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Archive for novembre 2009

Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traitait de la santé et l’éducation, la seconde partie traitait de la pauvreté, du travail, de la famille et de la culture, la troisième partie traite de justice, développement économique et environnement.

Le Québec-Solidaire propose de modifier le mandat de la Caisse de Dépots et de Placements pour la contraindre à adopter une politique d’investissement pro-environnement. Est-ce vraiment dans notre intérêt? L’objectif de la Caisse devrait être de maximiser ses rendements de façon à ce que nos revenus de retraite soit le plus élevés possibles. Le gouvernement nous oblige à contribuer au régime des rentes et à envoyer notre argent à la Caisse; ça serait encore pire s’il nous imposait des rendements inférieurs pour assouvir la soif d’investissement environnemental du parti Québec-Solidaire. Nos retraités ont droit à ce que leurs rentes soient optimales et il serait injuste que le QS leur fasse subir le poids de ses valeurs contre leur gré.

Le QS propose aussi d’abolir complètement les partenariats public-privés (PPPs) et d’adopter une politique gouvernementale d’achat local. Mon opinion sur la question est bien simple: plutôt que de lui imposer des contraintes, nous devrions simplement demander à l’État de minimiser les coûts de tout ce qu’il fait. Si quelque chose peut être produit pour moins cher par le privé ou par une entreprise hors-Québec, je ne vois pas pourquoi les contribuables devraient avoir à s’en passer. Il est primordial que l’État se frotte à la concurrence du privé et que le plus efficace l’emporte. C’est la seule façon pour nous de savoir si un service ou un projet est offert au meilleur coût possible. Les augmentations potentielles (voire certaines) de coûts reliées à ces politiques ne sont pas chiffrées au plan financier du QS.

Ensuite, le QS invente une nouvelle catégorie d’entreprises dîtes "collectives", qu’il propose de subventionner. Ces entreprises collectives sont 1) non-liées à l’État, 2) n’offre pas un produit/service déjà offert par l’État (qui ne veut surtout pas de compétition!), 3) sont gérées de façon démocratiques (i.e. les travailleurs participent aux décisions) et 4) produisent des biens/services éco-responsables. Évidemment, le QS devrait mettre sur pied une autre instance bureaucratique pour vérifier si les entreprises se qualifient pour cette subvention. Le montant de ces subventions et les coûts reliés à cette mesure ne sont aucunement présentés dans le plan financier du QS. Les bénéfices d’une telle mesure m’apparaissent plutôt obscurs.

Au niveau de l’environnement, le QS s’attaque tout d’abord au transport en commun. Ils proposent d’exiger un tarif réduit pour les gens à faible revenu, l’abolition totale des tarifs pour les transports en commun municipaux (à long terme?), favoriser l’utilisation de véhicules électriques, financer le covoiturage, établir des incitatifs financiers pour le transport sur rail relativement au transport par bateau et camion et prolonger le métro. Le chiffre indiqué à cet égard est de $1.2 milliards sur 5 ans.

Je ne suis pas contre l’investissement en transport en commun, au contraire, mais je pense que ces investissements doivent tenir compte des besoins et de la demande (ce qu’on appelle le marché). Or, le QS semble prendre pour acquis que le transport en commun a besoin de $1.2 milliards sur 5 ans, mais ne mentionne pas sur quoi il se base pour arriver à ce chiffre.

Pour ce qui est de l’énergie renouvelable, le QS propose de nationaliser l’énergie éolienne. Leur plan financier indique qu’un investissement de $3 milliards serait requis. Pour ce faire, le gouvernement québécois aurait à forcer les propriétaires actuels (Cartier Énergie, Northland Power, Boralex et Gaz Métro) à vendre leurs actifs. Ce serait très mauvais pour les relations extérieures du Québec; nous passerions pour un le Vénézuela-du-Nord à cet égard.

Évidemment, la facture pour ces actifs sera très salée; on n’a qu’à regarder la récente transaction entre TransAlta Corp. et Canadian Hydro Developpers. Quel serait le bénéfice pour les Québécois d’être propriétaire de ces actifs? Aucun. Quel serait le bénéfice pour les Québécois qu’Éole-Québec assure le développement éolien futur? Aucun. J’estime que cette mesure n’est le fruit que d’un nationalisme mal placé que l’on cherche à nous imposer.

En faisant affaires avec le privé, Hydro-Québec ne fait subir aux Québécois aucun risque quant aux dépassements de coûts de construction, aux problèmes d’opération et aux volumes de production. Hydro-Québec n’a qu’à soumettre un appel d’offres et tous les joueurs privés se mettent en branlent pour trouver le moyen le moins coûteux de générer cette énergie, et ils assument les risques reliés au projet. Le Québec n’a rien à gagner à jouer la carte du nationalisme-étatique.

Le QS propose aussi de mettre sur pied une agence de recherche sur l’énergie renouvelable. Ils voudraient par ailleurs subventionner les rénovations qui permettent d’améliorer l’efficacité énergétique au montant de $100 millions. Ils instaureraient une politique de gestion des déchets (utilisation de la biomasse, interdire le suremballage et les sacs en plastique) au coût de $275 millions par année. Finalement, le QS voudrait subventionner les produits "bio" d’un montant de $30 millions par année.

En ce qui a trait à la justice, le QS propose de bonifier l’aide juridique et d’en élargir l’accès, ainsi que de bonifier l’indemnisation aux victimes d’actes criminels. Je n’ai pas trop de problème avec ces mesures puisque le système judiciaire fait partie des fonctions régaliennes de l’État. Cela coûtera néanmoins $130 millions en coûts récurrents.

Ainsi, bien que les dépenses associées à ces projets du QS ne soient pas toutes quantifiées, les chiffres qu’ils nous fournissent totalisent tout de même $435 millions en dépenses récurrentes et $4.3 milliards en investissement. Donc, au court des trois premières parties de ce dossier, l’augmentation des dépenses récurrentes du gouvernement proposée par le QS est d’environ $5.5 milliards.

