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Archive for octobre 2009

L’un des plus grands exemples de dérèglementation manquée est le marché de l’électricité de la Californie vera la fin des années 1990s. Pour plusieurs, c’est une illustration parfaite d’un échec du libre-marché*. Voici ce qui s’est réellement passé.

Au début des années 1990s, les prix de l’électricité étaient très élevés en Californie, ce qui fait en sorte que beaucoup d’entreprises énergivores fuiyaient cet État. Les investissements dans la capacité de production étaient insuffisants, notamment en raison de contraintes environnementales, ce qui faisait en sorte que le marché était trop "serré", et la situation monopolistique de cette industrie faisait en sorte que les entreprises n’avaient pas d’incitatif à améliorer la situation.

L’implantation d’un marché de l’électricité fut la solution proposée par le gouverneur de Californie. Le principe est simple: lorsque la capacité n’arrive plus à fournir la demande, le prix augmente, ce qui incite les producteurs à augmenter leur capacité de production en investissant dans de nouvelles centrales et à ramener le marché en équilibre. L’investissement est donc stimulé par le marché.

En 1996, s’amorce le processus de dérèglementation. Les entreprises combinant la distribution et la production ont été forcées à vendre leurs actifs de production à des producteurs indépendants (les IPPs), séparant ainsi ces deux activités. Environ 40% de la capacité de production californienne est passée des "utilities" aux mains des IPPs. C’est en avril 1998 que le marché "spot" de l’électricité a commencé ses opérations. Les distributeurs devaient acheter leur électricité des producteurs sur ce marché une journée à l’avance.

Question de mieux faire avaler la pilule, le prix à la consommation de l’électricité a été plafonné à 6.7 cents/KWh jusqu’en juillet 1999 et par la suite, toute augmentation demandée par les distributeurs devait être approuvée par les autorités de règlementation (un processus long et complexe). Par contre, le prix de gros (wholesale)  payé par les entreprises de distribution et qui se transige sur le marché spot n’était pas plafonné et était fortement corrélé au prix du gaz naturel. En Californie, comme dans bien des endroits, le gaz naturel est le carburant utilisé par les usines qui fournissent les périodes de pointe. Le prix du gaz naturel représente donc souvent le coût marginal de production dans ces marchés.

Entre 1998 et 2000, le prix de gros (fixé par le marché) s’est maintenu sous le prix plafond à la consommation, donc aucun problème. Cependant, une importante sécheresse survenue 2000 a fait en sorte de réduire la production d’hydro-électricité importée en Californie du Nord-Ouest. Cette baisse de l’offre d’électricité combinée à une augmentation drastique du prix du gaz naturel a fait explosé le prix de gros sur le marché californien. Le prix du gaz naturel avait été stimulé par un hiver froid  et une rupture d’oléoduc en 2000.

Comme les distributeurs ne pouvaient pas repasser l’augmentation aux consommateurs, ceux-ci ne réduisaient pas leur consommation; la demande était donc inélastique et les distributeurs devaient vendre à perte, ce qui devait inévitablement les mener à la faillite. Le prix règlementé (agissant comme un prix plafond) empêchait donc le signal du marché de se rendre aux consommateurs.

De plus, certaines entreprises telles que Enron et Reliant se sont mise à manipuler le marché. Plusieurs stratégies étaient utilisées, mais bien souvent elles tournaient autour des réseaux de transmission, notamment la jonction entre le réseau de Californie du Nord et celui du Sud. Cette jonction agissait comme un "goulot d’étranglement" que Enron s’amusait à paralyser en réservant la capacité de transmission sans l’utiliser. Cela faisait encore plus augmenter le prix de l’électricité et permettait à Enron de réaliser d’énormes profits. Évidemment, la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) se devait de contrer ces stratégies, mais elle n’avait pas les ressources et la sophistication nécessaires pour le faire à cette époque.

D’autre part, il y avait souvent des interuption pour l’entretien de centrales qui se produisaient en même temps, ce qui est normal puisque les producteurs indépendants n’avaient aucun incitatif à coordonner leurs interuptions d’entretien pour ne pas qu’elles se fassent en même temps. Les producteurs avaient plutôt un incitatif à faire leurs interuptions d’entretien en même temps,  puisque cela créait des hausses de prix drastiques et leur permettait d’empocher des profits élevés.

Comme les distributeurs avaient de la difficulté à joindre les deux bouts, ils ont eu de la difficulté à payer les producteurs. Certains d’entre eux ont donc arrêté de produire, ce qui a encore contribué à exacerber la pénurie et à faire monter le prix. En Janvier 2001, l’état d’urgence a été décrété par le gouverneur Davis.

