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On me demande souvent pourquoi les prix demeurent relativement stables malgré toute la création de monnaie qui a eu lieu aux États-Unis. La raison est fort simple: une bonne partie de cet argent se trouve à la Federal Reserve, sous forme de réserves. Lorsque ces réserves seront injectées dans l’économie sous forme de prêts, les prix réagiront plus drastiquement.

Pourquoi est-ce que cet argent n’est pas prêté présentement? Il y a essentiellement deux raisons.

Premièrement, la demande de crédit est très faible. Le taux de chômage est très élevé et les gens cherchent plutôt à rembourser leurs dettes excessives des dernières années plûtôt qu’à se ré-endetter. Il y a eu beaucoup de consommation durant les années 2000s qui a été financée par des emprunts, et un emprunt doit être remboursé à un moment ou à un autre. D’autre part, nous avons vu plus tôt cette semaine l’indice de confiance des consommateurs chuter de 56.5 à 46.0 en janvier. Notez que si le taux de chômage baisse aux États-Unis ce n’est pas parce que des gens se trouvent un emploi, mais bien parce que certains chômeurs ont arrêté de se chercher un emploi et ne sont donc plus compté. Si on incluait l’ensemble des chômeurs, le taux de chômage tournerait autour de 20% en ce moment. 

Deuxièmement, la santé financière des banques américaines est très fragile, voire désastreuse. Oubliez les grandes banques telles que JP Morgan, Goldman Sachs, Wells Fargo, Bank of America et Citigroup; elles ont bénéficié de privilèges de l’État grâce à la politique "too-big-to-fail" ainsi qu’au TARP, TALF et autre programmes. Leurs lobbys et contributions aux caisses électorales ont porté fruit! De toute façon, ce ne sont pas elles qui vont relancer le crédit. Elles sont trop occupées à faire des profits faramineux sur les marchés des capitaux. Ce sont les petites et moyennes banques qui sont dans l’eau chaude.

La Federal Deposit Insurance Corporation a publié un rapport démontrant qu’au 31 décembre 2009, 702 banques étaient en mauvaise posture comparativement à 552 au 30 septembre 2009; une augmentation de 27%. La FDIC a compilé 140 faillites bancaires en 2009 et l’année 2010 est bien partie pour dépasser ce chiffre (16 faillites en janvier seulement).

La FDIC a aussi déclaré que l’augmentation des profits du secteur bancaire au cours du trimestre s’est essentiellement produite au niveau des grandes banques. Ce sont donc les petites et moyennes banques qui sont à l’agonie. Pourquoi? Les mauvaises créances enregistrées durant le trimestre étaient 37% plus élevée que l’année précédente et représentent un sommet inégalé depuis plus de 20 ans.

La réalité est que la bulle de crédit a généré énormément de mauvais investissements et de sur-investissement. La récession suivant une bulle est une période durant laquelle ces mauvais investissements doivent être "nettoyés" pour que les ressources puissent être correctement allouées dans le système et que la structure de production s’ajuste à la nouvelle réalité économique. Comme l’ampleur de cette bulle a été démesurée, le nettoyage l’est tout autant, et tant que ce processus n’aura pas suivi son cours, le marasme économique perdurera.

Ainsi, je n’anticipe pas une hausse démesurée des prix pour 2010. Ceci étant dit, les prix à la consommation sont tout de même en hausse; la déflation n’est définitivement pas au rendez-vous (voir graphique ci-bas).

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Le nom de ce mouvement fait évidemment référence aux fameux événements du Boston Tea Party de 1773, qui mèneront à la révolution américaine de 1775. Il est apparu à l’aube de 2009, suite à l’annonce du plan de relance de l’économie américaine et au sauvetage des banques. Le mouvement a par la suite critiqué la réforme du système de santé de Barrack Obama ainsi que les dépenses gouvernementales élevées en général.

Le mouvement est composé de plusieurs branches, dont la Tea Party Nation, qui a récemment tenu un congrès marqué par un discours de Sarah Palin.

Les tea-partys sont décrits comme un mouvement faisant la promotion des valeurs libertariennes et conservatrices. Leur principal cheval de bataille est la réduction des dépenses gouvernementales et la discipline fiscale. La gauche n’a pas tardé à affirmer que le mouvement n’a rien d’authentique et qu’il est financé par les riches pour faire en sorte que leurs impôts n’augmentent pas. Il y a sûrement un peu de vérité là-dedans (que les riches supportent ce mouvement par exemple), mais il n’en demeure pas moins que le mouvement est désorganisé, décentralisé et quasi-spontané. Les assemblées sont garnies de gens ordinaires qui ne se sont jamais impliqués politiquement et qui sont dégoûtés par les agissements de leur gouvernement.

L’influence politique du mouvement commence à se faire grandement sentir. Selon le magazine The Economist, les tea-baggers ont contribué à la chute d’un candidat Républicain "centriste-modéré" dans l’État de New York l’an passé, ce qui a permi à un Démocrate de se faire élire. Plus récemment, l’élection du Républicain Scott Brown dans l’ancien compté de Ted Kennedy au Massachusetts a fait beaucoup de bruit et aurait été influencée par le mouvement Tea-Party.

Il est tout à fait légitime qu’un groupe de pression défende finalement les intérêts des contribuables, trop souvent négligés par la classe dirigeante face à tous ces autres groupes de pression qui eux veulent attirer les dépenses gouvernementales.

