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Archive for janvier 2010

Cela fait maintenant une dizaine d’années qu’on nous sonne l’alarme du choc démographique imminent au Québec. Selon une étude de Desjardins publiée en mai dernier, le Québec s’apprête à vivre deux ondes de choc simultanées au plan démographique, soit celle du vieillissement de son bassin de main-d’oeuvre qui va s’accélérer et, dans quelques années, celle d’une baisse de la population active.

Nés en 1946, les premiers baby-boomers fêteront leur 65e anniversaire cette année. Dans un an, soit en 2011, ils auront atteint l’âge normal de la retraite. Nous observerons donc une baisse de la population active et une augmentation de la population inactive. Selon le scénario de référence de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), en 2031, il y aura deux travailleurs pour un retraité. En 2001, ce ratio était de cinq travailleurs pour un retraité.

En quoi cela est-il un problème? Desjardins met l’emphase sur l’impact négatif que cela aura sur la croissance du PIB réel total. C’est logique puisque la croissance du PIB est stimulée par la productivité, par la quantité de capital productif ainsi que par la quantité de travailleurs (population active). Donc, si la population active diminue, le PIB potentiel total diminue aussi (ceteris paribus).

Il aurait été davantage intéressant d’observer l’impact sur le PIB par habitant. D’ailleurs, la productivité sera probablement excellente puisque le chômage sera très bas et que nous remplacerons des travailleurs âgés par de jeunes travailleurs dynamiques et hautement éduqués.

Ceci étant dit, la réduction du PIB potentiel total est un problème majeur pour l’État puisque ses recettes fiscales diminueront alors que ses dépenses continueront d’augmenter. En outre, les retraités sont de grands consommateurs de services sociaux, surtout en santé. Cette situation sera exacerbée par les mauvais rendements de la Caisse ces dernières années ainsi que par les mauvais rendements boursiers durant la dernière décennie, qui ont grugé le peu d’épargne existant.

L’État-providence et le keynesiannisme

Le choc démographique est un problème pour deux raisons.

Premièrement, notre système d’État-providence fait en sorte que ces retraités se retrouvent sur le dos des contribuables pour l’obtention de généreux services sociaux. Nous pouvons nous demander si nous vivons présentement selon nos moyens en terme de services sociaux (je pense que non), mais dans quelques années la question ne se posera plus. Nous n’aurons plus les moyens d’un tel filet social. Il faudra donc soit couper dans les services, ce qui est politiquement impossible, ou augmenter les revenus de l’État par les taxes, impôts et tarifs, la solution la plus plausible. Les conséquences économiques de ces actions seront dévastatrices.

Ainsi, durant leur vie active, les baby-boomers ont mis en place de généreux programmes sociaux, incluant un régime de pension (Régie des Rentes). Ils ont endetté le gouvernement et ce sont les prochaines générations qui devront payer pour leurs excès. Il est là le véritable choc démographique.

Deuxièmement, après plus d’un demi-siècle de keynesiannisme, cette façon de gérer l’économie nous a finalement amené au bord du gouffre où elle devait inévitablement nous mener avec toute son absurdité. Comment? Keynes était contre l’épargne et vénérait la consommation. Que ce soit par des politiques monétaires inflationnistes ou par des dépenses gouvernementales, nos gouvernements ont mis en place des politiques visant à stimuler à tout prix la consommation, que ce soit pour sortir des récessions ou pour maintenir la croissance.

Résultat: les gens ont consommé, se sont endettés et ont peu épargné. Arrivant à la retraite, ils seront donc à la remorque des contribuables et dépendants de l’État-providence pour leur survie. L’État est endetté et n’a pas de marge de manoeuvre.

Conclusion

Le choc démographique sonnera-t-il le glas de l’État-providence et causera-t-il l’implosion du gouvernement québécois? Ce n’est pas impossible. Les travailleurs les mieux rémunérés de notre société sont aussi souvent les plus compétents, les plus productifs et les plus mobiles. Ceux-ci n’accepteront pas ce fardeau fiscal et fuieront vers des contrées où les gens vivent selon leurs moyens sans dépendre des autres. L’assiette fiscale de l’État en sera d’autant plus réduite. Plus de 40% des gens ne paient pas d’impôts au Québec et ce sont eux qui consomment le plus de services sociaux.

