Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for février 2010

Faisant suite à un billet antérieur décrivant le programme d’un gouvernement minarchiste au niveau provincial, je me suis prêté au même exercice relativement à un programme qui pourrait être implanté au niveau du gouvernement fédéral canadien.

- Système bancaire:

Une réforme en profondeur du système bancaire canadien serait entreprise. Je commencerais par serrer la vis des banques au niveau des réserves en les empêchant de prêter les dépôts à vue. Ça ralentirait grandement la création de monnaie par le système bancaire. La seconde étape consisterait à abolir la politique monétaire. Plus de création de monnaie par la banque centrale et plus de cible d’inflation. La troisième étape serait d’abolir toutes les mesures étatiques qui avantagent les banques, comme par exemple l’assurance-dépôt obligatoire et le programme de titrisation de la SCHL. Ça ne veut pas dire que l’assurance-dépôt et la titrisation n’existeraient plus, mais au moins elles ne seraient plus subventionnées par l’État.

Après ces trois étapes simples, nous aurions grandement amélioré notre système bancaire et réduit son potentiel inflationniste. La conséquence la plus évidente serait une augmentation du coût du crédit. C’est normal, puisque ce système réduirait grandement l’offre de crédit sur le marché. Dans un libre-marché, quand l’offre diminue le prix monte. Je pense que les banques absorberaient une partie du choc et seraient donc moins rentables. Je pense que les banques canadiennes obtiennent présentement une rentabilité anormalement élevée grâce aux différents mécanismes étatiques dont elles bénéficient. Pour le « big 6″, on parle d’un ROE de plus de 20% alors que les entreprises du S&P/TSX obtiennent un ROE moyen d’environ 12%.

L’autre partie du choc serait absorbée par les emprunteurs, qui verraient leur charge d’intérêt augmenter. La consommation à crédit serait évidemment découragée et l’épargne serait florissant. Cet épargne serait évidemment canalisé vers les marchés financiers, ce qui contribuerait à réduire l’ampleur du choc sur les taux d’intérêt en augmentant l’offre de capital (et de crédit). Autrement dit, le crédit serait financé par l’épargne plutôt que par la création de monnaie, ce qui est beaucoup plus sain.

L’autre conséquence importante en l’absence de création de monnaie serait évidemment la disparition des bulles spéculatives comme la bulle techno de 2001 et la bulle immobilière de 2007. En fait, ce sont les prix en général qui seraient plus stables, c’est-à-dire que le pouvoir d’achat de la monnaie cesserait sa continuelle diminution. En fait, la valeur du dollar canadien s’apprécierait face aux autres devises ce qui augmenterait notre pouvoir d’achat sur les marchés internationaux et, par le fait même, notre niveau de vie.

- Subventions:

J’éliminerais toutes les subventions aux entreprises et utiliserais l’argent pour réduire la charge fiscale de l’ensemble des entreprises.

- Armée:

Je limiterais le budget militaire canadien à la défense raisonnable des frontières et aux opérations spéciales d’urgence. Tous les soldats canadiens oeuvrant à l’étranger seraient rappatriés au Canada. Le Canada adopterait une politique étrangère neutre. Le Canada se retirerait de l’OTAN, du FMI et de la  Banque Mondiale. En contrepartie, des alliances pourraient être conclues avec d’autres pays pacifiques (aussi rares soient-ils) stipulant que si un pays de l’alliance est envahi sans aucune raison, les autres pays se porterons à son secours (notez que les États-Unis ne feraient évidemment pas partie de cette alliance). Cela permettrait  de diversifier le risque géopolitique avec d’autres pays neutres.

- Compétences provinciales:

Le gouvernement fédéral se retirerait de tous les domaines de compétence provinciale, tels que l’éducation et la santé. L’impôt sur le revenu serait diminué du montant équivalent aux économies réalisées.

- Commerce international:

Les barrières protectionnistes encore en place au Canada seraient graduellement assouplies jusqu’à élimination complète. Le processus se ferait de manière très transparente, ce qui ferait en sorte que la structure de production pourrait s’adpater. Les industries touchées pourraient soit améliorer leur compétitivité et devenir dominants ou simplement disparaître et libérer  les ressources pour les industries nous procurant un avantage compétitif.

- Système légal:

Pour qu’un crime soit un crime, il doit y avoir une victime à qui du tort a été fait: meurtre, assaut, viol, vol, fraude ou menaces. Les crimes « sans-victimes » seraient retirés du code criminel. Les ressources policières pourraient ainsi être mieux utilisées à contrer les vrais crimes.

Finalement, le bureau canadien des brevets cesserait d’opérer. Le gouvernement canadien cesserait de faire respecter les droits de propriété intellectuelle.