Évidemment, les plus riches ont toujours joué du coude en coulisses pour limiter l’ampleur de leur charge fiscale, mais personne ne défend les payeurs d’impôts de la classe moyenne et les consommateurs en général (qui paient des taxes de vente et qui subissent l’inflation engendrée par la banque centrale finançant les dépenses de l’État).

Ce genre de manifestation est d’autant plus nécessaire que ces gens ne peuvent s’exprimer au scrutin puisque tant les Républicains que les Démocrates sont d’affreux dépensiers. Contrairement à ce que Barack Obama pense, il est important que l’on recentre le débat sur ‘combien dépenser’ plutôt que sur ‘dans quoi dépenser’, ainsi que sur la taille de l’État en général.

Ça me fait penser à l’éditorial de The Economist il y a quelques semaines, qui décrivait que bien que la crise financière ait accéléré l’expansion du gouvernement américain, le phénomène était déjà en branle depuis un bon bout de temps. Georges Bush a augmenté les dépenses de l’État plus que n’importe quel président depuis Lyndon Johnson. Il a aussi ajouté 1,000 pages de règlementation fédérale par année durant ses 7 ans de mandats (et après on nous parle d’une crise causée par la dérèglementation!).

Il est évident que les dépenses gouvernementales ont explosé ces dernières années, mais on ne peut pas dire que ça a été pour le mieux. Au niveau fédéral, une bonne partie de l’augmentation a été causée par le budget militaire ainsi que par l’implantation du Homeland Security Department. De plus, les fonctionnaires et politiciens sont des spécialistes du gaspillage. Le professeur Bill Watkins de l’Université de la Californie calcule que le gouvernement de cet État dépense 26% de plus qu’il y a 10 ans (après ajustement pour l’inflation et la croissance de la population). Est-ce que la qualité et la quantité des services s’est améliorée de 26% sur cette période? Bien sûr que non! 

Cet argent a terminé sa course dans les poches de fonctionnaires et d’intérêts corporatistes plutôt que pour les services publics. Il y a plus de 15,000 lobbyistes enregistrés aux États-Unis dont le travail consiste à détourner cet argent. De plus, les fonctionnaires s’assurent de bien protéger leurs propres intérêts. Aux États-Unis, 30% des fonctionnaires sont syndiqués ce qui leur confère de meilleurs salaires et avantages sociaux que leurs homologues du privé. Les salaires des fonctionnaires fédéraux américains sont totalement déconnectés de la réalité économique et l’écart continue de se creuser avec le secteur privé.

Government departments are good at expanding their empires. Thus a welfare state that was designed to help people deal with unavoidable risks, such as sickness and old age, is increasingly in the business of trying to eliminate risk in general through a proliferating health-and-safety bureaucracy. – The Economist.

Le problème avec le Tea-Party Movement est qu’il attire de plus en plus d’individus dont les motivations sont pour le moins discutables; plus conservateurs que libertariens. Ces gens s’intéressent au mouvement tea-party dans l’optique de l’utiliser pour promouvoir des politiques conservatrices telles que l’interdiction des marriages entre conjoints de même sexe, l’interdiction de l’avortement et même des politiques racistes anti-immigration. Ces choses n’ont absolument rien à voir avec le libertariannisme et la taille de l’État et il est bien malheureux que cette gangraine vienne infecter une cause aussi importante.

Ceci étant dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est important de s’informer et débattre quant à la taille de l’État et il est aussi important de défendre les intérêts des contribuables (nous en sommes tous de toute façon). Sans nécessairement devenir un parti politique, je pense que ce mouvement pourrait être très bénéfique en tant que groupe de pression. Il serait temps que nous en ayons un au Québec.

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Le 13 janvier dernier, Eugene Fama a donné une entrevue à The New Yorker au sujet de l’efficience des marchés financiers durant la crise financière. Fama est un pilier de la théorie financière et est à l’origine de l’un des concepts les plus importants en finance : la théorie de l’efficience des marchés. Cette théorie stipule que le prix d’un actif transigé sur un libre-marché liquide reflètera en tout temps toute l’information disponible et que, par conséquent, il sera impossible de tirer un rendement « anormal » de ce titre compte tenu de son risque.

Les attaques à cette théorie se sont multipliées suite à la crise financière, surtout de la part des observateurs « anti-marché », sur la base que le marché a complètement déraillé ce qui a mené à une bulle immobilière. La défense de Fama est à cet égard très intéressante, mais à mon avis incomplète.

Selon moi, les marchés financiers se sont comportés de façon tout à fait rationnelle étant donné les contraintes qui leur ont été imposées. Comme je le disais ici, la condition essentielle pour une bulle est la création de monnaie. Ainsi, lorsque la quantité de monnaie augmente, les prix des actifs et des biens montent. Lorsque la création de monnaie est excessive et dirigée vers un secteur particulier par une intervention gouvernementale, les prix dans ce secteur montent tellement que l’on peut parler d’une bulle. Comme le dit M. Fama :

 “People who get credit have to get it from somewhere. (…) That was government policy; that was not a failure of the market. The government decided that it wanted to expand home ownership. Fannie Mae and Freddie Mac were instructed to buy lower grade mortgages.“

 Dans l’extrait suivant, Fama met le doigt sur le problème sans toutefois l’identifier :

 “There was enormous investment across the board; it wasn’t just housing. Corporate investment was very high. All forms of investment were very high. (…) Can you have a bubble in all asset markets at the same time? Does that make any sense at all? Maybe you can convince me there can be bubbles in individual securities. It’s a tougher story to tell me there’s a bubble in a whole sector of the market, if there isn’t something artificial going on. Now we are talking about saving equals investment. You are basically telling me people are saving too much, and I don’t know what to make of that.”

