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Articles Tagués ‘banques centrales’

La grande question présentement est : y a-t-il une bulle dans l’or?

Le journaliste financier Bernard Mooney s’est récemment attaqué à la question, mais est selon moi passé à côté des points importants. Selon lui, l’or ne sert à rien, ce qui représente aussi l’opinion des keynésiens. Il avance notamment l’argument que l’or ne génère aucun flux monétaire ce qui rend son évaluation impossible. À quoi donc sert l’or?

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Que s’est-il passé lors de la Dépression de 1920-1921 ?

            À ce point-ci, vous seriez en droit de vous demander s’il est déjà arrivé dans le passé que le gouvernement n’ait rien fait durant une récession et si oui quel a été le résultat ? La Dépression de 1920-1921 nous permet de confronter les explications énoncées dans les sections précédentes avec la réalité historique.

            Pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918) et la période qui l’a suivie, la Réserve Fédérale américaine avait substantiellement augmenté la quantité de monnaie en circulation. Lorsque la Fed décida finalement de hausser sa cible de taux d’intérêt, l’économie commença à ralentir. Vers le milieu de l’année 1920, le ralentissement avait atteint un niveau critique, la production diminuant de 21% au cours des douze mois suivants. Le nombre de chômeurs augmenta de 2,1 millions en 1920 à 4,9 millions en 1921.

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Un nouveau « buzzword » fait graduellement son apparition dans les médias économiques : la guerre des devises (currency wars).

Plusieurs pays tentent présentement par tous les moyens de dévaluer leur devise et l’arme la plus redoutable de cette guerre est la presse à billets qui, comme l’Étoile de la Mort, envoie de puissantes décharges d’assouplissement quantitatif qui anéantissent le pouvoir d’achat des devises. En fait, en créant de grandes quantités de nouvelle monnaie, les banques centrales font diminuer la valeur des unités de monnaie existantes.

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C’est dans un rapport rédigé pour la Brookings Institution que Alan Greenspan, ancien président du conseil des gouverneurs de la Federal Reserve, a maintenu sa défense à l’égard de la crise financière. Selon lui, la politique monétaire de la Fed n’a rien eu à voir avec le développement d’une bulle immobilière et la crise financière qui s’en est suivie.

Selon lui il s’agissait d’une "bulle euphorique classique" reliée à une diminution drastique et globale des taux d’intérêt à long terme. Greenspan raconte que suite à la fin de la Guerre Froide et aux réformes chinoises, des centaines de millions de travailleurs ont été absorbés par l’économie mondiale. La croissance économique des pays émergents a été forte et la consommation de ces travailleurs n’a pas augmenté aussi rapidement que leurs revenus, ce qui a créé un surplus d’épargne (saving glut). Cette épargne a mis une pression à la baisse sur les taux d’intérêt à long terme et les a détachés de l’influence de la politique monétaire.  Il propose d’exiger des banques qu’elles maintiennent des ratio de capital et de liquidité plus élevés pour leur permettre de mieux absorber les chocs dans le futur.

Est-ce que les taux hypothécaire se sont découplés de la politique monétaire durant le gonflement de la bulle? Le graphique ci-bas montre le taux cible de la Fed comparativement au taux sur les adjustable rate mortgages (ARMs). Ces instruments ont été fortement utilisés dans les villes où la bulle a été la plus sévère. On peut voir que les deux se suivent très bien (R-carré de 81%).

Les taux à long terme sont incontestablement influencés par les taux à court terme et la politique monétaire. Cette relation a d’ailleurs fort probablement été augmentée par l’essor considérable de la titrisation durant les années 2000s. Grâce à ces titres (RMBS, CMBS, CDOs, etc), des prêts à long terme ont pu être financé par de la dette à court terme.

D’autre part, en supposant qu’il y ait bel et bien eu un surplus d’épargne, l’omnisciente Federal Reserve et ses consoeurs banques centrales n’auraient-elles pas pu réagir de façon appropriée? Dans un système bancaire libre, l’économie s’ajuste naturellement aux augmentations du niveau d’épargne; aucune action n’est requise. La baisse des taux d’intérêt occasionnée par l’augmentation de l’épargne découragerait l’épargne et favoriserait la consommation, ce qui ramènerait naturellement la situation en équilibre optimal. Dans le système bancaire actuel, cet ajustement est impossible car l’endettement n’a pas de limite, jusqu’à ce que l’inflation se montre le bout du nez et que la banque centrale réagisse (en retard), causant un choc dont les conséquences sont imprévisibles.

