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Posts Tagged ‘bulle’

Le marché immobilier Canadien est présentement surévalué. Cette situation s’est développée de concert avec une augmentation marquée de l’endettement des Canadiens et une expansion démesurée du crédit hypothécaire.

La résolution de cette problématique résultera tôt ou tard en une sévère correction des prix des propriétés, qui sera probablement suivie d’une récession. On notera d’ailleurs qu’il n’y aura jamais eu autant de canadiens oeuvrant dans l’industrie de la construction et les secteurs qui y sont reliés. De plus, les gens ont utilisé la plus-value de leur maison pour souscrire à des lignes de crédit hypothécaire leur permettant de doper leur consommation à crédit et utilisant de fait leur maison comme une carte de crédit. Autrement dit, notre économie n’a jamais été aussi dépendante de l’immobilier.

Lorsque la récession sévira finalement, je pressent déjà les commentaires qui paraîtront dans les médias, blâmant le manque de règlementation et d’intervention de l’État pour limiter les « instincts animaliers » des emprunteurs canadiens.

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Dans un billet publié la semaine dernière, Paul Krugman nous a encore sorti son nouveau slogan cynique : « les faits ont un biais keynésien ».

Il l’avait utilisé pour la première fois (à ma connaissance) l’été dernier, en affirmant que les taux d’intérêt demeuraient bas aux États-Unis, malgré une décote du gouvernement fédéral par S&P, malgré la hausse fulgurante du déficit fiscal fédéral et malgré l’augmentation de l’endettement gouvernemental. Pour lui, cela est une preuve de l’existence de la fameuse « trappe à liquidité », de l’absence d’effet d’éviction et que dans ce contexte, les prescriptions keynésiennes ne feraient pas augmenter l’inflation, ni les taux d’intérêt et ne nuiraient pas à l’investissement privé.

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L’énergie nucléaire :

George Bragues amène une perspective très intéressante au sujet de l’énergie nucléaire. Il est question ici d’une manière de produire un bien, de l’électricité, et de le vendre à des consommateurs qui désirent l’acquérir. Le marché est le meilleur mécanisme pour déterminer si un bien doit être produit ou non. Si le prix et la quantité demandée de ce bien sur le marché permet aux producteurs de couvrir leurs coûts et de faire un profit raisonnable, le bien sera produit. Sinon, la production de ce bien est injustifiée.

Est-ce que l’énergie nucléaire passe ce test? Généralement non! Les usines nucléaires sont tellement coûteuses qu’elles doivent être subventionnées par les gouvernements pour être rentables. Notamment, il est impossible pour les producteurs d’énergie nucléaire d’acheter une assurance couvrant leur responsabilité. Par conséquent, les gouvernements ont dû leur procurer des exemptions de responsabilité. D’ailleurs, au Japon, c’est une compagnie de réassurance parapublique qui prendra les dommages en charge.

Ainsi, si les gouvernements avaient laissé faire les forces du libre-marché, il n’y aurait peut-être pas eu de catastrophe nucléaire au Japon.

Dans un autre ordre d’idées, les réactions de plusieurs gouvernements qui imposent des moratoires sur le développement de l’énergie nucléaire sont irrationnelles. Il n’y a aucune raison de s’opposer à l’énergie nucléaire si les producteurs de celle-ci le font sans intervention de l’État sur le libre-marché. À cet égard, j’aime bien la métaphore de Vincent Bénard avec l’automobile :

Effectivement, malgré son caractère spectaculaire, malgré toutes les représentations terrifiantes que le public associe au nucléaire, il est très peu probable que l’accident de Fukushima tue autant de personnes qu’une année d’accidents automobiles et que les suites médicales de l’accident, pour regrettables qu’elles soient, créent autant de malheur que le nombre de cas de tétraplégies consécutifs aux accidents routiers. (…) Pourtant, malgré les risques indiscutables que l’usage de l’automobile induit, personne de sérieux ne songe à un moratoire sur l’automobile : les gens ont trop bien compris que les avantages de l’automobilité ont infiniment plus de valeur économique que n’en détruisent les risques mortels associés, fussent-ils bien réels, connus, et quantitativement tout à fait significatifs. L’annonce hélas bien réelle par Madame Merkel d’une démarche volontariste de conversion massive de l’Allemagne vers les énergies renouvelables est donc, en l’état actuel des technologies disponibles, un exemple absolument déplorable de décision politique passionnelle et déconnectée de tout fondement raisonnable.

