prix élevés inciteront à produire davantage et attireront de nouveaux concurrents sur le marché. La recherche du profit permet donc de minimiser les pénuries.

En fait, la recherche du profit fait en sorte d’optimiser les quantités produites pour que les marchés balancent et que la demande soit efficacement rencontrée par l’offre.

Le profit et la concurrence:

Malheureusement, certains profits ne sont pas mérités. Pour que le profit ait les effets positifs ci-haut décrits, il faut que le marché soit concurrentiel, sinon les producteurs pourront se permettre des prix plus élevés, des coûts moins compétitifs et/ou une qualité qui ne convient pas aux consommateurs. La concurrence est donc un ingrédient essentiel du capitalisme.

Ceci étant dit, le manque de concurrence est souvent le résultat de politiques de l’État. On pourrait mentionner les tarifs douaniers, les subventions, les contrats sans appel d’offre, certaines règlementations augmentant les barrières à l’entrée, les systèmes de quotas et de gestion de l’offre ainsi que les brevets, comme des politiques provenant directement de l’État qui réduisent le niveau de compétition. À ce moment-là, le profit cesse d’être à notre service et sert alors les intérêts corporatistes. Les entreprises travaillent évidemment fort, à l’aide de leurs lobbys et groupes de pression, pour soutirer ces protections à l’État.

Le profit et la monnaie:

L’autre situation dans laquelle le profit joue mal son rôle dans l’allocation du capital est lorsque la monnaie est manipulée. Lorsque la banque centrale et le système bancaire créent de la monnaie à partir de rien en quantité suffisante pour influencer les taux d’intérêt et les prix, cela a comme impact d’artificiellement augmenter les profits et mène à de mauvais investissements (voir l’ABCT). Durant la récession qui suit ces épisodes, le nettoyage de ces mauvais investissements est un processus pénible pour ceux qui sont touchés et perdent leur emploi. C’est pourquoi une monnaie libre de toute manipulation et un système bancaire sain sont des ingrédients essentiels d’une économie compétitive et soutenable.

Conclusion:

Les régimes communistes nous ont donné une bonne vision de ce qu’il arrive lorsqu’il n’y pas de profit. Absence d’innovation, manque d’investissement, gaspillage de ressources, coûts exhorbitants, pénuries, produits de mauvaise qualité qui ne répondent pas aux besoins de la population; telles sont les conséquences désastreuses de l’absence de profit dans une économie. Il faut cesser de blâmer les entreprises qui font du profit et plutôt éliminer les barrières à la concurrence de façon à ce que ces profits aient l’effet escompté; c’est-à-dire d’augmenter notre niveau de vie.

Annexe:

Ce petit article de Éric Grenier paru sur Canoë est un excellent exemple de la confusion et de l’indignation indue qui règnent face au profit.

"le légendaire Jim Rogers, se réjouit de ses placements dans le monde agricole. Because? La famine guette le monde! Je le cite tel que rapporté par ma distinguée collègue aux Affaires, Diane Bérard: «Il n’y a pas assez de nourriture pour tous les habitants de la planète, alors tout ce qui est lié à ce secteur – fertilisants, machinerie, aliments – se transformera en or.» Cynique, dites-vous?"

La réalité est que nous devrions plutôt applaudir les investisseurs comme Jim Rogers qui recherchent le profit, puisque leur capital sera investi dans la capacité de production agricole, ce qui contribuera à produire la nourriture nécessaire à contrer la famine. Il est peut-être cynique de penser ainsi, mais c’est le résultat qui compte.