Dans le système actuel, la banque centrale ne permet pas de réduire l’ampleur des cycles économiques (au contraire, elle l’augmente), ni d’éviter les bulles, ni de stabiliser les prix (le dollar US a perdu près de 95% de son pouvoir d’achat depuis l’avènement de la Fed). À quoi sert-elle alors? À faciliter le processus d’endettement et à ainsi maximiser les profits des banques.

Contrairement à ce que Greenspan voudrait nous faire croire pour sauver sa réputation, la politique monétaire de la Federal Reserve a été au coeur de cette bulle. La création de monnaie par la banque centrale et un système bancaire à réserves fractionnaires est d’ailleurs derrière toutes les bulles. Durant son règne, Greenspan nous a simplement prouvé (encore une fois) que la planification centrale de la monnaie ne fonctionne pas et que les politiques monétaires de la Federal Reserve, depuis son existence, ne font que mener à des bulles et des crises financières. Dommage que la leçon ne semble pas encore avoir été retenue malgré la clarté de la situation…

Dans son livre Age of Turbulence, Greenspan passe des centaines de pages à nous expliquer les vertus du libre-marché et les miracles qu’il a accomplis d’abord aux États-Unis, puis en ex-URSS, en Chine et en Inde. Cependant, il tente ensuite de nous faire avaler que la planification centrale est nécessaire pour l’élément le plus important d’une économie: la monnaie et son corrollaire le taux d’intérêt. C’est un discours plutôt contradictoire et certainement incohérent qui a coûté bien cher à l’économie mondiale!

Pour mieux comprendre ce qui s’est réellement passé, je vous recommande plutôt la Théorie Autrichienne des Cycles Économiques.

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S’il y a une chose dont les Keynesiens parlent depuis plusieurs mois, Paul Krugman en tête de liste,  c’est bien de la trappe à liquidité (liquidity trap):

The term liquidity trap is used in Keynesian economics to refer to a situation where the demand for money becomes infinitely elastic, i.e. where the demand curve is horizontal, so that further injections of money into the economy will not serve to further lower interest rates. Under the narrow version of Keynesian theory in which this arises, it is specified that monetary policy affects the economy only through its effect on interest rates. Therefore, if the economy enters a liquidity trap area — and further increases in the money stock will fail to further lower interest rates — monetary policy will be unable to stimulate the economy.

Ainsi, la trappe à liquidité survient lorsque même un taux directeur à la banque centrale frôlant les 0% n’arrive pas à stimuler l’économie. L’explication est simple: même si les taux d’intérêt sont bas, les individus et entreprises ne veulent pas s’endetter pour dépenser (ils l’ont déjà trop fait durant le boum). Ils sont déjà fort endettés, leur confiance est faible et plusieurs sont au chômage. Le remède keynesien à ce problème est donc le plan de relance. Le gouvernement nous dit essentiellement: "puisque vous ne voulez pas vous endetter pour dépenser, nous allons le faire à votre place". Ensuite, on se croise les doigts et on prie pour qu’un autre des concepts keynesiens, le multiplicateur, fasse son effet. Jusqu’à maintenant, cette recette n’a jamais fonctionné, mais devant cet échec, les keynesiens se plaignent que les plans de relance n’étaient tout simplement pas assez gros…

Ceci étant dit, plutôt que de reconnaître l’absurdité de leurs politiques, les keynesiens continuent à faire la démonstration de leur stupidité. Selon l’économiste en chef de l’IMF, Olivier Blanchard, lequel est secondé par Paul Krugman à cet égard, propose que les banques centrales adoptent une cible d’inflation plus élevée (4% plutôt que 2% aux États-Unis), ce qui mènerait à un taux directeur supérieur. Cela permettrait à la banque centrale de couper davantage son taux directeur durant la récession et ainsi d’éviter la trappe de liquidité.

C’est n’importe quoi! Pour avoir de l’inflation plus élevée, il faut créer de la monnaie, ce qui met une pression à la baisse sur les taux d’intérêt; il est donc impossible d’avoir à la fois une cible d’inflation et un taux directeur plus élevés! Pour atteindre une cible d’inflation de 4%, la Federal Reserve aurait eu à créer encore plus de monnaie durant les années 2000s, ce qui aurait eu un effet à la baisse sur les taux d’intérêt et aurait résulté en une bulle encore plus imposante.