 Lorsqu’il parle de “quelque chose d’artificiel”, c’est évidemment à la création de monnaie qu’il fait référence (peut-être sans le savoir?). Et le problème n’est évidemment pas relié à un « surplus d’épargne », mais bien à un surplus de liquidité sur le marché du crédit, lequel a été occasionné par l’inflation générée par la Federal Reserve et le système bancaire.

Quel a été le catalyseur de la crise? Selon M. Fama, la récession a fait en sorte que certaines personnes n’avaient plus les moyens de faire leurs paiements hypothécaires. Qu’est-ce qui a causé la récession? M. Fama avoue humblement ne pas le savoir (puisqu’il n’est pas un économiste). J’ai cependant ma petite idée là-dessus…

Mon explication principale quant au catalyseur de la récession a été un ralentissement de la création de monnaie, et donc du potentiel inflationniste de la politique monétaire. On peut très bien voir sur le graphique ci-bas à quel point la politique monétaire s’est resserrée vers la fin de la bulle (fin 2006 / début 2007). Évidemment, les bulles sont en quelque sorte des chaînes de Ponzi; donc lorsque le nombre d’acheteurs plafonne, la pyramide s’effondre. Un resserrement du crédit a très bien pu avoir cet effet.

La seconde explication est selon moi le prix du pétrole. Observez le graphique ci-bas qui montre le prix du pétrole avec les récessions mondiales en ombragé. Toutes les récessions des quatre dernières décennies ont été déclenchées par un « pic » dans le prix du pétrole. Notez que je ne prétends pas que les récessions ont été « causées » par le prix du pétrole; mais bien que le pétrole a juste été un élément déclencheur que Fama semble avoir manqué.

  

Quant au bailout, la vision de Fama est plutôt pragmatique. Selon lui, la politique du « too-big-to-fail » est un gros problème de sélection adverse. Sans le sauvetage, est-ce que le système financier se serait effondré? Là-dessus, M. Fama me rejoint :

“Maybe it would have—for a week or two. But it pretty much stopped for a week or two anyway. (…) There is just a high degree of risk aversion on the part of people currently in government. They don’t want to be blamed for bad outcomes, so they are willing to do bad things to avoid them.”

 Au niveau de la réglementation, la perspective de M. Fama est proche de la vision libertarienne :

 “[Regulation] is inevitable, if you accept the view that the government will bail out the biggest firms if they get into trouble. But I don’t think it will work. Private companies are very good at inventing ways around the regulations. They will find ways to do things that are in the letter of the regulations but not in the spirit. You are not going to be able to attract the best people to be regulators.“

 Conclusion:

Ce qu’il faut retenir de cela est que bien que les marchés puissent parfois paraître irrationnels et exhubérants, ces situations ne sont le résultat que des interventions étatiques qui influencent les marchés souvent de façon incontrôlable. Comme Bastiat disait "il y a ce qu’on voit et ce que l’on ne voit pas". Les interventions étatiques ont toujours des conséquences inattendues et imprévisibles. La création de monnaie par la banque centrale est une intervention étatique, tout comme l’agenda politique visant à favoriser l’accession à la propriété. Il ne faut pas oublier cette réalité lorsqu’on critique les marchés. Avant de blâmer le libre-marché, il faut s’assurer que ce dont on parle est vraiment un libre-marché…et c’est rarement le cas!

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Le Président Obama tenait hier des rencontres informelles avec 12 PDGs de grandes banques américaines. Il les a imploré de faire leur part pour la reprise économique en augmentant leurs prêts aux petites entreprises, puisque celle-ci ont reçu de l’aide financière des contribuables.

"Peut-être faudrait-il que vous reconsidériez certains prêts une troisième et une quatrième fois avant de les refuser", disait-il. La réalité est que les banques ont reconstruit leur bilan au cours des derniers mois et leurs niveaux de réserves sont très élevés (voir graphique ci-bas). Leur niveaux de prêts sont très bas pour essentiellement trois raisons: 1) l’incertitude créée par le gouvernement concernant sa future règlementation et la Federal Reserve concernant sa politique monétaire amènent un climat peu favorable à la prise de risque, 2) vu la faiblesse de l’économie, les emprunteurs de qualité se font rare, 3) les banques préfèrerent utiliser leur capital pour rembourser le TARP plutôt que pour faire des prêts risqués.

À ce sujet, Paul Krugman nous parlait (curieusement) hier sur son blogue d’un texte de 1948 de l’économiste keynesien nobélisé Paul Samuelson (décédé cette semaine) traitant de l’inefficacité de la politique monétaire inflationniste pour sortir des récessions. En voici un extrait qui pourrait très bien avoir servi de réplique à Obama hier:

In terms of the quantity theory of money, we may say that the velocity of circulation of money does not remain constant. “You can lead a horse to water, but you can’t make him drink.” You can force money on the system in exchange for government bonds, its close money substitute; but you can’t make the money circulate against new goods and new jobs. You can get some interest rates down, but not all to the same degree. You can tempt businessmen with cheap rates of borrowing, but you can’t make them borrow and spend on new investment goods.

En ce qui a trait à la règlementation, Obama a sommé les PDGs de soutenir le projet de loi sur la règlementation des institutions financières que son parti a présenté. Les PDGs ont acquiessés en face du président, mais leurs lobbys vont continuer de lui faire obstruction! Après tout, les banques figurent parmis les plus gros donateurs des deux partis. Rappelons-nous les grandes lignes du projet de loi de Barney Frank soumis au Congrès en juin dernier et qui fait plus de 1,500 pages:

  1. Protection du consommateur accrue.
  2. Niveau de capital plus élevé.
  3. Pouvoir du gouvernement de nationaliser les institutions qui faillissent.
  4. Règlementation accrue des fonds de couverture, des produits titrisés et des produits dérivés "over-the-counter".

