Dans le premier billet de cette série, j’avais demandé aux lecteurs de me suggérer des pays pour la suite de la série. Un blogueur du nom de Jonathan a eu la brillante idée de suggérer le Chili. Ce pays a été un véritable laboratoire économique, puisque suite aux insuccès d’un gouvernement socialiste, une profonde libéralisation de l’économie a été implantée par diverses réformes. Le résultat est souvent qualifié, avec raison, de « miracle économique ».
Pinochet
Je commence en vous avertissant que le gouvernement de Augusto Pinochet, une junte militaire implantée suite à un coup en 1973, n’a pas eu grand chose à voir avec le libertariannisme. En fait, Pinochet a commis des crimes contre l’humanité qui sont fermement condamnés par les libertariens. Je ne vais pas non plus encenser les Chicago Boys, qui ont soutenu le régime de dictature et fait plusieurs erreurs coûteuses qui ont parfois servi leurs intérêts personnels.
Ce billet vise plutôt à décrire objectivement les réformes économiques qui ont permis au Chili de récemment accéder à l’OCDE et de supplanter l’ensemble des pays d’Amérique du Sud au niveau du développement. Ces réformes ne nécessitent pas une dictature militaire et de la répression pour être implantées. Au contraire, le retour à la démocratie et à la liberté non-économique a certainement contribué au succès du Chili de façon significative.
Est-ce que la dictature a facilité l’implantation de réformes capitalistes dans un pays profondément socialiste? Évidemment! Cela dit, ça ne veut pas dire qu’il faille encourager les dictatures. Bref, ne vous laissez pas aveugler par l’ignobilité du régime de Pinochet et concentrez-vous sur les réformes économiques. D’ailleurs, suite au retour à la démocratie au Chili, le cap vers le libre-marché a été maintenu par le parti de gauche au pouvoir, ce qui prouve que les mentalités ont véritablement changé pour de bon au Chili.
Les chiffres
Qu’entend-ton pas miracle économique? Le graphique suivant parle de lui-même. Le PIB per capita du Chili a augmenté drastiquement au fur et à mesure que les réformes ont commencé à fonctionner. Entre 1950 et 1970, la croissance moyenne du PIB réel par habitant a été de 1.6%, le plus bas taux de croissance de tous les pays d’Amérique du Sud. Entre 1985 (date à laquelle la crise de 1982 a été définitivement réglée) et 1996 (crise Asiatique), le PIB réel par habitant a cru en moyenne de 7%.
Le tableau suivant compare les 10 plus gros pays de l’Amérique du Sud entre eux. On constate que le Chili a la meilleure note au niveau de la liberté économique et qu’il fait mieux que les neuf autres pays dans presque l’ensemble des catégories et mieux que la moyenne dans toutes les catégories. On peut affirmer hors de tout doute que le Chili est le pays d’Amérique du Sud offrant le meilleur niveau de vie.
Le gouvernement Allende
En 1970, le parti de gauche mené par Salvador Allende a été élu, avec pour but de converger vers le socialisme. Ce gouvernement débuta une série de nationalisations d’entreprises et d’expropriations. Dans le but de stimuler la croissance économique et de faire augmenter les salaires, Allende a mis en place un programme « à la Keynes » de dépenses gouvernementales visant à stimuler la demande. Ce gouvernement croyait qu’en redistribuant la richesse aux plus pauvres, ceux-ci dépenseraient davantage, ce qui stimulerait la demande. Ces programmes seraient évidemment financés par la création de monnaie. L’inflation serait retenue par des prix-plafonds imposés par le gouvernement.
En 1972, l’inflation dépassait les 200%. Le déficit fiscal se chiffrait à 13% du PIB en 1972 et à 23% l’année suivante. Les salaires réels ont baissé de 25% en 1972. Les prix plafonds ont évidemment généré de graves pénuries; il fallait faire la queue de longues heures pour obtenir les biens de base. En somme, le pays était en crise économique.