Ce genre de déclaration frôlant l’imbécilité n’est pas surprenante venant de Blanchard, lui qui avait publié en 2008 (juste avant la débâcle de Lehman Brothers) une étude intitulée The State of Macro dans laquelle il concluait que l’économie était en santé et que tout allait bien…

Je suppose que cette proposition sera aussi appuyée par Joseph Stiglitz, un autre keynesien qui a fait un fou de lui il y a quelques années. En 2002, des gens ont exprimé leurs inquiétudes sur la santé financière de Fannie Mae et Freddie Mac. Pour plusieurs, l’implication de ces deux entreprises parapubliques dans le marché des subprimes mettait en péril leur existence. Pour répondre à ses détracteurs, Fannie Mae et Freddie Mac ont demandé à Joseph Stiglitz d’évaluer la probabilité de voir ces deux entreprises connaître des difficultés financières. Selon Stiglitz, la probabilité de voir le gouvernement être obligé de sauver Fannie Mae et Freddie Mac avec l’argent des contribuables se situait entre 1/500 000 et 1/3 000 000. Bravo M. Stiglitz!

Le vrai problème des banques centrales:

Le problème des banques centrales est qu’elles sont programmées pour générer de l’inflation. Leur objectif est un taux d’inflation "stable", mais positif! Et en se concentrant sur l’inflation mesurée par les prix à la consommation, elles manquent complètement ce qui se passe sur les marchés financiers.

Par exemple, durant les années 2000s, les prix à la consommations ont été maintenus bas en raison des gains de productivité et des importations bon marché de la Chine. Pendant ce temps, pour contrer ces sources de déflation, la Federal Reserve a dû créer beaucoup de monnaie pour atteindre sa cible d’inflation de 2%, créant ainsi une bulle sur les marchés financiers et une mauvaise allocation des ressources dans l’économie. Cette orientation politique erronnée est le résultat de l’aversion pathétique des keynesiens pour la déflation, même si celle-ci provient de gains de productivité augmentant notre pouvoir d’achat.

Serait-il possible pour une banque centrale de mener une politique monétaire permettant  des prix stables et des marchés financiers en équilibre (sans bulles)? Non! Et ce pour les même raison que le communisme et la planification centrale de l’économie ne fonctionnent pas; le libre-marché est la meilleure façon d’allouer les ressources et de déterminer les prix dans l’économie, y compris les taux d’intérêts, lesquels sont le prix de l’argent dans le temps.

Conclusion:

La déflation qui suit l’éclatement d’une bulle inflationniste est certes douloureuse et pénible, mais elle est aussi inévitable que nécessaire. Tenter de regonfler la bulle par une politique monétaire ultra-expansionniste est une recette désastreuse qui ne fera qu’empirer les choses et prolonger le supplice.

La trappe à liquidité est un concept absurde, tout comme le reste des idées keynesiennes d’ailleurs. En fait, je dirais que c’est la preuve de l’échec des idées de Keynes. La réalité est que le libre-marché serait le meilleur mécanisme de gestion de la politique monétaire, pas un groupe d’individus réuni en comité.

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Il y a plusieurs écoles de pensées en économie (néo-classique, keynesienne, supply-side, monétariste, etc), l’une d’elles étant l’école Autrichienne. La plupart d’entre vous savent que j’adhère à cette façon de penser, du moins en ce qui a trait à la Théorie Autrichienne des Cycles Économiques (ABCT).

Plusieurs économistes, choqués par les implications dérangeantes de cette théorie, véhiculent des critiques à son égard que je qualifierais de pure sophismes. Voyons voir ce qu’il en est.

La Théorie:

L’ABCT stipule qu’au début du cycle, la politique monétaire se fait accommodante de façon à stimuler l’économie. Pour ce faire, la banque centrale crée de la monnaie, ce qui a comme impact de faire chuter les taux d’intérêt.

Cette baisse des taux d’intérêt a comme impact de modifier les préférences temporelles des entrepreneurs et consommateurs à l’égard de leurs investissements et de leur consommation. Ainsi, certains investissements qui n’étaient pas profitables au taux d’intérêt du marché deviennent "artificiellement" profitables au taux manipulé. De plus, les consommateurs vont choisir de consommer davantage maintenant plutôt que d’épargner pour plus tard et vont même s’endetter pour le faire, encouragés par les bas taux d’intérêt.

Ils vont aussi s’endetter pour investir, séduit par les rendements boursiers alléchants et les chiffres économiques dopés, imitant les spéculateurs et autres investisseurs professionnels, qui profiteront du crédit facile comme levier financier. Ainsi, selon la mode de l’époque (chemins de fer, télécommunications, technologies de l’information, immobilier, etc), tout cet argent/dette canalisé vers les investissements pourra engendrer une ou même plusieurs bulles spéculatives. Conséquemment, le faible coût du capital, tant action que dette, augmentera la propension des entreprises à investir dans des projets qui n’auraient pas été considérés autrement.