Read Full Post »

On me demande souvent pourquoi les prix demeurent relativement stables malgré toute la création de monnaie qui a eu lieu aux États-Unis. La raison est fort simple: une bonne partie de cet argent se trouve à la Federal Reserve, sous forme de réserves. Lorsque ces réserves seront injectées dans l’économie sous forme de prêts, les prix réagiront plus drastiquement.

Pourquoi est-ce que cet argent n’est pas prêté présentement? Il y a essentiellement deux raisons.

Premièrement, la demande de crédit est très faible. Le taux de chômage est très élevé et les gens cherchent plutôt à rembourser leurs dettes excessives des dernières années plûtôt qu’à se ré-endetter. Il y a eu beaucoup de consommation durant les années 2000s qui a été financée par des emprunts, et un emprunt doit être remboursé à un moment ou à un autre. D’autre part, nous avons vu plus tôt cette semaine l’indice de confiance des consommateurs chuter de 56.5 à 46.0 en janvier. Notez que si le taux de chômage baisse aux États-Unis ce n’est pas parce que des gens se trouvent un emploi, mais bien parce que certains chômeurs ont arrêté de se chercher un emploi et ne sont donc plus compté. Si on incluait l’ensemble des chômeurs, le taux de chômage tournerait autour de 20% en ce moment. 

Deuxièmement, la santé financière des banques américaines est très fragile, voire désastreuse. Oubliez les grandes banques telles que JP Morgan, Goldman Sachs, Wells Fargo, Bank of America et Citigroup; elles ont bénéficié de privilèges de l’État grâce à la politique « too-big-to-fail » ainsi qu’au TARP, TALF et autre programmes. Leurs lobbys et contributions aux caisses électorales ont porté fruit! De toute façon, ce ne sont pas elles qui vont relancer le crédit. Elles sont trop occupées à faire des profits faramineux sur les marchés des capitaux. Ce sont les petites et moyennes banques qui sont dans l’eau chaude.

La Federal Deposit Insurance Corporation a publié un rapport démontrant qu’au 31 décembre 2009, 702 banques étaient en mauvaise posture comparativement à 552 au 30 septembre 2009; une augmentation de 27%. La FDIC a compilé 140 faillites bancaires en 2009 et l’année 2010 est bien partie pour dépasser ce chiffre (16 faillites en janvier seulement).

La FDIC a aussi déclaré que l’augmentation des profits du secteur bancaire au cours du trimestre s’est essentiellement produite au niveau des grandes banques. Ce sont donc les petites et moyennes banques qui sont à l’agonie. Pourquoi? Les mauvaises créances enregistrées durant le trimestre étaient 37% plus élevée que l’année précédente et représentent un sommet inégalé depuis plus de 20 ans.

La réalité est que la bulle de crédit a généré énormément de mauvais investissements et de sur-investissement. La récession suivant une bulle est une période durant laquelle ces mauvais investissements doivent être « nettoyés » pour que les ressources puissent être correctement allouées dans le système et que la structure de production s’ajuste à la nouvelle réalité économique. Comme l’ampleur de cette bulle a été démesurée, le nettoyage l’est tout autant, et tant que ce processus n’aura pas suivi son cours, le marasme économique perdurera.

Ainsi, je n’anticipe pas une hausse démesurée des prix pour 2010. Ceci étant dit, les prix à la consommation sont tout de même en hausse; la déflation n’est définitivement pas au rendez-vous (voir graphique ci-bas).

Read Full Post »

Le nom de ce mouvement fait évidemment référence aux fameux événements du Boston Tea Party de 1773, qui mèneront à la révolution américaine de 1775. Il est apparu à l’aube de 2009, suite à l’annonce du plan de relance de l’économie américaine et au sauvetage des banques. Le mouvement a par la suite critiqué la réforme du système de santé de Barrack Obama ainsi que les dépenses gouvernementales élevées en général.

Le mouvement est composé de plusieurs branches, dont la Tea Party Nation, qui a récemment tenu un congrès marqué par un discours de Sarah Palin.

Les tea-partys sont décrits comme un mouvement faisant la promotion des valeurs libertariennes et conservatrices. Leur principal cheval de bataille est la réduction des dépenses gouvernementales et la discipline fiscale. La gauche n’a pas tardé à affirmer que le mouvement n’a rien d’authentique et qu’il est financé par les riches pour faire en sorte que leurs impôts n’augmentent pas. Il y a sûrement un peu de vérité là-dedans (que les riches supportent ce mouvement par exemple), mais il n’en demeure pas moins que le mouvement est désorganisé, décentralisé et quasi-spontané. Les assemblées sont garnies de gens ordinaires qui ne se sont jamais impliqués politiquement et qui sont dégoûtés par les agissements de leur gouvernement.