Le coup et le début des réformes
En septembre 1973, un coup d’État mené par le Général Pinochet a mené au renversement du gouvernement et à la mort de Allende. En 1975, les Chicago Boys, un groupe d’économistes Chiliens formés à l’Université de Chicago, ont pris le contrôle de la politique économique du Chili. Ceux-ci ont entamé une série de réformes visant à réduire l’intervention de l’État dans l’économie, libéraliser le commerce international et établir le libre-marché comme forme d’organisation économique.
Les réformes ont été orientées de façon à réduire les dépenses du gouvernement pour retourner à l’équilibre budgétaire et stabiliser l’inflation. L’élément central du programme a été d’ouvrir l’économie chilienne au reste du monde en abaissant les barrières protectionnistes. Selon la Banque Mondiale, le Chili était en 1990 le pays le plus libre-échangiste au monde. Les tarifs sont passés de 105% en moyenne en 1973 à 15% en 1989 et 6% aujourd’hui.
En 1973, la plupart des banques chiliennes étaient opérées par le gouvernement. Les réformistes ont, dès 1974, commencé à graduellement libéraliser le secteur financier par des privatisations et dérèglementations.
Le secteur financier n’a pas été le seul à être privatisé. La plupart des secteurs de l’économie y ont été sujet, notamment le secteur minier, jadis sous le monopole de l’entreprise publique CODELCO, mais maintenant largement opéré par l’entreprise privée qui produit davantage et à moindre coût que CODELCO le faisait.
En 1973, 50% des terres agricoles étaient détenues par l’État suite à des expropriations menées par les socialistes. Dès 1974, le gouvernement a distribué des titres de propriétés agricoles à 109,000 fermiers et 67,000 descendants des Mapuche en 3 ans. Le tiers des terres jadis expropriées ont été retournées à leurs propriétaires légitimes et le reste a été vendu.
Le marché du travail a aussi été réformé par de nouvelles lois le rendant plus flexible. De plus, la constitution de 1980 renforçait la protection des droits de propriété.
Un autre élément clé du miracle chilien a été la réforme des pensions de 1981 (voir cet article de l’IEDM). Cette réforme remplaça le système public de régime de retraite par un système de capitalisation et de comptes d’épargne-retraite individuels, où chaque travailleur dispose de son compte, géré par le secteur privé. Aujourd’hui, 95% des travailleurs sont cou verts par le nouveau système. Au cours des 26 premières années suivant son entrée en vigueur, le rendement annuel des épargnants, en tenant compte de l’inflation, s’est élevé à 10,3 %. Devant ce succès, le modèle chilien a été imité, en tout ou en partie, par une trentaine de pays aux quatre coins du monde (dont la Suède). Ce nouveau système a permis de générer l’épargne nécessaire à financer le formidable essor de l’investissement privé au pays. Il a aussi permis aux Chiliens d’obtenir une part (en tant qu’investisseurs) du succès économique de leur pays.
Le résultat de ces réformes a été une augmentation substantielle des exportations, une plus grande diversification des exportations, une hausse de la productivité et une grande augmentation des investissements étrangers au Chili. La croissance du PIB, des revenus et de l’emploi ont été fulgurantes.
Les réformes sociales ont été limitées, mais étaient plutôt inutiles puisque la croissance économique a eu comme impact d’améliorer la qualité de vie des pauvres en leur donnant un emploi. Les inégalités se sont certes accrues, mais le niveau de vie a augmenté pour tout le monde. À cet égard, la critique de Naomi Klein est typique des gauchistes. La gauche préfère vivre dans un pays pauvre, mais égalitaire, que dans un pays riche inégalitaire, même si les plus pauvres du pays riches ont un niveau de vie maintes fois supérieur à ceux du pays pauvre.
Les erreurs
La plus grande erreur des Chicago Boys a été, durant la première portion de leur mandat, de maintenir un régime de taux de change fixe. Cela a rendu le pays vulnérable lors de la crise de 1982 et a fait en sorte que le Chili a été le pays le plus affecté par la crise en raison de sa devise surévaluée. L’ampleur de cette crise et son impact sur l’économie du Chili auraient bien pu miner la suite des choses et renverser l’implantation des réformes.