Cette vague d’investissement, de consommation et d’endettement sera amplifiée par la création monétaire du système bancaire à réserves fractionnaires opéré au Canada, aux États-Unis, en Europe et presque partout. Le "boum" économique qui en résultera agira aussi comme un amplificateur et renforcera la tendance.

Toute cette nouvelle monnaie en circulation aurait tôt fait de faire augmenter les prix des biens et services. En effet, le niveau élevé d’activité économique crée une rareté des ressources, moyens de production et travailleurs, ce qui fait augmenter leurs coûts. Ces coûts sont repassés aux consommateurs sous forme de hausses de prix ce qui génère une spirale inflationniste.

Pour freiner cet élan, la banque centrale n’a d’autre choix que de resserrer sa politique monétaire. Tel un château de cartes sur lequel on souffle, l’augmentation des taux d’intérêt ramènera tout le monde à la réalité et mettra à jour tous ces mauvais investissements faits durant le boum. Ces investissements, lesquels semblaient rentables avec de bas taux d’intérêt et des prix élevés, apparaîssent maintenant comme déficitaires, ce qui génèrera une vague de faillites et de coupures d’emplois.

Les consommateurs dépenseront moins pour rembourser leurs dettes et épargner. L’investissement tombera à sec en raison de la faiblesse de la demande et des faillites dues aux mauvais investissements. Dans un système bancaire à réserves fractionnaires, le remboursement des prêts résulte en un phénomène de destruction de monnaie: la déflation. Les prix baissent, ce qui accentue la sévérité de la récession. Le chômage augmentera, ce qui aura comme impact de rendre la récession encore plus sévère.

Pour se sortir de ce marasme, il faut que la structure de production s’adapte à la nouvelle structure de l’économie. C’est la destruction créatrice qui entre en jeu. Les ressources libérées par les faillites et coupes d’emplois sont réallouées dans l’économie. De plus, le capital investi dans de mauvais projets durant le boum est perdu et devra être remplacé. Pour ce faire, les mauvais prêts doivent être radiés, les dettes remboursées et l’épargne réel doit fournir le capital nécessaire à la reprise. Finalement, les prix doivent aussi s’adapter à la nouvelle réalité du marché et à la quantité de monnaie en circulation.

 Les critiques:

Qu’elles proviennent de Paul Krugman, Bryan Caplan ou John Quiggin, les détracteurs de l’ABCT avancent généralement les mêmes arguments.

1) Même dans des pays ou époques où il n’y a pas eu de banque centrale, il y a quand même eu des cycles économiques violents.

Cette critique est basée sur la mauvaise prémisse selon laquelle l’ABCT blâme les banques centrales­. C’est plutôt la création de monnaie ex nihilo en général que nous accusons, notamment celle qui provient des banques centrales, mais aussi d’un système bancaire à réserves fractionnaires. Ceci étant dit, si la raison-d’être de la Federal Reserve, apparue en 1913, était de stabiliser l’économie et le système financier, il est évident que ça a été un échec monumental!

2) Selon Bryan Caplan, l’une des failles de l’ABCT est de croire que les boum génèrent de mauvais investissements (malinvestments). Selon lui, les mauvais investissements sont plutôt attribuables à la cupidité du capitalisme, à l’irrationnalité des agents, aux esprits animaliers (animal spirits) et/ou à un échec du libre-marché. Sachant que les bas taux d’intérêt ne sont que temporaires, pourquoi est-ce que les entrepreneurs et autres agents du marché n’ajustent pas leurs anticipations rationnellement en fonction d’une hausse potentielle des taux? N’est-ce pas là un échec du marché?

Tout d’abord, l’entrepreneur n’a aucun moyen de savoir quel est le vrai taux du marché, lequel est masqué par les interventions de la banque centrale. Cela rend le processus décisionnel plutôt difficile. En second lieu, la concurrence forcera éventuellement les entrepreneurs à réagir pour ne pas perdre leur position compétitive. Finalement, l’inflation est plutôt sournoise et il serait exagéré de prétendre que les entrepreneurs sont rationnels au point d’en prendre totalement et exactement compte dans leurs décisions d’investissement. Notez que l’ABCT ne nécessite pas la rationalité parfaite des agents (comme c’est le cas pour les économistes de l’école de Chicago). 

3) L’une des critiques les plus stupides est celle-ci (dans les mots de Krugman):

"Here’s the problem: As a matter of simple arithmetic, total spending in the economy is necessarily equal to total income (every sale is also a purchase, and vice versa). So if people decide to spend less on investment goods, doesn’t that mean that they must be deciding to spend more on consumption goods—implying that an investment slump should always be accompanied by a corresponding consumption boom? And if so why should there be a rise in unemployment?"