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

– Frédéric Bastiat, 1848

Le gouvernement Charest ne semble toutefois pas enclin à prendre la bonne direction et à vivre selon ses moyens. Il annonçait il y a quelques temps une série de hausses de tarifs visant à augmenter les revenus de l’État. Il a même parlé d’une hausse possible de la TVQ. Il s’est néanmoins abstenu de parler de hausses d’impôts ce qui est minimalement réjouissant.

Dans une société minarchiste, le choc démographique serait un "non-event". Chacun vivrait selon ses moyens, épargnerait pour ses vieux jours et s’achèterait des assurances pour couvrir les risques majeurs. Personne ne vivrait aux dépends de personne; c’est ça la vraie justice sociale.

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Paralèllement à la bulle immoblière des années 2000s, les niveaux d’endettement totaux (particuliers, entreprises et gouvernements) de certains pays ont atteint des niveaux insoutenables (d’où la fin de la bulle). Dans le cas des États-Unis ont parle de près de 400% du PIB, alors que pour le Royaume-Uni le ratio est monté jusqu’à 465%.

Dans le but de redémarrer l’économie, nos dirigeants ont injecté d’énormes stimulus monétaires et fiscaux dans le système, avec des résultats plutôt décevants. Les gens et les entreprises sont en train d’assainir leur bilan en remboursant leurs dettes et seront plutôt hésitants à retomber dans les excès qui ont mené à cette crise.

Une étude de McKinsey Global Institute a observé les niveaux d’endettement de 14 pays et estimé la probabilité que les différents secteurs de ces économies réduisent leur niveau d’endettement (voir tableau ci-bas).

Au Canada, ce sont les particuliers qui ont une forte probabilité de réduire leur endettement. Les entreprises canadiennes quant à elles sont relativement peu endettées et ne vont pas réduire leur dette davantage. Les gouvernements ne vont certainement pas réduire leur dette non plus, mais vont plutôt l’augmenter pour financer leurs déficits monstrueux. Les institutions financières canadiennes vont quant à elles modérément continuer à réduire leur niveau d’endettement.

Aux États-Unis, la situation est identique, sauf en ce qui a trait à l’immobilier commercial.

Conclusion:

L’étude de McKinsey démontre qu’il y a eu une quinzaine d’épisodes durant lesquels un certain "désendettement" a été observé (3 années consécutives durant lesquelles le ratio dette / PIB a diminué de 10% ou plus) suite à une crise financière.

La croissance économique durant ces épisodes a été mauvaise. Le désendettement a typiquement débuté 2 ans après le début de la crise financière et a duré durant 6 à 7 ans. Dans presque tous les cas, le PIB a diminué durant les 2 à 3 années subséquentes. Cela est de bien mauvaise augure en ce qui a trait à la croissance économique à venir puisque l’épisode actuel a été marqué par un niveau d’endettement record et a touché un grand nombre de pays. Jusqu’à maintenant, le désendettement des particuliers et entreprises a été amorti par l’endettement du gouvernement, mais cette situation n’est pas soutenable.

Je ne peux qu’en conclure que l’économie mondiale retombera en récession au cours des prochains mois…

Il est illogique de souhaiter que les consommateurs et les entreprises se mettent à se ré-endetter au nom de la sacro-sainte croissance économique. C’est pourtant ce que les autorités gouvernementales tentent de réaliser. Il faut que la structure de production s’ajuste à la nouvelle réalité économique et que les mauvaises créances (résultant de mauvais investissements durant le boum) soient purgées du systèmes. C’est après cet inévitable et douloureux nettoyage que nous pourrons compter sur une reprise solide de l’économie. Vouloir éviter à tout prix les effets de la récession nous mettra dans la même situation que le Japon durant sa "lost decade". C’est malheureusement ce qui semble se dessiner à l’horizon…

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Lorsqu’il est question des bulles financières, les étatistes / keynesiens blâment généralement le capitalisme et le libre-marché. Ils nous parlent alors de "capitalisme disfonctionnel" ou "d’échec du marché" ou des fameux "esprits animaliers" de l’humain et de son "exhubérance irrationnelle". Ils ne réalisent pas que les bulles financières sont une conséquence directe de l’interventionnisme étatique. La raison est fort simple: l’ingrédient essentiel d’une bulle est la création de monnaie ou le débasement de la monnaie.