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On me demande souvent quel est le véritable problème de la zone Euro. Ma réponse rapide : l’irresponsabilité des gouvernements dans un système où il leur est impossible de monétiser leurs déficits.

Mais qu’est-ce que cela veut dire de « monétiser un déficit »? Il s’agit en fait d’utiliser la banque centrale pour créer de la monnaie, qui sera ensuite utilisée pour acheter des titres de dette du gouvernement. Par exemple, suite à l’implantation de sa politique monétaire expansionniste dès l’aube de la récession ainsi qu’à ses programmes d’assouplissement quantitatif, la Federal Reserve (la Fed pour les intimes…) a créé une quantité gigantesque de monnaie qui a servi à acheter des obligations du gouvernement fédéral américain sur les marchés financiers. Lorsque la Fed veut faire baisser les taux d’intérêt pour stimuler l’économie, ce qui est le cas durant les récessions, elle créée de la monnaie qu’elle utilise pour acheter des bons du trésor, ce qui constitue une injection de nouvelle monnaie dans l’économie. Cette nouvelle monnaie agit telle une hausse « artificielle » de l’épargne, et donc des fonds disponibles au crédit. Quand l’offre de crédit augmente, le prix baisse…et sur le marché du crédit le prix est le taux d’intérêt…donc les taux d’intérêt baissent.

De son côté, le gouvernement a dépensé énormément, bien au-delà de ses revenus, générant d’immenses déficits fiscaux. Tout déficit fiscal doit être financé par de la dette; ainsi le gouvernement émet régulièrement des milliards en obligations pour financer ses dépenses, lesquelles sont en grande partie achetées par la Fed. Ces achats sont si massifs que la Fed est maintenant devenue le plus gros détenteur de bons du Trésor américain au monde!

Certains me lanceront que la Fed est indépendante et que le gouvernement américain ne peut lui ordonner de faire quoi que ce soit du genre. Si c’est ce que vous voulez croire, c’est votre choix…mais le monde est ce qu’il est!

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Les gauchistes du Québec et d’ailleurs font souvent référence à la Suède comment étant le système quasi-idéal. Selon eux, la Suède prouve qu’il est possible de figurer parmi les pays les plus riches du monde tout en ayant des impôts élevés, un gros gouvernement et un marché du travail hyper-règlementé. Est-ce une preuve que libéralisme n’est pas nécessaire à la création de richesse?

La Suède se classe 14e (sur 182 pays) pour ce qui est du PIB par habitant selon la Banque Mondiale (2010). Il s’agit donc incontestablement d’un pays riche. Elle ne l’a cependant pas toujours été. Au début du 19 siècle, la Suède figurait parmi les pays les plus pauvres.

Entre 1850 et 1970, la Suède a connu un extraordinaire rattrapage économique. L’expansion économique de la Suède a culminé en 1970, alors que le pays était le quatrième plus riche du monde. Il bénéficiait alors d’une solide protection des droits de propriété, d’une règlementation peu contraignante et de faibles impôts (similaires à ceux des États-Unis). Au début des années 1950, les dépenses du gouvernement en pourcentage du PIB étaient très basses, à environ 20%, mêmes inférieures au niveau observé aux États-Unis.

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Le crise de l’Irlande :

Durant les années 1980s, les choses allaient bien mal en Irland. La dette de l’État a atteint 120% du PIB et les taux de taxation étaient aussi très élevés, étouffant la croissance. Puis, un nouveau gouvernement a entrepris la libéralisation de l’économie, réduisant les dépenses du gouvernement, réduisant les impôts des entreprises et ouvrant les frontières au commerce international. Plusieurs entreprises multinationales s’y sont alors établi et une forte croissance économique s’en est suivi, soit de +6.5% en moyenne entre 1990 et 2007.