Lorsque la récession survient, l’épargne diminue non pas au profit de la consommation, mais bien pour rembourser les dettes excessives engrangées durant le boum. Une chute de l’investissement non-compensée par une hausse de la consommation entraîne nécessairement du chômage, le temps que ces travailleurs se trouvent un nouvel emploi dans une industrie différente et/ou à un salaire différent, mieux adaptés à la situation économique actuelle.

4) Autre critique de Krugman: comment se fait-il que les bulles affectent l’ensemble de l’économie et non seulement le secteur touché par la bulle?

La réponse est plutôt simple: la monnaie et l’endettement sont utilisés dans l’ensemble des industries. Il est donc normal que les distorsions économiques reliées à la manipulation de la monnaie affectent aussi l’ensemble des industries.

5) Finalement, le dernier argument concerne Coolidge, Hoover et la Grande Dépression de 1929. Selon les Keynesiens, la Grande Dépression a été le résultat de l’échec du capitalisme. De plus, selon eux, le président Hoover était un adepte du laissez-faire et était beaucoup trop austère, ce qui a tué la reprise dans l’oeuf.

Au contraire, les années précédant la crise de 1929 ont été marquées par un vaste mouvement d’expansion du crédit. Cette inflation a été rendue possible parce que les pays occidentaux n’ont pas été mesure de retourner à un véritable système étalon-or, ayant plutôt opté pour le gold-exchange standard.

D’autre part, le président Hoover Hoover m’apparaît plutôt comme un Keynesien pur-et-dur. Il a augmenté les dépenses de 42% entre 1930 et 1932. Le déficit fiscal s’est chiffré à $2.6 milliards en 1932, ou 4% du PIB. Cependant, comme c’est toujours le cas lorsque les politiques keynesiennes ne fonctionnent pas, le seul argument qu’il leur reste est de dire que ce n’était pas assez!

S’il y a une chose dont les Keynesiens ne vous parleront pas, c’est sans doute de la Dépression de 1920-21. Il s’agit d’un bon exemple d’un retour à la prospérité en l’absence de plan de relance gouvernemental, et même en présence de mesures tout à fait contraires***.

Pendant la Première Guerre mondiale et la période qui l’a suivie, la Réserve fédérale avait substantiellement augmenté la quantité de monnaie dans l’économie. Lorsque la Fed décida finalement de hausser le taux d’escompte – le taux auquel elle prête aux banques – l’économie ralentit et commença à se réajuster à la réalité. Vers le milieu de l’année 1920, le ralentissement avait atteint un niveau critique, la production diminuant de 21% au cours des douze mois suivants. Le nombre de chômeurs augmenta de 2,1 millions en 1920 à 4,9 millions en 1921.

Le président Harding n’envisageait certainement pas une politique monétaire expansionniste pour relancer l’économie. En fait, il condamna l’inflation: 

«Nous avons gonflé la monnaie sans réfléchir, nous devons la dégonfler de manière mûrement réfléchie. Nous avons dévalué le dollar par des mesures financières irresponsables, nous devons le rétablir de façon honnête.»

Au niveau fiscal, plutôt de promettre de dépenser des sommes sans précédent, il en appela à une réduction des dépenses:

"Nous tenterons de procéder à une déflation intelligente et courageuse, nous mettrons un terme aux emprunts gouvernementaux qui empirent la situation, et nous nous attaquerons aux coûts élevés des mesures étatiques avec toute l’énergie et la compétence dont les républicains sont capables. Nous promettons ce soulagement qui découlera de la fin du gaspillage et de l’extravagance, ainsi que du renouveau des pratiques de frugalité publique, non seulement dans le but de diminuer le fardeau fiscal, mais aussi parce que cela constituera un exemple pour stimuler l’épargne et la prudence économique dans la vie privée."

Harding expliqua lors de son discours inaugural l’année suivante que l’économie «avait subi les chocs et secousses associés à une demande anormalement élevée, à l’inflation du crédit et à une explosion des prix». Le pays traversait maintenant l’ajustement inévitable. Aucun raccourci facile n’était possible.

Harding tint parole en poursuivant les réductions budgétaires qui avaient débuté durant les derniers mois de l’administration Wilson, alors que la maladie de celui-ci l’avait rendu incapable de gouverner. Les dépenses fédérales diminuèrent de $6.3 milliards en 1920 à $5 milliards en 1921 et à $3.3 milliards en 1922. Entre-temps, les taux d’imposition furent réduits à tous les niveaux de revenu. Et au cours des années 1920, la dette nationale fut réduite du tiers.