L’influence politique du mouvement commence à se faire grandement sentir. Selon le magazine The Economist, les tea-baggers ont contribué à la chute d’un candidat Républicain « centriste-modéré » dans l’État de New York l’an passé, ce qui a permi à un Démocrate de se faire élire. Plus récemment, l’élection du Républicain Scott Brown dans l’ancien compté de Ted Kennedy au Massachusetts a fait beaucoup de bruit et aurait été influencée par le mouvement Tea-Party.

Il est tout à fait légitime qu’un groupe de pression défende finalement les intérêts des contribuables, trop souvent négligés par la classe dirigeante face à tous ces autres groupes de pression qui eux veulent attirer les dépenses gouvernementales.

Évidemment, les plus riches ont toujours joué du coude en coulisses pour limiter l’ampleur de leur charge fiscale, mais personne ne défend les payeurs d’impôts de la classe moyenne et les consommateurs en général (qui paient des taxes de vente et qui subissent l’inflation engendrée par la banque centrale finançant les dépenses de l’État).

Ce genre de manifestation est d’autant plus nécessaire que ces gens ne peuvent s’exprimer au scrutin puisque tant les Républicains que les Démocrates sont d’affreux dépensiers. Contrairement à ce que Barack Obama pense, il est important que l’on recentre le débat sur ‘combien dépenser’ plutôt que sur ‘dans quoi dépenser’, ainsi que sur la taille de l’État en général.

Ça me fait penser à l’éditorial de The Economist il y a quelques semaines, qui décrivait que bien que la crise financière ait accéléré l’expansion du gouvernement américain, le phénomène était déjà en branle depuis un bon bout de temps. Georges Bush a augmenté les dépenses de l’État plus que n’importe quel président depuis Lyndon Johnson. Il a aussi ajouté 1,000 pages de règlementation fédérale par année durant ses 7 ans de mandats (et après on nous parle d’une crise causée par la dérèglementation!).

Il est évident que les dépenses gouvernementales ont explosé ces dernières années, mais on ne peut pas dire que ça a été pour le mieux. Au niveau fédéral, une bonne partie de l’augmentation a été causée par le budget militaire ainsi que par l’implantation du Homeland Security Department. De plus, les fonctionnaires et politiciens sont des spécialistes du gaspillage. Le professeur Bill Watkins de l’Université de la Californie calcule que le gouvernement de cet État dépense 26% de plus qu’il y a 10 ans (après ajustement pour l’inflation et la croissance de la population). Est-ce que la qualité et la quantité des services s’est améliorée de 26% sur cette période? Bien sûr que non! 

Cet argent a terminé sa course dans les poches de fonctionnaires et d’intérêts corporatistes plutôt que pour les services publics. Il y a plus de 15,000 lobbyistes enregistrés aux États-Unis dont le travail consiste à détourner cet argent. De plus, les fonctionnaires s’assurent de bien protéger leurs propres intérêts. Aux États-Unis, 30% des fonctionnaires sont syndiqués ce qui leur confère de meilleurs salaires et avantages sociaux que leurs homologues du privé. Les salaires des fonctionnaires fédéraux américains sont totalement déconnectés de la réalité économique et l’écart continue de se creuser avec le secteur privé.

Government departments are good at expanding their empires. Thus a welfare state that was designed to help people deal with unavoidable risks, such as sickness and old age, is increasingly in the business of trying to eliminate risk in general through a proliferating health-and-safety bureaucracy. – The Economist.

Le problème avec le Tea-Party Movement est qu’il attire de plus en plus d’individus dont les motivations sont pour le moins discutables; plus conservateurs que libertariens. Ces gens s’intéressent au mouvement tea-party dans l’optique de l’utiliser pour promouvoir des politiques conservatrices telles que l’interdiction des marriages entre conjoints de même sexe, l’interdiction de l’avortement et même des politiques racistes anti-immigration. Ces choses n’ont absolument rien à voir avec le libertariannisme et la taille de l’État et il est bien malheureux que cette gangraine vienne infecter une cause aussi importante.

Ceci étant dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est important de s’informer et débattre quant à la taille de l’État et il est aussi important de défendre les intérêts des contribuables (nous en sommes tous de toute façon). Sans nécessairement devenir un parti politique, je pense que ce mouvement pourrait être très bénéfique en tant que groupe de pression. Il serait temps que nous en ayons un au Québec.

Read Full Post »

Depuis quelques semaines, le journaliste du magazine L’Actualité tient sur son blogue une véritable séance de défoulement relativement aux sables bitumineux Albertains, sur un ton écolo-indépendantiste de gauche.