Dans la quatrième et dernière partie, nous traiterons et fiscalité et de financement, et concluerons ce dossier. À suivre…

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Il y a quelques semaines, j’ai regardé le film/documentaire Home. En Blu-Ray, c’est une oeuvre de très haute qualité offrant des images époustouflantes. Le message principal du film est que la façon dont vivent les humains présentement est insoutenable.

Nous détruisons les écosystèmes, haltérons la biodiversité, consommons les ressources à un rhytme trop élevé et devenons tout simplement trop nombreux pour la planète. Le film démontre à quel point toutes les espèces sont inter-dépendantes; aucune n’est auto-suffisante. Les références à l’impact de l’humain sur les changements climatiques sont aussi nombreuses.

Déforestation en Amazonie, destruction de la mangrove en Amérique du Sud, destruction des coraux dans le Pacifique, sur-pêche de la plupart des espèces de poisson, épuisement des nappes phréatiques d’eau potable en raison de l’agriculture: nous y apparaissons comme le cancer de la terre.

En tant que minarchiste, je considère qu’un des rôles du gouvernement est de protéger les citoyens et leur propriété des agressions. La liberté des uns s’arrête ou celle des autres commence. Pour être qualifiés d’agressions, les actes en question doivent être physiquement détectables, psychologiquement perceptibles et pertinents selon les préférences des humains. La preuve de l’agression incombe à l’accusateur, et non à l’accusé, et il doit aussi démontrer l’ampleur du préjudice.

Dans le cas de l’environnement, il s’agit d’un bien public. Personne n’est propriétaire de l’air ou de la biodiversité. Les conséquences à long terme des dommages à l’environnement pourraient être une menace pour cette propriété. La pollution est une externalité du développement économique et ceux qui polluent doivent assumer les coûts de la pollution qu’ils génèrent. Pour ce faire, le marché est le meilleur outil. Cependant, la pollution et les bénéfices de la biodiversité étant très diffus, le marché ne peut régler tous les problèmes environnementaux; l’intervention de l’État est donc (malheureusement) nécessaire dans plusieurs cas.

Malheureusement, cela ouvre la porte à l’abus. Lorsqu’on demande à l’État de règler des problèmes que des individus libres n’arrivent pas à régler eux-mêmes, on oublie souvent que l’État est aussi constitué d’humains. Les politiciens tentent trop souvent de se substituer au marché afin de faire avancer leur agenda politique et de favoriser leurs intérêts. De plus, le nom le dit: pour favoriser le développement durable, il faut une vision à long terme, ce que les politicens n’ont pas (leur horizon est généralement de 4 ans ou moins). Alors comment faire?

La science permet de mesurer le risque environnemental, mais ce de façon très imprécise; elle ne peut donc pas arbitrer le débat de façon objective. Chaque citoyen a une tolérance au risque différente. Nous avons tous des préférences différentes, mais nous ne pouvons satisfaire tout le monde à l’égard de l’environnement (si deux citoyens ont des préférences différentes quant à la qualité de l’air minimale de leur ville, on ne peut accomoder l’un sans déplaire à l’autre). Pour brimer le moins possible les libertés individuelles, il faut donc que la règlementation accomode les préférences de la majorité de la population à l’égard de la protection du bien environnemental, ce qui est loin d’être évident à mettre en place.

Malheureusement, le principe de précaution proposé par les environnementalistes permet aux gouvernements d’agir même si la preuve de l’agression (face à l’environnement) n’a pas été clairement démontrée et que les préjudices n’ont pas été adéquatement mesurés. De plus, on oublie souvent que, lorsqu’un problème a été identifié, il peut parfois être plus dommageable de vouloir le régler que de simplement chercher à s’y adapter et faire avec.

Le réchauffement climatique anthropogénique:

Le réchauffement climatique a possiblement de multiples causes et effets, et ses impacts, positifs et négatifs, sont différents selon la région du monde où l’on se trouve. Les températures se réchauffent-elles vraiment? Est-ce vraiment à cause des émissions de CO2? Qui en souffre et qui en bénéficie? Il est non seulement très difficile d’établir s’il y a effectivement agression ou non, il est en plus difficile d’établir quelles sont exactement les conséquences négatives de cette agression (si conséquence négative il y a). De plus, comment savoir si la solution optimale consiste vraiment à modifier drastiquement nos habitudes de vie (par la coercion) plutôt que de simplement s’adpater à la nouvelle réalité?

Il semble de plus que les environnementalistes aient réussi à établir dans l’imaginaire collectif que le réchauffement climatique est LE plus gros problème de l’humanité en ce moment, alors que cela est fort discutable et probablement faux. D’immenses ressources sont et seront déployées vers ce supposé problème alors qu’elles auraient pu être déployées vers des causes plus urgentes (la faim, la soif, la maladie, la pauvreté, etc) ou simplement laissées dans les poches des contribuables.

Cette grosse machine qui génère cette peur exagérée des changements climatiques ne pourrait-elle pas avoir comme but d’accroître les pouvoirs de l’État au détriment de notre liberté et de notre niveau de vie; et de détourner notre attention des problèmes plus urgents et plus sérieux?

Nous apprenions lundi que des scientifiques en tête du cortège "réchauffiste" ont manipulé et caché des données importantes appuyant leurs théories relativement au climat. Beaucoup de scientifiques dénoncent l’unipolarité du débat face au réchauffement climatique et le manque d’esprit critique des médias. Il semble que les politiciens, les médias et les écologistes ont tous synchronisé leurs montres et que rien ne peut empêcher leur agenda d’avancer, malgré toutes les contradictions dans leur discours. On étouffe les données lorsqu’elles ne vont pas dans le sens de la théorie et on ostracise les sceptiques qui posent des questions troublantes et font preuve d’esprit critique.