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La gauche a une vision du capitalisme qui se résume à ce que les riches bourgeois ont le capital qu’ils utilisent pour faire du profit et exploiter le travail des prolétaires. Ils ne comprennent évidemment pas l’importance de la notion de profit dans l’économie (j’en discuterai dans un billet ultérieur), mais je ne comprend pas ce qu’ils entendent par exploitation. Je n’ai vraisemblablement pas la même définition qu’eux; est-ce mon dictionnaire qui est erroné? Voyons ce qu’en dit le Larousse:

exploitation,  nom féminin (de exploiter)

  1. Action de mettre en valeur quelque chose en vue d’en tirer un profit : L’exploitation d’un sol, d’un cinéma.
  2. Action d’assurer la production d’une matière, d’un minerai, d’un produit, etc. : Exploitation d’une mine, d’un puits de pétrole.
  3. Lieu où l’on met en œuvre les moyens matériels nécessaires à la production : Être à la tête d’une petite exploitation.
  4. Mise à profit méthodique de quelque chose : Exploitation du succès.
  5. Action de tirer un profit abusif de quelqu’un ou de quelque chose: l’exploitation de l’homme par l’homme.
  6. Militaire: Phase du combat offensif, visant à tirer un parti maximal de la réussite d’une attaque.

La définition à laquelle les gauchistes réfèrent est probablement la définition numéro 5. Le capitalisme implique-t-il l’exploitation de l’homme par l’homme ou par l’entreprise privée? Est-ce que l’État devrait prendre plus de place pour contrer le capitalisme? Examinons la question en comparant ma relation avec mon employeur et celle que j’ai avec l’État.

Ma relation avec mon employeur:

Ma relation avec mon employeur actuel a débuté lorsque, de mon plein gré, j’ai décidé de me trouver un travail. J’ai librement décidé de poser ma candiature pour le poste et me suis rendu à l’entrevue . J’ai ensuite librement choisi d’accepter le poste, suite à ce que mon employeur ait librement décidé d’accepter ma candidature, et c’est sans aucune contrainte que j’ai signé mon contrat de travail. Si je le voulais, je pourrais librement démissionner pour aller travailler ailleurs ou ne plus travailement tout simplement.

Le salaire que je reçois ne m’est pas imposé, il est déterminé librement, en fonction du marché. Sa borne inférieure est le salaire que je pourrais recevoir en offrant mon travail à un autre employeur, en effectuant un autre travail ou en ne travaillant pas. Sa borne supérieure est le salaire qui ferait en sorte que ma productivité soit inférieure à ce salaire. Autrement dit, l’employeur pourrait me remplacer par quelqu’un qui produit autant à un salaire inférieur ou qui produit plus pour le même salaire. De plus, une portion significative de mon salaire est relié à ma performance, ce qui m’incite à maximiser la valeur de mon travail.

Ma relation avec mon employeur est donc basée sur la liberté. Est-ce que mon employeur m’exploite? Oui, mais plutôt selon la définition numéro 1. Le désir de mériter un salaire m’incite à mettre mes compétences, mon ardeur et mon temps à la disposition de mon employeur, qui lui met ces éléments en valeur pour en tirer profit et les mettre au bénéfice de la société en les plaçant au coeur du processus de création de richesse qu’est l’entreprise. Il m’apparaît clair que mes compétences, mon ardeur et mon temps auraient une valeur significativement moins élevées en-dehors de ce processus, probablement beaucoup moins élevée que le salaire que je reçois présentement. C’est donc une relation gagnant-gagnant.

Est-ce que les mots librement, de mon plein gré et sans aucune contrainte vous font penser à la définition numéro 5 du mot exploitation? Pas moi.

Ma relation avec l’État:

L’État me force à économiser une portion de mon salaire. Non seulement il décide du montant, il me force en plus à placer l’argent auprès du gestionnaire de son choix (la Caisse). Je n’ai évidemment pas mon mot à dire sur la façon dont cet argent est investi.

L’État me force à me procurer une assurance couvrant la plupart des soins de santé dont je pourrais avoir de besoin. Il en fixe le coût et m’oblige à faire affaire avec son monopole d’État, la RAMQ. L’État a d’ailleurs le monopole sur la plupart des soins de santé, ce qui me contraint à faire affaires avec lui.

Si je désire me procurer un véhicule, l’État m’oblige à me procurer une assurance pour les dommages corporels. Il en fixe le coût et me force à la prendre auprès de son monopole d’État, la SAAQ.