J’ai expliqué ici comment la Federal Reserve a gonflé la bulle immobilière de 2007; en menant une politique monétaire expansionniste et inflationniste. Il est facile de démontrer qu’une bulle est impossible sans création de monnaie. Dans une économie sans création de monnaie ex nihilo, l’activité qui fait l’objet d’une bulle spéculative (par exemple l’immobilier résidentiel) détourne la monnaie des autres activités économiques. La baisse des revenus de ces autres activités fera diminuer l’activité économique globale, ce qui laissera moins d’argent pour entretenir la spéculation. Conséquemment, la bulle s’éteindra d’elle-même.

Mais dans un système avec une banque centrale qui "imprime" de la monnaie et un système bancaire à réserves fractionnaires, l’endettement permet "d’avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre"! La création de monnaie est le carburant d’une bulle, et lorsqu’on finit par retirer le carburant, le feu s’éteint et la bulle dégonfle.

La bulle des tulipes

Toutes les bulles que j’ai étudiées respectent cette règle (i.e. l’ingrédient essentiel y était présent), mais l’une d’entre elles a introduit un doute dans mon esprit: la bulle des tulipes de 1637 (a.k.a. tulipomania). La raison est que la Hollande bénéficiait à l’époque d’une monnaie solide basée sur l’or, ce qui semble impliquer que l’ingrédient essentiel d’une bulle n’y était pas.

Tout a débuté en 1593 lorsque les premiers bulbes de tulipe ont été introduits en Hollande de Constantinople et sont devenus des items de luxe très en demande. Certaines tulipes ont été atteintes d’un virus non-mortel appelé "mosaïque" qui avait comme effet de générer de magnifiques couleurs en forme de flames sur les pétales. Ces tulipes se vendaient à prime.

La montée des prix a attiré les spéculateurs et les bulbes ont commencé à se transiger sur des marchés financiers. En 1634, la folie avait atteint la classe moyenne. Certains auraient même échangé leurs terres et leur bétail pour acquérir un seul bulbe. Les prix de certains bulbes ont monté jusqu’à 10 fois le salaire annuel d’un ouvrier. Lorsque les prix ont commencé à plafonner, les gens se sont mis à vendre pour prendre leurs profits et le marché s’est écroulé, entraînant une dépression économique.

La monnaie hollandaise

Suite à la découverte de l’Amérique par Colomb en 1492 et l’invastion du Mexique par Cortez en 1519, des tonnes de métaux précieux (or et argent) sont entrés en Europe. La production de métaux précieux du Japon était aussi en pleine expansion et la compagnie Hollandaise de l’Inde Orientale avait, depuis 1624, le monopole sur le commerce avec le Japon.

La Hollande était une destination de choix pour tout cet or et ce pour plusieurs raisons:

1) La Hollande était à l’époque le centre du commerce européen.

2) La Hollande permettait la libre production de pièces d’or. Ainsi, pour éviter les taxes royales des autres royaumes, l’or aboutissait en Hollande où il était fondu sur place en pièces d’or affranchies de taxes.

3) C’est en 1609 que la Banque d’Amsterdam fut fondée par la ville. Celle-ci recueillait les dépôts en or et émettait de la monnaie papier en contrepartie. Cette banque centrale conservait 100% de ses réserves en espèces; elle n’engendrait donc aucune création de monnaie. C’est justement pourquoi elle était perçue comme une institution saine, ce qui avait beaucoup d’attrait pour les détenteurs d’or du monde.

Conséquemment, l’afflux d’or en Hollande a eu comme effet de faire grandement augmenter la masse monétaire et de générer de l’inflation. Lorsque la folie des tulipes s’est manifestée, cet or a été investi dans les bulbes, ce qui a engendré une bulle démesurée.