 Dans son premier billet, lequel forme la base de son argumentation, voici ce que dit M. Lisée, soudainement transformé en économiste :

 «  [le]développement pétrolier canadien: il a détruit, en cinq ans seulement, au Québec, 55 000 emplois manufacturiers (…) jusqu’à 54% des emplois manufacturiers perdus au Canada entre 2002 et 2007 l’ont été à cause du mal hollandais. Entre 2002 et 2007, le Québec a perdu 103 000 de ses 432 000 emplois manufacturiers. En appliquant la règle des auteurs de l’étude, c’est dire que 55,000 emplois ont été perdus à cause de la montée du dollar provoquée par le pétrole. »

 À la lecture de l’étude en question, on constate que l’interprétation de M. Lisée est grossièrement erronée.

Premièrement, les chercheurs ne parlent pas des sables bitumineux spécifiquement, ni même du pétrole. Ils parlent des matières premières en général. Le Canada exporte effectivement du pétrole des sables bitumineux, mais aussi du pétrole conventionnel, du gaz naturel, de l’or, du cuivre, du bois, etc. Donc, attribuer les résultats de l’étude au « pétrole sale de l’Alberta » est plutôt malhonnête. L’appréciation du dollar canadien n’est pas attribuable qu’aux sables bitumineux spécifiquement, mais à plusieurs ressources exportées.

 Deuxièmement, les chercheurs ont découvert que 54% de la variation du taux de change affectant l’emploi canadien est reliée à l’augmentation des prix des matières premières. Cette conclusion est fort différente de l’interprétation de M. Lisée! Les auteurs de l’étude ne parle pas du pourcentage des emplois manufacturiers canadiens perdus à cause du pétrole (ce que prétend M. Lisée), mais bien du pourcentage de la variation du taux de change affectant les pertes d’emplois reliées à l’augmentations des prix des matières premières. C’est deux mondes! Voici ce que ça donne dans leurs mots :

 “ we find in the end that only 54% of the CAD/USD appreciation that affects Canadian employment might be ascribed to the rise in commodity prices.”

 Troisièmement, quel a été l’impact réel de l’appréciation du dollar canadien sur l’emploi manufacturier au Québec? Les emplois ont pu être perdus pour toutes sortes de raisons (changements dans l’industrie, apparition de nouveaux compétiteurs, baisse de la demande globale, innovation, etc). À cet égard, je suis entièrement d’accord avec l’explication de David Gagnon de Antagoniste :

 « Depuis 2002, on peut effectivement observer un déclin relativement important de l’emploi dans le secteur manufacturier au Québec.  Par contre, le niveau de production (mesuré par le PIB) est resté relativement stable.  Conclusion: on produit autant qu’en 2002, mais avec moins d’employés, autrement dit, la productivité a augmenté.  En 2002, chaque travailleur dans le secteur manufacturier produisait 73 151$ et en 2007 on est passé à 83 294$. »

Ainsi, la hausse du dollar a forcé (voire permis à) certaines industrie à améliorer leur productivité et leur compétitivité plutôt que de se fier sur une devise faible pour masquer leur manque de compétitivité.

Quatrièmement, il ne faut pas oublier l’impact de la hausse du dollar sur notre pouvoir d’achat. Quand chaque dollar en notre possession peut acheter plus de biens, nous sommes automatiquement plus riches. De plus, l’appréciation du dollar canadien a permis aux entreprises canadiennes d’investir en acquérant de la technologie à l’étranger, ce qui explique sûrement la hausse de la productivité observée. D’ailleurs, il n’y a pas que le secteur manufacturier au Québec; certaines industries ont bénéficié d’une appréciation du dollar canadien.

Cinquièmement, M. Lisée oublie de comptabiliser les milliards reçus par le Québec en péréquation ainsi que les emplois créés au Québec par l’exploitation des sables bitumineux. Plusieurs généreux contrats ont été octroyés à des entreprises québécoises, notamment SNC et Genivar.

Dans un autre article, M. Lisée dénonce, avec raison, les subventions fédérales accordées à l’Alberta pour le développement des sables bitumineux, mais il oublie que le fédéral a aussi grandement subventionné le Québec dans d’autres industries.

Dans son article « un Québec vert dans un pays brun », M. Lisée dénonce que si l’Europe adopte des sanctions économiques envers le Canada en raison de son manque d’efforts pour réduire ses GES, cela affectera négativement le Québec, qui n’est pourtant pas responsable de la situation.

Ce qu’il faut réaliser est que ultimement, ceux qui polluent sont les consommateurs de ce pétrole. Les producteurs de pétrole ne font que remplir la demande. Or, le pétrole est déjà lourdement taxé à la pompe.