Alors, s’agissait-il réellement d’un échec du libre-marché? Demandons-nous tout d’abord s’il s’agissait réellement d’un libre-marché. La plupart des observateurs s’entendent pour dire que la dérèglementation partielle (plutôt que complète) est à l’origine de la crise. Cette crise aurait pu être évité:

1) Si les distributeurs avaient pu demander le prix du marché à leurs consommateurs. Ça aurait limité la demande durant les périodes de pointe et donné du répit au prix. Ça aurait aussi permis aux distributeurs de maintenir leur santé financière. Comme c’est toujours le cas, les prix plafonds créent des pénuries…

2) Si l’on avait permis aux distributeurs de s’entendre avec les producteurs sur des contrats à long terme à un prix et pour une quantité prédéterminés. En effet, le marché californien de l’électricité était devenu un "one day ahead market" ne permettant pas de contrats long terme. Cela aurait pu stabiliser le marché et ça aurait permis aux distributeurs de réduire leur risque d’opération tout en permettant aux consommateurs de bénéficier d’une certaine stabilité des prix. D’ailleurs, la construction d’une centrale d’électricité peut prendre plusieurs années. Il est donc logique que des contrats d’approvisionnement de plusieurs années soient négociés entre les producteurs et les distributeurs. C’est de cette façon que les choses fonctionnent aujourd’hui dans les marchés dérèglementés.

3) Si la FERC et les autorités de règlementation de Californie (California Energy Commission) avaient remplis leur mandat de supervision pour s’assurer que le marché ne soit pas manipulé. L’autre facteur ayant contribué à la crise est la contrainte environnementale imposée par l’État de la Californie aux producteurs, celle-ci ayant aussi contribué à la pénurie. Vers 1995, la FERC avait refusé 1,400 mégawatts de nouvelle capacité (renouvellable et cogénération) sous la pression du lobby des utilities, parce que ces centrales auraient compétitionné avec les leurs. La FERC avait alors justifié sa décision en se basant sur des prévisions de demande beaucoup trop basses provenant de la California Energy Commission.

4) Si le Independent System Opérator (ISO), qui est en charge du réseau, avait pu coordonner les interuptions pour entretien de façon à ce qu’elles ne se produisent pas en même temps.

*(Voir par exemple François Rebello, « Le faux privé », Commerce, novembre 2007, p. 18),

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Le magazine hedbomadaire The Economist* a maintenant une nouvelle chronique intitulée "Schumpeter" en l’honneur de l’économiste Joseph Schumpeter, connu pour sa fameuse théorie de la destruction créatrice.

Voici un résumé de cette théorie (Wikipedia):

Les crises ne sont pas de simples ratés de la machine économique ; elles sont inhérentes à la logique interne du capitalisme. Elles sont salutaires et nécessaires au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes presque toujours au creux de la vague dépressionniste, parce que la crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. Au contraire, lors d’une période haute de non-crise, l’ordre économique et social bloque les initiatives, ce qui freine le flux des innovations et prépare le terrain pour une phase de récession, puis de crise.

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

Les récessions exposent les faiblesses de certains modèles d’affaires vétustes, elles créent de nouvelles opportunités et tuent les mauvaises habitudes, laissant le champs libre aux nouvelles idées innovatrices. Les facteurs de productions peuvent être achetés de ceux qui les utilisent mal par ceux qui les utiliseront mieux.

Les exemples sont nombreux.

DuPont a investi massivement en recherche et développement et a engagé des scientifiques qui étaient au chômage durant la Grande Dépression.  Vers la fin des années 1930s, 40% de ses ventes provenaient de produits qu’elle avait développé durant la dépression, tels que le nylon et le caoutchouc synthétique.

Les entreprises qui ont pris leur envol durant la Grande Dépression sont nombreuses, incluant Revlon, Hewlett-Packard, Polaroid et Pepperidge Farms.

C’est quand l’Union Soviétique s’est effondrée, plongeant la Finlande en sérieux problèmes économiques, que Nokia a décidé d’abandonner 90% de ses lignes d’affaires pour se concentrer sur les télécommunications, surtout sur la téléphonie sans-fil, industrie dont elle est devenue l’un des leaders.

Une étude de Bain Capital Group sur la période 1985-2001 a démontré que les fusions/acquisitions réalisées durant les récession ont généré un rendement environ 15% supérieur à celles faîtes durant les périodes de croissance économique.

La Fondation Kauffman, laquelle étudie l’entreprenariat, mentionne que la moitié des entreprises du Fortune 500, incluant FedEx, CNN et Microsoft, ont été fondées soit durant des récessions ou durant des périodes de faiblesse économique. La plupart de ces entreprises sont apparues à partir d’idées qui ont révolutionné leur industrie.