La deuxième erreur a été la trop rapide privatisation des entreprises d’État. En les vendant plus graduellement, des meilleurs prix auraient pu être obtenus et celles-ci auraient probablement été achetées par les fonds de pension chiliens plutôt que par les riches collaborateurs de Pinochet.
La troisième erreur a été de ne pas réformer le système de santé publique et le système d’éducation publique, tous deux inefficaces et victimes de sous-investissement. Le gouvernement de Pinochet les a nettement négligés, ce qui a grandement nui au sort des plus pauvres. Le gouvernement Ailwyn a corrigé le tir lorsqu’il a pris le pouvoir en 1990. Il a augmenté un peu les impôts pour financer des programmes sociaux qui ont contribué à améliorer le sort des pauvres dans les années 1990s. Il faut cependant, reconnaître que si le Chili a eu les moyens de faire ces dépenses sans s’endetter ou créer de la monnaie, c’est grâce à l’énorme création de richesse que les réformes libérales ont permis de générer.
Taux de mortalité infantile:

Conclusion
La gauche tente par tous les moyens de discréditer le Miracle Chilien : soit en faisant référence à l’horrible dictature de Pinochet, soit en pointant vers le coefficient de Gini, soit en relatant l’ampleur de la crise de 1982. Selon moi, ces points ne sont pas suffisants pour démontrer que les réformes visant à augmenter la liberté économique n’ont pas été bénéfiques au Chili.
Si vous relisez la conclusion de mon billet sur le Bangladesh, vous constaterez que plusieurs de mes recommandations ont été appliquées au Chili. Résultat : le Chili est passé de pays sous-développé à membre de l’OCDE.
Si vous cherchez des solutions aux problèmes économiques des pays du tiers-monde, l’histoire du Miracle Chilien comporte certainement plusieurs ingrédients importants au développement d’un pays; le principal étant bien sûr la liberté économique.
Il est intéressant de noter que le Vénézuela est présentement en train d’adopter les mêmes politiques que le gouvernement socialiste de Allende entre 1970 et 1973, qui ont mené à une crise économique. Je maintiens que la seule raison pour laquelle le Vénézuela n’est pas encore en grave crise économique (seulement très mal-en-point), c’est grâce au prix du pétrole qui frôle les $80.





Pour ce qui est des fonds de pension, obtenir un rendement de 10% sur 26 ans n’est absolument pas une prouesse. Cela en serait une si ce rendement était maintenu sur 40 ans et que le capital productif n’avait pas été détruit quelques années auparavant.
La France a fait de même à la sortie de la seconde guerre mondiale en instituant son régime par répartition.
Sinon, il est bien curieux qu’un partisan de l’étalon-or soit aussi opposé aux changes fixes…
@Jean
"il est bien curieux qu’un partisan de l’étalon-or soit aussi opposé aux changes fixes…"
Absolument pas. Au contraire.
Il serait surprenant qu’un partisan de l’étalon-or et du libre-marché appuie une banque centrale qui manipule sa monnaie pour la maintenir à un niveau fixe par rapport à une autre devise.
Si nous sommes pour avoir une monnaie fiduciaire, le moindre mal serait que celle-ci soit laissée libre de fluctuer. Au marché de décider du niveau du taux de change.
Ceci étant dit, dans un monde sous l’étalon-or, les taux de change seraient évidemment fixes puisque chaque devise représenterait une certaine quantité d’or.
Bonjour,
«Ceci étant dit, dans un monde sous l’étalon-or, les taux de change seraient évidemment fixes puisque chaque devise représenterait une certaine quantité d’or.»
L’autre jour quelqu’un m’a posé la question comment fonctionnerait les taux de change dans un monde sous l’étalon-or et entre pays n’ayant pas tous l’étalon d’or.
Je ne sais pas si vous avez un article à me conseiller où le système est décrit ?
Merci
@Maxime
"comment fonctionnerait les taux de change dans un monde sous l’étalon-or et entre pays n’ayant pas tous l’étalon d’or."
De la même façon que les taux de change flottants fonctionnent aujourd’hui.