Il y a quelques semaines, j’ai eu une grande idée; une espèce de théorie relativement aux émissions de CO2 des humains. J’avais jusqu’à maintenant évité d’en parler vu mon manque de connaissances dans le domaine, jusqu’à ce que me rendent compte que beaucoup d’autres gens pensaient comme moi. Voici cette théorie:

Les écologistes reprochent aux humains d’affecter le climat en émettant du CO2 à partir de combustibles fossiles, mais d’où viennent ces combustibles fossiles? Que l’on parle de charbon, de pétrole ou de gaz naturel, ces combustibles viennent de la décomposition d’organismes vivants. Au tout début de la chaine alimentaire de ces organismes se trouvent évidemment les végétaux. Comment les végétaux emmagasinent-ils ce carbone? Il le prenne dans l’air environnant, qui contient du CO2. Ils séparent le carbone de l’oxygène, qui est relâché dans l’air. Ainsi, lorsque nous brûlons des combustibles fossiles, nous libérons ce carbone dans l’air, où il se recombine à deux atomes d’oxygène pour former du CO2.

Donc, au moment où la vie est apparue sur terre, où était tout ce CO2?  Réponse: dans l’air!

On peut donc facilement supposer qu’au moment où la vie est apparue sur terre, il y avait peut-être 10 fois plus de CO2 dans l’atmosphère que maintenant. Les humains ne font que remettre la terre dans l’état où elle était! Ma question est donc la suivante: comment cela peut-il être si mauvais? Il ne faut pas oublier que 95% du gaz à effet-de-serre présent dans l’atmosphère est de la vapeur d’eau. Comment est-ce que le petit 5% restant pourrait-il avoir autant d’impact.

À part pour combattre le smog dans les grandes villes, c’est plutôt futile de s’attaquer au CO2. Le CO2 ce n’est pas du poison, ce n’est pas un produit toxique. C’est un gaz présent dans la nature. Il y a beaucoup d’autres formes de pollution beaucoup plus dommageables sur lesquelles on devrait se concentrer et beaucoup d’autres problèmes beaucoup plus importants sur la terre.

Qu’en pensez-vous?

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Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traitait de la santé et l’éducation, la seconde partie traite de la pauvreté, du travail, de la famille et de la culture.

- Lutte à la pauvreté:

Le parti Québec-Solidaire propose de hausser le salaire minimum au seuil de faible revenu (tel que défini par Statistiques Canada). Je ne mène pas une bataille contre le salaire minimum (il y a des problèmes beaucoup plus importants à régler dans notre société), mais bien qu’il soit basé sur une intention louable, les gens doivent être conscients de ses effets négatifs.

Le salaire minimum est un prix plancher imposé à une catégorie de travailleurs, et comme tout prix plancher supérieur au prix du marché, il crée des surplus (c’est la loi de l’offre et la demande, on ne peut rien y faire). Le salaire minimum diminue la compétitivité des entreprises qui ont alors un incitatif à déménager leur opérations dans un endroit où la main d’oeuvre est moins chère; la demande locale de travailleurs non-qualifiés est donc diminuée par le salaire minimum. L’offre quant à elle est augmentée par le salaire minimum, ce dernier assurant un revenu minimum  aux décrocheurs scolaires, facilitant ainsi ce choix. Le résultat net est un surplus, et sur le marché du travail, un surplus veut dire du chômage. Ainsi, les revenus supplémentaires que certains travailleurs gagneraient grâce à la hausse du salaire minimum proposée par le QS seraient en fait gagnés au détriment des chômeurs.

Quoi qu’il en soit, on ne peut nier qu’une hausse du salaire minimum aurait un effet négatif sur les profits des entreprises québécoises, et par conséquent sur les revenus d’impôt de l’État. Et cela n’est pas pris en compte dans le plan financier du QS, qui prend donc pour acquis que cela n’aura aucun impact.

D’autre part, le QS hausserait aussi les prestations d’aide-sociale de façon à ce qu’elles soient "suffisantes pour couvrir les besoins essentiels" (sans définir ce que cela signifie). Ils estiment le coût de cette mesure à $595 millions. Ils voudraient aussi construire 50,000 logements sociaux sur 5 ans (pourquoi 50,000?), mais cette proposition n’est pas chiffrée à leur budget. On comprend donc qu’ils comptent sur le privé pour le faire, mais ils ne spécifient pas comment ils vont subventionner ce projet. Par ailleurs, ils proposent d’augmenter le financement des organismes s’occupant des itinérants (non-chiffré dans le plan financier).

- Vacances, congés et travail:

Le QS veut imposer une hausse du nombre minimal de semaines de vacances (3 semaines après 1 an, 4 semaines après deux ans et 5 semaines après cinq ans). Ils voudraient aussi créer deux nouveaux congés ferriers. Ils mettraient en place une indemnité de liscenciement obligatoire et limiteraient la capacité des employeurs à exiger des heures supplémentaires. Évidemment, ils voudraient mettre en place un certain nombre de mesures visant à faciliter le syndicalisme et augmenter le pouvoir des syndicats.

Ces mesures feraient en sorte de réduire la productivité et la compétitivité des travailleurs Québécois et auraient un impact négatif sur l’économie québécoise. Ces mesures réduiraient aussi la flexibilité du marché du travail québécois. Le QS semble donc prêt à sacrifer une partie de notre niveau de vie en échange de ces avantages, mais il n’en comptabilise pas l’ensemble des coûts dans son plan financier. Le $550 millions indiqué dans son plan financier ne couvrivrait probablement que les fonctionnaires, mais le manque à gagner ne s’arrêterait pas là.