Ce projet de loi a passé la House of Representatives à 223 contre 202 et sera soumis au Sénat. Il rencontre beaucoup d’opposition de la part des Républicains (qui le rejettent unanimenent) ainsi que des lobbys bancaires.

Le premier point vise à éviter que des produits hypothécaires quasi-frauduleux (ratio d’endettement de plus de 100%, "teaser rates", etc) reviennent sur le marché. Encore une fois, le gouvernement veut protéger le citoyen contre lui-même, de sa propre stupidité.

Le second point vise à ce que les banques aient un plus gros coussin au cas où les choses tourneraient mal à nouveau. Je serais davantage pour que le gouvernement rende les "bailouts" illégaux; les banques n’auraient alors pas le choix de maintenir un niveau de capital suffisant sachant que personne ne viendra les sauver. C’est cette promesse implicite (que le gouvernement va les sauver) qui les a encouragé à prendre autant de risque avec si peu de capital et autant de levier financier.

Le troisième point permettrait au gouvernement d’éviter un autre cas "Lehman Brothers" et vise à réduire le risque systémique lors de la prochaine crise. Encore une fois, ce genre de règlementation ne fera qu’encourager la prise de risque et fera exploser le risque systémique. La différence est que cette fois ce sont les contribuables qui l’assumeront en entier (pour leur bien évidemment).

Le quatrième point vise à réduire l’opacité des hedge funds, de façon à ce que le gouvernement puisse se mettre le nez dans leurs affaires et voir le risque qu’ils pourraient représenter en cas de crise. On cherche ici à éviter un autre cas du type Long-Term Capital Management (LTCM) survenu en 1998. Les institutions qui avaient financé LTCM l’avaient fait de plein gré et avaient pris un risque immense…en sachant qu’en cas de problème le gouvernement volerait à leur secours. Et c’est ce qui est arrivé!

Au niveau des produits structurés, le quatrième point vise à éviter que des titres CDOs pyramidaux circulent sur les marchés. On prend ici pour acquis que les investisseurs sont trop stupides pour analyser les titres qui leur sont présentés (souvent avec raison). À cet égard, je pense que la plupart des investisseurs ont appris la leçon et ferons mieux leurs devoirs à l’avenir, quant aux autres, ils méritent de subir les pertes dues à leur incompétence. De toute façon, à quoi bon analyser et être prudent lorsqu’on sait que le gouvernement sauvera le système si les choses tournent mal?

L’autre élément auquel Obama semble vouloir s’attaquer, faisant ressortir son côté populiste, est la question des bonus. Les grandes banques ont maintenant presque toutes repayé l’argent du TARP (Bank of America, Citigoup et Wells-Fargo l’ont annoncé ces derniers jours). Le président Obama condamne le fait que ce soit, entre autres, motivé par leur désir d’offrir des bonus intéressants (surtout après une excellente année). À ce niveau, je ne pense pas que le gouvernement devrait intervenir. Les bonus sont payés avec l’argent des actionnaires; à eux de se réveiller et d’exiger des conseils d’administrations qu’ils élaborent des contrats dans lesquels les bonus de performance sont payés sur 5 ans par exemple.

En somme, ce projet de loi contribuera à infantiliser davantage le système bancaire et les marchés financiers. Il implique naïvement que les autorités de règlementation auront la compétence et la capacité d’éviter qu’une autre crise ne se manifeste. Il s’attaque aux causes de la dernière crise alors que la prochaine proviendra probablement d’une autre sphère d’activité et aura des causes différentes. Crise après crise, la règlementation est de plus en plus volumineuse, contraignante et coûteuse, et les crises se produisent quand même, ce qui démontre bien l’inefficacité de la règlementation à les éviter. Ce projet de loi véhicule donc une vision populiste et autocratique des marchés financiers.

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Dans ce dossier, inspiré du livre “Where Keynes went wrong” de Hunter Lewis, je traite des principales idées de Keynes. La première partie traitait des taux d’intérêt, la seconde partie traitait de l’épargne, la troisième partie traitait de la bourse et de l’investissement, et la quatrième partie traite des récessions.

Keynes était d’accord avec le fait que les booms économiques génèrent de mauvais investissement, mais il prêchait que "c’est mieux que pas d’investissement du tout". Keynes ne croyait pas que les récessions puissent au moins avoir l’utilité de "nettoyer" l’économie des industries/entreprises qui utilisent mal leurs ressources et de rediriger ces ressources vers les bonnes industries/entreprises (autrement dit, il ne croyait pas en la destruction créatrice).

Selon Keynes, aussitôt que des signes avant-coureurs d’un ralentissement économique se manifestent, le gouvernement doit mettre en branle un plan d’action radical pour intervenir et ramener l’économie en croissance (au plein-emploi). Il importe peu que ces dépenses gouvernementales soient vraiment utiles ou non, l’important est de dépenser cet argent le plus vite possible, de préférence dans les infrastructures. De toute façon, grâce au fameux concept keynesiens qu’est le "multiplicateur", chaque dollar dépensé par le gouvernement durant une récession est multiplié plusieurs fois par l’économie.