Selon l’Institut économique de Montréal (ici) :

« Ce pays a vu sa part des dépenses publiques dans le PIB passer de 28 % en 1960 à 52,3 % en 1986. Mais voilà que la situation se renverse au cours des années 1987-96 alors que les dépenses chutent de 52,3 % en 1986 à 37,7 % en 1996, soit une baisse de 14,6 points. Or entre 1960 et 1977, période où les dépenses de l’État montaient de 28 % à 43,7 % du PIB, la croissance réelle du PIB de l’Irlande était de 4,3 %. Ce taux baissait à 3,4 % au cours des années 1977-86, période pendant laquelle la part du gouvernement grimpait à 52,3 % du PIB. Au cours de la récente décennie d’amaigrissement de l’État, le taux de croissance annuelle du PIB réel de l’Irlande passait à 5,4 %. La croissance économique augmentait donc en Irlande à mesure que ses dépenses publiques diminuaient. »

Il est intéressant d’observer l’effet « Laffer » qui s’est matérialisé au cours de cette période. Pendant que le taux d’imposition des entreprises passait de 31% à 12.5% entre 1998 et 2006, les rentrées fiscales sont passées de 2,741 milliards d’Euros à 7,271 milliards d’Euros, soit 165% d’augmentation (voir cet article de Vincent Bénard).

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Pourquoi le chômage augmente-t-il durant les récessions ?

Lorsqu’une bulle spéculative survient dans un secteur particulier de l’économie, comme ce fut le cas dans l’industrie de la construction résidentielle durant les années 2000s, les salaires et l’emploi augmentent énormément, étant dopés par l’expansion du crédit. Lorsque l’expansion de la bulle dure des années, beaucoup d’emplois peuvent être déplacés de diverses industries vers l’industrie sujette à la bulle. Les salaires et taux de placement élevés attirent la main d’oeuvre. Il est même possible qu’une industrie telle que la construction puisse motiver des étudiants en difficulté scolaire à décrocher pour joindre les rangs du marché du travail.

Lorsque la bulle éclate et que la demande s’écroule durant la récession, ces emplois n’ont plus leur raison d’être. On observe donc des mises à pied massives. La récession est un processus de réajustement et de nettoyage durant lequel les ressources sont réallouées dans l’économie pour s’adapter à la nouvelle structure de l’économie. Par exemple, ces travailleurs du secteur de la construction, devenus inutiles parce que la demande n’y est plus, doivent se trouver un nouvel emploi dans une autre industrie.

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Je ne pouvais laisser ce passer ce billet de Paul Krugman, dans lequel il fait référence au sondage réalisé auprès des petites entreprises américaines par la National Federation of Independent Business pour le mois d’août 2010. Krugman fait référence à un article de sa collègue du NY Times, mais il ne s’est même pas donné la peine de consulter le document en question (ce qu’il aurait dû faire).

Dans son billet, Krugman veut nous faire avaler que les petites entreprises américaines n’embauchent pas d’employés parce que leur plus gros problème est le manque de demande (poor sales), ce qui explique le taux de chômage élevé. Sa conclusion est évidemment qu’il faut que le gouvernement intervienne avec un autre gros plan relance pour stimuler la demande.

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Pourquoi y a-t-il eu une bulle immobilière et une crise financière en 2008?

Le graphique suivant présente l’indice Standard & Poors Case-Shiller lequel mesure le prix des maisons pour les 20 plus grandes agglomérations urbaines des États-Unis. On peut y constater que les prix moyens ont plus que doublé entre janvier 2000 et juillet 2006; c’est au cours de cette période que s’est formée la bulle immobilière aux États-Unis. Au cours du crash subséquent, les prix moyens ont dégringolé de près de 35%, allant à plus de 50% dans certains marchés tels que la Floride, l’Arizona et la Californie.

Source : Standard & Poors.  

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C’est dans un rapport rédigé pour la Brookings Institution que Alan Greenspan, ancien président du conseil des gouverneurs de la Federal Reserve, a maintenu sa défense à l’égard de la crise financière. Selon lui, la politique monétaire de la Fed n’a rien eu à voir avec le développement d’une bulle immobilière et la crise financière qui s’en est suivie.