- Famille et culture:

Le QS voudrait élargir la couverture de l’assurance parentale, rendre universelles les allocations familiales, bonifier le supplément de revenu au travail, obliger les entreprises à offrir des horaires flexibles, créer 38,000 nouvelles places en CPE en milieu familial et faire en sorte que la Régie des Rentes reconnaisse comme un travail l’éducation des enfants par un parent qui reste à la maison. Dans son plan financier, la seule ligne qui fait référence à la famille indique un coût de $350 millions, en plus d’une somme de $265 millions pour les CPE, ce qui m’apparaît bien peu pour de telles demandes. De plus, certaines de ces demandes auront un effet négatif sur la productivité et la compétitivité de l’économie québécoise.

Au niveau culturel, le QS voudrait entre autres instaurer un filet social pour les artistes ainsi que des bourses pour les aider, et rendre l’accès aux musées gratuit le dimanche. Ils voudraient aussi relancer Télé-Québec et élargir son mandat. Ces demandes culturelles totalisent, toujours selon le plan financier du QS, $420 millions.

Donc, après seulement les deux premières parties de ce dossier sur le programme du parti Québec-Solidaire, nous en sommes déjà à une facture de près de $5 milliards pour financer toutes ces bonnes idées. De plus, le plan financier du QS ne tient pas compte de l’impact de la baisse de la productivité des travailleurs et de la compétitivité des entreprises sur les revenus de l’État. La partie 3 de ce dossier traiterat de justice, développement économique et environnement, alors que la partie 4 traitera de fiscalité et de finances. À suivre…

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Hier, j’ai eu la chance d’assister à une présentation donnée par le célèbre magnat pétrolier américain T. Boone Pickens. Le multi-milliardaire de 81 ans était de passage à Montréal pour rencontrer des investisseurs (comme moi) pour recueillir du capital pour son nouveau fonds d’investissement en énergie. À défaut d’investir dans son fonds, j’ai recueillis plusieurs éléments intéressants.

Tout d’abord, le Plan Pickens consiste grosso modo à utiliser le gaz naturel comme carburant dans les transports de façon à réduire la dépendance des États-Unis au pétrole importé de l’OPEP. Il propose de commencer par cibler les flottes de véhicules telles que les autobus, les taxis, les véhicules de service et les 18 roues.

Comme la gaz naturel sert présentement (de plus en plus) à la production d’électricité, il propose d’investir massivement dans l’énergie éolienne, notamment dans le corridor des Great Plains allant du Texas au Canada. Cela nécessitera évidemment des investissements massifs dans le réseau de distribution. Il propose aussi d’investir dans l’énergie nucléaire et le charbon propre.

La Californie a déjà adopté le gaz naturel comme carburant de transport. Au début de 2009, cet état comportait 460 stations-service de gaz naturel. De plus, les gens dont la résidence est branchée à un réseau de distribution peuve faire le plein à même celui-ci. L’utilisation de ce carburant se fait surtout au niveau des flottes de véhicules, mais les particuliers peuvent aussi l’utiliser, grâce à la Honda Civic GX qui fonctionne au gaz naturel.

Pour faire avancer son projet, M. Pickens supporte présentement un projet de loi surnommé le Natural Gas Act (HR 1835), lequel introduirait divers crédits d’impôt pour l’acquisition de véhicules au gaz naturel, une obligation pour le gouvernement stipulant que 50% des véhicules qu’il achète puissent fonctionner au gaz naturel ainsi que diverses subventions aux producteurs et développeurs de ces véhicules. Jusqu’à maintenant, M. Pickens a dépensé près de $62 millions de sa poche pour faire avancer ce projet de loi.

Quel est l’enjeu pour M. Pickens? Il a évidemment des milliards d’investis dans des entreprises qui bénificieraient d’une telle politique. Il est l’un des plus grands contributeurs aux campagnes électorales des deux partis (Démocrate / Républicain). Il tente d’influencer directement les politiciens, qu’il connaît d’ailleurs tous personnellement, incluant Barrack Obama, Joe Biden, John McCain, Sarah Palin et, bien entendu, Al Gore. Il déclare d’ailleurs ouvertement que leurs connaissances sur la question énergétique sont bien maigres (lol).

Il les met tous dans sa poche en leur promettant, entre autres, que son plan créera des millions d’emplois et libèrera le pays de sa dépendance au pétrole importé. Il tente aussi d’amadouer les écologistes, puisque le spectre du réchauffement climatique est un de ses arguments (le gaz naturel étant plus "propre" que le pétrole comme carburant). Il est cependant contre la règlementation des émissions polluantes puisque cela aurait comme impact de faire fermer des centrales au charbon, qui seraient remplacées à court terme par des centrales au gaz naturel; il manquerait alors peut-être de gaz naturel pour le transport puisqu’une trop grande quantité serait utilisée pour la production d’électricité. Son plan passe donc par une baisse de l’utilisation du gaz naturel pour produire de l’électricité.

Ainsi, selon lui, ce projet de loi passera haut-la-main, le gouvernement américain utilisera l’argent des contribuables pour subventionner le transport au gaz naturel et M. Pickens fera encore fortune avec ses investissements. C’est si facile d’être un bon investisseur quand on a autant d’influence sur les politiciens avides de financement partisan et de projets patriotiques / écolos justifiant l’intervention héroïque de l’État!

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Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traite de la santé et l’éducation.

Au niveau de la santé, le QS vise l’élimination totale du privé et ce pas seulement au niveau des quelques services présentement toléré par la RAMQ, mais aussi au niveau de l’optométrie, de la dentisterie, de la physio-thérapie, etc. Ils visent d’ailleurs à étendre l’universalité des soins de santé à toutes les sphères de la santé. Donc, l’État paierait pour les soins dentaires, les lunettes, les services d’un psychologue, etc. Les couvertures privées présentement offertes par plusieurs employeurs seraient remplacées par cette RAMQ élargie. Tout serait "gratuit", sans aucun frais.