Comme le disait Schumpeter: “The essential point to grasp is that in dealing with capitalism we are dealing with an evolutionary process.” Imaginez l’efficience et la superbe complexité de la sélection naturelle appliquée à l’économie. Imaginez la chauve-souris sans son système de guidage ultra-son, la giraffe sans son long cou pour atteindre les feuilles élevées, le caméléon sans son camouflage, une araignée sans sa capacité à tisser des toiles ou le hérisson sans son système de défense. Ces "innovations" sont le fruit de l’évolution sous la pression de l’environnement; de la compétition pour la survie.

La destruction créative ne fonctionne pas dans une économie socialiste. L’État y a le monopole et n’a aucune pression compétitive pour stimuler l’amélioration de la productivité par l’innovation. C’est ce qui a été observé en Union Soviétique après la chute du rideau de fer. On y a observé de la machinerie agricole fonctionnant avec des moteurs à vapeur développés dans les années 1920s.

L’industrie pétrolière Soviétique fut aussi un cas spectaculaire démontrant ce qui se produit en l’absence de destruction créative. Les technologies utilisées dans les années 1980s dataient des années 1950s, et ce allant du simple outil de forage jusqu’aux activités de raffinage. Le matériel de forage était primitif; incapable de dépasser 3,000 pieds sans se briser (ce qui est un problème majeur lorsque la plupart des gisements restants dépassaient cette profondeur).

En somme, s’il y a un côté positif dans une récession, c’est bien la destruction créatrice. Celle-ci est un moteur d’innovation et d’amélioration de notre niveau de vie. C’est pourquoi il faut s’opposer aux plans de relance et aux bailouts, lesquels agissent comme du sable dans l’engrenage de la destruction créatrice et du capitalisme. Les gouvernements pensent que par leur interventionnisme, ils peuvent enrayer les cycles économiques, comme le suggérait Keynes. Ce faisant, ils ne font que les amplifier!

Il est certain que la destruction créatrice crée du chômage temporaire. Les travailleurs dont les compétences sont rendues obsolètes par une innovation technologique entrent dans une période de transition où l’on verra ces ressources humaines être allouées à d’autres activités dans l’économie. La mobilité des travailleurs n’étant pas parfaite, cette transition est parfois difficile, mais c’est le prix à payer pour le niveau de vie duquel nous bénéficions grâce au capitalisme.

Il serait stupide de stopper l’innovation et le progrès au nom de la protection de ces emplois archaïques. C’est pourtant ce que l’on fait lorsque l’on empêche le libre-marché de fonctionner.

En terminant, voici une excellente illustration de ce phénomène, tirée d’un article de W. Michael Cox et Richard Alm:

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*Référence: The Economist, 3 octobre 2009, p. 82.

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À lire les médias financiers ces temps-ci, on se rend vite compte à quel point les gens craignent la déflation. Le keynesiannisme est si ancré dans les moeurs économiques de Wall-Street que personne n’ose se demander si cette menace ne serait pas illusoire.

Ce que la bible de Keynes nous dit c’est que lorsqu’il y a apparence de déflation, sous la forme d’une baisse des prix à la consommation, les gens retardent indéfiniement leurs achats puisqu’ils anticipent que les prix vont continuer de baisser. Cette baisse de la consommation crée une forme de marasme économique qu’il faudrait à tout prix éviter en créant de la monnaie et en générant de l’inflation.

La logique derrière ces actions est que si on réussit à créer de l’inflation, les volumes de ventes et les prix vont augmenter. Cette stimulation artificielle de la demande va faire en sorte que les entreprises verront leurs profits augmenter et pourraient investir dans leur capacité de production et embaucher de nouveaux employés. Ces nouveaux employés vont dépenser et aider à faire repartir la machine de la croissance économique.

Mais les choses fonctionnent-elles vraiment ainsi? De Décembre 1997 à Août 2009, le prix des ordinateurs personnels a baissé de 93% malgré une amélioration constante de la performance de ceux-ci. Les ventes d’ordinateurs ont-elles baissé pour autant, les acheteurs reportant leurs achats anticipant une continuelle baisse de prix? Évidemment que non! Les ventes ont explosé au cours de cette période.

Au contraire, la déflation permet à chacun des dollar que vous obtenez en échange de votre travail d’acheter davantage de biens; elle augmentent votre pouvoir d’achat. D’ailleurs, si la productivité des travailleurs augmente en raison d’une amélioration technologique, alors que la quantité de monnaie demeure inchangée, il en résultera de la déflation car plus de biens seront produits pour une même quantité de monnaie.