En dernier lieu, pour chaque dollar de salaire que je reçois pour mon travail, l’État me force à lui verser environ la moitié en impôts, ce qui fait de moi un demi-esclave. Et pour presque chaque bien ou service que je me procure avec le fruit de mon travail, l’État me subtilise un montant d’argent. L’État utilise donc la force pour me prendre une bonne partie de l’argent que je gagne à la "sueur de mon front" pour financer ses activités; n’est-ce pas de l’exploitation de l’homme par l’homme? À ce niveau, n’est-ce pas une exploitation abusive de surcroît?

Est-ce que les mots forcer, obliger, contraindre et subtiliser sont plus en accord avec la définition numéro 5 du mot exploitation que ceux que j’ai utilisés en décrivant ma relation avec mon employeur?

Conclusion

En conclusion, l’État ne produit rien, tout son argent doit être subtilisé à ceux qui produisent. Pour subsister et maintenir son hégémonie sur la société, l’État doit utiliser la force pour nous subtiliser de l’argent qui nous a librement été versé en échange de notre travail. Ce n’est rien d’autre que de l’exploitation. Donc lorsqu’un blogeur gauchiste me parle d’exploitation abusive de l’homme par l’homme, la vision qui me vient en tête est davantage celle de l’étatisme que celle du capitalisme. Et chaque fois que l’État accroît son pouvoir, c’est au détriment des libertés individuelles.

Le plus hypocrite dans ce système étatique est que l’État nous donne l’illusion que nous sommes en contrôle de la situation par un mécanisme appelé démocratie; mais en fait, tout ce que nous décidons est celui qui sera à la tête de cette gigantesque machine d’exploitation humaine qu’est l’État.

En terminant, je vous suggère de lire cet excellent article de George Reisman publié sur le Mises Institute. En voici un extrait en lien avec le sujet du présent billet:

As stated, it is a view that sees the role of businessmen and capitalists as comparable to that of slave owners, despite the fact that businessmen and capitalists do not and cannot employ guns, whips, or chains to find and keep their workers but only the offer of better wages and conditions than those workers can find elsewhere.

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Vous ne me verrez pas souvent traiter d’art sur ce blogue (je l’avais pourtant fait ici), mais j’ai découvert une oeuvre fascinante d’un point de vue idéologique. Il s’agit d’une fresque murale de l’artiste Mexicain Diego Rivera peinte en 1933-34 et intitulée "Man, controller of the universe".

La commande a été passée par Nelson Rockefeller, lui-même un amateur des fresques de Rivera qui sont reconnues mondialement, pour décorer le hall du RCA Building de New-York. Étant un communiste aguerri, Rivera a tenté d’utiliser son oeuvre pour passer un message à son client, mais lorsqu’un portrait de Lénine a commencé à émerger de la fresque, Rockefeller a payé l’artiste ($21,000) et a détruit l’oeuvre. Une énorme controverse s’en est suivie. Rivera scandait à la radio que si un millionnaire se payait la Chapelle Sixtine, cela ne lui donnait pas le droit de détruire l’oeuvre de Michelange qui s’y trouve, puisqu’elle appartient au patrimoine de l’humanité.

Peu de temps après, le gouvernement Mexicain a permi à Rivera de reproduire son oeuvre sur un mur du Palacio de Bellas Artes de Mexico City (voir image plus bas, cliquez dessus pour une meilleure résolution).

Tout d’abord, on aperçoit au centre le travailleur, le héro du marxisme, qui maîtrise la technologie et contrôle son univers grâce à la science. Sur le côté gauche, Rivera dresse un portrait négatif du capitalisme, qu’il oppose à une vision positive du communisme sur la droite (évidemment, du point de vue du travailleur, le capitalisme est à droite et le communisme à gauche!).

En haut à gauche, on aperçoit une armée terrifiante et intimidante, munie de masques à gaz et d’armes destructrices, alors qu’à droite, l’armée est au service du peuple.

Ensuite, on voit à gauche une statue faisant référence à Dieu et à la religion, jetant un regard menaçant sur le monde, laissant entendre que le capitalisme est pro-religieux. À droite, côté communiste, la statue n’a pas de tête (Rivera était d’ailleurs un athée). Est-ce que le capitalisme et la religion vont nécessairement ensemble? Est-ce que les communistes sont athées? C’est ridicule.