L’assurance-médicament serait aussi universelle, donc plus besoin de payer pour les médicaments achetés sous prescription. Le QS propose d’ailleurs la création d’une nouvelle entreprise d’État: Pharma Québec, qui s’occuperait de l’approvisionnement en médicaments de la province. Cette entreprise devrait théoriquement atténuer la hausse des coûts des médicaments en centralisant l’approvisionnement, en ayant un fort pouvoir de négociation auprès des pharmaceutiques, en favorisant les médicaments génériques et en s’appropriant la marge de profit des entreprises privées qui s’occupent présentement de l’approvisionnement; tout ça en supposant qu’elle soit bien gérée, ce qui est rarement le cas lorsque la carotte et le bâton du profit et de la compétition ne sont pas là. Cette entreprise deviendrait sans doute une grosse bureaucratie politisée, inefficace, corrompue et déconnectée des besoins des consommateurs.

Le QS propose aussi d’augmenter le financement pour la prévention, ce qui laisse entendre qu’on arriverait ainsi à diminuer la demande de soins de santé en améliorant la santé des gens par la prévention. Comme si on avait besoin d’une publicitée avec un bonhomme bleu pour savoir qu’il ne faut pas fumer, faire de l’exercice et manger des légumes. Comme si les gens n’étaient pas capable de savoir ce qui est bon pour eux. C’est clairement du wishful thinking.

Finalement, le QS propose une augmentation significative des ressources du système de santé (ajouter des lits, recruter plus de médecins et d’infirmières, etc); la solution facile d’injecter plus d’argent. Comme nous l’avons vu au cours des dernières années, cet argent sert davantage à grossir la bureaucratie qu’à améliorer le service. En somme le Q-S nous propose un buffet à volonté en ce qui concerne les soins de santé. Ce poste de dépense  occupe déjà une part importante du budget du gouvernement; les propositions du QS pourraient facilement doubler la facture. Même si la prévention et Pharma-Québec étaient des succès sans précédent, ça ne serait pas suffisant pour compenser les augmentations astronomiques des dépenses en santé proposées par le QS.

Au niveau de l’éducation, le QS propose de rendre l’éducation totalement gratuite (de la maternelle à l’université), sans aucun frais facturé aux étudiants. Ils proposent aussi d’éliminer l’endettement des étudiants et de transformer tous les prêts scolaires en bourses. Ils désirent investir massivement dans l’ensemble du système et ses infrastructures. Ils veulent éliminer toutes les subventions aux écoles privées. Il a été clairement démontré au Canada que les taux de diplomation ne sont pas affecté par le niveau des frais de scolarité. Il est aussi démontré que la gratuité universitaire serait une mesure rétrograde, et non progressiste (c’est-à-dire à l’avantage des riches). 

Les points de leur programme que je trouve positifs à l’égard de l’éducation sont de faciliter une meilleure reconnaissance des diplômes des immigrants, d’assurer la laïcité du système d’éducation, de favoriser des bulletins simples et compréhensibles et de faire en sorte que les étudiants qui échouent doivent redoubler.

Le premier constat que l’on peut faire à l’égard de ces propositions en santé et éducation est que la facture sera salée (le QS chiffre à $2.2 milliards ses engagements en santé et $1.2 milliards en éducation). Le QS propose clairement une expansion significative de l’État-providence. Comment allons-nous payer pour tout ça? Nous le verrons dans une autre partie de ce dossier! À suivre…

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Dans ce dossier, inspiré du livre “Where Keynes went wrong” de Hunter Lewis, je traite des principales idées de Keynes. La première partie traitait des taux d’intérêt, la seconde partie traitait de l’épargne, la troisième partie traitait de la bourse et de l’investissement et la quatrième partie traitait des récessions. Cette cinquième partie se veut une sorte de conclusion à ce dossier.

Nous avons vu au cours de ce dossier les principaux aspects du keynesiannisme, tel que Keynes le décrivait.

Keynes était conscient que le marché était un moyen efficient d’allouer le capital dans l’économie, mais il croyait que lorsque laissé à lui-même, le marché menait invariablement à une situation sous-optimale où le taux de chômage est trop élevé. Keynes préconisait donc que les "experts" du gouvernement manipulent le marché pour le ramener dans le droit chemin. Comme le disait Keynes, "il n’y a rien de mauvais dans le marché qu’un peu de rafistolage ne pourrait arranger". 

La nouvelle mode des keynesiens est d’utiliser le marché de façon à atteindre les objectifs progressistes. Comme je le mentionnais dans un billet précédent, les théories de Keynes plaisent aux politiciens, parce qu’elles leur permettent de dépenser à leur guise au nom de la stimulation économique et d’avoir l’air d’un héro lorsque la reprise économique finit par se pointer. Comme les politiciens adorent dépenser notre argent, il est normal qu’ils aient accordé autant d’importance à Keynes. Le keynesiannisme justifie l’existence de gros gouvernements financés par des taxes élévées et de l’inflation.

Le problème de nos jours est que les théories de Keynes sont partouts: chez les Républicains comme chez les Démocrates, en Europe autant qu’au Canada. Cette fallacieuse alchimie économique basée sur de simples intuitions règne sur le monde depuis que Keynes l’a présentée aux politiciens et elle a déjà fait son lot de dommages sur le niveau de vie de beaucoup d’individus; bulle après bulle, récession après récession. Au cours de l’histoire, les remèdes keynesiens ont eu deux résultats: ils ont soit fait en sorte de prolonger la récession et de mener à une reprise lente ou ils ont reparti l’économie sur une base tellement instable qu’elle a servi de base à la prochaine crise économique.