L’exception confirme donc la règle!

Pour plus de détails, voir ceci.

La bulle du menhir

Il y a quelques temps, un visiteur de ce blogue me suggérait la lecture d’un excellent billet qu’il a écrit sur l’album Obélix et compagnie de Goscinny; une satire du keynesiannisme. J’ai suivi son conseil et me suis procuré cette bande-dessinée.

Question de mettre la zizannie dans le village, les romains se mettent à acheter non pas des tulipes, mais des menhirs. Saugrenus achète donc un premier menhir à Obelix pour 100 pièces d’or et lui promet de lui en acheter beaucoup d’autres. Cette somme se veut donc une injection de nouvelle monnaie dans l’économie du village gaulois.

Comme Obélix n’a plus le temps de chasser, il paie un autre gaulois pour lui procurer des sangliers. La nouvelle monnaie fait donc son chemin dans l’économie du village. D’autres villageois envient la richesse d’Obélix et se mettent à produire des menhirs. Au fur et à mesure que la production de menhirs augmente, l’inflation se fait sentir et les prix des biens augmentent dans le village. Comme les gaulois ne produisent plus rien, ils doivent tout importer.

César tente de se débarrasser des menhirs gaulois qu’il achète en les vendant à la population romaine via une opération marketing. La demande explose pour cet item "de luxe" et la bulle va bon train. La production de menhirs envahit alors l’empire Romain; de Rome et d’ailleurs, ce qui déclenche le réflexe protectionniste.

Les prix baissent ce qui fait en sorte que César ne peut plus payer autant pour les menhirs gaulois. Lorsque les romains cessent d’acheter des menhirs, la bulle dégonfle, laissant les finances publiques de Rome en piteux état et un immense stocks de menhirs invendus et inutiles.

Quel génie ce Goscinny!

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Le Top 25!

Je serai à l’extérieur du Québec pour toute la semaine et serai dans l’impossibilité de maintenir le blogue durant cette période. Je vous laisse donc avec une liste de mes 25 meilleurs billets publiés sur ce blogue. Bonne lecture; de retour le 25 janvier!

 

Stabilité des prix: qu’aurions-nous fait sans la Federal Reserve?

Faillite versus bailout

Goldman Sachs: comment infiltrer le gouvernement pour son profit

Le rôle économique du marché des capitaux

Comment les banques créent de l’argent 1

Comment les banques créent de l’argent 2

La guerre et l’inflation

La courbe de Laffer revisitée

La menace de la déflation et les taux d’intérêt

L’éducation pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres

Rôle de l’État en environnement et changements climatiques

Comment la Fed a gonflé la bulle

La flexibilité du marché du travail et les récessions

Schumpeter: la destruction créatrice durant les récessions

Le capitalisme et l’exploitation

Taille de l’État et pauvreté

Dossier John Maynard Keynes (5 parties)

Dossier Pic Pétrolier (4 parties)

Dossier Hugo Chavez (4 parties)

L’Étalon-or et le crash de 1929

La vraie politique

Le programme Minarchiste

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Comme je vous le mentionnais dans mon billet de lundi dernier, il est faux d’associer les libertariens à la droite politique. La droite est truffée d’étatistes voulant utiliser le pouvoir de l’État pour leurs intérêts corporatistes et Nicolas Sarkozy en est un exemple éloquent. Les faits qui vont suivre proviennent essentiellement d’un article paru dans The Economist le 9 janvier dernier.

Bien que M. Sarkozy soit à la tête d’un parti dit de droite, l’UMP, sa main-mise sur l’économie française est de plus en plus évidente. Les gouvernements plus au centre des années 1990s avaient vendu des participations de l’État dans des sociétés telles que France Telecom. Ils avaient aussi laissé des entreprises d’État, telles que EdF, prendre un virage plus "libre-marché". Mais les choses ont changé depuis quelques temps…

Suite à l’acquisition de la firme de télécommunications brésilienne GVT en septembre dernier, les dirigeants de Vivendi ont eu droit à une réprimande de la part de l’administration Sarkozy. C’est que le président aurait voulu être mis au courant de l’affaire avant tout le monde de façon à pouvoir "se réjouir publiquement de la gloire française" lors de sa visite au Brésil.