En bas à gauche, on aperçoit Darwin, en référence à la théorie du darwinisme social, souvent utilisée par les communistes pour critiquer le capitalisme. Comme si le capitalisme prônait la loi de la jungle, où le plus fort survit et le plus faible crève. C’est ridicule puisque le capitalisme ne sous-entend pas d’agression, mais bien la coopération libre entre les individus de la société pour améliorer leur sort. L’économie n’est pas un "jeu à somme nulle". Tout le monde peut gagner en faisant des échanges. La compétition est là pour nous rappeler que les ressources sont limitées et pour nous forcer à bien évaluer nos préférences.

Devant Darwin, on peut voir une classe de jeunes de différentes nationalités qui se font endoctriner à l’idéologie capitaliste. En haut d’eux, on voit une manifestation à New-York où des policiers battent les manifestants à coups de matraques. Or, la répression a été beaucoup plus utilisée dans les sociétés communistes que dans les sociétés libres, tout comme l’endoctrinement et la désinformation.

En bas à droite, on peut voir l’interaction entre les travailleurs et les hommes politiques (Trotsky, Engels et Marx), pour laisser entendre que le communisme donnait le pouvoir aux travailleurs. C’est en fait le contraire qui prévaut: le communisme ne permet pas aux travailleurs de bénéficier à leur guise du fruit de leur labeur. Dans un régime communisme, les travailleurs sont les esclaves du régime. À côté d’eux, des femmes vêtue de blanc qui semblent émancipées (les femmes sont-elles plus "libérées" dans un régime communiste?).

À gauche de ces femmes, on voit la fameuse image de Lénine, qui tient la main d’un travailleur, d’un soldat et d’un esclave noir, entouré de gens du peuple. À l’opposé, au centre-gauche, on voit des "bourgeois" qui se la "coule douce" en buvant des cocktails, en fumant et en jouant au bridge, pendant que les travailleurs au chômage manifestent à l’extérieur, attaqués par la police. On peut y apercevoir un portrait de Rockefeller lui-même. Le peintre voulait aussi montrer la décadence du capitalisme et la lutte des classes qui y prévaut; comparativement au communisme où tout le monde est égal et uni.

En somme une vision tout à fait utopique du communisme et plutôt caricaturale à l’égard du capitalisme. Cette façon de voir les choses tenait peut-être bien la route en 1933, mais l’histoire a par la suite donné tort à cette idéologie. Le militarisme, la répression, le culte de l’élite du pouvoir, la corruption, l’endoctrinement et le non-respect des libertés se sont avérées davantage reliées au communisme qu’au capitalisme.

Ça me fait penser, je viens d’écouter la partie 1 des Grands Reportages (RDI) sur le mur de Berlin.

En juin 1953, les travailleurs de la constructions ont fait une grève pour protester contre les conditions de travail déplorables (des horaires exigeants, un rythme de production effreiné). Cela n’était évidemment pas permis par le régime communiste de la RDA.

Leur slogan était: "Nous ne sommes pas des esclaves!"

L’armée est intervenue et a tiré dans le tas, tuant quelques centaines de manifestants. Vive le capitalisme!

Note: Cette oeuvre fait partie des 80 trésors de l’humanité de Dan Cruickshank, une série de documentaires de la BBC qui est diffusé présentement au Canal Évasion.

Diego_riviera

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Le magazine hedbomadaire The Economist* a maintenant une nouvelle chronique intitulée "Schumpeter" en l’honneur de l’économiste Joseph Schumpeter, connu pour sa fameuse théorie de la destruction créatrice.

Voici un résumé de cette théorie (Wikipedia):

Les crises ne sont pas de simples ratés de la machine économique ; elles sont inhérentes à la logique interne du capitalisme. Elles sont salutaires et nécessaires au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes presque toujours au creux de la vague dépressionniste, parce que la crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. Au contraire, lors d’une période haute de non-crise, l’ordre économique et social bloque les initiatives, ce qui freine le flux des innovations et prépare le terrain pour une phase de récession, puis de crise.

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

Les récessions exposent les faiblesses de certains modèles d’affaires vétustes, elles créent de nouvelles opportunités et tuent les mauvaises habitudes, laissant le champs libre aux nouvelles idées innovatrices. Les facteurs de productions peuvent être achetés de ceux qui les utilisent mal par ceux qui les utiliseront mieux.