Prenons par exemple le Japon qui a été un exemple marquant de l’échec des théories de Keynes. Le gouvernement a amené les taux d’intérêt à zéro, il a secouru les banques et il a dépensé sans compter en s’endettant; comme Keynes l’aurait souhaité. Suite à la bulle de la fin des années 1980s gonflée par de la création excessive de monnaie, l’économie s’est retrouvé en récession et ne s’en est jamais vraiment remise; c’est pourquoi on parle de "la décennie perdue du Japon". Évidemment, nos amis keynesiens ont une explication toute simple: le gouvernement n’en a pas fait assez, il aurait dû dépenser plus, imprimer plus de monnaie et secourir les banques plus tôt dans la crise. Avec un déficit de 160% du PIB en 2007 et un endettement astronomique, il est pathétique de prétendre que ce n’était pas assez. Malheureusement, les États-Unis et la plupart des pays industrialisés appliquent présentement cette recette empoisonnée et les résultats sont jusqu’à maintenant identiques.

Comme le mentionne Hunter Lewis à la fin de son livre, souhaitons qu’un jour, Keynes aura une place auprès de Marx, Mao et tant d’autres qui ont prôné une utopie qui ne fait pas le poids face à la réalité du monde.

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Voici un schéma illustrant le processus par lequel la Federal Reserve a gonflé la bulle immoblière de 2001 à 2007.

1) La Fed crée de l’argent à partir de rien. Elle peut soit la déposer directement auprès des banques ou l’utiliser pour acheter des titres de dette du gouvernement.

2) Le gouvernement dépense l’argent emprunté dans l’économie américaine. Par exemple, si l’argent est utilisé pour construire une route, l’argent sera dépensé en salaires aux ouvriers, aux producteurs de bitume et en profits pour les entrepreneurs.

3) L’argent se retrouve d’une façon ou d’une autre dans le système bancaire, sous forme de dépôts. Les banques utilisent ces dépôts pour faire des prêts, ce qui génère la création de nouvelle monnaie. Dans un système où le ratio de réserves est de 10%, le système bancaire peut multiplier jusqu’à 10 fois la somme des dépôts initiaux.

4) Les consommateurs dépensent ce nouvel argent, notamment en achetant des biens importés et des propriétés résidentielles. L’endettement des ménages augmente.

5) Les pays desquels les États-Unis importent des biens de consommation, notamment la Chine, conservent les dollars en réserve ou les utilisent pour investir aux États-Unis, notamment en achetant des titres de dette du gouvernement. Le gouvernement peut utiliser l’argent pour financer ses dépenses (retour au point numéro 2).

Les banques vendent aussi aux investisseurs des asset-backed securities (des titres de dettes titrisées). Ces titres permettent au banque de recycler ces capitaux et de les réinjecter dans le système. Toute cette liquidité met de la pression à la baisse sur les taux d’intérêt.

Résulats:

- La première chose à observer est qu’une certaine partie de l’argent nouvellement créé par le système sort du pays, et donc ne crée par d’inflation des prix aux États-Unis.

- Le reste de l’argent créé est canalisé, entre autres, vers la bourse, le crédit corporatif, les ressources (métaux et pétrole) et surtout le marché immobilier résidentiel. Ce n’est pas un hazard si l’immobilier a été la cible de toute cette spéculation; plusieurs facteurs ont fait en sorte que cette classe d’actifs soit l’objet principal de cette bulle.

- L’inflation des prix à la consommation s’est maintenue entre 1% et 4% durant cette période, malgré des gains de productivité dans l’économie (qui auraient dû engendrer des baisses de prix).

- Finalement, durant cette période, l’endettement total du pays (gouvernement, citoyens et entreprises) a atteint des proportions astronomiques.

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Le Vérificateur Général du Québec a fait un travail remarquable ces dernières années en jetant de la lumière sur toutes les largesses de notre gouvernement. Grâce à cet organisme, nous sommes en mesure d’observer l’incompétence, le manque d’éthique, le manque de transparence, le laxisme, le manque de professionnalisme, le désintéressement et la corruption qui règnent au sein de notre fonction publique.

Cette fois, le vérificateur, Renaud Lachance, tappe sur le clou des travaux publics, révélant de troublantes irrégularités au sein du Ministère des Transports:

  • Contrats sans appel d’offres
  • Réception d’une seule offre (indice de collusion)
  • Explications inadéquates ou inexistantes des dépassements de coûts
  • Le ministère ne réalise pas d’analyse de comparaison de coûts (entre les régions ou dans le temps)
  • Malgré la détection de pratiques douteuses (collusion), le ministère n’est pas intervenu et a fermé les yeux.

En 2004, le ministère avait en mains les résultats d’une enquête interne révélant un cas flagrant de collusion visant à écarter la concurrence d’un appel d’offres. Mais plutôt que d’être remis aux policiers, le rapport d’enquête a pris le chemin des tablettes. Le ministère a fermé les yeux et accordé le contrat, sachant que l’offre était beaucoup trop élevée.

D’autre part, les six entreprises qui étaient impliquées dans le cas de collusion à Laval (révélé il y a quelques semaines) ont décroché pour $209 millions de dollars de contrats en deux ans, soit 36 % de tous les contrats octroyés par le ministère des Transports dans quatre territoires du Québec. Il semble donc que la situation observée au niveau municipal à Laval et Montréal soit généralisée à l’ensemble de la province.

Ces révélations vont certainement mettre beaucoup de pression sur le gouvernement Charest concernant la tenue d’une enquête publique sur la corruption dans le domaine de la construction. On peut comprendre la réticence de ce dernier à le faire puisque plusieurs membres de l’administration actuelle seraient probablement éclaboussés par une telle enquête. L’opposition réclame déjà la tête de la ministre des transports, Julie Boulet.

