Ce texte est inspiré d’un essai publié sur Libertarian Nation.
Les droits de propriété intellectuelle, tels que les brevets, marques déposées et droits d’auteurs, sont en fait des monopoles décrétés par l’État. Ils permettent à des individus ou à des entreprises d’obtenir un privilège de l’État leur permettant de se soustraire à la concurrence et donc de tricher au jeu du libre-marché. La propriété intellectuelle est donc un ennemi du capitalisme.
La réalité est qu’on ne peut attribuer un droit de propriété à une idée. Les idées sont véhiculées à l’intérieur de notre cerveau et ce qui se trouve là nous appartient, tout comme ce que nous fabriquons de nos mains avec nos outils et notre matière première. Personne ne peut revendiquer être propriétaire d’une idée et restreindre l’utilisation que nous faisons de cette idée avec le fruit de notre travail et de nos ressources.
Supposons que j’écrive un poème publié dans un journal, que vous le lisez et le mémorisez. Il est donc stocké dans votre cerveau et je ne peux rien faire pour vous en empêcher.
Ensuite, vous utilisez un stylo qui vous appartient pour écrire ce poème sur un bout de papier qui vous appartient aussi. Il ne fait aucun doute que le fruit de ce travail vous appartient. Si c’est le cas, comme toute propriété, vous pouvez échanger ce bout de papier, le vendre, le publier, ou faire quoi que ce soit qui vous plaise avec celui-ci. Prétendre le contraire équivaudrait à affirmer que vous n’êtes pas propriétaire du fruit de votre travail, et donc que vous êtes un esclave. Personne ne peut revendiquer être propriétaire de ce bout de papier, ni vous dire ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire avec celui-ci.
Les idées ne sont pas une ressource limitée; c’est-à-dire qu’en mémorisant ce poème, vous ne m’enlevez absolument rien. Même si un million de personnes lisaient et mémorisaient le poème, ma propriété ne serait pas négativement affectée, ni s’ils l’écrivaient sur un bout de papier et le vendaient à une autre personne. Il n’y a donc aucune raison pour qu’un mécanisme légal restreigne l’utilisation des idées en leur assignant des droits de propriété. D’ailleurs, les entreprises utilisent la propriété intellectuelle pour générer un effet de rareté artificielle. Cette rareté, même si artificielle, nous appauvrit tous au profit du détenteur du brevet ou droit d’auteur ou de la marque de commerce déposée.
L’innovation et la création :
Certains diront que les droits de propriété intellectuelle sont nécessaires pour encourager l’innovation et la création artistique. Cependant, un très grand nombre d’inventions révolutionnaires et d’œuvres d’art grandioses ont été réalisées dans un environnement où la propriété intellectuelle n’était pas protégée.
Prenons Shakespeare par exemple, qui n’a jamais écrit un scénario original, seulement que des adaptations d’histoires écrites par d’autres. Et que dire des compositeurs tels que Bach et Tchaïkovski, qui ont incorporé les compositions d’autres artistes dans leurs œuvres. Ce genre d’appropriation a longtemps fait partie du processus de création artistique.
La plupart des chansons sont maintenant disponibles gratuitement sur l’internet grâce aux logiciels P2P. Il me semble que cela n’a pas stoppé la création musicale. Même les artistes les plus « piratés », qui sont aussi les plus populaires, sont propriétaires de fortunes plutôt enviables; vous n’en verrez aucun quêter sur Hollywood Boulevard!
Évidemment, sans le privilège des droits d’auteurs, moins d’artistes pourraient vivre de leur art. Cependant, s’il y a vraiment un public pour leur art et que leur produit est de qualité, leurs albums et billets de spectacles vont se vendre quand même.
Considérez aussi les centaines de milliers de textes publiés sur l’internet, disponibles à tous gratuitement, sans protection. D’ailleurs, à peu près toutes les publications datant d’avant 1900 sont maintenant non-protégées et des éditeurs continuent de les imprimer, de les publier et de les vendre à profit.
Il ne fait aucun doute que l’absence de droits de propriété intellectuelle améliorerait grandement l’accès à la culture.
Il y a aussi l’essor des médicaments génériques, qui n’a pas freiné l’ardeur des compagnies pharmaceutiques à développer de nouveaux médicaments. En fait, l’inefficacité, la lourdeur et la lenteur du système gouvernemental d’approbation des médicaments (FDA) est une bien plus grande source de maux de tête pour ces entreprises.