Les exemples sont nombreux.

DuPont a investi massivement en recherche et développement et a engagé des scientifiques qui étaient au chômage durant la Grande Dépression.  Vers la fin des années 1930s, 40% de ses ventes provenaient de produits qu’elle avait développé durant la dépression, tels que le nylon et le caoutchouc synthétique.

Les entreprises qui ont pris leur envol durant la Grande Dépression sont nombreuses, incluant Revlon, Hewlett-Packard, Polaroid et Pepperidge Farms.

C’est quand l’Union Soviétique s’est effondrée, plongeant la Finlande en sérieux problèmes économiques, que Nokia a décidé d’abandonner 90% de ses lignes d’affaires pour se concentrer sur les télécommunications, surtout sur la téléphonie sans-fil, industrie dont elle est devenue l’un des leaders.

Une étude de Bain Capital Group sur la période 1985-2001 a démontré que les fusions/acquisitions réalisées durant les récession ont généré un rendement environ 15% supérieur à celles faîtes durant les périodes de croissance économique.

La Fondation Kauffman, laquelle étudie l’entreprenariat, mentionne que la moitié des entreprises du Fortune 500, incluant FedEx, CNN et Microsoft, ont été fondées soit durant des récessions ou durant des périodes de faiblesse économique. La plupart de ces entreprises sont apparues à partir d’idées qui ont révolutionné leur industrie.

Comme le disait Schumpeter: “The essential point to grasp is that in dealing with capitalism we are dealing with an evolutionary process.” Imaginez l’efficience et la superbe complexité de la sélection naturelle appliquée à l’économie. Imaginez la chauve-souris sans son système de guidage ultra-son, la giraffe sans son long cou pour atteindre les feuilles élevées, le caméléon sans son camouflage, une araignée sans sa capacité à tisser des toiles ou le hérisson sans son système de défense. Ces "innovations" sont le fruit de l’évolution sous la pression de l’environnement; de la compétition pour la survie.

La destruction créative ne fonctionne pas dans une économie socialiste. L’État y a le monopole et n’a aucune pression compétitive pour stimuler l’amélioration de la productivité par l’innovation. C’est ce qui a été observé en Union Soviétique après la chute du rideau de fer. On y a observé de la machinerie agricole fonctionnant avec des moteurs à vapeur développés dans les années 1920s.

L’industrie pétrolière Soviétique fut aussi un cas spectaculaire démontrant ce qui se produit en l’absence de destruction créative. Les technologies utilisées dans les années 1980s dataient des années 1950s, et ce allant du simple outil de forage jusqu’aux activités de raffinage. Le matériel de forage était primitif; incapable de dépasser 3,000 pieds sans se briser (ce qui est un problème majeur lorsque la plupart des gisements restants dépassaient cette profondeur).

En somme, s’il y a un côté positif dans une récession, c’est bien la destruction créatrice. Celle-ci est un moteur d’innovation et d’amélioration de notre niveau de vie. C’est pourquoi il faut s’opposer aux plans de relance et aux bailouts, lesquels agissent comme du sable dans l’engrenage de la destruction créatrice et du capitalisme. Les gouvernements pensent que par leur interventionnisme, ils peuvent enrayer les cycles économiques, comme le suggérait Keynes. Ce faisant, ils ne font que les amplifier!

Il est certain que la destruction créatrice crée du chômage temporaire. Les travailleurs dont les compétences sont rendues obsolètes par une innovation technologique entrent dans une période de transition où l’on verra ces ressources humaines être allouées à d’autres activités dans l’économie. La mobilité des travailleurs n’étant pas parfaite, cette transition est parfois difficile, mais c’est le prix à payer pour le niveau de vie duquel nous bénéficions grâce au capitalisme.

Il serait stupide de stopper l’innovation et le progrès au nom de la protection de ces emplois archaïques. C’est pourtant ce que l’on fait lorsque l’on empêche le libre-marché de fonctionner.