Pas surprenant que le coût de construction par kilomètre des routes du Québec soit significativement plus élevé que dans les autres provinces (40% plus élevé au Québec qu’en Ontario) malgré la piètre qualité des ouvrages…

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Dans ce dossier, inspiré du livre “Where Keynes went wrong” de Hunter Lewis, je traite des principales idées de Keynes. La première partie traitait des taux d’intérêt, la seconde partie traitait de l’épargne, la troisième partie traitait de la bourse et de l’investissement, et la quatrième partie traite des récessions.

Keynes était d’accord avec le fait que les booms économiques génèrent de mauvais investissement, mais il prêchait que "c’est mieux que pas d’investissement du tout". Keynes ne croyait pas que les récessions puissent au moins avoir l’utilité de "nettoyer" l’économie des industries/entreprises qui utilisent mal leurs ressources et de rediriger ces ressources vers les bonnes industries/entreprises (autrement dit, il ne croyait pas en la destruction créatrice).

Selon Keynes, aussitôt que des signes avant-coureurs d’un ralentissement économique se manifestent, le gouvernement doit mettre en branle un plan d’action radical pour intervenir et ramener l’économie en croissance (au plein-emploi). Il importe peu que ces dépenses gouvernementales soient vraiment utiles ou non, l’important est de dépenser cet argent le plus vite possible, de préférence dans les infrastructures. De toute façon, grâce au fameux concept keynesiens qu’est le "multiplicateur", chaque dollar dépensé par le gouvernement durant une récession est multiplié plusieurs fois par l’économie.

Keynes croyait que le libre-marché n’arriverait pas à sortir l’économie de la récession par lui-même et que l’économie atteindrait un équilibre sous-optimal (avec un taux de chômage trop élevé). Il croyait que les salaires ne devaient ni baisser, ni augmenter durant les récessions. L’un réduirait le pouvoir d’achat des travailleurs, l’autre serait mauvais pour le "climat d’affaires" en réduisant les profits. La solution consiste à créer de la monnaie pour générer de l’inflation. Cette hausse des prix permettra aux entreprises de maintenir les salaires tout en faisant du profit. À cet égard, la déflation doit être évitée à tout prix; c’est du poison pour l’économie.

Finalement, Keynes préconisait que la banque centrale et le gouvernement agissent comme prêteurs de dernier recours pour le système bancaire, de façon à éviter les faillites bancaires. Ainsi, la banque centrale devrait fournir de la liquidité aux banques autant qu’elles en ont de besoin et ce à un taux très bas (non-punitif contrairement à ce que suggérait Walter Bagehot).

Réfutation:

Lorsque les "booms" économiques inflationnistes se mettent à dérailler, le marché lève le voile sur tous ces mauvais investissements financés par de la dette artifiellement abordable (facilitée par la création de monnaie) et l’économie frappe un mur. Contrairement à ce que Keynes pensait, on ne peut artificiellement maintenir l’économie en boom perpétuel sans créer d’énormes distorsions sur les marchés. À cet égard, les récessions viennent corriger ces distorsions et permettent à l’économie de repartir sur une base plus solide. Plus l’inflation a été sévère durant le "boom", plus récession sera sévère.

En voulant éviter les récessions à tout prix, les théories de Keynes ne font que les prolonger, font en sorte que la reprise sera plus faible et que prochaine crise sera plus grave. L’interventionnisme keynesiens n’a-t-il pas échoué durant la Grande Dépression des années 1930s, prolongeant celles-ci jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale? Et que dire de la "décennie perdue" du Japon suite à la bulle des années 1980? Et de la bulle immobilière que nous venons de traverser, résultat inévitable de l’ère Greenspan (qui n’a pas laissé la récession de 2000-01 suivre son cours et qui l’a étouffée par une inflation démesurée, laquelle a gonflé une immense bulle immobilière). L’historique du keynesiannisme est en fait parsemmé d’échecs et d’inflation. La recette n’a jamais fonctionné et a toujours mené à des "booms and busts", c’est-à-dire de violents cycles économiques.

En ce qui a trait au fameux multiplicateur keynesien, ce concept fallacieux dont les Paul Krugman de ce monde font encore la promotion, c’est une théorie économique fondamentalement erronée. Voici la formule:

       DY = 1 /(1-c) *  DI

I est l’investissement fait par le gouvernement, c est la propension marginale à consommer (le pourcentage de chaque dollar qui est dépensé par les gens plutôt qu’épargné) et Y le revenu qui en résulte.

Ainsi, si la propension marginale à consommer est de 90%, le multiplicateur est de 10 fois, donc chaque dollar investi par le gouvernement est multiplié par 10 dans l’économie. Mais qu’arrive-t-il si la propension marginale à consommer augmente à 100% (i.e. les gens n’épargent plus)? Le modèle tombe à l’eau! D’ailleurs, aucune étude n’a clairement démontré l’existence de ce multiplicateur dans la réalité. Prenons par exemple celle de Christina Romer, présidente du Council of Economic Advisors sous Barrack Obama, qui a estimé le multiplicateur à 1.57x. D’autres études estiment qu’il est bêtement de 1x alors que d’autres l’estiment inférieur à 1x. Pour une réfutation complète du multiplicateur (qui serait trop longue pour ce billet), cliquez ici.

La meilleure façon de contrer une récession est de laisser le marché suivre son cours. Nous n’avons qu’à penser à la Dépression de 1921 aux États-Unis, où ni le gouvernement, ni la Federal Reserve ne sont intervenus. Cette dépression s’est résorbée d’elle-même, sans interventionnisme étatique. C’est d’ailleurs pourquoi les partisans de Keynes refusent à tout prix d’en parler! Par contre, les néo-keynesiens ont abandonné l’idée farfelue de Keynes selon laquelle un chômage élevé persisterait indéfiniement dans un libre-marché, sans intervention gouvernementale pour sortir de la récession (voir Modigliani et Patinkin). Une autre "intuition" de Keynes déconnectée de la réalité…

Quand aux salaires, le gel de ceux-ci a généralement comme impact de prolonger les récessions (nous n’avons qu’à comparer la Grande Dépression des années 1930s où les salaires furent gelés, à celle de 1921 où les salaires ont baissé drastiquement). La flexibilité du marché du travail est un élément essentiel pour sortir l’économie d’une récession et réduire le chômage. Les entreprises peuvent ainsi réduire leurs coûts (sans nécessairement mettre des travailleurs à pied), préserver leurs flux monétaires et rester en opération.