Par exemple, supposons que le Canada est sous-étalon or (disons qu’un dollar canadien vaut 1/1000 d’once d’or), et que la République Tchèque ne l’est pas et continue d’utiliser ses couronnes.
Supposons que le prix de l’or soit de 18,000 couronnes par once sur les marchés internationaux. Le taux de change dollar/couronne sera donc de 18 couronnes par dollar.
Ainsi, un Tchèque pourrait acheter un dollar canadien contre 18 couronnes.
Supposons que la masse monétaire Tchèque continue d’augmenter, il se peut que la couronne perde de son pouvoir d’achat. Le marché des changes corrigera le tir (i.e. il y aura une pression à la baisse sur le cours de la couronne). Le prix de l’or en couronne pourrait alors augmenter à 18,500 couronnes; il faudrait alors 18.50 couronnes pour acheter un dollar canadien.
Tu comprends le principe?
Quelle serait la conséquence sur les flux internationaux?
Si la banque centrale Tchèque et son système bancaire continuent de créer de la monnaie, le pouvoir d’achat des Tchèques va constamment diminuer par rapport aux Canadiens. Le niveau de vie des canadiens va s’améliorer par rapport à celui des Tchèques.
Je comprend bien le principe, mais si la République Tchèque est aussi sur l’étalon-or.
Dans ton exemple 1 dollars contre 18 couronnes.
Une couronne vaut 1/18000 d’once d’or.
Je pense que le rapport entre les deux monnaies sera fixe à 1/18.
Comment les deux monnaies pourraient elles continuer d’évoluer séparement ?
Puisque quelqu’un pourrait toujours échanger ses devises en or pour profiter d’un écart
de la valeur entre les deux monnaies.
Je possède 1G de Couronne thèque qui valent 55 555 555,56 $ canadien à 1/18.
Si la demande pour le dollar canadien baisse à cause d’une baisse du prix du pétrole.
Disons que le rapport est monté à 1/17, mes couronnes valent 58 823 529,41.
Je vais échanger mes couronnes pour des dollars canadien.
Je vais donc avoir 1/1000 d’once d’or que je vais pouvoir convertir en couronne.
Je vais vendre mes dollars pour l’avoir en or.
Et je vais les reconvertir en couronne.
Merci pour l’aide
@Maxime
"Je pense que le rapport entre les deux monnaies sera fixe à 1/18."
Oui! La devise représente une quantité de métal fixe.
"Puisque quelqu’un pourrait toujours échanger ses devises en or pour profiter d’un écart
de la valeur entre les deux monnaies."
Oui!
La valeur d’une monnaie est son pouvoir d’achat. Cette valeur varie en fonction des prix.
S’il y a un possible arbitrage de prix à faire entre les deux pays, disons sur le pétrole comme tu le proposes, les acteurs des marchés vont le faire et la possibilité d’arbitrage va disparaître.
Je veux pas parraître tannant! J’essais de comprendre, mais la rareté d’une monnaie a aussi un prix.
Si tout le monde veut des dollars pour acheter des produits canadiens.
Et que la masse monétaire du Canada n’augmente pas il y aura rareté.
Le dollars va monter car tous le monde en veut, c’est l’offre et la demande qui
déterminent le prix d’un bien et la devise peut devenir un produit.
Le dollars va donc monter, et dépasser son prix fixé en or ?
@Maxime
"Le dollars va donc monter, et dépasser son prix fixé en or ?"
Non! Car à ce moment un arbitrage serait possible.
Disons que tout à coup, la couronne s’échange à 20 pour 1 contre le dollar canadien (plutôt que 18 ci-haut).
Les traders canadiens vont convertir leurs dollars en couronnes et échanger ces couronnes contre l’or sous-jacent :
1 dollar devient 20 couronnes, ce qui permet d’obtenir 20/18,000 d’once d’or
Ces traders vont ensuite revenir au Canada et échanger cet or contre des dollars. Cette or permettra précisément d’obtenir $1.11 canadien, pour un profit de 11%!