Lorsqu’une banque centrale crée de la monnaie, disons en achetant des titres de dette du gouvernement, elle vous subtilise une partie du pouvoir d’achat de votre argent et le remet au gouvernement pour qu’il dépense à sa guise. C’est d’ailleurs pour cette raison que les gouvernements adorent le keynesiannisme.

D’autre part, en voulant créer de l’inflation, la Federal Reserve est présentement en train de regonfler la bulle financière. Ce ne sont pas les prix à la consommation qui montent, mais les prix des actifs (bourse, immobilier, etc). Pas surprenant que Wall-Street aime aussi le keynesiannisme…

Les taux d’intérêts

Dans une économie libre, les taux d’intérêts sont en fait le prix de la monnaie. Ils représentent une information vitale pour les consommateurs et les producteurs concernant leurs préférences de consommation et leurs opportunités d’investissement. Ils coordonnent les investissements et, par le fait même, la production future, de façon à ce qu’elle corresponde aux préférences des consommateurs.

Lorsqu’une banque centrale manipule les taux d’intérêts par sa politique monétaire, elle brouille le signal de prix que ces taux envoient à l’économie. Les décisions de consommation et d’investissement deviennent déconnectées de la réalité, le mécanisme d’allocation des ressources du marché ne fonctionne plus correctement et l’économie se met à dérailler.

C’est ce qui s’est produit à l’aube de la crise financière que nous venons de traverser, et c’est aussi ce qui est à l’origine des cycles économiques en général (boom & bust). Le taux cible de la Federal Reserve est passé de 6.5% à la fin de 2000 à 1.0% vers la mi-2003. Il est resté à ce niveau durant presque un an. La banque centrale américaine a atteint cet objectif en innondant l’économie de nouvelle monnaie. Pendant que le taux d’épargne est tombé à un niveau presque nul, les investissements dans le secteur de l’immobilier résidentiel ont explosé, menant à la bulle qui a éclaté en 2007.

En réponse à cette situation et brandissant le spectre de la déflation, le remède utilisé par la Federal Reserve au niveau de sa politique monétaire a été de descendre son taux cible à 0.25%. Pour ce faire, elle crée de la monnaie à un rhytme jamais vu depuis la 2e guerre mondiale. Autrement dit, la Fed essaie de contrer les effets de l’éclatement de la bulle en tentant de la regonfler! Plutôt que de laisser les mécanismes du marché faire leur travail et remettre l’économie sur les rails, la Fed continue de perturber ces mécanismes et les empêche de fonctionner correctement.

C’est l’essence même du keynesiannisme d’utiliser la politique monétaire pour décourager l’épargne et générer de l’inflation. Et nous allons bientôt observer les conséquences inévitables des théories de Keynes, tout comme dans les années 1970s, i.e. l’hyper-inflation.

L’explication néo-keynesienne populaire veut que la Grande Inflation des années 70s a été causée par une spirale des salaires (les hausses de salaires augmentait les coûts des entreprises, lesquelles passaient ces hausses de coûts à leurs consommateurs en haussant les prix, ce qui faisait en sorte que les employés demandaint des augmentations de salaires pour contrer la hausse des prix, ainsi de suite).

Il ne peut en être ainsi puisque lorsque le prix d’un bien augmente, la population devra y consacrer une plus grosse partie de son revenu, ce qui laisse moins d’argent pour d’autres biens, ce qui fera baisser le prix de ces autres biens. Ainsi, il ne peut y avoir de hausse générale des prix que s’il y a une augmentation de la quantité de monnaie dans l’économie, laquelle permet à tous les prix d’augmenter.

À cette époque, le gouvernement et la Fed ayant embrassé le keynesiannisme, ceux-ci visaient un taux de chômage inférieur à 2%, et ce à n’importe quel prix. Pour ce faire, le gouvernement dépensait sans relâche avec de l’argent nouvellement créé par la Fed. Dans les années 1950s, qui furent très prospères en raison de l’après-guerre, la masse monétaire a augmenté de 23%. Durant les années 1960s, celle-ci a augmenté de 44%. Dans les années 1970s, elle a augmenté de 78%! C’est de là qu’est venue l’inflation. Et depuis 2000, la masse monétaire a augmenté de 78% et la décennie n’est même pas terminée; je vous laisse deviner la suite…

Et dire qu’on craint la déflation!

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Le principe des impôts

Voici une petite métaphore sur les impôts écrite par le professeur d’économie David Kamerschen il y a quelques années. C’est en fait une traduction française que j’ai trouvée sur l’internet:

Le principe des impôts semble pouvoir s’expliquer par une logique assez simple. Mais beaucoup pourtant ne le saisissent toujours pas.
Laissez-moi vous l’expliquer en des termes simples que tout le monde peut comprendre.

Imaginons  que tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière et que  l’addition totale se monte à 100 euros. Normalement, cela ferait 10 euros par  personne.

