Il y a une quantité incroyable d’articles de blogues ou même de médias « mainstream » qui affirment que les spéculateurs de Wall Street font montez les prix des denrées alimentaires, ce qui engendre des famines dans le monde. Est-ce vrai?
Dans l’un de ces articles alarmistes (celui-ci), on référait à une vidéo très intéressante à cet égard. Il s’agit d’une entrevue présentée par l’émission « Democracy Now » avec Frederick Kaufman, de Harper’s Magazine, auteur d’un article sur le sujet.
http://www.dailymotion.com/embed/video/xgdwhc
Comment Wall Street affame le monde par Super_Resistence
Selon Kaufman, le choc alimentaire de 2008 a affamé 250 millions de personnes sur la terre, portant le total à un milliard. Selon lui, les grandes banques d’investissements telles que Goldman Sachs sont responsables de cette situation.
Il donne l’exemple du marché du blé sur le Minneapolis Exchange. Jadis, sur ce marché, il n’y avait que les fermiers qui sont vendeurs, les grossistes acheteurs (Sara Lee, Domino Pizza, etc) et les spéculateurs. Sur ce marché, les spéculateurs n’avaient pas un impact démesuré. Au contraire, leur apport était positif, voire essentiel, assurant la justesse des prix, l’efficience du marché et améliorant la liquidité. Les mauvais spéculateurs quant à eux étaient évincés du marché à force de se tromper et de perdre de l’argent. Ce marché était stable et sain.
Puis, en 1991, Goldman Sachs a lancé son « Commodity Index Fund ». Ce fonds amasse de l’argent auprès des investisseurs et l’investit en achetant des ressources naturelles, incluant les différents types de grains.
Si Goldman Sachs n’avait fait qu’utiliser cet argent pour acheter des commodités, il n’y aurait pas eu de problème, mais ce n’est pas ce que la banque a fait. Elle a plutôt acheté des bons du trésor, qu’elle a déposés à la banque centrale en garantie pour obtenir de l’argent frais : une somme maintes fois supérieure à la somme initiale. Cette somme démesurée a ensuite été utilisée pour manipuler le marché des grains en engendrant un choc de demande artificiel.
Les prix ont alors été décuplés, non pas seulement à cause des sécheresses en Australie ou des inondations au Kazakhstan, mais bien à cause de cette nouvelle monnaie créée ex nihilo grâce au système bancaire à réserves fractionnaires et à la banque centrale, le Federal Reserve System.
Jusque là, Kaufman dresse un portrait plutôt fiable de la situation, ce qui est surprenant vu ses tendances gauchistes. Mais les choses se gâtent lorsque l’animateur lui demande quelles sont, selon lui, les solutions au problème. Il répond alors que la règlementation serait inutile (avec raison) et qu’empêcher ces banques d’investissements de spéculer ne fonctionnerait pas (avec raison). Sa solution consisterait plutôt à constituer une réserve de grains qui serait utilisée pour stabiliser le marché en cas de choc de demande!
Évidemment, il y aurait plein de conséquences négatives inespérées qui seraient occasionnées par cette solution. Le prix du grain serait en forte hausse le temps que la réserve soit constituée car celle-ci devrait être immense. Cela occasionnerait d’énormes coûts pour l’État qui gèrerait cette réserve. Dans un marché ainsi manipulé, beaucoup de joueurs se désintéressaient de ce marché, ce qui réduirait grandement la liquidité et l’efficience. L’utilisation de la réserve deviendrait un enjeu politique et créerait de l’incertitude néfaste pour le marché. Et j’en passe…
Les États-Unis possèdent une telle réserve pour le pétrole et pourtant, le prix n’en est pas moins volatile et augmente quand même.
Ceci étant dit, ce qui me sidère le plus est que Kaufman passe carrément à côté du véritable problème et, par le fait même, de la véritable solution! Le vrai problème est le système bancaire à réserves fractionnaires et sa banque centrale, qui permettent aux banques d’investissements d’avoir un poids démesuré sur le marché avec de l’argent créé ex nihilo qui ne leur appartient pas. Un système monétaire sain éliminerait ce problème. Il y aurait de la spéculation quand même, ce qui est souhaitable, mais cette spéculation n’engendrerait pas de bulles et de chocs.
L’autre phénomène à considérer est que lorsque la Federal Reserve crée d’immenses quantités de monnaie à partir de rien pour mener ses programmes de « Quantitative Easing », elle met de la pression à la baisse sur la valeur du dollar américain. Comme plusieurs pays maintiennent un taux de change plus ou moins fixe relativement au dollar, leur banque centrale doit créer de la monnaie domestique pour acheter des dollars US afin de maintenir le taux de change stable. Cette nouvelle monnaie est injectée dans l’économie locale sous forme de dette, ce qui engendre de l’inflation. L’économie est un peu comme un ensemble de vases communicants; cette inflation fini donc tôt ou tard par affecter les prix des denrées alimentaires.
En somme, il s’agit d’un excellent exemple de problème dénoncé à la fois par la gauche et par les libertariens, mais pour lequel la solution proposée par la gauche est l’intervention étatique qui cause encore plus de problème, alors que pour les libertariens la solution consiste à faire confiance à la liberté.
Oui, Wall Street affame le monde, mais ce n’est pas à cause de la spéculation, de la pseudo-dérèglementation des marchés financiers ou des « esprits animaliers », c’est bel et bien à cause d’un système monétaire étatique déficient, liberticide et anti-capitaliste.
En lectures complémentaires:
Les bulles spéculatives – partie 1.
Les bulles spéculatives – partie 2.