Selon lui il s’agissait d’une "bulle euphorique classique" reliée à une diminution drastique et globale des taux d’intérêt à long terme. Greenspan raconte que suite à la fin de la Guerre Froide et aux réformes chinoises, des centaines de millions de travailleurs ont été absorbés par l’économie mondiale. La croissance économique des pays émergents a été forte et la consommation de ces travailleurs n’a pas augmenté aussi rapidement que leurs revenus, ce qui a créé un surplus d’épargne (saving glut). Cette épargne a mis une pression à la baisse sur les taux d’intérêt à long terme et les a détachés de l’influence de la politique monétaire.  Il propose d’exiger des banques qu’elles maintiennent des ratio de capital et de liquidité plus élevés pour leur permettre de mieux absorber les chocs dans le futur.

Est-ce que les taux hypothécaire se sont découplés de la politique monétaire durant le gonflement de la bulle? Le graphique ci-bas montre le taux cible de la Fed comparativement au taux sur les adjustable rate mortgages (ARMs). Ces instruments ont été fortement utilisés dans les villes où la bulle a été la plus sévère. On peut voir que les deux se suivent très bien (R-carré de 81%).

Les taux à long terme sont incontestablement influencés par les taux à court terme et la politique monétaire. Cette relation a d’ailleurs fort probablement été augmentée par l’essor considérable de la titrisation durant les années 2000s. Grâce à ces titres (RMBS, CMBS, CDOs, etc), des prêts à long terme ont pu être financé par de la dette à court terme.

D’autre part, en supposant qu’il y ait bel et bien eu un surplus d’épargne, l’omnisciente Federal Reserve et ses consoeurs banques centrales n’auraient-elles pas pu réagir de façon appropriée? Dans un système bancaire libre, l’économie s’ajuste naturellement aux augmentations du niveau d’épargne; aucune action n’est requise. La baisse des taux d’intérêt occasionnée par l’augmentation de l’épargne découragerait l’épargne et favoriserait la consommation, ce qui ramènerait naturellement la situation en équilibre optimal. Dans le système bancaire actuel, cet ajustement est impossible car l’endettement n’a pas de limite, jusqu’à ce que l’inflation se montre le bout du nez et que la banque centrale réagisse (en retard), causant un choc dont les conséquences sont imprévisibles.

Dans le système actuel, la banque centrale ne permet pas de réduire l’ampleur des cycles économiques (au contraire, elle l’augmente), ni d’éviter les bulles, ni de stabiliser les prix (le dollar US a perdu près de 95% de son pouvoir d’achat depuis l’avènement de la Fed). À quoi sert-elle alors? À faciliter le processus d’endettement et à ainsi maximiser les profits des banques.

Contrairement à ce que Greenspan voudrait nous faire croire pour sauver sa réputation, la politique monétaire de la Federal Reserve a été au coeur de cette bulle. La création de monnaie par la banque centrale et un système bancaire à réserves fractionnaires est d’ailleurs derrière toutes les bulles. Durant son règne, Greenspan nous a simplement prouvé (encore une fois) que la planification centrale de la monnaie ne fonctionne pas et que les politiques monétaires de la Federal Reserve, depuis son existence, ne font que mener à des bulles et des crises financières. Dommage que la leçon ne semble pas encore avoir été retenue malgré la clarté de la situation…

Dans son livre Age of Turbulence, Greenspan passe des centaines de pages à nous expliquer les vertus du libre-marché et les miracles qu’il a accomplis d’abord aux États-Unis, puis en ex-URSS, en Chine et en Inde. Cependant, il tente ensuite de nous faire avaler que la planification centrale est nécessaire pour l’élément le plus important d’une économie: la monnaie et son corrollaire le taux d’intérêt. C’est un discours plutôt contradictoire et certainement incohérent qui a coûté bien cher à l’économie mondiale!

Pour mieux comprendre ce qui s’est réellement passé, je vous recommande plutôt la Théorie Autrichienne des Cycles Économiques.

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