De plus, les Européens sont bien mal placés pour jouer aux libre-échangistes offensés. D’ailleurs, en imposant des tarifs douaniers sur nos importations, ce sont eux-mêmes qu’ils vont punir, s’obligeant à payer leurs biens plus cher.

Évidemment, il pourrait y avoir un mécanisme qui taxe différemment le pétrole selon son mode de production, mais cela ne regarde que nous les Canadiens. Nous ne devons pas élaborer nos politiques enrivonnementales en fonction de potentiels tarifs douaniers, mais bien en fonction de ce que la population canadienne désire. C’est à nous de déterminer si nous voulons faire partie de la « lutte » aux GES, dans quelle mesure et comment le faire. Lorsque la politique sera en place, l’industrie des sables bitumineux et l’économie canadienne s’adapteront. Ainsi, cet argument ne justifie certainement pas une politique visant à stopper l’exploitation des sables bitumineux.

Read Full Post »

Une bonne partie des problèmes économiques qui nous affligent sont bêtement reliés à un problème étymologique. Il se trouve que des gens influents, tels que le duo Greenspan / Bernanke, utilisent la mauvaise définition du mot « inflation »! En fait, il semble que la vraie definition de ce mot soit disparue avec l’étalon-or. L’essor du keynesiannisme et son intrusion dans la théorie économique enseignée dans les universités sont aussi responsables de cette malencontreuse situation. Cette substitution est-elle intentionelle, pour cacher la vérité au monde? Possible, car ce tour de prestidigitation profite à beaucoup de gens, permettant au système bancaire de décupler ses profits et à l’État de financer ses dépenses monstrueuses.

Quelle est donc la définition de l’inflation?
Selon Wikipedia:
 
 

« L’inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d’achat de la monnaie. Elle est généralement évaluée au moyen de l’Indice des prix à la consommation (IPC). »

Cette définition est évidemment erronée, tout comme l’interprétation qu’on en fait et la façon de la mesurer. La hausse des prix des biens et services n’est pas de l’inflation, c’est plutôt une conséquence de l’inflation. La vraie definition de l’inflation est simplement l’augmentation de la masse monetaire.

Ceci étant dit, un mot n’est qu’un mot, so who cares? Détrompez-vous; les consequences de cette erreur ont été très grandes et continueront de l’être.

Durant les années 2000, Alan Greenspan a mené une politique monétaire ultra-expansionniste, permettant au système de créer de la monnaie à profusion. Ce dernier maintenait cette politique même si l’économie allait bien car son « guide » était une cible d’inflation (mesurée par l’indice des prix a la consommation), laquelle était basse relativement à la cible. Rien ne justifiait donc de resserer la politique monétaire pour freiner la croissance du crédit.

Pourquoi est-ce que les prix n’augmentaient pas rapidement malgré la creation de monnaie? Parce que la productivité compensait. Durant l’année 2000, le développement de l’internet a été une grande source de productivité, tout comme l’essor du commercial international. Les coûts de production de plusieurs biens ont été abaissés grâce à la main d’oeuvre bon marché des pays émergents.

Notez que si une année donnée l’IPC monte de 3% et que la productivité s’améliore de 2%, l’inflation n’est pas de 3%, comme on voudrait vous le faire croire, mais bien de 5%. Vous auriez dû payer vos biens et services 2% moins cher que l’an passé grâce à la meilleure productivité de l’économie, mais en raison de la création de monnaie, vous les paierai 3% plus cher. C’est l’illusion de l’inflation

De plus, beaucoup de dollars sortaient des États-Unis en direction de la Chine, entre autres, ce qui minimisait l’impact sur les prix de la monnaie créée par le système. Cependant, il y avait d’autres indices évidents que l’inflation (la vraie) sévissait dans l’economie et ceux-ci n’étaient pas mesurés par l’IPC, sur lequel M. Greenspan se concentrait naïvement. Ces signes d’inflation se sont manifestés dans les prix d’actifs divers: pétrole, métaux, bourse et surtout l’immobilier.

Pourquoi l’immobilier en particulier?  En raison d’interventions gouvernementales visant à augmenter l’accès à la propriété (Community Reinvestment Act, Fannie Mae/Freddie Mac, etc). Il semble que plusieurs intervenants politiques avaient un agenda à cet égard et les politiques en place ont canalisé énormément de ressources vers cette industrie, créant une gigantesque bulle de mauvais investissements.

C’est donc en utilisant une mauvaise définition de ce qu’est l’inflation que la Federal Reserve a innocemment gonflé la bulle, dont l’éclatement s’est fait sentir sur l’economie mondiale. La Fed a toujours été hésitante à intervenir sur les bulles sous prétexte qu’elles sont difficiles à voir venir et à cerner. Après tout, la rationalité de l’humain est limitée ce qui rend impossible la tâche de planifier une économie (l’échec du communisme le confirme). Un petit groupe d’individus ne peut décider en comité de ce qu’il adviendra sur un marché composé de millions d’individus. Dans une économie libre avec une monnaie libre, sans banque centrale, personne n’aurait à se soucier des bulles et du bon niveau de taux d’intérêt; tout s’ajusterait automatiquement.
 