Les bulles spéculatives – partie 3.
http://minarchiste.wordpress.com/2009/11/20/comment-la-fed-a-gonfle-la-bulle/
http://minarchiste.files.wordpress.com/2011/01/econ_news11.jpg
Pas tout à fait hors sujet : Le rêve américain en prend un coup !
L’histoire de la FED, du rêve américain, un petit retour sur les Rothchild et leur mainmise internationale.
Deux petites vidéos en BD de 14 minutes très amusantes et éducatives.
http://mahamudras.blogspot.com/2011/08/le-reve-americain.html
"En somme, il s’agit d’un excellent exemple de problème dénoncé à la fois par la gauche et par les libertariens, mais pour lequel la solution proposée par la gauche est l’intervention étatique qui cause encore plus de problème, alors que pour les libertariens la solution consiste à faire confiance à la liberté."
Faire confiance à la liberté ? La liberté qu’offrent les banques centrales (FED-FMI-BCE-BM) Ouaaaaoooouuuh! Quel beau scénario qui s’annonce pour le monde. Les banques centrales prêtent à qui mieux mieux au pays, pour ensuite les déposséder de leurs infrastructures par la privatisation. Elles ont affamé l’Afrique et c’est maintenant le tour de l’Europe et l’Amérique.
Nous allons droit vers une déconfiture orchestrée du marché monétaire afin de le remplacer par une seule BANQUE MONDIALE, une seule MONNAIE, une seule grosse CORPORATION ou GOUVERNEMENT si vous préférez. Reprenons le pouvoir des banques centrales, comme J.F. Kennedy a voulu faire 6 mois avant son assassinat (order 1001) redonnant le plein pouvoir au Trésor Américain et non à une banque privée. Le temps presse….
Citations :
"Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin." Henry Ford (1863-1947)’’
"Le but du Concil On Foreign Relations est la dilution de la souveraineté américaine et de l’indépendance nationale dans un tout puissant gouvernement mondial unique." Chester Ward, Admiral à la retraite, et ancien membre du Council on Foreign Relataions, dans un mémo en 1975.’’
"Nous aurons un gouvernement mondial, que nous le voulions ou non. La seule question est à savoir si le Gouvernement Mondial sera instauré par l’adhésion, ou par la conquête." James Paul Warburg (1896-1969),(le Banquier)et officier de l’OSS et membre du CFR, le 7 février 1950, devant le Sénat des États-Unis.’’
Il y a des trolls qui volent sur ce blog. Je sens qu’on va bien rigoler avec Réjean et Pierre B. Premièrement, Pierre, vous ne savez rien de l’Afrique, et je crois que vous avez le droit de garder le silence. Deuxièmement, les banques centrales ne sont pas privées en raison du monopole légal d’émission (sauf si vous voulez que je vous donne une définition du mot "légal"). Troisièmement, les liens en fin d’articles ne sont pas là pour faire joli. Vous avez le droit de les lire. Quatrièmement, les citations que vous collez les uns à la suite des autres n’ont aucune signification, si ce n’est de représenter un argument d’autorité. Pour vous donnez une idée, Henry Ford en savait autant que vous sur le système monétaire. C’est-à-dire, rien du tout.
@ Meng Hu
Merci pour votre sagesse Oh! grand Maître.
Je vais lire les bulles spéculatives et vous allez regarder la bande desssinée du rêve américain.
http://mahamudras.blogspot.com/2011/08/le-reve-americain.html
@ Meng Hu
Vous avez raison, je ne connais pas grand-chose à l’Afrique, j’y suis allé qu’une seule fois, et c’était au nord, pas en Afrique noir.
J’ai dû mal interpréter les certains articles des journaux alignés et alternatifs qui reprochaient et critiquaient les politiques du FMI sur l’Afrique.
Je vais les relire encore une fois, peut être que…
http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/survey/so/2009/new031009af.pdf
http://labyrinthe.revues.org/index310.html
http://saoti.over-blog.com/article-5205359.html
http://www.africatime.com/afrique/nouv_pana.asp?no_nouvelle=598829&no_categorie=3
De quel droit me traiter de troll ? Pas d’accord.
La question est : Est-ce que Wall Street affame le monde?
J’ai répondu à ma façon que oui, il affame le monde.
Faut être un drôle de clown pour parler de liberté et de banque centrale dans la même phrase! Les subventions sont aussi des mesures de "libre marché?"?
Est-ce que Wall Street affame le monde?
Bof, pas plus que les dictateurs africains et autres avec des guerres de tribus.
@minarchiste:
_Vu le niveau des stocks en 2008 (une quarantaine de jours de consommation), comment expliquez-vous que des opérations sur le marché à terme ait pu faire monter les prix sur les marchés mondiaux? Si la production a été forte en 2008, c’est que la demande l’était aussi.
_Contrairement à ce que vous dîtes, la libéralisation des échanges est sans doute pour quelque chose dans cette crise. Tel que le décrit l’invité, le marché américain était assez concentré. Il semble que le marché mondial le soit nettement moins. Or il est connu que les prix des matières premières sont nettement plus stables (et aussi plus élevés en moyenne) lorsque le marché est oligopolistique. Attention, cela ne signifie pas qu’il ne faille pas libéraliser, juste que le protectionnisme a créé une situation qui rend dangereuse une libéralisation brutale.
Enfin, les gouvernements sont responsables des variations de prix au niveau mondial lorsqu’ils tentent de protéger leur marché intérieur des variations de prix mondial, rendant ainsi la demande mondiale très inélastique (subventions aux carburants en Inde et en Chine, création de taxes à l’exportation).
Un article très intéressant qui montre historiquement le lien entre l’impression de monnaie et l’instabilité sociale.
http://www.mauldineconomics.com/outsidethebox/memo-to-central-banks-youre-debasing-more-than-our-currency