Mais nos  dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire  du calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui donna à peu près ceci  :
· Les quatre  premiers (les plus pauvres), ne payeraient  rien.
· Le  cinquième paierait 1 euros
· Le  sixième paierait 3 euros
· Le  septième paierait 7 euros
· Le  huitième paierait 12 euros
· Le  neuvième paierait 18 euros
· Le  dernier (le plus riche ) devrait payer 59  euros.

Les dix  hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez  contents de leur arrangement.

Jusqu’au  jour où le tenancier les plaça devant un dilemme  :

« Comme  vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20  euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que  80 euros. »

Le groupe  décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient  payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais  comment les six autres, (les clients payants), allaient  diviser les 20 euros de remise de façon équitable ?

Ils réalisèrent que 20  euros divisé par 6 faisaient 3.33 euros. Mais s’ils  soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme  devraient être payés pour boire leur bière.

Le  tenancier du bar suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de  chacun d’un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs.

Ce qui  donna à peu près ceci :
· Le 5ème  homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
· Le 6ème  paya 2 euros au lieu de 3 (33% réduction) · Le 7ème paya 5 euros au lieu de 7  (28% de réduction)
· Le 8ème paya 9 euros au lieu de 12 (25% de réduction)
·  Le 9ème paya 14 euros au lieu de 18 (22% de réduction)
· Le 10ème paya 50  euros au lieu de 59 euros (16% de réduction)

Chacun des  six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers  continuèrent à boire  gratuitement.

Mais  une fois hors du bar, chacun compara son économie  :
«  J’ai seulement eu 1 euros sur les 20 euros de remise », dit le 6ème, il  désigna le 10ème « lui, il a eu 9 euros d’économie».

«  Ouais ! dit le 5ème, j’ai seulement eu 1 euros d’économie » « C’est vrai ! »  s’exclama le 7ème, « pourquoi aurait- il 9 euros alors que je n’en ai eu que 2  ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction  »

« Attendez  une minute » cria le 1er homme, « nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le  système exploite les pauvres ».

Les 9  hommes cernèrent le 10ème et l’insultèrent. La nuit  suivante, le 10ème homme ne vint  pas.

Les neuf  autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quant vint le moment de  payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : ils n’avaient pas  assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de  l’addition

Et cela,  mes chers amis, est le strict reflet de notre système d’imposition. Les gens  qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de  taxe. Taxez les  plus forts, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer  désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à  l’étranger…

Pour ceux  qui ont compris, aucune explication n’est  nécessaire.

Pour ceux  qui n’ont pas compris, aucune explication n’est  possible.

Signé
David R. Kamerschen, Ph.  D.
Professeur  d’économie

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Cette série d’articles sur le pétrole vise à démystifier les faits reliés au pic pétrolier ainsi qu’à fournir une vue plus rationnelle entre les alarmistes anticipant une catastrophe économique et ceux qui nient systématiquement ces faits. Ce dossier sera divisé en quatre parties : la consommation, les réserves, la production et les conclusions.

Les Conclusions : pic pétrolier = prix élevé.

En somme, nous avons vu que le maintient et l’augmentation des réserves exploitables de pétrole sont intimement liés à un prix du pétrole élevé et croissant, ainsi qu’au développement des technologies dans l’industrie, et non à la découverte de nouveaux gisements. Nous n’épuiserons jamais tout le pétrole qui se trouve sous la croûte terrestre, parce qu’une bonne partie de ce pétrole est inaccessible et que le prix ne justifiera jamais les coûts nécessaires à le produire.

Au niveau de la production, si nous avons un déclin naturel de la production actuelle d’environ 5% par année et une augmentation moyenne de la consommation mondiale de 2.4%, ce sera tout un défi de faire croître la production pour non seulement combler le manque à gagner du déclin naturel, mais aussi subvenir à la croissance de la demande. C’est comme courir sur un tapis-roulant qui va de plus en plus vite.

Comme nous l’avons vu dans la troisième partie, les nouveaux projets sur lesquels nous comptons pour la production future ont des coûts de production très élevés et requièrent un prix du pétrole tout aussi élevé pour faire du sens économiquement. Comme la demande est plutôt inélastique à court et moyen terme, il faudra que le prix augmente beaucoup pour que le marché demeure en équilibre.