Le problème est qu’encore aujourd’hui, ces idiots de keynesiens ne savent toujours pas ce qu’est l’inflation et s’affairent à commettre la même erreur en tentant de réparer la première bourde! Ceux-ci tentent présentement de relancer l’économie en « imprimant » de la monnaie et en incitant les gens à augmenter leur consommation immédiate en se ré-endettant. Les résultats, jusqu’à maintenant, sont médiocres, ce qui était facilement prévisible.
 
 
 
 

 

Read Full Post »

-  Resserrement du marché hypothécaire:

Le ministre Jim Flaherty vient d’annoncer un resserrement des conditions de prêts hypothécaires. Les propriétaires qui voudraient ré-hypothéquer leur maison auront le droit de le faire à la hauteur de 90% de sa valeur et non plus de 95%. Les acheteurs d’une maison qui ne sera pas leur résidence devront faire une mise de fonds initiale d’au moins 20% du prix de la maison pour que l’hypothèque soit garantie par la SCHL. Cette mesure vise les acheteurs de biens immobiliers à des fins spéculatives.

Évidemment, toutes ces mesures seraient totalement inutiles si nous avions une monnaie saine et un système bancaire non-fractionnaire. Cependant, dans le contexte du système actuel, je ne peux que me réjouir d’une mesure qui restreindra l’expansion du crédit subventionné.

En 2006, la SCHL permettait les prêts amortis sur 40 ans avec un ratio d’endettement de 100%. En 2008, les conditions avaient été resserrées à 35 ans et 95% de levier. Cette mesure fait sûrement suite aux nombreux commentaires voulant qu’une bulle immobilière sévit au Canada. Pourtant, le ministre assure qu’il n’y a pas de surchauffe du marché immobilier en ce moment, mais qu’il veut la prévenir.

Il n’en fallait pas plus pour que les illettrés-économiques (journalistes de RDI par exemple) dénoncent ces mesures comme étant une diminution de l’accès à la propriété! Ces idiots ne réalisent pas que plus le crédit hypothécaire est facile d’accès, plus les prix des maisons augmentent…ce qui réduit l’accès à la propriété! Plus on subventionne l’accès à la propriété, moins la propriété est accessible…c’est la quadrature du cercle.

Stephen Jarislowsky : «Si vous regardez les prix de l’immobilier depuis les 30 dernières années, vous allez vous apercevoir que les valeurs ont grimpé de près de 428%. Ils auraient du monter de seulement 332% si on tient compte de l’inflation et de la productivité du pays. Seuls ces deux éléments doivent faire monter les prix de l’immobilier. Si les prix à long terme montent plus vite que ça après 100 ans plus personne ne pourra vivre dans une maison. Au moment où on se parle, les prix sont surévalués de 25%.»

- L’inflation monétaire en Chine:

Les prévisions de la Banque Centrale de Chine sont hallucinantes. Malgré leur attitude plus restrictive, les autorités monétaires chinoises prévoient une hause de la masse monétaire (M2) de +17% en 2010. En 2009, la masse monétaire a augmenté de près de +28% alors que les emprunts s’étaient chiffrés à 9.6 billions de yuans, presque deux fois plus qu’en 2008. Pour tenter de ralentir la croissance du crédit, la PBOC a haussé de 0.5% le ratio de réserves requises à 16.5% pour les grandes banques. Le PIB de la Chine a crû de +10.7% annualisé au quatrième trimestre de 2009. Cette croissance a été essentiellement composée d’une explosion des dépenses gouvernementales et du crédit.

 Soit dit en passant, la Chine a vendu pour $34.2 milliards de bons du trésor américains en décembre 2009, mois durant lequel la demande étrangère de ces titres a chuté drastiquement.

- Le coût des Jeux Olympiques:

Selon un article publié dans La Presse, le coût total (incluant les infrastructures) sera de $7.3 milliards. À lui seul, le budget d’opération est de $1.7 milliards (financé à 95% par le privé), mais ce chiffre est très incomplet. Évidemment, certaines des infrastructures seront utilisées après les jeux (autoroute vers Whistler, ligne de métro, centre de congrès), mais leur construction n’était possiblement pas justifiée immédiatement.