Certes, le profit potentiel de toutes ces industries (musique, livres, médicaments, etc) serait amoindrit par l’absence de propriété intellectuelle, mais ils seraient quand même là pour justifier l’innovation. Là où il y a du profit potentiel, il y des entreprises pour le réaliser.
L’aspect légal :
Disons que je prends le texte d’un livre que vous avez écris, appose mon nom dessus et le commercialise; ou encore disons que je prends un livre que j’ai écris et le commercialise sous votre nom. Dans ces deux cas, ai-je fais quelque chose qui ne respecte pas les droits de propriétés? Oui, mais pas envers vous! C’est la propriété des acheteurs du livre que j’ai violée en utilisant une fausse représentation. Je leur ai vendu un produit X dont l’étiquette mentionne que c’est un produit Y. J’ai peut-être une dette morale (et non légale) envers vous, mais la seule violation punissable par la loi est la fausse représentation envers les consommateurs, et non la violation de vos droits de propriété intellectuelle.
Il y a néanmoins d’autres moyens de vous protéger à cet égard : le boycott volontaire. Il y en a eu plusieurs exemples dans l’histoire, mais je préfère celui de Tolkien. La première édition du Seigneur des Anneaux publiée aux États-Unis était une version « pirate » de Ace Books publiée sans l’accord de Tolkien, qui n’a toutefois pas entamé d’action légale contre cette entreprise. Par la suite, la maison Ballantine a publié une version officielle approuvée par l’auteur. Cette version comprenait une note sur la couverture arrière mentionnant qu’il s’agissait de la seule version autorisée et demandant aux lecteurs de ne pas acheter l’autre version de Ace Books. Le boycott volontaire a fonctionné; les ventes de la version de Ace Books ont chuté jusqu’à ce que la publication cesse. Il est donc possible de contrer le piratage et de faire respecter les « obligations morales » entre auteurs sans utiliser le pouvoir de coercition de l’État.
Les implications :
La propriété intellectuelle est utilisée par les entreprises pour bénéficier d’un monopole « légal ». Les Microsoft, Monsanto et Pfizer de ce monde utilisent leurs brevets pour écraser la compétition et dominer leur industrie, tout en oppressant la population. En effet, sans les brevets, les technologies de Monsanto serait offertes par plusieurs entreprises ce qui ferait baisser les prix et réduirait l’emprise de cette corporation sur les agriculteurs; les médicaments seraient offerts à un prix beaucoup plus bas ce qui augmenterait la qualité de vie de millions d’individus. Évidemment, les marges de profit de ces entreprises seraient plus « normales », telles qu’elles devraient l’être sans ces privilèges accordés par l’État.
Qu’arriverait-il si le Canada abandonnait la protection de la propriété intellectuelle? Je pense que plusieurs entreprises apparaîtraient (d’ici et d’ailleurs) pour produire des biens et services jadis protégés par les droits de propriété intellectuelle. Ces entreprises nous offriraient ces biens et services à meilleur prix que le monopoliste, ce qui améliorerait notre pouvoir d’achat et, par le fait même, notre qualité de vie.
D’autre part, il y aurait moins de frais légaux et administratifs dépensés pour faire respecter ces droits; moins de poursuites absurdes, moins de bureaucratie.
Dans un monde libre, il ne peut y avoir de droits de propriété intellectuelle.
Je suis pas sur de tout comprendre… Je suis pas sur que si je travail pendant 4 ans pour écrire ma thèse de doctorat et qu’après quelqun prend mon texte et le publie avec son nom, c’est moralement acceptable. La propriété intellectuel peut ne pas être géré par l’État, mais il pourrait être géré comme une assurance avec les compagnies d’assurance ? Si demain matin je prend le livre Harry Potter et que j’enlève JK Rolling et que je met mon nom, c’est correct ?
@Maxime
Premièrement, si quelqu’un prend ta thèse de doctorat et la publie sous son nom, c’est immoral et c’est aussi illégal puisque c’est de la fausse représentation.
Deuxièmement, en absence de droits d’auteur, tu pourrais bien publier ta version de Harry Potter….mais bonne chance pour rentabiliser l’affaire. Il y a d’ailleurs des entreprises qui ont tenté de le faire, publiant leur version des romans avant que la vraie version ne soit publiée.