En 1920-21, nota l’économiste Benjamin Anderson:

"nous avons encaissé nos pertes, ajusté notre structure financière, enduré notre dépression, et en août 1921 nous avons repris la route de la croissance. La reprise de la production et de l’emploi qui s’est enclenchée en août 1921 s’appuyait sur une base solide suite à une restructuration en profondeur de nos problèmes de crédit, une réduction draconienne des coûts de production et le libre jeu de l’entreprise privée. Elle ne découlait pas de politiques gouvernementales visant à supporter les entreprises."

Ce n’est pourtant pas une coïncidence si l’économie a repris son élan relativement rapidement suite à la récession de 1920, alors que des conditions caractéristiques d’une dépression ont persisté pendant toutes les années 1930, une décennie marquée par l’activisme étatique. C’est justement parce qu’on n’a pas adopté de mesures de relance monétaires et fiscales qu’un progrès économique solide a été rendu possible.

*** Le texte qui suit est une traduction d’un article de Thomas E. Woods Jr. publiée par le Québécois Libre.

AJOUT (13 avril 2010)

Depuis la publication de ce billet, je suis tombé sur de nouvelles critiques de l’ABCT. En voici donc les grandes lignes.

Tout d’abord, de Paul Krugman:

« The Austrian view is that unemployment in a slump results from the difficulty of “adaptation of the structure of production” — workers are unemployed as resources are painfully transferred out of an overblown investment-goods sector back into production of consumption goods. But this immediately raises the question, why isn’t there similar unemployment during the boom, as workers are transferred into investment goods production? »

Durant le boum, la transition vers la secteur de l’investissement est graduelle et « smooth ». Mais lorsque la récession survient, la transition vers la consommation est plus abrupte. Il y a beaucoup de résistance, en partie à cause des politiques de l’État, en partie à cause de l’inflexibilité du marché du travail, en partie à cause du manque de mobilité des facteurs de productions et en partie à cause d’un peu d’irrationnalité des individus.

L’État tente de maintenir le boum en aidant les industries touchées, ce qui ralentit la transition. Certains employés sont plus difficile à « mettre-à-pied » étant syndiqués. Certains employés sont spécialisés dans l’industrie ayant fait l’objet du boum et sont donc moins aptes à se ré-orienter. Finalement, les gens sont plus résistants à une diminution de salaire qu’à une augmentation. Ils préfèrent souvent être au chômage plutôt que travailler à moindre salaire dans une autre industrie.

Le boum immobilier a mis environ 6 ans à se développer alors que le « bust » s’est produit en quelques mois. Ce n’est pas surprenant que l’un soit plus difficile que l’autre. Contrairement à ce qu’il affirme, le problème n’est pas au niveau de la demande, mais bien de l’inadéquation de la structure de production (incluant la main d’oeuvre). Le boum a remodelé la structure de production pendant 6 ans, l’ajustement ne se fait pas du jour au lendemain….et je dirais même que les politiques gouvernementales (plans de relance) nuisent au processus.

Malheureusement, les statistiques disponibles (à ma connaissance) ne permettent pas de démontrer qu’il y a bel et bien eu un transfert de l’emploi du marché de la consommation vers celui des investissements durant la croissance et l’inverse durant une récession. Le Bureau of Labor Statistics ne sépare pas les emplois de cette façon.

Cependant, comme le dernier boum a, entre autres, été dirigé vers la construction immobilière et que le BLS fournit les statistiques pour ce secteur en particulier,  nous pouvons observer ce qui s’y est produit. Le graphique suivant parle pour lui-même.

Les deux autres critiques sur lesquelles je suis tombé proviennent du blogue Rationalité Limitée. La première concerne la rationalité des agents et je l’ai déjà adressée au point numéro 2) de ce billet. La seconde critique de ce blogueur est que l’ABCT repose sur une politique monétaire erronée, alors que les actions de la banque centrale ont un impact indirect et mitigé sur les taux d’intérêts et les décisions des banques commerciales. Encore une fois, cette critique a été résolue au point numéro 1) du billet. Le problème n’est pas seulement la banque centrale, mais bien le système à réserves fractionnaires en entier.

Cependant, en support à l’ABCT, ce blogue fournissait un lien vers un papier fort intéressant paru dans la Review of Austrian Economics, intitulé "Expectations in Austrian Business Cycle Theory: An Application of the Prisoner’s Dilemma".