Keynes croyait que le libre-marché n’arriverait pas à sortir l’économie de la récession par lui-même et que l’économie atteindrait un équilibre sous-optimal (avec un taux de chômage trop élevé). Il croyait que les salaires ne devaient ni baisser, ni augmenter durant les récessions. L’un réduirait le pouvoir d’achat des travailleurs, l’autre serait mauvais pour le "climat d’affaires" en réduisant les profits. La solution consiste à créer de la monnaie pour générer de l’inflation. Cette hausse des prix permettra aux entreprises de maintenir les salaires tout en faisant du profit. À cet égard, la déflation doit être évitée à tout prix; c’est du poison pour l’économie.

Finalement, Keynes préconisait que la banque centrale et le gouvernement agissent comme prêteurs de dernier recours pour le système bancaire, de façon à éviter les faillites bancaires. Ainsi, la banque centrale devrait fournir de la liquidité aux banques autant qu’elles en ont de besoin et ce à un taux très bas (non-punitif contrairement à ce que suggérait Walter Bagehot).

Réfutation:

Lorsque les "booms" économiques inflationnistes se mettent à dérailler, le marché lève le voile sur tous ces mauvais investissements financés par de la dette artifiellement abordable (facilitée par la création de monnaie) et l’économie frappe un mur. Contrairement à ce que Keynes pensait, on ne peut artificiellement maintenir l’économie en boom perpétuel sans créer d’énormes distorsions sur les marchés. À cet égard, les récessions viennent corriger ces distorsions et permettent à l’économie de repartir sur une base plus solide. Plus l’inflation a été sévère durant le "boom", plus récession sera sévère.

En voulant éviter les récessions à tout prix, les théories de Keynes ne font que les prolonger, font en sorte que la reprise sera plus faible et que prochaine crise sera plus grave. L’interventionnisme keynesiens n’a-t-il pas échoué durant la Grande Dépression des années 1930s, prolongeant celles-ci jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale? Et que dire de la "décennie perdue" du Japon suite à la bulle des années 1980? Et de la bulle immobilière que nous venons de traverser, résultat inévitable de l’ère Greenspan (qui n’a pas laissé la récession de 2000-01 suivre son cours et qui l’a étouffée par une inflation démesurée, laquelle a gonflé une immense bulle immobilière). L’historique du keynesiannisme est en fait parsemmé d’échecs et d’inflation. La recette n’a jamais fonctionné et a toujours mené à des "booms and busts", c’est-à-dire de violents cycles économiques.

En ce qui a trait au fameux multiplicateur keynesien, ce concept fallacieux dont les Paul Krugman de ce monde font encore la promotion, c’est une théorie économique fondamentalement erronée. Voici la formule:

       DY = 1 /(1-c) *  DI

I est l’investissement fait par le gouvernement, c est la propension marginale à consommer (le pourcentage de chaque dollar qui est dépensé par les gens plutôt qu’épargné) et Y le revenu qui en résulte.

Ainsi, si la propension marginale à consommer est de 90%, le multiplicateur est de 10 fois, donc chaque dollar investi par le gouvernement est multiplié par 10 dans l’économie. Mais qu’arrive-t-il si la propension marginale à consommer augmente à 100% (i.e. les gens n’épargent plus)? Le modèle tombe à l’eau! D’ailleurs, aucune étude n’a clairement démontré l’existence de ce multiplicateur dans la réalité. Prenons par exemple celle de Christina Romer, présidente du Council of Economic Advisors sous Barrack Obama, qui a estimé le multiplicateur à 1.57x. D’autres études estiment qu’il est bêtement de 1x alors que d’autres l’estiment inférieur à 1x. Pour une réfutation complète du multiplicateur (qui serait trop longue pour ce billet), cliquez ici.

La meilleure façon de contrer une récession est de laisser le marché suivre son cours. Nous n’avons qu’à penser à la Dépression de 1921 aux États-Unis, où ni le gouvernement, ni la Federal Reserve ne sont intervenus. Cette dépression s’est résorbée d’elle-même, sans interventionnisme étatique. C’est d’ailleurs pourquoi les partisans de Keynes refusent à tout prix d’en parler! Par contre, les néo-keynesiens ont abandonné l’idée farfelue de Keynes selon laquelle un chômage élevé persisterait indéfiniement dans un libre-marché, sans intervention gouvernementale pour sortir de la récession (voir Modigliani et Patinkin). Une autre "intuition" de Keynes déconnectée de la réalité…

Quand aux salaires, le gel de ceux-ci a généralement comme impact de prolonger les récessions (nous n’avons qu’à comparer la Grande Dépression des années 1930s où les salaires furent gelés, à celle de 1921 où les salaires ont baissé drastiquement). La flexibilité du marché du travail est un élément essentiel pour sortir l’économie d’une récession et réduire le chômage. Les entreprises peuvent ainsi réduire leurs coûts (sans nécessairement mettre des travailleurs à pied), préserver leurs flux monétaires et rester en opération.

La déflation quant à elle n’est pas mauvaise en soit. C’est d’ailleurs un phénomène tout à fait naturel et sain: lorsque la productivité s’améliore, on fait plus avec moins, ce qui permet aux prix de baisser sans affecter les marges. Des prix plus bas signifie que le pouvoir d’achat et le niveau de vie de la population a augmenté et que de la vraie richesse a été créée. L’autre déflation, celle causée par la destruction de monnaie due au remboursement des dettes, est simplement le fruit d’une création excessive de monnaie qui a mené à de mauvais investissements, à du gaspillage de ressources et à un niveau d’endettement insoutenable. Ce réajustement est un mal nécessaire pour purger le système de toute cette dette et de toute cette monnaie artificielle, mais malheureusement, nos gouvernements veulent à tout prix l’empêcher en créant de la monnaie.