JK Rowling est multi-milliardaire grâce à la simple écriture de ces romans parce qu’elle utilise les droits d’auteurs pour créer une rareté artificielle.
Qu’est-ce qui différencie qu’une thèse c’est immorale, mais que de publier ma version de Harry Potter c’est correct ?
Aussi, le fait que je puisse poursuivre pour fausse représentation pour quelqu’un qui copierait ma thèse est en quelque sorte un droit de propriété intellectuel vu que je proclamerait que c’est moi qui la écrit, non ? Ca ne serait peut-être pas géré par l’état, mais j’irais tout de même en cour ?
@Maxime
L’immoralité de la chose n’est pas importante. Nous avons tous notre propre code moral; c’est pour quoi l’immoralité ne devrait pas être punie par la loi.
En absence de propriété intellectuelle, tu ne pourrais pas poursuivre cette personne pour avoir mis son nom sur ta thèse.
Cependant, pour obtenir le texte de ta thèse, cette personne aurait sûrement dû commettre une infraction (i.e. voler un manuscrit qui t’appartenait ou pirater ton ordinateur pour prendre les fichiers). Cela est punissable.
Concernant la fausse représentation, c’est comme si un magasin vendait du surlonge, en prétendant que c’est du filet mignon. Ce n’est pas une question de droit de propriété! C’est plutôt de la fraude.
Concernant Harry Potter, relis l’exemple de Tolkien dans le billet, c’est la même chose.
Là-dessus, je ne suis pas sûr de comprendre non plus… Je ne me suis jamais attardé à cette question. Je vais le faire, c’est pas mal là que je suis rendu je pense.
La propriété matériel est le fruit du labeur. Si je fabrique un meuble, il m’appartient et je peux en faire ce que je veux.
Si j’invente un concept, n’est-ce pas la même chose?
Je comprend très bien l’avantage productif de libérer les droits de propriété intellectuelle, de ce coté ça va. Par contre, si je pend une idée, comme la thèse de doctorat plus haut, qui est le fruit d’une recherche approfondie sur un sujet, c’est le fruit de mon travail, si les autres se l’approprie, n’est-ce pas là une violation de propriété?
Je comprend qu’une idée (par exemple, une réforme des méthodes administratives) ne doit pas être protégé par des droits de propriétés, mais une méthode exhaustive expliquant comment implanter cette nouvelle méthode de gestion est, à mon avis, la propriété de l’auteur. Si quelqu’un d’autres utilisent ma méthode que j’ai mis tant de temps à compléter, pour s’enrichir sans me donner la part qui me revient (la part du temps que j’ai mis à élaborer cette méthode), me semble que c’est une violation de propriété, non?
Je crois qu’il manque des explications… En général, tes points sont clairs, mais là, j’avoue être un peu perdu…
@Waried
"Si quelqu’un d’autres utilisent ma méthode que j’ai mis tant de temps à compléter, pour s’enrichir sans me donner la part qui me revient (la part du temps que j’ai mis à élaborer cette méthode), me semble que c’est une violation de propriété, non?"
Comme j’expliquais à Maxime, ta thèse de doctorat ne sera accessible au public qu’une fois publiée.
Logiquement, personne ne pourra se l’approprier avant cela, tu pourras donc la commercialiser au préalable.
C’est un immense avantage que d’être le premier à commercialiser quelque chose (first mover advantage); mais cela ne justifie pas que tu en ais le monopole.
Si quelqu’un va à la bibliothèque de mon université et emprunte mon mémoire de maîtrise, il pourra utiliser mon modèle pour faire de l’argent sur les marchés boursiers. Il n’y a aucune violation de propriété là-dedans, cet argent ne m’a pas été volé.
La publication a eu l’avantage de me permettre d’obtenir mon diplôme de Msc et un bon emploi. Le désavantage est qu’elle rend mon modèle disponible à tous. Il n’y a rien de mal là-dedans, c’est ça la science; c’est donnant-donnant pour l’avancement de l’humanité.
J’aurais pu choisir de ne pas publier et de garder le modèle pour moi, mais je n’aurais pas pu avoir mon Msc et tout ce qui va avec. J’ai donc concédé la propriété de mon mémoire physique à la bibliothèque. Je ne peux affirmer que je suis propriétaire des idées qui y sont lues par qui que ce soit, ni du travail accompli par ces personnes suite à leur lecture.