Donc, la conséquence principale du pic pétrolier est que le prix va continuer d’augmenter drastiquement. Et comme le pétrole est partout dans nos vies, ça veut donc dire que le monde va changer radicalement au cours des 20 prochaines années. Cela ne veut pas nécessairement dire une catastrophe. Plusieurs alarmistes brandissent le spectre d’un désastre économique et politique. Cela est exagéré selon moi. L’économie et la société vont réussir à s’adapter, mais ce sera tout de même un changement majeur pour notre mode de vie et tout un défi pour l’humanité. Voici quelque-uns des changements que j’anticipe :

-         Les automobiles et l’utilisation que nous en faisons vont changer. Nous utiliserons davantage les carburants alternatifs (éthanol, gaz naturel), les technologies hybrides ou simplement électrique. Nous allons utiliser des véhicules plus petits, surtout en ville. Nous allons moins conduire; rationner nos déplacements, utiliser davantage le transport en commun.

-         Nous allons vivre plus près de notre travail; peut-être même faire davantage de télétravail. Ces banlieusards qui travaillent à Montréal vont peut-être reconsidérer leur positionnement géographique. C’est tout le développement des banlieues éloignées qui sera à reconsidérer.

-         Le transport aérien va connaître des temps fort difficiles. Le coût du carburant rendra certains voyages carrément illogiques. Les voyageurs d’affaires utiliseront davantage le train et la vidéo-conférence. Fini les tout inclus à Cuba pour $800. Nous voyagerons sur de moins grandes distances et à moindre fréquence.

-         Le commerce international aussi sera affecté, car les coûts de transports sont fortement corrélés au prix du pétrole. Vous n’avez qu’à regarder le Baltic Dry Index (voir graphique plus bas), qui mesure les prix du transport paquebot et qui suit le prix du pétrole comme une queue de veau. L’augmentation des coûts de transports fera en sorte que de plus en plus de biens seront produits localement plutôt qu’à l’autre bout de planète.

-         À cet égard, les allées des supermarchés pourraient aussi changer. Vos poivrons rouges du Mexique, vos tomates de Californie, vos oranges de Floride, vos bananes du Costa Rica, vos saumons de la Norvège (apprêtés en Chine); le prix de ces aliments venant des quatre coins de la planète augmentera significativement, rendant leur consommation fort onéreuse.

-         D’ailleurs, l’agriculture aussi devra changer. L’agriculture industrielle moderne pourrait très bien être décrite comme étant simplement une méthode consistant à convertir du pétrole et du gaz naturel en nourriture. Nous utilisons le gaz naturel et le pétrole pour fabriquer les fertilisants, pesticides et herbicides si importants à la performance des récoltes. Nous utilisons du pétrole pour faire rouler toute la machinerie qui a permis à la productivité agricole d’augmenter ces dernières décennies (tracteurs, pompes d’irrigation, camions, etc) et pour le transport des intrants et extrants de l’agriculture. L’agriculture est l’industrie qui consomme le plus de pétrole aux États-Unis et elle compte pour 17% de la consommation totale d’énergie. Notre système d’agriculture moderne est très dépendant du pétrole.

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 Ce qu’il y a plus à craindre dans tout ça, c’est-à-dire ce qui rendra notre adaptation au pic pétrolier encore plus difficile, c’est l’intervention gouvernementale. Que ce soit par la nationalisation des ressources, l’introduction de prix-plafonds, le rationnement, les sanctions envers les compagnies pétrolières, les subventions, etc, le gouvernement ne peut qu’empirer la situation et rendre le processus de « destruction créative » du capitalisme, qui est soit dit en passant la meilleure chose sur laquelle nous fier face à ce défi, moins efficace.

En somme, l’augmentation du prix du pétrole n’affectera pas seulement vos déplacements en automobile, mais tout ce que vous consommez. Tout coûtera plus cher puisque le pétrole est le sang qui coule à travers les veines de l’économie. Évidemment, l’efficience énergétique du monde s’est beaucoup améliorée et va continuer de s’améliorer à mesure que le prix du baril augmente. Cependant, ce ne sera pas suffisant car jusqu’à maintenant, la hausse de la demande a dépassé les gains d’efficience. C’est tout à fait normal et dû à ce que l’on appelle le paradoxe de Jevons:

Le paradoxe de Jevons, baptisé du nom de son découvreur, l’économiste britannique William Stanley Jevons, énonce qu’à mesure que les améliorations technologiques augmentent l’efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. En particulier, ce paradoxe implique que l’introduction de technologies plus efficaces en matière d’énergie peut, dans l’agrégat, augmenter la consommation totale de l’énergie. (…) Jevons a observé que la consommation anglaise de charbon a fortement augmenté après que James Watt a introduit sa machine à vapeur, qui était bien plus efficace que celle de Thomas Newcomen. Les innovations de Watt ont fait du charbon une source d’énergie plus rentable, ce qui a conduit à généraliser l’utilisation de sa machine à moteur à vapeur au sein des entreprises. Celles-ci ont à leur tour fait augmenter la consommation totale de charbon, même lorsque la quantité de charbon utilisée dans le cadre d’une utilisation particulière diminuait.