En terminant, voici une excellente illustration de ce phénomène, tirée d’un article de W. Michael Cox et Richard Alm:

creative_destruction

 

*Référence: The Economist, 3 octobre 2009, p. 82.

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Dans son billet publié ce matin, Yan Barcelo s’insurge encore une fois contre l’un des mécanismes du capitalisme: le private equity. Tout d’abord, définissons ce qu’est le private-equity (piètre traduction française: capital-investissement privé):

C’est un investissement en actions dans une entreprise dont les actions ne se transigent pas sur un marché boursier.

C’est fort simple; un groupe d’investisseurs réunissent du capital, ils ciblent une entreprise qui, pour diverses raisons, a un certain potentiel, ils procèdent à son acquisition, restructurent l’entreprise, améliorent sa gestion, puis revendent leurs actions à d’autres investisseurs, souvent sous la forme d’un premier-appel-public-à-l’épargne (PAPE / IPO), encaissant un profit. L’horizon d’investissement est généralement de 4 à 8 ans.

Pas trop choqué jusqu’à maintenant? Alors on continue! Il existe plusieurs types de stratégies dans le domaine:

  • Turnaround strategies: lorsqu’une entreprise est mal gérée et/ou inefficace et/ou a une mauvaise gouvernance, le consortium de private equity peut prendre le contrôle de l’entreprise et améliorer les choses.
  • Situations de détresse: lorsqu’une entreprise ne peut rencontrer ses obligations financières, le private equity peut injecter le capital nécessaire (à prix d’aubaine) pour maintenir l’entreprise en vie. Une fois la situation financière de l’entreprise rétablie, les investisseurs peuvent vendre à profit.
  • Faillite: il s’agit simplement d’acheter les actifs d’une entreprise en faillite à prix de liquiditation et les revendre à profits quelques années plus tard.
  • Capital de risque (venture capital): investissement dans une petite/jeune entreprise qui ne fait pas encore de profit et qui a besoin de capital pour financer sa croissance, et qui est trop risquée pour les bailleurs de fonds conventionnels.
  • Leveraged buy-out (LBO): utilisation massive de dette pour augmenter le levier financier (et donc le rendement potentiel). Les intérêts sont déductibles d’impôts ce qui améliorent les flux monétaires.

La seule stratégie à laquelle M. Barcelo s’attaque (comme s’il n’y avait que celle-là) est le LBO. Un bon exemple est la tentative d’acquisition de BCE par le consortium de Teachers en 2007. Il est vrai que les LBOs n’ajoutent parfois pas de valeur économique à l’entreprise. Ils ne font que profiter du fait que les intérêts sont déductibles d’impôt. Ils profitent de marchés financiers favorables (bas taux d’intérêt / embellie boursière) pour faire de l’argent facile. Sans dire que les LBOs détruisent de la richesse, ils n’en créent pas beaucoup selon moi, à moins d’avoir été combinés à une autre des stratégies ci-haut énumérées.

Or, si vous relisez les stratégies mentionnées ci-haut, vous conviendrez que le private equity remplit un vide important sur les marchés des capitaux. Il contribue grandement au phénomène extraordinaire qu’est la destruction créatice. C’est-à-dire que, en l’absence de bailout gouvernemental, le private equity récupère les actifs des entreprises inefficaces / en faillite, les réorganise et leur permet de s’envoler à nouveau sous un autre visage. Ce processus est très important pour une allocation optimale des ressources dans l’économie.

Une des entreprises que j’admire le plus dans le domaine est Onex. La raison est qu’ils ne font pas de LBOs, ils n’utilisent pas beaucoup d’endettement pour financer leurs transactions. Ce sont davantage des experts en gestion et ils sont excellents pour ajouter de la valeur aux entreprises avec lesquelles ils s’associent. Leurs actions sont transigées en bourse ce qui permet à tout le monde de bénéficier de leur expertise.

Alors, croyez vous comme M. Barcelo que le private equity est l’outil de vampires diaboliques; de requins capitalistes verreux qui détruisent des entreprises et des emplois? Je pense plus tôt qu’ils représentent un rouage important du capitalisme.