Je comprend un peu mieux, mais c’est juste un petit detail que j’ai de la misère. C’est vrai qu’il y a un grand avantage à être le first mover, mais dans le domaine littéraire c’est rarement ce qui se passe. Souvent un livre d’un nouvel auteur va être populaire plusieurs années après sa parution. Comme les livres Twilight, ca fait plusieurs années que ca existe, mais ca fait juste 1an ou 2 que c’est populaire. Dans ce cas, l’auteur n’aurait reçu pratiquement aucun montant pour son oeuvre puisque au cours des années sa série aurait été copié.
Intéressante idée.
Cela dit, comme les autres ici, je tilte sur l’oeuvre littéraire. Si mon voisin publie un livre, que j’en achète un et que j’en fasse des photocopies pour les vendre dans la rue, je vais fixer mon prix en fonction du coût de :
- l’achat du livre, support de la copie,
- le papier
- l’encre
- le temps passé dans la rue
Mais l’auteur n’aura été rémunéré pour son travail que par…. un livre, alors qu’il aura passé des heures à l’écrire, sans tenir compte du temps de réflexion.
Je trouve ça un peu injuste. Dans le sens où un concept, un procédé (protégé par un brevet), tu peux très bien garder un certain avantage du fait du temps passer à le développer, tout comme ton concurrent peut construire quelque chose d’encore mieux en améliorant tout ça… autant pour un livre je ne vois pas vraiment l’intérêt de combattre la propriété intellectuelle.
Si l’auteur veut tirer le plus de profit de son livre, il va devoir être un peu plus stratégique qu’aujourd’hui.
Avant la première publication de son livre il devra essayer de trouvé une maison d’édition qui croit vraiment en son oeuvre et qui va essayer de la poussé a fond. C’est dans l’intérêt des deux parties que leur copie soit celle acheté par les consommateurs.
Pour ce qui est du cinéma ou des séries télévisées, l’auteur peut (avec l’aide de sa maison d’édition, de son agent ou seul) vendre son histoire au différent parties intéressés. Ils pourrait y avoir un contrat entre les deux parties avant la rencontre comme quoi si les acheteurs ne sont pas intéressés, ils ne peuvent pas utiliser l’histoire par la suite. Comme sa, l’auteur n’aurait pas peur de dévoiler son histoire à différent studio et se la faire voler après. Se contrat ne serai pas obligatoire par la loi mais les auteurs seraient fortement incité à faire affaire avec des compagnies qui offre se genre de sécurité.
L’intention n’est pas de faciliter l’utilisation des idées d’une personne par une autre mais d’empêcher qu’on ne puisse utiliser une de nos idées parce que’elle ressemble trop à celle d’une autre.
@XavierQC
"Si mon voisin publie un livre, que j’en achète un et que j’en fasse des photocopies pour les vendre dans la rue"
Je ne pense pas que tu ferais un tel effort et investissement avec un livre qui n’a pas connu de succès, n’est-ce pas?
Tu ferais cela avec un livre pour lequel la demande est visible, sinon tu risquerais de rester pris avec tes photocopies invendues.
Tu prendrais donc un livre qui se vend bien en librairies…
et si le livre se vend bien, c’est que l’auteur a déjà empoché sa part du gâteau!
Prenez encore le cas Tolkien, Ace Books n’aurait pas publié sa version "illégale" du Seigneur des Anneaux aux États-Unis si le livre n’avait pas, au préalable, connu du succès en Europe.
En fait, au moment de cette publication ‘pirate’, Tolkien était probablement déjà riche!
Voyez-vous que ça ne cause pas problème?
L’absence de droits de propriété intellectuelle réduirait les profits potentiels de l’auteur; plutôt que d’être extraordinaires, ils ne seraient que bons!
J’ai commencé à lire l’essai que tu as cité en lien. Je comprend un peu mieux…
Je vais continuer à méditer là-dessus. C’est la partie à laquelle je ne m’étais pas arrêté…
@Waried
Comme l’essai le mentionne, c’est un aspect sur lequel les libertariens sont divisés, principalement à cause d’Ayn Rand.
Cependant, le consensus est de plus en plus du côté de ce que je présente dans ce billet, c’est-à-dire l’absence de droits de propriété intellectuelle.
Avec l’internet ça change la donne, tu peux très bien t’attaquer à une multitude de petits livres. Par exemple.