De plus, à moins que je ne me trompe, ce chiffre n’inclut pas les dépenses du programme olympique canadien. Près de 100 millions de dollars ont été «investis» dans le seul cadre du programme À nous le podium. Pour sa médaille d’or, Alexandre Bilodeau recevra 20 000 dollars et Jennifer Heil 15 000 dollars pour sa médaille d’argent. Ainsi, la majorité des dépenses seront assumées par les contribuables canadiens.

Ensuite, on nous parle des fameuses « retombées économiques », comme à toutes les fois qu’on veut justifier une dépense gouvernementale inutile. Elles seraient de $10.3 milliards. Or, selon l’économiste Philip Merrigan, professeur de l’UQAM spécialiste en économie du sport, «les Jeux ne sont pas une bonne affaire pour l’économie du pays hôte, mais c’en est une pour la ville-hôtesse qui profite de cette mine d’or».

Selon une étude de l’école de gestion Sauder de l’Université de Colombie-Britannique, les Jeux auront un impact négligeable sur l’emploi de la région, si l’on fait exception de la création de postes temporaires. Conclusion qui s’ajoute aussi à celle d’une étude de la firme PricewaterhouseCoopers, selon laquelle les Jeux n’ont pas augmenté de façon significative le PIB de la Colombie-Britannique au cours des quatre dernières années.

En somme, les jeux ne sont qu’une occasion pour les politiciens d’utiliser notre argent pour mousser leur image, leur prestige et promouvoir un nationalisme mal placé. Cet argent serait beaucoup mieux utilisé ailleurs.

- Retour sur la grippe A/H1N1:

Ce dossier a une fois de plus prouvé deux choses: 1) le gouvernement ne peut rien gérer convenablement et 2) le gouvernement est corrompu et manipulé par les intérêts corporatistes. Seulement qu’au Québec, la campagne contre la grippe A/H1N1 a coûté plus de 200 millions de dollars.

Les pays qui ont acheté des quantités massives de vaccins ne savent plus quoi en faire. L’Espagne a acheté 37 millions de doses, mais n’a vacciné que 3 millions de personnes. La France a cru l’OMS qui lui disait qu’il faudrait sans doute vacciner chaque personne deux fois. Elle a donc acheté 94 millions de doses en juillet 2009 au coût de 1.5 milliards de dollars.

La firme Morgan Stanley estime que les trois principaux fabricants du vaccin (GlaxoSmithKline, Sanofi-Pasteur et Novartis) empocheront respectivement 4 milliards de dollars, 1,2 milliard et 650 millions. Les ventes mondiales de Tamiflu ont dépassé les 1,6 milliards de dollars en un an, bien que le British Medical Journal, dont la crédibilité est immense, mettait encore en doute son efficacité le mois dernier. Ces compagnies ont évidemment eu un coup de pouce de l’OMS, qui a abaissé sa définition d’une pandémie afin de justifier ces mesures drastiques. Au total, ce virus plutôt bénin n’aura fait « que » 13,000 morts.

- Le Québette vert:

René Vézina, du journal Les Affaires, décrivait une bourde que l’organisme Équiterre a commise dans sa lutte acharnée contre les sables bitumineux albertains. Voici ce qu’ils scandaient:

« Alors que certains prétendent que le Québec profite largement de cette industrie dans le cadre du système de péréquation canadien, d’autres affirment au contraire que l’économie canadienne, en particulier l’industrie manufacturière, souffre des conséquences d’une devise dont la valeur est gonflée par les cours mondiaux du pétrole. Ce phénomène de pétrodolarisation aurait causé la perte de 55 000 emplois dans le secteur manufacturier au Québec entre 2002 et 2007 selon une récente étude de trois chercheurs de l’Université du Luxembourg, de l’Université d’Amsterdam et l’Université d’Ottawa. »

Les chercheurs en ont tiré un modèle (basé sur le phénomène du « mal hollandais« ), qui suggère que la force de notre huard fort a contribué aux misères du secteur manufacturier québécois. Sauf que l’étude ne traite pas du Québec et le chiffre de 55,000 n’y apparaît même pas. Les chercheurs s’en tenaient à des pourcentages à l’échelle du Canada. Équiterre a dû émettre un rectificatif et reconnaître piteusement qu’on avait plutôt repris les grandes lignes d’un blogue de Jean-François Lisée, publié 10 jours plus tôt, dans lequel il interprétait l’étude des chercheurs en question.

Je reviendrai sur ce sujet dans un billet plus complet.