Les coups de téléphone en provenance de l’Élysée sont devenus fréquents pour les grandes entreprises françaises sous le règne de Sarko. En février 2009, l’entreprise de satellite Eutelsat, dans laquelle le gouvernement français a une part minoritaire, a décidé d’utiliser une fusée chinoise pour lancer un de ses satellites en raison des coûts abordables et pour diversifier ses fournisseurs. Les membres du conseil d’Eutelsat ont alors été convoqués à l’Élysée pour expliquer pourquoi ils n’avaient pas fait affaires avec la firme française Ariane.

M. Sarkozy a créé en 2008 le Fonds Stratégique d’Investissement, lequel est financé à 50% par l’État français et à 50% par la Caisse des Dépôts, et dont l’objectif est essentiellement d’investir 2 milliards d’euros par année dans des entreprises françaises pour promouvoir les intérêts corporatistes de l’administration Sarkozy.

Le FSI fera donc de l’interférence dans les décisions de ces entreprises pour qu’elles fassent affaires avec des firmes françaises plutôt qu’étrangères (au détriment de la compétitivité de l’économie française) et pour bloquer les acquisitions et prises de contrôles de firmes françaises par des entreprises étrangères (permettant à des entreprises inefficaces de subsister sur le dos des contribuables).

Ainsi, M. Sarkozy a encouragé le FSI à sauver Valeo, un producteur de pièces d’automobiles en détresse, pour éviter qu’il ne soit acquis par Pardus Capital, un conglomérat américain. Selon The Economist, M. Sarkozy voudrait même ressusciter les restes du producteur d’aluminium Pechiney, acquis par Alcan au début des années 2000s. En octobre dernier, le FSI a investit dans DailyMotion, une firme française de vidéos sur internet compétitionnant avec YouTube. Cette manoeuvre visait à bloquer des investisseurs étrangers qui voulaient prendre une participation dans cette entreprise.

Récemment, le gouvernement Sarkozy a vendu la division de transmission et distribution d’électricité de Areva, une entreprise d’État, à Alstom et Schneider, deux entreprises françaises, plutôt qu’à la japonaise Toshiba, laquelle offrait pourtant un prix plus élevé.

Comme tout bon politicien, Sarko en profite pour récompenser ses amis et collaborateurs. Il a nommé François Pérol à la tête de la BCPE (dont le gouvernement a supervisé la création suite à une fusion), Stéphane Richard à France Telecom (27% détenue par l’État), Henri Proglio à la tête de EdF (alors que ce dernier conserve son rôle au sein de Veolia, laquelle oeuvre dans la même industrie).

Et que dire des interventions de Sarkozy durant la crise financière. Il a plaidé pour la reconstruction d’un "capitalisme régulé", dans lequel les banques renoncent à la spéculation, régi par des règles prudentielles permettant "d’amortir les chocs au lieu de les aggraver". Il a demandé aux dirigeants de "gérer collectivement les crises les plus aiguës. "Pour moraliser le capitalisme financier, nous ne pouvons pas attendre". Il n’a pas hésité à brandir le spectre de la nationalisation des banques en guise de menace pour les inciter à prêter durant la crise du crédit.

Conclusion:

En somme, Nicolas Sarkozy démontre bien de quelle façon agit la droite étatique. Cette politique d’interventionnisme minera le compétitivité de la France, qui risque aussi de se mettre à dos certains de ses partenaires commerciaux. En redistribuant la richesse des contribuables vers les banques, les grosses compagnies en faillite et d’autres groupes d’intérêt privilégiés, Sarkozy fait autant de torts à la société française que les socialistes de la gauche. Nicolas Sarkozy est bel et bien un dirigeant de droite, un étatiste de droite devrais-je dire, mais une chose est sûre, il est à des années-lumières d’être un libertarien.