Au niveau de ce qui pourrait retarder l’augmentation du prix, il y a évidemment la continuelle amélioration des technologies de production ainsi que la capacité excédentaire de l’OPEP qui est présentement très élevée (voir graphique ci-bas). À plus de 6 millions de barils/jour, ce surplus pourrait fournir un coussin temporaire à une reprise drastique de la demande. Évidemment, tout comme c’est le cas pour leurs réserves, les pays de l’OPEP surestiment fort probablement ce chiffre. En réalité, leur capacité excédentaire est probablement plus près de 4 millions de barils/jour, ce qui pourrait nous fournir un répit équivalent à 1 an de déclin naturel de la production.

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 En terminant, voici les scénarios de l’EIA publiés en Avril dernier :

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Cette série d’articles sur le pétrole vise à démystifier les faits reliés au pic pétrolier ainsi qu’à fournir une vue plus rationnelle entre les alarmistes anticipant une catastrophe économique et ceux qui nient systématiquement ces faits. Ce dossier sera divisé en quatre parties : la consommation, les réserves, la production et les conclusions.

La production

Trop souvent, les gens qui nient l’importance du pic pétrolier s’attardent aux réserves, alors que la définition même du pic pétrolier est basée sur la production. C’est la pièce la plus importante de cette problématique.

La production de pétrole a augmenté de 31.8 millions de barils par jour en 1965 à 81.8 millions en 2008 (+2.2% par année). Malgré le fait que le prix du baril ait constamment augmenté ces dernières années pour atteindre $147 en 2008, la production de pétrole n’a pratiquement pas augmenté depuis 2005 (+0.9% de 2005 à 2008). Il semble donc que tout comme la demande, la production est maintenant passablement inéalstique.

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D’ailleurs, si l’on excluait les natural gas liquids (NGLs), la production a quelque peu diminué depuis 2005. En effet, les NGLs, même s’ils sont inclus dans la production de pétrole, ne peuvent remplir votre réservoir d’essence; seulement votre briquet ou votre bonbonne de BBQ. La production de NGLs a beaucoup augmenté ces dernières années, ce qui donne une illusion que la production totale d’hydrocarbures a augmenté un peu au cours des 3 dernières années. Cette donnée démontre que la production est présentement sur un plateau qui pourrait s’avérer être le fameux « pic pétrolier », c’est-à-dire le rythme de production le plus élevé atteignable.

 Le problème majeur est que le déclin naturel de la production existante est présentement de 4 millions de barils/jours par année. Qu’est-ce que le déclin naturel? C’est lorsque la production d’un puits de pétrole a terminé sa période d’augmentation rapide et commence à diminuer. La grande majorité des puits qui sont présentement en production ont dépassé ce stade. La production totale suit donc présentement cette fonction, dont la pente est de -4 Mb/d.

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 Un exemple pertinent de ce phénomène est le gisement Cantarell, dans le Golfe du Mexique; le dernier méga-gisement à avoir été découvert sur notre planète (1976). Il s’agit d’une importante source d’approvisionnement pour les États-Unis et sa production est présentement en fort déclin. Je vous invite à comparer ce graphique avec le précédent; la similitude est frappante.

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Cela signifie qu’il faut trouver de nouvelles sources de production de cet ordre (4 millions de barils/jour) à chaque année juste pour maintenir la production égale à l’année précédente; et ce chiffre va continuer d’accélérer. Pour vous donner une idée, les sables bitumineux canadiens ne dépasseront probablement jamais 3 millions de barils/jour…

Ainsi, l’Energy Information Administration (agence du gouvernement américain en charge des statistiques et prévisions sur l’énergie) prévoit qu’il faudra 43 millions de barils/jour en nouvelle production d’ici 2030 pour compenser le déclin naturel de la production et l’augmentation de la demande. Plusieurs experts pensent que les estimations de l’EIA sont plutôt optimistes et que le défi sera encore plus grand.

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D’où viennent les nouvelles sources de production ces dernières années? Pas des puits comme Ghawar, qui sont immenses, sont découverts par un coût de pelle accidentel et dont les coûts de production sont minimes. Ces puits, que je qualifierais de « low hanging fruits », sont en déclin. Les nouvelles sources de production sont beaucoup plus coûteuses : sables bitumineux et les gisements en eaux profondes.