J’achète quelques livres pas très connu, pour être prêt à les photocopier. Je publie sur Amazon mon produit : des photocopies de ces livres sans succès.
Résultat, les quelques demandes pour ce livre sur Amazon aboutissent à l’original (10€ par exemple), mais tu peux aussi le commander chez moi, en photocopies, pour 8€ (soyons fou).
Je bloque juste pour les oeuvres artistiques (livre, film, musique), pour le reste c’est autre chose et j’ai largement tendance à être de ton avis.
@XavierQC: mais qui achèterait des photocopies à 8€? Et si ce sont des photocopies de qualités et reliées avec tout le tralala, bref, qui ont l’apparence d’un vrai livre, comment es-tu assuré que ton entreprise de copies de bouquins inconnus serait rentable? Il faut tout d’abord que tu évalues que le jeux en vaut la chandelle et je doute que cette évaluation soit positive. C’est le frein que je vois à ce genre d’idée.
Je n’ai pas lu l’article du lien mais des articles de ce genre, par Stephen Kinsella entre autre, sont apparus récemment sur Mises.org. Il a même écrit un bouquin dont le titre est "Against Intellectual Property" disponible en PDF:
http://mises.org/Books/against.pdf
@Sylvain
Celui qui veut économiser quelques € pardi ! 8€ si le bouquin est énorme, ça peut ne pas être très cher.
Et puis ça ne serait pas une entreprise, je serai un particulier sur Amazon, pas de stock. Si on passe commande, je photocopie, si 0 commande 0 photocopies 0 coûts. Et je proposerai mon prix en fonction de mes coûts de papier, d’encre et un ptit plus pour l’électricité. Si mes prix sont jugés trop élevés par rapport au vrai livre, je ne ferai certes pas d’argent, mais je n’en perdrai pas.
Je n’aurais qu’à systematiquement reproduire en format eBook tout les livres qui sortent. Mes couts seraient minimes. Mon profit serait sur le volume. L’offre serait si importante que les prix baisserait. La valeur de la creation de l’oeuvre tendrait a devenir nulle.
Meme chose pour les médicaments génériques une fois qu’on a le systeme de production en place. En fait, meme chose pour tout ce qui implique de la R&D intelectuelle couteuse.
Ce concept ne marche qu’en théorie et ne tient pas compte de la réalité de la R&D de la propriété intelectuelle. Ca n’a RIEN a voir avec la liberté et tout a voir avec la mise en marché.
Pas surprenant qu’il n’y ai jamais vraiment eu de systeme libertarien pur; ca ne fonctionnerait juste pas…
@François
"Je n’aurais qu’à systematiquement reproduire en format eBook tout les livres qui sortent. "
Il était temps que tu y penses! Plusieurs sont en train de le faire depuis longtemps, notamment le Projet Gutenberg.
Même s’ils sont GRATUITS sur l’internet, ces livres continuent de se vendre en librairie.
C’est donc que les gens voient un avantage à avoir une copie physique de bonne qualité.
Si beaucoup de gens se mettaient à faire cela, les éditeurs abaisseraient les prix des livres à des niveaux plus acceptables, lesquels feraient en sorte que vos faibles volumes feraient en sortr que vous ne seriez pas compétitifs. Les Chinois piratent des CD et DVD à la tonne malgré l’interdiction. Pourquoi ne pirateraient-ils pas des best-sellers? Peut-être parce que ce n’est pas rentable…
De plus, ce n’est qu’une partie des ventes de livres qui se font sur l’internet. La majorité des gens aiment encore fréquenter les librairies brique-et-mortier.
Mais tout cela n’a pas d’importance. Même si l’auteur de l’oeuvre ne percevait qu’une petite partie du profit monopolistique des ventes de livres, ça ne veut pas dire qu’il ne publierait pas l’oeuvre pour autant. Il y a d’autres motivations en jeu. De plus, il pourrait utiliser la publicité et donner des conférences pour améliorer ses revenus. Est-il vraiment nécessaire de ne faire que ça de sa vie pour être un bon auteur? Je ne pense pas. Il est bien possible d’écrire de bons bouquins sans que ça soit son gagne-pain principal. Plusieurs le font.