Finalement, la présence de la banque centrale comme prêteur de dernier recours crée un risque moral important pour les citoyens. Cette "fausse sécurité" permet et encourage la prise de risque excessive et mène inévitablement à des crises financières comme celle que nous avons récemment connue. L’expression "too-big-to-fail" et les "bailouts" existent depuis fort longtemps et tirent leurs origines, entre autres, du keynesiannisme. Cette promesse de sauvetage du gouvernement est malsaine et encourage les banques à étirer l’élastique au maximum.

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Le magazine hedbomadaire The Economist* a maintenant une nouvelle chronique intitulée "Schumpeter" en l’honneur de l’économiste Joseph Schumpeter, connu pour sa fameuse théorie de la destruction créatrice.

Voici un résumé de cette théorie (Wikipedia):

Les crises ne sont pas de simples ratés de la machine économique ; elles sont inhérentes à la logique interne du capitalisme. Elles sont salutaires et nécessaires au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes presque toujours au creux de la vague dépressionniste, parce que la crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. Au contraire, lors d’une période haute de non-crise, l’ordre économique et social bloque les initiatives, ce qui freine le flux des innovations et prépare le terrain pour une phase de récession, puis de crise.

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

Les récessions exposent les faiblesses de certains modèles d’affaires vétustes, elles créent de nouvelles opportunités et tuent les mauvaises habitudes, laissant le champs libre aux nouvelles idées innovatrices. Les facteurs de productions peuvent être achetés de ceux qui les utilisent mal par ceux qui les utiliseront mieux.

Les exemples sont nombreux.

DuPont a investi massivement en recherche et développement et a engagé des scientifiques qui étaient au chômage durant la Grande Dépression.  Vers la fin des années 1930s, 40% de ses ventes provenaient de produits qu’elle avait développé durant la dépression, tels que le nylon et le caoutchouc synthétique.

Les entreprises qui ont pris leur envol durant la Grande Dépression sont nombreuses, incluant Revlon, Hewlett-Packard, Polaroid et Pepperidge Farms.

C’est quand l’Union Soviétique s’est effondrée, plongeant la Finlande en sérieux problèmes économiques, que Nokia a décidé d’abandonner 90% de ses lignes d’affaires pour se concentrer sur les télécommunications, surtout sur la téléphonie sans-fil, industrie dont elle est devenue l’un des leaders.

Une étude de Bain Capital Group sur la période 1985-2001 a démontré que les fusions/acquisitions réalisées durant les récession ont généré un rendement environ 15% supérieur à celles faîtes durant les périodes de croissance économique.

La Fondation Kauffman, laquelle étudie l’entreprenariat, mentionne que la moitié des entreprises du Fortune 500, incluant FedEx, CNN et Microsoft, ont été fondées soit durant des récessions ou durant des périodes de faiblesse économique. La plupart de ces entreprises sont apparues à partir d’idées qui ont révolutionné leur industrie.

Comme le disait Schumpeter: “The essential point to grasp is that in dealing with capitalism we are dealing with an evolutionary process.” Imaginez l’efficience et la superbe complexité de la sélection naturelle appliquée à l’économie. Imaginez la chauve-souris sans son système de guidage ultra-son, la giraffe sans son long cou pour atteindre les feuilles élevées, le caméléon sans son camouflage, une araignée sans sa capacité à tisser des toiles ou le hérisson sans son système de défense. Ces "innovations" sont le fruit de l’évolution sous la pression de l’environnement; de la compétition pour la survie.

La destruction créative ne fonctionne pas dans une économie socialiste. L’État y a le monopole et n’a aucune pression compétitive pour stimuler l’amélioration de la productivité par l’innovation. C’est ce qui a été observé en Union Soviétique après la chute du rideau de fer. On y a observé de la machinerie agricole fonctionnant avec des moteurs à vapeur développés dans les années 1920s.

L’industrie pétrolière Soviétique fut aussi un cas spectaculaire démontrant ce qui se produit en l’absence de destruction créative. Les technologies utilisées dans les années 1980s dataient des années 1950s, et ce allant du simple outil de forage jusqu’aux activités de raffinage. Le matériel de forage était primitif; incapable de dépasser 3,000 pieds sans se briser (ce qui est un problème majeur lorsque la plupart des gisements restants dépassaient cette profondeur).

En somme, s’il y a un côté positif dans une récession, c’est bien la destruction créatrice. Celle-ci est un moteur d’innovation et d’amélioration de notre niveau de vie. C’est pourquoi il faut s’opposer aux plans de relance et aux bailouts, lesquels agissent comme du sable dans l’engrenage de la destruction créatrice et du capitalisme. Les gouvernements pensent que par leur interventionnisme, ils peuvent enrayer les cycles économiques, comme le suggérait Keynes. Ce faisant, ils ne font que les amplifier!

Il est certain que la destruction créatrice crée du chômage temporaire. Les travailleurs dont les compétences sont rendues obsolètes par une innovation technologique entrent dans une période de transition où l’on verra ces ressources humaines être allouées à d’autres activités dans l’économie. La mobilité des travailleurs n’étant pas parfaite, cette transition est parfois difficile, mais c’est le prix à payer pour le niveau de vie duquel nous bénéficions grâce au capitalisme.

Il serait stupide de stopper l’innovation et le progrès au nom de la protection de ces emplois archaïques. C’est pourtant ce que l’on fait lorsque l’on empêche le libre-marché de fonctionner.