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Le 10 September dernier, Thomas E. Woods Jr., un contributeur au Mises Institute, a répondu à un blogueur surnommé "Che" (rien de moins!) concernant un billet de ce dernier. Sa réponse constitue selon moi l’une des meilleures destruction des sophismes de la gauche que j’ai jamais lue. Je vous invite fortement à la lire en entier; sinon en voici les principaux points forts:

Sophisme #1: Comme si le libre marché savait toujours quoi faire et quand le faire, en bonnes quantités.

Réponse: Le libre-marché n’est pas un "être penseur" en lui-même. C’est l’aggrégation de toutes les demandes des consommateurs. Les firmes trouvent rapidement ce que les consommateurs veulent et ajustent leur production en conséquence. Les profits agissent comme un indicateur de succès à savoir si la nature des biens produits, leur quantité, la méthode et le lieu de production conviennent aux consommateurs. Si les profits sont bas, les ressources sont allouées différemment de façon à plaire aux consommateurs et faire augmenter les profits (comme quoi les profits sont en fait au service des consommateurs). La recherche du profit est la meilleure façon d’allouer les ressources dans l’économie; étant donné que l’allocation faîtes par les gouvernements ne tient pas aussi bien compte des préférences des consommateurs et incorporent celles des politiciens et fonctionnaires eux-mêmes.

Sophisme #2: Le libre-marché est contrôlé par des humains qui sont sujets à l’appât du gain, la corruption et l’exploitation; le marché est aussi faillible que les humains qui le composent.

Réponse: Par corruption, il pourrait référrer à deux choses. Il pourrait vouloir dire l’utilisation de la fraude et du vol. Si c’est le cas, il ne parle plus de libre-marché, lequel sanctionne les comportements criminels. Si quelqu’un viole la loi et n’est pas puni, ce n’est pas la faute du libre-marché, mais bien de ceux qui ont le monopole de la justice et de la police! Il pourrait aussi vouloir dire l’utilisation des lobbys de façon à arracher certains privilèges auprès du gouvernement. Encore là, on ne parle plus de libre-marché, lequel ne comporte aucun mécanisme permettant à certaines firmes ou individus d’avoir des privilèges spéciaux. Seul le gouvernement a un tel pouvoir! La corruption tire donc son origine du gouvernement.

Sophisme #3: Les mauvais politiciens peuvent simplement ne pas être ré-élus, alors qu’il est impossible de tenir les PDGs d’entreprises responsables de leurs erreurs.

Réponse: Les corporations qui ne produisent pas ce que les consommateurs veulent vont avoir des profits plus bas et leurs dirigeants vont être remplacés. Les consommateurs votent avec leurs dollars. Les politiciens sont-ils si tributaires de la démocratie que Che le prétend? Est-ce que quelqu’un va payer le prix de la guerre en Irak de 2003, lancée sous de faux prétextes? Le bailout n’est-il pas une façon utilisée par les politiciens pour faire en sorte que les PDGs ne soit pas tenus responsables de leur erreurs?

Sophisme #4: Lorsque la recherche du profit mène le monde, la qualité des produits diminue parce que les entreprises veulent minimiser les coûts.

Réponse: La recherche du profit fait en sorte que les firmes produisent des bien qui répondent aux exigences de qualité des consommateurs. D’ailleurs, est-ce que la qualité des biens tend à diminuer (Blu-Ray vs VHS…) Dans un monde sans profit, est-ce que la qualité du produit aurait davantage d’importance que maintenant? Est-ce que les entreprises auraient avantage à se démener pour produire des produits de meilleurs qualité au meilleur prix?

Sophisme #5: Lorsque la recherche du profit mène le monde, les salaires ont tendance à diminuer.

Réponse: Cela ne s’est évidemment pas produit. Les firmes compétitionnent pour la main d’oeuvre qualifiée. Les salaires s’ajustent en fonction de l’offre et la demande (sauf lorsque le marché est manipulé, par exemple salaire minimum, syndicats, etc). D’ailleurs, en 1950, l’Américain moyen devrait travailler 6 minutes pour acheter un pain, maintenant c’est 3.5 minutes. Les salaires ont effet augmenté au fil des décennies.

Ceci n’est qu’un piètre résumé, l’original est bien meilleur.

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