Ce manège va se poursuivre jusqu’à ce que l’opportunité de profit disparaisse (i.e. que les devises se transigent par rapport à la quantité d’or sous-jacente).
Cet article, comme plusieurs autres, est génial. Du moins si tout est vrai…
Pourriez-vous citer quelques sources pour que le citoyen lambda puisse vérifier quelques-une de vos affirmations? Non pas que j’en doute, mais il arrive, parfois, que consulter les sources soit utile…
@Paul.
Merci et bienvenue sur mon blogue.
Les données sur le PIB proviennent de diverses bases de données; plutôt facile à trouver.
Pour ce qui est de mon tableau, j’ai combiné les données du Frazer Institute avec les données des Nations-Unies, de Social Watch, de Transparency International et des universités Yale et Columbia.
Pour ce qui est du reste, voici quelques références:
http://www.associatedcontent.com/article/268119/the_chilean_miracle_freemarket_economic.html?cat=37
http://en.wikipedia.org/wiki/Miracle_of_Chile
http://www.globalenvision.org/library/3/1377
http://blog.american.com/?p=9377
Génial!
Des liens "pour en savoir plus", j’adore ça!
Merci énormément.
Bonjour Minarchiste, je dois dire que j’adore votre blogue car malgré que je ne suis pas économiste de formation, mon domaine d’études (le commerce/développement international) est pratiquement composé de science économique en son sens.
J’ai écrit une thèse là-dessus sur le Chili durant cette période, le problème est que dans sa logique idéologique Naomi Klein désinforme dans de véritables mensonges (et malgré que je suis plus Autrichien que Monétariste), Friedman a toujours été constant dans son approche face à une société libérale.
En fait, le Chili a connu une grosse libéralisation depuis 1990 (tant au niveau économique que sociale) plus qu’entre 1970 et 1990. Ironiquement, le Chili n’est allé jamais allé vers une dictature depuis 20 ans, tant avec celles d’un marxiste keynésien comme Allende que d’un régime militaire comme Pinochet.
Pour Allende et cela à part qu’il est preuve d’un exercice de masturbation intellectuelle très grande auprès de certaines élites universitaires, je dois dire que cela démontre le manque de connaissance en économie de beaucoup de gens particulièrement avec (encore) la création de la fausse monnaie. Or, comme Pinochet, Allende a été une véritable faillite pour le Chili. Pour une raison dont j’ignore, j’ai l’impression qu’un nombre sensible d’intellectuels aiment plus qu’on soient tous pauvres égal avec un gros état et une armée de fonctionnaires qui ont plus de privilèges que les autres.
"le Chili a connu une grosse libéralisation depuis 1990 (tant au niveau économique que sociale) plus qu’entre 1970 et 1990."
As-tu plus de détails?
Je ne connais pas beaucoup Naomi Klein, mais de ce que j’en sais, elle est du même moule que Michael Moore: elle déforme la vérité et elle ne sait pas ce qu’est vraiment le capitalisme.
Je suis justement tombé sur cet article, qui démolit l’oeuvre principale de Noami Klein (Shock Doctrine):
http://www.cato.org/pubs/bp/bp102.pdf
C’est excellent et à lire absolument si vous vous intéressez à Friedman et aux théories de Klein.
Les tactiques de salissage qu’elle utilise sont dégueulasses et son argumentation ne tient carrément pas la route avec la réalité.
Impossible de lui accorder une quelconque crédibilité.
Oh my god, je connaissais déjà Naomi Klein, je ne savais pas qu’elle était née à Montréal! Ça expliquerais beaucoup de choses
On en a déjà parlé pendant mon secondaire je crois, en raison de son livre No Logo. En fait quand je regarde en arrière, j’était tout aussi indigné que les autre de ma classe et de mon prof bien pensant.
Je suis allé regarder sur wikipedia juste pour le plaisir et… WOAH!!! Lisez l’article, elle a un bel historique familial de marxistes et socialistes et name it! Tout l’article qui la décrit et un beau ramassis de "conscience sociale". À la fin il y a "critique"… ouch… elle a autant de crédibilité que Raël!