En terminant, voici une excellente illustration de ce phénomène, tirée d’un article de W. Michael Cox et Richard Alm:

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*Référence: The Economist, 3 octobre 2009, p. 82.

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Un article paru sur le site du Mises Institute en Décembre 2008 suggérait d’utiliser l’argent du bail-out pour combler l’espace qui séparait à ce moment les banques d’avoir 100% de réserves transactionnelles. En effet, suite à la crise, les banques américaines détenaient près de 100% de réserves transactionnelles, c’est-à-dire qu’elles détenaient presque autant de réserves qu’elles avaient de dépôts-à-vue. Cette suggestion aurait été un pas dans la bonne direction.

Pour ma part, je me suis amusé à estimer quelles seraient les conséquences d’un tel système sur l’une de nos banques canadiennes. J’ai utilisé la Banque de Montréal en exemple (mais je vous confirme qu’elles sont sensiblement toutes dans la même situation), la première à avoir rapporté ses résultats du troisième trimestre de l’année financière 2009 cette semaine.

La BMO avait en date du 31 juillet 2009 $14.6G en encaisse, $155.4G de valeurs mobilières, $166.3G de prêts, $245.0G de dépôts et $24.6G de capital.

Première surprise, les réserves de la BMO (encaisse + valeurs mobilières) totalisent 69.4% des dépôts! Donc, la BMO n’est pas loin de 100% en réserves totales. De plus, les réserves sont amplement suffisantes pour couvrir les dépôts à vue ($41.6G) ainsi que les dépôts payables sur avis ($61.2G) qui totalisent $102.8G. Donc, si tous les déposants venaient récupérer leurs dépôts en espèces, la BMO pourrait utiliser son encaisse et vendre une partie de ses valeurs mobilières pour rembourser tout le monde.  Bien entendu, les réserves en valeurs mobilières ne sont pas toutes liquides, mais elles permettent néanmoins d’assurer plus de 100% de couverture transactionnelle (165% pour être exact), tel que suggéré par l’article du Mises Institute ci-haut mentionné.

Dans un système où il n’y aurait pas d’assurance-dépôts, il n’est pas très inflationniste de permettre aux banques de prêter les dépôts à terme (a.k.a. certificats de dépôts) non-remboursables qu’elles recueillent. Disons que vous achetez un dépôt à terme de 5 ans, la banque pourrait utiliser cet argent pour faire un prêt hypothécaire de 5 ans. Ainsi, lorsque vous réclamerez vos espèces, elles seront dans les coffres de la banque et l’opération aura permis à quelqu’un de financer l’achat d’une propriété. C’est comme si la banque vous empruntait de l’argent, avec votre consentement, et le prêtait à quelqu’un d’autre. Cependant, les banques ne devraient pas pouvoir prêter les dépôts à vue, ce qu’elles ne semblent pas faire au Canada d’ailleurs.

J’en conclus que le système bancaire canadien est nettement plus sain que le système américain. Nos banques ont moins d’effet de levier financier, plus de capital et plus réserves. Si je pouvais suggérer un changement pour améliorer la situation, ce serait que les banques canadiennes aient au moins autant d’encaisse que de dépôts à vue. Dans le cas de la BMO, celle-ci aurait à vendre $27G de valeurs mobilières et conserver les espèces dans ses coffres. Cela aurait cependant un impact négatif sur sa rentabilité puisque l’encaisse  rapporte moins que les titres obligataires. L’abolition de l’assurance-dépôts serait aussi de mise.

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Je suis tombé hier matin sur la bande-annonce du nouveau film de Michael Moore sur le bailout du système financier américain. Bien que le film mette le doigt sur l’une des pires fraudes de l’histoire des États-Unis, il identifie encore une fois le mauvais coupable. En effet, la film semble colporter le message que le bailout est du "capitalisme à l’état pur" et que c’est le méchant capitalisme qui a pris l’argent des pauvres prolétaires pour le donner aux riches banquiers de Wall-Street. Quel sophisme! Michael Moore nous prouve qu’il ne sait définitivement pas ce qu’est le capitalisme.

Pourtant, le film semble bien illustrer la mécanique derrière le bailout. On voit plusieurs fois Hank Paulson dans la bande annonce et l’infiltration du gouvernement par les banquiers semble y être présentée. Cependant, Moore semble incapable de faire le lien entre cette corruption évidente et la trop grande étendue des pouvoirs de l’État.

N’est-ce pas l’État qui vole le fruit du labeur des contribuables (impôt) et signe les chèques envoyés aux banques? L’interventionnisme étatique, dont le bailout est un exemple extrême, n’est-il pas l’anti-thèse du capitalisme?  Alors comment peut-on blâmer le capitalisme pour cela!

Ce sont les politiciens qui, malgré l’opposition de la population, ont distribué cet argent au gré du vent pour déjouer les règles fondamentales de ce qu’est vraiment le capitalisme, et ce sous l’influence des pot-de-vins venant de Wall-Street. Cette vicieuse corruption n’est pas le fruit du capitalisme, mais plutôt le modus operandi du corporatisme, qui empoisonne notre économie et notre société. C’est cette injustice qui creuse le fossé entre les classes sociales, i.e. ceux qui ont de bons contacts ($) avec les politiciens et ceux qui n’en ont pas; où les uns peuvent s’enrichir sur le dos des autres en trichant.

Le libertarianisme embrasse le capitalisme comme source d’efficience économique et de justice sociale. Mais le capitalisme est rare, voire absent, dans nos sociétés occidentales; seul le satané corporatisme prévaut.