Cet article démontre comment les agents prêteurs et emprunteurs peuvent être rationnellement incités à s’engager dans un processus d’expansion monétaire. Les auteurs considèrent la monnaie fiduciaire comme un bien commun et que les banques peuvent en émettre sans aucun risque pour attirer de nouveaux clients. On est donc dans une situation de type dilemme du prisonnier où chaque banque est incitée à créer plus de monnaie qu’il ne serait souhaitable afin de ne pas perdre de clients, ce qui débouche sur la pire solution collective, à savoir une expansion monétaire excessive. Les emprunteurs sont dans une situation similaire face à l’importante offre de crédit; ils doivent investir pour ne pas perdre de parts de marché.

Je trouve cet article bien intéressant, d’autant plus qu’il apporte une explication supplémentaire quant à la rationalité des agents.

AJOUT (16 avril 2010)

Voici un graphique montrant les dépenses de consommation comparativement aux dépenses en capital.

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Avec les huits soldats américains tués hiers en Afghanistan, le mois d’octobre aura été le plus meurtrier depuis l’engagement des Américains dans ce pays il y a 8 ans; au total 55 soldats sont morts ce mois-ci. De notre côté, 131 soldats canadiens ont perdu la vie en Afghanistan depuis le début de la mission en 2002.

Je suis quelqu’un de pacifique et contre les guerres. Je trouve les guerres absurdes, irrationnelles, barbares et inutiles. Comment les guerres sont-elles possibles, alors que la population est générallement contre? Selon moi, il y a deux ingrédients essentiels.

Le premier ingrédient est un gros gouvernement. Il faut que l’État ait de bien longues tentacules pour diriger autant de ressources vers une activité aussi destructrice. Les régimes totalitaires ont d’ailleurs été d’effroyables machines de guerre dans l’histoire.

Le second ingrédient est l’inflation ou la capacité du gouvernement à financer ses dépenses militaires en créant de la monnaie. En effet, si gouvernement devait augmenter les impôts pour financer ses guerres, la population de révolterait. La monnétisation est une façon bien plus subtile (et hypocrite) pour l’État de financer son expansion puisque les citoyens ne s’en rendent pas compte. Cette activité est bien entendu grandement facilitée par l’existence d’une banque centrale.

Observez le graphique suivant, lequel montre le pouvoir d’achat du dollar américain entre 1800 et 2009 ($1.00 en 1800 vaut maintenant $0.05). Vous constaterez que les périodes d’inflation les plus sévères sont toujours causées par des guerres. C’est simplement parce que le gouvernement "monnétise" ses dépenses militaires.

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Ces périodes de sévères inflation sont:

  • La guerre de 1812-15
  • La guerre Civile 1861-65
  • La guerre Hispano-Américaine de 1898
  • La Première Guerre Mondiale 1914-18
  • La Seconde Guerre Mondiale 1939-45
  • La guerre de Korée de 1950-53
  • La guerre du Vietnam 1960-75
  • Les campagnes d’Irak et d’Afghanistan des années 1990s-2000s

Avant la création des banques centrales, sous l’étalon-or, il était beaucoup plus difficile pour les gouvernements de financer leurs guerres. Ils devaient débaser la monnaie notamment en modifiant son ratio d’équivalence en or ou en imprimant de la monnaie de papier sans avoir d’or sous-jacente.  Cette pratique a été fortement utilisée au cours de l’histoire, notamment par l’Empire Romain qui l’utilisait pour financer ses campagnes militaires. Certains croient d’ailleurs que ça a contribué à sa chute.

Durant la Première Guerre Mondiale, l’Allemagne a augmenté sa masse monétaire de 400% et en 1923, le pouvoir d’achat du Papiermark avait diminué drastiquement (on l’utilisait comme papier-peint sur les murs!). La Seconde Guerre Mondiale n’aurait pas été possible si Hitler n’avait pas pu la financer en imprimant de la monnaie. Suite à la chute du régime Nazi, le Reichsmark a d’ailleurs été remplacé par le Deutsche Mark en 1948 pour éviter une seconde vague d’hyperinflation comme celle qui avait frappé le pays en 1923 (lorsque le gouvernement a monnétisé sa dette de guerre).

De nos jours, les guerres sont beaucoup plus faciles à financer. Les gouvernements n’ont pas besoin de l’accord du peuple pour mener leurs campagnes militaires. Ils n’ont pas à militer pour justifier leurs actes. Ils n’ont pas à défendre des augmentations d’impôts pour payer ces guerres. Ils n’ont qu’à se tourner vers leur banque centrale pour obtenir le financement.