Je vais me faire un plaisir de lire ce petit document.. (bah 20 page)
Si on exclut les notes, ce n’est que 15 pages….et c’est vraiment sidérant!
Si c’est ça la gauche, loin de moi svp.
Si comme moi vous n’avez pas envie de vous tapper les 500+ pages du torchon de Naomi Klein, vous pouvez toujours voir le résumé vidéo de moins de 7 minutes. C’est bien suffisant.
La stratégie du choc, en entier pour ceux qui ont 1h à perdre: http://youtu.be/MKeiChMRWTU
C’est justement le chapitre avec la Chine qui me fait bien rire, car lorsque je suis allé, il y a un mois, j’ai discuté avec des chinois qui parlent français ou anglais sur la libération économique et sociale.
Or, c’est probablement à cause de quelques libéralisations en place que le régime a pu rester au pouvoir car cela a pu véritablement l’émergence d’une classe moyenne qui consomme de plus en plus et qui sait consommer tout en étant informée.
Or, aussi il faut dire que les événements de mai 1989 en Chine ont fait que retarder le pays, au point même où qu’il y avait eu une purge dans le parti après ces événements, où que l’on a tassé plusieurs vieux bronzes du PCC qui n’étaient pas vraiment ceux qui étaient très friands aux réformes entreprises par l’aile de Deng Xiaoping.
Par contre, Klein ne mentionne pas des exemples de sociétés qui sont passée du Tiers-Monde à des pays industrialisés en moins de 40 ans:
-La Corée du Sud, qui était il y a moins de 40 ans bien plus pauvre que la Corée du Nord. Aujourd’hui, un est un état failli et l’autre est un pays hyper-développé
-Hong Kong
-Le Japon qui a connu une croissance très grande entre les années 50 et 80 avant qu’elle s’embarque vers le corpo-keynésianisme qui a eu des conséquences néfastes jusqu’à nos jours
-Taiwan
-Le Chili qui est probablement l’un des pays les plus prospères en Amérique Latine en ce moment
-La Nouvelle-Zélande qui a entrepris des réformes très importantes dans les années 80-90 pour devenir un exemple d’une véritable société libérale
-Singapour qui malgré qu’avec état assez paternaliste a connu un développement sans pareil depuis les années 50
-L’Estonie qui est un exemple peu mentionné
@ Minarchiste
Idée de prochain billet, je prend la citation de Matvail :
"Or, c’est probablement à cause de quelques libéralisations en place que le régime a pu rester au pouvoir car cela a pu véritablement l’émergence d’une classe moyenne qui consomme de plus en plus et qui sait consommer tout en étant informée."
La citation suggère, pour un lecteur ignorant, que la croissance économique passe par l’augmentation de la consommation. Autrement dit, la consommation soutient l’économie et si cette dernière ralentit, il faut soutenir la consommation pour maintenir l’économie. Ce mythe est présent chez les étatistes (par étatiste, j’entend les gauchistes qui dénoncent la "consommation capitaliste") et les keynésiens (par Keynésiens, j’entend les économistes qui défendent le keynésianisme et aussi les monétaristes comme Friedman)(même si on peut reconnaître l’ensemble de l’oeuvre de Friedman, on peut déplorer ses tendances monétaristes).
Ces deux groupes croient donc que le capitalisme consiste à consommer pour faire rouler l’économie alors que c’est la production qui permet la création de richesse, pas la consommation. La production doit être consommée, of course mais la consommation ne sert que de directeur de la production, il est inutile de produire quelquechose dont personne n’a besoin mais il est tout aussi inutile de soutenir la consommation pour soutenir l’économie.
Le premier groupe s’oppose au "capitalisme"(qui n’est que du corporatisme) et le second l’appuie pour la "prospérité", dans des fabulations macro-économique qui n’a d’économique que le nom. Il serait très intéressant de détruire les mythes à ce sujet. Je sais que vos billets portent le plus souvent sur des statistiques et des chiffres pour avoir des preuves plus tangibles mais un billet plus explicatif pourrait aider les petit gauchistes curieux qui viennent sur votre site.