Sur le même sujet, un extrait d’article de Stéphane Gendron au sujet des comptes de taxes:

« Nous sommes environnementalistes, et nous sommes heureux de conspuer Stephen Harper et l’Ouest canadien à la première occasion. Or, quand vient le temps de mettre en oeuvre nos beaux principes environnementalistes, on s’étonne qu’il faille plonger la main dans notre portefeuille ! En poule sans tête, le contribuable québécois se scandalise de voir apparaître sur son compte de taxes des dispositions pour la collecte des matières recyclables, le traitement au centre de tri et la collecte du compost ! Ou cette remarque d’un ridicule consommé maintes fois entendue: Hein!? Y va falloir que j’achète un autre bac pour le compostage ? J’en ai déjà deux ! »

Read Full Post »

La société Chinoise a fait beaucoup de progrès économique depuis sa graduelle libéralisation amorcée en 1978 et accélérée durant les années 2000s. Il n’en demeure pas moins qu’elle opère encore aujourd’hui un régime quasi-totalitaire, dans lequel l’État est trop gros. Et l’une des tangentes de l’étatisme est la constitution d’une force militaire.

Selon le Stockholm International Peace Research Institute, la Chine est maintenant en seconde place en ce qui a trait aux dépenses militaires, en hausse de +194% entre 1999 et 2008 (voir tableau ci-bas). La Chine veut non seulement protéger les voies maritimes assurant ses exportations et ses importations, mais elle veut aussi « montrer les dents » aux États-Unis et au reste du monde. La Chine a d’ailleurs investi dans des technologies visant à réduire son désavantage technologique face aux États-Unis (armes anti-satellites, détection de navires, sous-marins et porte-avions, mines navales, missiles anti-navires haute vitesse). Notez que malgré la petitesse relative de l’armée Chinoise face aux américains, celle-ci est moins éparpillée géographiquement.

Par ailleurs, l’industrie militaire Chinoise est florissante et en plein essor. Son expertise est en développement accéléré. Entre 2003 et 2007, les exportations d’armes chinoises se sont chiffrées à US$7 milliards.

Ainsi, le développement de l’armée et de l’industrie militaire chinoises est fort inquiétant lorsque combiné aux visées nationalistes de ce pays et à son attitute d’hostilité-coopérative envers l’occident.

Il est bien connu que la Chine a présentement les yeux rivés sur Taiwan; ce conflit fait les manchettes depuis longtemps et pourrait bien mener à un affrontement armé. La situation en Asie est d’ailleurs très propice aux conflits, plus que la plupart des gens ne le croient. Comme le mentionne un article de Forbes sur la question:

« Unfortunately, all of the big powers there–China, India, Japan and Russia–dislike each other, and all of them have unresolved disputes. (Japan and Russia, for instance, have yet to sign a treaty to end World War II due to disagreements over the Soviet seizure of territory in the waning days of the conflict.) Japan and China both claim the same islands and squabble over the line separating their exclusive economic zones. The Chinese still harbor long-held ambitions to recover vast portions of Russia’s Siberia. India and China are increasingly unhappy with their border arrangements, and the Indians are fighting Beijing-fueled insurgencies on their soil. And Japan feels threatened by China-backed North Korea. »

La Chine consière pratiquement la Mer de Chine Méridonale comme une mer intérieure à son territoire et veut tout ce qu’il y a dedans et autour (Taiwan, Philippines, Brunei, Malaysie, Indonesie et Vietnam), notamment pour ces voies maritimes qui lui sont tant stratégiques (voir carte plus bas).

De plus, les relations entre la Chine et l’Inde sont présentement très tendues. La Chine revendique un territoire significatif près de la frontière himalayenne. Les deux pays se sont déjà affrontés pour cette raison en 1962 et aussi en 1967, mais il semble que les tensions se soient ravivées récemment, étant donnée l’influence grandissante de ces deux nations au cours de la dernière décennie. D’ailleurs, l’Inde n’apprécie pas que la Chine étende sa zone d’influence géopolitique auprès des pays riverains de l’Océan Indien. La Chine a récemment financé la réfection de ports en eaux profondes situés au Bangladesh, au Pakistan et au Sri Lanka en échange d’un accès pour ses navires commerciaux et militaires.

Il ne serait pas surprenant de voir un important conflit armé sévir dans ces régions dans un avenir rapproché. Les États-Unis seraient fort probablement impliqués dans un tel conflit. La semaine dernière, le gouvernement Chinois ruait dans les brancards suite à ce que les États-Unis aient vendu pour US$6 milliards en armement à Taiwan. De leur côté, les américains n’apprécient pas que la Chine vende des armes à des nations ennemies telles que l’Iran et le Vénézuela.

Ceci étant dit, le militarisme est en vogue à peu près partout dans le monde. Le budget Obama prévoit $708 milliards en dépenses militaires pour 2010, plus que ses récents prédécesseurs et plus que durant les guerres de Korée et du Vietnam.

Grâce à l’étatisme, l’industrie militaire continuera d’être florissante, peu importe la conjoncture économique!

Read Full Post »

Older Posts »

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 119 autres abonnés