Ainsi, le budget militaire des États-Unis s’élève maintenant à plus de $663 milliards (5% du PIB) alors que celui du Canada a augmenté à plus de $19 milliards (1.5% du PIB). Le gouvernement Américain a englouti près de $600 milliards dans les guerre en Irak depuis 2003, soit environ $2,000 par habitant.

Pour un excellent texte sur la guerre et l’inflation, je vous recommande celui-ci du Mises Institute.

Je vous laisse avec la Guernica, cette oeuvre que Picasso a peinte en réponse au bombardement de la ville de Guernica en Espagne en 1937. Cette oeuvre est devenue un symbole de l’horreur de la guerre.

En 2003, une reproduction du tableau présentée à l’ONU a été cachée à la demande des diplomates américains par une toile bleue lors du vote de la résolution concernant la guerre d’Irak. Sa simple vue occasionnait un sentiment de honte pour les passants.

Guernica

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Les variations des prix des biens et services, ainsi que des actifs, proviennent de l’inflation monétaire. Cette inflation quant à elle est engendrée par la création de monnaie. Comme bien des gens ne comprennent pas vraiment comment l’argent est créé, voici une démystification du phénomène.

Tout d’abord, les banques à charte ne créent pas d’argent à partie de rien. Seules les banques centrales ont ce privilège. Les banques à charte ont besoin des dépôts pour créer de l’argent.

Voici comment une banque à charte crée de la monnaie à partir des dépôts:

Sébastien dépose $100 dans son compte à la CIBC. La CIBC garde $10 en réserve et prête à David $90. David utilise l’argent pour acheter un lecteur Blu-Ray chez FutureShop. À la fin de sa journée, le marchand dépose ses recettes à la Banque de Montréal, incluant le $90 de David.

Le lendemain, la Banque de Montréal conserve $9 en réserve du $90 de David déposé dans le compte de FutureShop  et prête le reste, soit $81, à Martin. Martin utilise l’argent pour payer sa saison de hockey. La ligue n’a pas besoin de l’argent pour le moment, elle le dépose donc dans son compte à la Banque TD.

La banque TD conserve $8.10 en réserve et prête le reste, soit $72.90, à quelqu’un d’autre, et ainsi de suite.

Argent initial = $100
Argent total dans le système après les transactions = $100 + $90 + $81 + $72.90 = $343.90

Total de l’argent créé par le système = $243.90

Cet argent n’est pas apparu de nulle part. Si Sebastien n’avait pas déposé son argent, David n’aurait pas pu l’emprunter (c’est-à-dire que la CIBC n’aurait pas inventé $90 à partir de rien). Les banques ont besoin de dépôts pour créer de l’argent. Note: cet exemple utilise un ratio de réserve de 10%, ce qui signifie que si on continue l’exemple, l’argent total qui pourrait être créé sera d’environ $1,000 ($100 * 1 / 10%).

Suite à la lecture de mon billet sur le sujet, vous comprendrez qu’en exigeant que les banques conservent des réserves égales aux dépôts à vue, aucun argent n’aurait pu être créé dans notre exemple.

Contrairement aux banques à charte, les banques centrales peuvent créer de l’argent à partir de rien. Par exemple, la Banque du Canada n’a qu’à se faire un "chèque" de $100 à elle-même et le déposer dans son compte à la CIBC, laquelle lui paie un taux d’intérêt minime sur ce dépot. La CIBC peut ensuite en conserver $10 en réserve et prêter $90 à David, etc…

Dans notre exemple, si le $100  initial était venu de la Banque du Canada plutôt que du dépot de Sébastien, la création totale de monnaie aurait été de $343.90.

Bien souvent, plutôt que de simplement déposer l’argent, les banques centrales vont utiliser l’argent pour acheter des titres de dettes de leur gouvernement. Ainsi, l’État peut financer son expansion avec de l’argent nouvellement créé plutôt qu’avec les taxes et impôts qui sont plus visibles. Cet argent, d’une façon ou d’une autre, devient un dépôt dans une banque et permet au système bancaire de créer encore plus d’argent et, par le fait même, d’inflation. Cette inflation est en fait un détournement de fonds de ceux qui ont épargné de l’argent vers ceux qui bénéficient de l’argent nouvellement créé: les endettés. Et le plus gros endetté, c’est le gouvernement! Il serait primordial d’enlever ce pouvoir aux banques centrales.

J’espère avoir démystifier la chose une fois pour toute!

Si vous voulez approfondir, je vous reommande What governement has done to our money et The Case Against the Fed de Murray Rothbard. Plus récemment, Ron Paul a publié un livre intitulé End the Fed.

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