@ les petit comiques qui croyaient que bonne économie=consommer :
Matvail veut dire que la libéralisation a permis l’enrichissement individuel et donc la consommation. Par exemple les soins de santé, la nourriture et le transport, c’est de la consommation mais il est impossible de les avoir sans avoir une production, qui celle-ci est grandement augmentée par la libéralisation des marché.
@Kevin:
Tu as compris mon point à la lettre y compris pour Friedman dont j’ai beaucoup de respect malgré que je ne suis pas un monétariste. Une consommation artificielle faite par l’état est PIRE à mon avis qu’une consommation déficiente car c’est simplement de la fraude.
La question est de dire que l’amélioration du standing de vie s’est souvent faite sans le rôle de l’état et surtout en étapes et cela surtout que le marché intérieur chinois est véritablement en expansion pour diverses raisons.
Or, malgré que l’état est bien encore présent en Chine, faut dire que l’enrichissement individuel et l’accumulation de capital s’est fait en étapes pendant une période de 30 ans. En fait, le problème dont je vois souvent en économie est de ne pas regarder l’évolution à moyen terme et de vouloir des résultats tout de suite, comme avec les keynésiens qui essaient d’avoir des résultats spontanés lorsque cela finit par leur retomber sur le nez.
Ironiquement, lorsque Keynes parle de l’économie-casino, je ne peux que croire que sa théorie était celle qui illustre le mieux cela. Du moins, j’ai même l’impression que les Keynésiens d’aujourd’hui sont ceux qui tentent d’être même plus "pur-et-dur" que Keynes lui-même.
Bonjour,
Votre étude est intéressante mais elle est sans doute que vous n’avez jamais mis les pieds au Chili. Il est vrai que le Chili sur certains points parait vraiment être un pays développé, mais malgré tout la misère est bien visible dans les rues de Santiago: la nuit vous pouvez y voir des gens faire les poubelles, pas mal de vendeurs à la sauvettes, de mendiants, de sdf (malgré tout moins qu’à Paris, je l’admets). De plus si vous prenez l’autoroute Costanera Norte (les autoroutes urbaines de Santiago sont d’ailleurs très modernes), vous pouvez voir des bidonvilles qui longent l’autoroute.
Bien sûr ceci n’est que visuel, mais maintenant que je connais des chiliens qui ne sont pas les plus à plaindre (la plupart font parti de la classe moyenne privilégiée), je me rends compte que leur vie est très précaire, y compris chez des chiliens qui peuvent avoir des revenus supérieurs à 1 millions de pesos mensuels (env. 1400€).
Il est vrai qu’on peut être impressionné par leurs malls gigantesques et surbondés, leur parc automobile très joli, mais il ne s’agit là que d’un faible pourcentage de leur population qui a accés à la consommation (50% des santiaguinos gagnent moins de 500.000 pesos mensuels, soit env. 700€).
On est vraiment loin du développement de Singapour ou de la Corée du Sud par exemple.
ps: je n’ai parlé que de Santiago car je connais encore assez mal la province chilienne.
@Kefton
Merci pour les commentaires.
Il est vrai que le Chili a encore beaucoup de chemin à faire avant d’atteindre le niveau de vie d’un pays comme le Canada. Il y a encore beaucoup trop de pauvreté.
Ceci étant dit, la plupart des indicateurs économiques et sociaux ont non seulement ratrappé le reste de l’Amérique Latine, mais ils l’ont largement dépassé.
Et cette amélioration ne dépend pas du prix du pétrole, comme c’est le cas au Vénézuela.
Oui c’est vrai que le Chili a dépassé l’amérique latine économiquement parlant, mais bon il faut reconnaitre que l’Amérique latine ce n’est pas non plus un bon référentiel.
Je te conseille de lire ce résumé d’une étude de l’OCDE de l’économie chilienne, c’est très intéressant: http://economie-analyses-actualites-opinions.over-blog.com/article-le-chili-entre-a-l-ocde-44141178-comments.html#anchorComment
@Kefton
Cet article démontre que le Chili a en effet encore du chemin à faire vers la liberté économique, et que c’est en franchissant ces obstacles qu’il parviendra à améliorer encore plus le sort de sa population et la vivacité de son économie.