Bref, par ce film, Moore illustre de façon claire le point que soulevais dans mon billet de vendredi sur la manie qu’ont les gauchistes de confondre capitalisme et corporatisme.

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 En consultant le site du CATO Institute, je suis tombé sur un excellent papier sur le "bailout" des institutions financières américaines. Les médias véhiculent largement que le "bailout" a empêché le système financier de s’écrouler, ce qui aurait occasionné une longue dépression. Cet article du CATO présente très bien les principaux arguments supportant l’hypothèse que la faillite aurait été préférable au "bailout":

- La faillite est un élément important du capitalisme; le début du processus de "destruction créative" qui libère les ressources des mauvais investissements vers de meilleurs. En gênant ce processus, le gouvernement fera perdurer la mauvaise allocation des capitaux dans l’économie, ce qui empêchera celle-ci de se rétablir rapidement sur des bases solides.

- La faillite n’implique pas nécessairement l’arrêt immédiat des activités de la banque. La faillite est souvent suivie d’un processus de restructuration et l’acquisition des actifs restants par d’autres entreprises. Souvent, les clients de la banque n’en ont que très peu connaissance.

- D’un point de vue distribution de la richesse, le "bailout" est néfaste puisqu’il prend l’argent des contribuables et la donne à des acteurs économiques qui ont failli à la tâche en prenant trop de risque. Ceux-ci ont fait beaucoup d’argent lorsque les choses allaient bien, et peuvent maintenant s’en sortit indemme lorsque les choses vont mal.

- D’une perspective d’efficience économique, le "bailout" est aussi très mauvais. Il encouragera la trop grande prise de risque dans le futur, puisque les acteurs du marché pensent maintenant que le gouvernement sera toujours là pour intervenir lorsque les choses tournent au vinaigre.  De plus, la prise de contrôle du gouvernement dans plusieurs institutions financières fera en sorte que des intérêts politiques viendront troubler les décisions de crédit et l’allocation du capital (c’est déjà évident d’ailleurs).

- Le "bailout" pourrait même avoir accéléré et empiré la crise du crédit. Lorsque le Trésor Américain a annoncé qu’il considérait un "bailout", cela a accentué la panique sur les marchés à l’égard de l’économie et de la santé financière des banques. Le "bailout" a aussi encouragé les banques à ne rien faire étant donné l’incertitude face aux actions du gouvernement et la possibilité de vendre leurs "actifs toxiques" à un meilleur prix au gouvernement plutôt qu’au marché. C’est cette inaction qui a créé la crise de liquidité que nous avons connue.

Avez-vous d’autres arguments?

Voici le lien vers l’article: 

http://www.cato.org/pubs/journal/cj29n1/cj29n1-1.pdf

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C’est sur un ton légèrement plus positif que Ben Bernanke est passé devant le congrès mardi dernier (21 juillet). Plusieurs congressistes s’inquiètent de l’explosion du bilan de la Fed, qui a "créé" de la monnaie en générant des réserves bancaires. Les réserves de la Fed s’établissent maintenant à $782 milliards, comparativement à un niveau normal d’environ $10 milliards.

Ces réserves ne sont présentement pas inflationnistes étant donné que la demande de crédit est faible et les banques sont en train de se recapitaliser pour faire face à l’explosion des pertes sur créances.  Mais lorsque l’économie se portera mieux, ces réserves se transformeront en prêts, qui engendreront des dépenses et de l’inflation; possiblement de l’hyper-inflation. M. Bernanke a tenté de rassurer le congrès en décrivant divers moyens de contrer le phénomène. Une chose est sûre, il faudra des taux intérêts élevés pour contrer cette pression inflationniste et le risque que cela replonge l’économie en récession sera bien présent.  Les taux d’intérêts sont d’ailleurs beaucoup plus élevés que ne le souhaite la Fed présentement, le marché anticipant déjà cette inflation potentielle. La chute du dollar américain reflète aussi ces craintes.

La réalité est que le cartel bancaire américain, dont la Federal Reserve est le fer de lance, attend désespérément le retour de l’inflation qui permettra aux banques de s’enrichir au détriment des contribuables et des épargnants. Le gouvernement est aussi content de cette situation, puisque une partie de cet argent financera des déficits fiscaux astronomiques et irresponsables, alors que la dépréciation du dollar rendra la dette des États-Unis aux étrangers moins imposante. L’inflation générée par la politique monétaire d’une banque centrale n’est rien d’autre qu’une taxe déguisée. L’inflation diminue le pouvoir d’achat d’un dollar ce qui bénéficie à ceux qui s’endettent (gouvernement) et qui émettent le crédit (banques), au détriment de ceux qui épargnent.

"The focus of monetary policy is to prevent a sustained decline in inflation below levels consistent with the Fed’s goals." Ben Bernanke, 21 juillet 2009.

Voir l’article de The Economist: http://www.economist.com/world/unitedstates/displayStory.cfm?story_id=14072551&source=features_box3

Autre haut-fait de cette séance fut la question du congressiste Alan Grayson au sujet d’un prêt d’un demi billiard de dollars octroyé par le FOMC à une institution étrangère. M. Bernanke a déclaré ne pas savoir à qui l’argent avait été prêté! M. Grayson a rétorqué qu’un tel prêt aurait dû être approuvé par le congrès. M. Bernanke a répondu que le congrès avait donné son approbation en 1913, lors de la création de la Fed! Voir le vidéo sur le site d’Alex Jones.

http://www.infowars.com/bernanke-i-don%e2%80%99t-know-which-foreign-banks-were-given-half-a-trillion/

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