 
 
 
 
 
 
 

 

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Le 17 décembre dernier, S&P décotait encore une fois les titres de dette de la Grèce de A- à BBB+ en raison de la situation précaire des finances du pays et de son indiscipline fiscale. Le 14 janvier 2009, sa cote était passée de A à A-.

Le problème de la Grèce est qu’elle génère d’immenses déficits (à la Keynes) pour stimuler son économie. Par contre, étant donné que ce pays fait maintenant partie de la zone Euro, la Grèce ne peut plus "monétiser" ses déficits, c’est-à-dire créer de la monnaie pour payer ses dettes, comme le font les États-Unis par exemple, grâce à la Federal Reserve qui crée de la monnaie pour acheter des bons-du-trésor.

La Grèce se retrouve donc dans une situation similaire à celle des pays qui étaient sous l’étalon-or au début des années 1930s. Devant l’ampleur de la récession, ces pays voulaient stimuler l’économie en augmentant les dépenses gouvernementales sans augmenter les impôts immédiatement. Ils avaient donc besoin de s’endetter pour le faire, ce qui n’était possible qu’à l’aide de la création de monnaie, puisque les investisseurs se faisaient rare à cette époque difficile. C’est cette inflation de la masse monétaire qui a forcé ces pays à délaisser l’étalon-or.

La Grèce quant à elle fait partie de la zone Euro et la création de monnaie y est maîtrisée par la Banque Centrale Européenne. La Grèce aura donc besoin de la collaboration de la BCE pour se sortir de l’impasse et monétiser sa dette! Vous comprenez maintenant pourquoi le Royaume-Uni n’a pas voulu adhérer à la zone Euro: pour pouvoir continuer à monétiser ses déficits et créer de la monnaie impunément. C’est d’ailleurs ce que la Bank of England a fait l’an dernier avec sa politique de quantitative easing en vertu laquelle elle "acheté" l’énorme déficit fiscal du pays avec de l’argent créé à partir de rien.

Évidemment, le scénario plus souhaitable pour la Grèce serait que le gouvernement grec fasse preuve d’une certaine austérité fiscale, c’est-à-dire réduire les dépenses et la taille de l’État, de façon à remettre les finances publiques sur les rails.

La leçon à en tirer est que sous l’étalon-or (et l’étalon-Euro), les gouvernements doivent faire preuve de discipline budgétaire et être prudent avec les finances publiques parce que la planche à billets est hors de portée. C’est de cette façon que l’étalon-or protège le pouvoir d’achat de notre monnaie et empêche nos gouvernements de s’endetter impunément, pelletant en avant leurs largesses fiscales aux générations futures.

 

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Pour la plupart des gens, la façon de voir la politique est selon le fameux clivage gauche / droite. Pour moi, c’est un anachronisme. Ce clivage est apparu en France en 1789 dans un débat concernant le poids de l’autorité royale face au pouvoir de l’assemblée populaire. Cette façon de faire s’est par la suite propagée à presque tous les systèmes politiques "d"assemblées'". Ce clivage convenait peut-être à la réalité de cet espace-temps en particulier, mais il est ajourd’hui totalement incohérent.

Le problème avec ce clivage est qu’il y a, autant à gauche qu’à droite, des individus que je qualifierais d’étatistes. La seule différence entre eux est que d’un côté ils veulent utiliser l’État pour grossir le filet social et enforcer l’égalitarisme de la société alors que de l’autre ils veulent utiliser l’État pour obtenir des faveurs économiques pour les entreprises (protectionnisme, subventions) et pour intervenir dans l’économie (plans de relance, "bailouts") et sur la scène internationale (guerres, impérialisme). Qu’ils soient de gauche ou de droite, les étatistes sont tout aussi néfastes pour la société et pour les libertés individuelles.

C’est pourquoi les libertariens ne s’identifient pas vraiment à aucune de ces idéologies. L’autre étiquette qui ne va pas très bien aux libertariens est l’étiquette "libérale".  Dans le pur sens du terme elle conviendrait, mais ceux qui de nos jours se disent "libéraux" supportent l’autorité de l’État au détriment de la liberté individuelle. Ils ont différents motifs que les socialistes, mais ils sont tout de mêmes prêts à sacrifier les libertés individuelles au profit de l’autorité étatique. Ils ne sont pas vraiment libéraux, mais bien étatistes. Et que dire des néo-conservateurs…pas grand chose à voir avec le libertariannisme!