J’aimerais rajouter un commentaire sur l’économie chilienne. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais l’industrie chilienne produit très peu de produits manufacturés, une des raisons à cela sont les accords de libre échange avec beaucoup de pays dans le monde, et le petit marché constitué par le Chili.
Bien que le Chili soit le pays le plus compétitif en Amérique du sud, il produit très peu de voitures, alors que l’Argentine et le Brésil en produisent beaucoup. Ne pensez-vous pas que cette désinstrualisation du pays ne sera pas à terme un frein au développement. Il est bien connu que l’industrie produit un grand nombre d’emploi ce qui permettrait à une partie de la population de sortir de la pauvreté.
On peut également citer le manque d’activité à forte valeur ajoutée qui permettrait de créer des emplois bien rémunérés.
J’aimerais avoir votre avis sur cette question.
Kefton
@Kefton
"Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais l’industrie chilienne produit très peu de produits manufacturés"
Non. Je n’étais pas au courant. Mais je m’en doutais, puisque l’industrie principale au Chili est l’industrie minière et la métallurgie.
"Il est bien connu que l’industrie produit un grand nombre d’emploi ce qui permettrait à une partie de la population de sortir de la pauvreté."
J’éviterais ce genre de généralisation simpliste.
"On peut également citer le manque d’activité à forte valeur ajoutée qui permettrait de créer des emplois bien rémunérés.
J’aimerais avoir votre avis sur cette question."
Vous ne me verrez jamais affirmer sur ce blogue que le Chili est le paradis libertarien et capitaliste. Ils ont encore beaucoup de chemin à faire au niveau de la libéralisation de leur économie.
Mon article visait à expliquer pourquoi le Chili est-il passé d’un des pays les plus pauvres d’Amérique Latine à celui du plus riche, faisant même maintenant partie de l’OCDE.
Malheureusement, le pays retourne vers ses racines socialistes. Une fois la richesse créée, il apparaît toujours plusieurs factions visant à vouloir la redistribuer, ce qui résulte toujours en une destruction de ladite richesse et à une régression des libertés individuelles.
Cependant, ces réformes socialistes sont modérées (contrairement à ce qui se passe au Vénézuela et en Bolivie, deux des pays les plus pauvres de cette région), ce qui devrait minimiser leur impact négatif.
Non en fait je ne critique pas votre article, ceux sont seulement des questions que je me pose et auxquelles je n’ai pas de réponses. Je souhaite réellement que le Chili se développe car j’adore ce pays et surtout les chiliens, et je pense qu’ils méritent de vivre dans un pays où on vit bien.
En fait ces questions reviennent assez souvent dans les journaux chiliens, notamment la question: peut-on être un pays développé quand 30% de nos exportations sont des produits miniers dont les revenus sont très dépendants de la conjecture internationale? L’autre question: peut-on espérer développer notre industrie quand on signe des accords de libre échange avec des pays à bas coût de main d’oeuvre comme la Chine par exemple? Les politiques chiliens prétendent que cette concurrence oblige l’industrie chilienne à se moderniser pour devenir plus compétitive, ce qui est vrai vu que l’économie chilienne est la 30ème plus compétitive au monde, les détracteurs répondent que cette concurrence décourage l’industrie locale au profil des importations.
Si on analyse le modèle de développement du Chili, on peut y voir des similitudes avec l’Irlande: libéralisme économique, faible imposition des entreprises, économie de service, ect… Et en Irlande ce modèle de développement est clairement un succès (l’Irlande était encore un pays pauvre dans les années 80), malgré la crise que traverse le pays aujourd’hui.
Pour résumer je dirais que la question à se poser n’est pas de savoir si le modèle chilien a fonctionné jusqu’à aujourd’hui (je pense sincèrement que oui vu les progrès réalisés par le pays depuis 20 ans), mais si ce modèle peut permettre à ce beau pays de se hisser au niveau des pays développé dans les 10 ou 20 prochaines années.