L’internet est la preuve que tout cela peut fonctionner. Il est pratiquement impossible de faire respecter les droits d’auteurs sur le web, ça ne freine pourtant pas le contenu. Le contenu gratuit sur l’internet est abondant, ce qui le rend accessible. Cette grande accessibilité agit comme motivation à la production de contenu. Prenez ce blogue par exemple…
Finalement, en ce qui a trait aux artistes, je vous recommande de lire le passage sur la guilde des créateurs de vêtement dans l’essai de Libertarian Nation cité plus haut:
"In the 1930′s, for example, the Guild of Fashion Originators managed to protect dress styles and the like from piracy by other designers, without any help from the coercive power of government."
"Meme chose pour les médicaments génériques "
J’ai suivi l’industrie pharmaceutique pendant un bon bout de temps. Ce qui rend la R&D coûteuse, c’est la FDA! Le temps d’approbation d’un médicament a été multiplié ces dernières années.
"Pas surprenant qu’il n’y ai jamais vraiment eu de systeme libertarien pur; ca ne fonctionnerait juste pas…"
Pourtant, l’absence de propriété intellectuelle dans l’histoire n’a pas agit comme un frein sur le développement technologique et artistique. Il n’y a aucune raison pour que ça ne puisse pas fonctionner.
"Pas surprenant qu’il n’y ai jamais vraiment eu de systeme libertarien pur; ca ne fonctionnerait juste pas…"
Mmmmmmm, il y a en eu, beaucoup. L’étatisme est relativement récent dans l’histoire de l’humanité…
Faites des recherches sur Çatalhöyük. Ils pensent que c’est la première ville de l’humanité (donc la première "civilisation"). En fouillant les décombres, ils ont découvert qu’aucune maison ne semblait plus grosse que les autres. Personne ne semblait plus riche qu’un autre. Tout le monde était égal et vivait en harmonie. Faites des recherches, vous verrez qu’on peut y voir un système libertarien…
Ça, c’est sans parler des hommes avant cette époque… Sur des millions d’années d’évolution, le libertarianisme a été présent bien plus souvent que l’étatisme…
Ensuite, des gens ont commencé à imposer leurs pouvoirs par la force. Les gens s’y sont habitués et c’est devenu la norme. Aujourd’hui, on trouve normal de payer des impôts…
J’aime bien vous lire d’habitude, mais là on frôle le n’importe quoi!
La propriété est à défendre quelle qu’elle soit.
Vous mélangez beaucoup de choses: d’abord les idées ne sont pas protégeables, contrairement à ce que vous dites. Il leur faut une forme (livre scénario, plan, modèle, dessin etc).
Ensuite vous mélanger droit d’auteur patrimonial (le droit de récupérer des sous, limité dans le temps) et le droit moral, qui interdit de détourner une oeuvre protégée.
L’on peut critiquer ce 2ème, quoique les lois internationales protègent fortement le pastiche et le droit à la caricature.
Vous rêvez d’une société que de marchands: ça me semble plus que limité.
@Axel
"d’abord les idées ne sont pas protégeables, contrairement à ce que vous dites"
Enregistrez un brevet et vous serez le seul à pouvoir utiliser cette idée. C’est plutôt bien protégé à mon avis.
Je ne rêve pas que d’une société de marchands; où allez vous chercher cela?
Je rêve d’une société où les idées circulent librement, où personne n’en a le monopole et l’usage exclusif protégé par la coercition de l’État.
Lorsqu’on accepte de commercialiser quelque chose, on accepte par le fait même que ceux qui l’achète pourront en faire ce qu’il veule, même la reproduire.
@minarchiste
Une idée n’est pas protégeable, elle doit avoir une forme précise pour être protégée. C’est pareil pour un brevet, qui protège non pas une idée, mais une invention, un procédé, une technique, ce qui est bien différent.
Votre point de vue considére que c’est la même personne qui invente et qui commercialise un produit, ce qui est une drôle d’idée. Pourquoi un créateur créerait-il s’il n’avait rien à y gagner que la quasi certitude de se faire voler?
N’est-il pas plus intéressant que la concurrence trouve de nouveaux brevets plutôt que de reprendre ceux des autres? L’émulation est intellectuelle et plus seulement industrielle: et alors?
@Axel
En asbence de droits de propriétés, lorsqu’une nouvelle invention arrive sur le marché, la concurrence doit trouver une façon de la reproduire soit à moindre coût, soit à meilleure qualité. Dans un cas comme dans l’autre, la société y gagne.