L’échelle politique plus cohérente selon moi concerne la taille de l’État. Souhaitez-vous un État plus gros ou un État moins gros? Aux extrêmes de cette échelle il y a en bas le totalitarisme (l’État est tout et partout) et en haut l’anarchisme (aucun État). Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-bas, les libertariens sont presqu’au sommet relativement à la liberté, et en équilibre (au centre) concernant la gauche (socialisme) et la droite (conservatisme).

Il y a une autre échelle parallèle à celle-ci: la liberté individuelle. Cette échelle est souvent décrite comme étant orientée de bas en haut. En bas il n’y a aucune liberté individuelle et la taille de l’État est maximale (totalitarisme); en haut la liberté individuelle est maximale et l’État n’existe pas (anarchisme). L’État n’a rien; il ne produit rien. Tout ce qu’il a, il doit se l’approprier par la force et la contrainte. Ainsi, chaque augmentation de la taille de l’État est combinée à une baisse correspondante des libertés individuelles.

Donc, lorsque vous répondez à la question à savoir si vous souhaitez plus ou moins d’État, vous devez considérer que plus vous accordez de place à l’État, plus vous devez sacrifier de votre liberté individuelle.

L’autre dérive du clivage gauche / droite est celui voulant que la gauche défend le filet social, donc les pauvres, alors que la droite défend les hommes d’affaires, donc les riches. Les libertariens ne défendent ni un, ni l’autre; ils ne défendent que la liberté inviduelle face à l’État. En ce sens, les libertariens ne défendent pas nécessairement les entreprises privées, mais plutôt le droit à la libre-entreprise privée; un corrolaire de notre idéologie.

Par exemple, vous me verrez parfois prendre la défense d’entreprises persécutées par le pouvoir coercitif de l’État, mais vous me verrez aussi condamner les entreprises qui violent les lois et qui utilisent le pouvoir coercitif de l’État avec l’aide de leurs lobbys ou en profitant de la corruption des fonctionnaires de l’État. Encore une fois, il ne faut pas confondre capitalisme et corporatisme.

D’ailleurs, c’est là que les libertariens et la droite divergent grandement. Les libertariens sont contre les subventions, le protectionnisme, les plans de relance économiques, les "bailouts", le lobbying, les banques centrales, la monnaie fiduciaire, les brevets, et toutes les autres interventions de l’État dans l’économie qui visent à procurer un avantage particulier à un groupe d’individus au détriment des autres.

La gauche de son côté fait appel à la solidarité. Pour ce faire, elle entend utiliser l’État (et son monopole de la violence) pour forcer les gens à s’entraider. Elle entend piler sur notre liberté au nom du bien commun. Qu’est-ce que la solidarité? C’est un "sentiment humanitaire qui pousse des personnes à s’entraider". La solidarité ne s’impose pas par décret, sinon c’est de l’oppression. La solidarité doit être volontaire pour être de la véritable entraide.

Ainsi, tant la gauche que la droite ont besoin d’un État gros et fort pour imposer leur vision et son prêts à bafouer les libertés inviduelles pour arriver à leurs fins. C’est pourquoi l’application de l’une ou l’autre de ces idéologies tend à faire glisser une société vers le totalitarisme et/ou le corporatisme.

Conclusion

En somme, je crois qu’il est mal avisé de définir sa position politique seulement en fonction du clivage gauche / droite, sans tenir compte du clivage liberté / étatisme. Ainsi, il est erronné d’associer systématiquement le libertariannisme à la droite. D’autre part, il est aussi fallacieux d’associer systématiquement le nazisme, le fascime et le totalitarisme à la gauche; ces idéologies sont davantage le fruit de l’étatisme (le bas du graphique); c’est pourquoi je préfère me réfugier dans le libertariannisme (le haut du graphique).

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