La déflation quant à elle n’est pas mauvaise en soit. C’est d’ailleurs un phénomène tout à fait naturel et sain: lorsque la productivité s’améliore, on fait plus avec moins, ce qui permet aux prix de baisser sans affecter les marges. Des prix plus bas signifie que le pouvoir d’achat et le niveau de vie de la population a augmenté et que de la vraie richesse a été créée. L’autre déflation, celle causée par la destruction de monnaie due au remboursement des dettes, est simplement le fruit d’une création excessive de monnaie qui a mené à de mauvais investissements, à du gaspillage de ressources et à un niveau d’endettement insoutenable. Ce réajustement est un mal nécessaire pour purger le système de toute cette dette et de toute cette monnaie artificielle, mais malheureusement, nos gouvernements veulent à tout prix l’empêcher en créant de la monnaie.

Finalement, la présence de la banque centrale comme prêteur de dernier recours crée un risque moral important pour les citoyens. Cette "fausse sécurité" permet et encourage la prise de risque excessive et mène inévitablement à des crises financières comme celle que nous avons récemment connue. L’expression "too-big-to-fail" et les "bailouts" existent depuis fort longtemps et tirent leurs origines, entre autres, du keynesiannisme. Cette promesse de sauvetage du gouvernement est malsaine et encourage les banques à étirer l’élastique au maximum.

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L’hebdomadaire The Economist a publié un article intéressant dans sa chronique "Economic Focus" de son édition du 7 novembre.

L’article fait un lien entre l’augmentation du taux de chômage et la flexibilité du marché du travail dans différents pays. Cela vise en quelque sorte à démontrer l’efficacité des "stabilisateurs économiques", tels que l’assurance-chômage, durant les récession.

Les chiffres démontrent effectivement que les pays Européens, où le marché du travail est moins flexible et où l’assurance-chômage est plus généreuse, ont vu leur taux de chômage augmenter moins que les pays où le marché du travail est plus flexible, c’est-à-dire où il est plus facile et moins coûteux de mettre les gens à pied, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne (voir graphique ci-bas).

L’un des mécanismes utilisés, notamment par l’Allemagne, consiste à subventionner les salaires des employés qui ont vu leurs heures coupées à cause de la récession, ce qui incite les entreprises à couper des heures plutôt qu’à renvoyer leurs employés. D’autres, comme la Suède, permettent aux firmes de différer le paiement de sécurité sociale à plus tard, ce qui leur permet d’améliorer leurs flux monétaires temporairement. Les autres pays reconnus pour ce genre d’interventions sur le marché du travail sont la France et les Pays-Bas.

Ainsi, le taux de chômage de la Zone-Euro n’a augmenté que de +2.6%, relativement à +5.4% pour les États-Unis et +2.7% pour la Grande-Bretagne. En apparence, la formule européenne semble avoir mieux fonctionné durant la récession.

Ce qu’il faut observer par contre est que le taux de chômage d’avant la crise aux États-Unis était de 4.4%, en Grande-Bretagne il était de 5.2% , alors qu’en Zone-Euro il était de 7.1%. Le taux de chômage actuel (au moment de la parution) était de 9.8% aux États-Unis, 7.9% en Grande-Bretagne et 9.7% en Zone-Euro (8.1% en Allemagne, 8.3% en Suède et 10.0% en France).

Ainsi, il semble que durant les périodes de croissance, le taux de chômage soit significativement supérieur dans les pays où le marché du travail est inflexible et où il y a des stabilizateurs économiques, et que durant les récessions, les taux de chômages sont similaires pour les deux systèmes… Le second graphique (ci-bas) démontre que la situation des pays avec un marché du travail non-flexible n’est aucunement enviable comparativement à celle des pays avec un marché du travail flexible.

Il est vrai que ces stabilisateurs amortissent le choc de la récession, mais ils empêchent la récession de faire son travail (souvenez-vous de mon billet sur la desctruction créatrice). Ils font en sorte de faire perdurer les causes fondamentales de la récession. Ils bloquent le flux de ressources humaines entre les industries où il y a de la sous-capacité et celles où il y a de la sur-capacité; des industries mourantes vers les industries naissantes et prometteuses. Ils font en sorte d’allonger la période de marasme économique et de ralentir la reprise; c’est pourquoi ces pays qui ont des stabilisateurs économiques accrus et un marché du travail inflexible se retrouvent avec une économie qui croît moins vite et qui maintient un taux de chômage plus élevé tout au long du cycle économique.

En somme, il est vrai que ces interventions sur le marché du travail stabilisent quelque peu le taux de chômage durant les récessions, mais le coût économique à long terme de cette stabilité est très élevé.

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Ce graphique est basé sur une étude que j’ai réalisée en utilisant les taux de chômage de 29 pays sur la période 1980 à 2008. J’ai divisé les pays en deux groupes en utilisant quatre critères du Rapport sur la Compétitivité Globale du Forum Économique Mondial, soit la flexibilité des salaires, la rigidité du travail, la libéralité des pratiques d’embauche et de mise-à-pied, ainsi que les coûts de mise-à-pied. Le tableau ci-bas présente les deux groupes.

Note: Pour une évaluation de la rigidité du marché du travail de différents pays, je vous suggère de consulter la section à cet égard du rapport sur la compétitivité globale du Forum Économique Mondial.

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