Cela nécessite de la recherche et de la planification. L’inventeur sera donc seul sur le marché pendant un bout de temps. Il y a donc un incitatif à faire de la recherche pour s’améliorer.
Le brevet ne fait qu’allonger cette période de monopole et je pense que c’est un privilège étatique non-mérité et injuste pour la société.
Avec un brevet, c’est le statu quo. Le manque de concurrence fait en sorte que le prix est plus élevé et bloque l’innovation (et donc la possibilité de réduire les coûts ou d’améliorer la qualité).
@Tous
Étant donné toutes les questions sur le sujet, je prépare un autre billet là-dessus, probablement pour mercredi prochain.
Je comprends vos réactions, j’ai moi-même été plutôt sceptique au début lorsque j’ai lu sur le sujet. C’est après de longues réflections que j’ai fini par adhérer à ces idées.
Notez que le Mises Institute donne l’exemple, en fournissant la plupart (sinon tous) des livres écrits par les fondateurs de l’institut (Mises, Rothbard, etc) en PDF.
J’ai une solution efficace à ce problème. Le meilleur des deux mondes. La solution qui maximise la diffusion des idées, de l’art et de la connaissance tout en rémunérant le créateur pour son travail, en le motivant à créer davantage et en le récompensant pour ses succès.
La façon de le faire est simple. Elle est expliquée dans un des articles de mon blogue… http://nouvellesociete.wordpress.com.
PJCA
@PJCA
Pourriez-vous m’indiquer à quel billet vous faîtes référence?
Paru dans The Economist du 4 septembre 2010:
DEEP-FRIED beer may sound scrumptious, but is it patentable? Mark Zable, an inventive Texan, thinks it is. To protect his novel production process, which involves encasing the alcohol in batter and dunking it in a fryer, he recently applied for a patent. He wants to profit if others exploit his beery brainwave.
Without patents to protect their creations, inventors would have little incentive to invent. But some Americans fret that patent protection has grown too strong. The system breeds so many lawsuits, they worry, that it throttles the innovation it is supposed to promote.
Consider a suit filed on August 27th by Interval Licensing, a firm owned by Paul Allen, a co-founder of Microsoft. It targets everyone who is anyone in Silicon Valley, including Google, Apple, eBay, Yahoo! and Facebook. (But not Microsoft.)
It involves four patents covering inventions that improve an internet user’s online experience, such as suggestions for further reading related to a news article and pop-up features that display share prices. Interval claims these were pioneered at Mr Allen’s now defunct Silicon Valley research laboratory and then patented between 2000 and 2004. It accuses each of its targets of violating one or more of the patents.
Their response has been swift. Facebook called the suit “completely without merit” while Google harrumphed about “people trying to compete in the courtroom instead of the marketplace”. In private, some executives accuse Mr Allen of behaving like a “patent troll”—a name given to firms that buy up patents solely in order to squeeze money out of companies that allegedly infringe them. Tech firms like trolls about as much as the Billy Goats Gruff did. An aggressive troll can hold up a billion-dollar product over a patent worth a fraction of that.
By that strict definition, Mr Allen is not a troll. The suit involves advances that Interval says were made in Mr Allen’s own lab, not someone else’s. But the case does have some trollish features, say Mr Allen’s critics. Why, they ask, did Interval wait so long to assert its rights? Was it tempted by the large piles of cash that so many tech firms built up during the downturn?
“Successful tech companies undoubtedly face a problem with out-of-the-blue patent suits,” says Michael Jacobs of Morrison & Foerster, a law firm, who notes that the vast majority of cases end up producing formal licensing deals of some kind or other. According to PatentFreedom, a body that tracks the activity of what it calls “non-practising entities”, or outfits such as Acacia Research that collect patents without intending to use the underlying technology in products, the number of court cases brought by them has risen sharply, from 109 in 2001 to 470 last year.
Efforts to address this problem through the courts have so far failed. Legislation designed to improve matters is still stuck in Congress. So companies are looking for other ways to protect themselves. RPX, a firm that specialises in “defensive buying” of potentially problematic tech patents, has seen its client base more than double this year to almost 60 companies, including Dell and Hewlett-Packard. The firm licenses its entire portfolio of 1,500 or so patents and rights to its members in return for an annual fee based on their operating income. John Amster, RPX’s boss, says that although the firm can’t eliminate patent risk, it offers a cost-effective way to reduce it. That is worth celebrating—perhaps with a deep-fried beer.