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Par exemple, « l’immense » découverte de BP d’il y a quelques semaines (Tiber : 3.5 milliards de barils) dans le Golfe du Mexique. Le pétrole se trouve à 35,000 pieds sous le fonds de l’océan! C’est l’équivalent de l’Everest…Ça va prendre jusqu’en 2016-2018 avant que la production ne commence, et cette production sera d’environ 300,000 barils/jour. Il faudrait donc trouver 14 gisements comme celui-ci par année juste pour maintenir la production mondiale stable! C’est là où nous sommes rendus pour le futur de la production…

Depuis le milieu des années 1980, le ratio réserves / production s’est maintenu entre 39.8 et 43.4. Cette stabilité est principalement attribuable au fait que le prix du baril a augmenté. En effet, pour que la production suive la croissance de la consommation, il faut que le prix du baril justifie les coûts de production des nouveaux projets, et il faut faire les investissements nécessaires au développement de ces projets.

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Ainsi, le projet de BP ci-haut mentionné et dont les coûts de production sont astronomiques n’est faisable que parce que le prix du pétrole est suffisamment élevé, autrement il serait abandonné. Présentement ce qui est positif est que les coûts d’opérations sont à un niveau très bas en raison du surplus de main d’oeuvre dans l’industrie suite à l’annulation de plusieurs projets. Imperial a réussi à rentabiliser le Kearl Oil Sands Project à un coût assez bas. Les prix des services pétroliers ont baissé de de 20% à 50% au cours des 18 derniers mois, non pas en raison de développements technologiques, mais simplement parce que l’industrie roule présentement à 35% de sa capacité (i.e. un énorme surplus). Cette situation pourrait se renverser rapidement. 

À suivre demain: les conclusions.

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Je prend une courte pause de mon dossier sur le pic pétrolier, dont les parties 3 et 4 seront publiées jeudi et vendredi, pour vous parler de cet article paru dans The Independent qui a fait beaucoup de remous hier.

“Gulf Arabs are planning – along with China, Russia, Japan and France – to end dollar dealings for oil, moving instead to a basket of currencies including the Japanese yen and Chinese yuan, the euro, gold and a new, unified currency planned for nations in the Gulf Co-operation Council, including Saudi Arabia, Abu Dhabi, Kuwait and Qatar.  Secret meetings have already been held by finance ministers and central bank governors in Russia, China, Japan and Brazil to work on the scheme, which will mean that oil will no longer be priced in dollars.”

Comme vous en avez sûrement entendu parlé depuis des mois, les déficits du gouvernement américain atteindront des niveaux records au cours des 5 prochaines années. L’endettement engendré par ces déficits sera monstrueux et ces obligations devront être remboursées éventuellement. Pour ce faire, croyez-vous que le gouvernement américain réduira ses dépenses pour rétablir l’équilibre budgétaire? Rien de moins sûr. Croyez-vous qu’il augmentera les impôts? Fort probable, mais ce ne sera pas suffisant. Comment le gouvernement fera-t-il alors pour payer ses dettes aux pays étrangers? De la même façon qu’il l’a toujours fait: en imprimant de l’argent.

L’inflation est en fait une perte du pouvoir d’achat de la monnaie. Ainsi, après une période d’inflation, le pouvoir d’achat de la monnaie qui sert à rembourser une dette a diminué, ce qui signifie que la dette vaut moins cher en dollars constants. C’est la façon la plus subtile et hypocrite que peut utiliser un gouvernement pour financer ses dépenses.

Mais n’allez pas croire que les pays étrangers sont stupides et qu’ils vont se laisser manger la laine sur le dos ainsi. Car si la valeur du dollar US s’effrite en raison de la création de monnaie, il en est de même pour la valeur des réserves en dollar US des pays étrangers. Et les dirigeants de ces pays ont bien compris ce petit manège. La meilleure façon de s’en prémunir est donc d’utiliser autre chose comme réserves…ce qui serait catastrophique pour le dollar US et l’économie américaine.

Si vous croyez que la déroute du dollar US va se poursuivre et que vous voulez en profiter en tant qu’investisseur, l’une des bonnes façons serait d’acheter de l’or. D’ailleurs, le prix de l’or a dépassé $1,042 hier. Vous pouvez l’acheter de façon physique (voir comment), ou investir dans une fiducie comme Central Gold Trust (GTU.UN sur le TSX), mais je pense que ces deux méthodes sont inefficaces. Vous paierai une prime et beaucoup trop de frais.

La meilleure méthode selon moi serait d’acheter un fonds négocié en bourse comme le Comex Gold Trust (IGT sur le TSX). Vous ne paierai aucune prime et les frais sont minimes. Mais comme le prix de l’or est en dollars américains, il serait préférable de couvrir votre position en vendant le dollar US à découvert à l’aide d’un contrat à terme. Comme le gouvernement canadien sera vraisemblablement moins inflationniste que le gouvernement américain dans les prochaines années, il y a fort à parier que le huard continuera de s’apprécier face au dollar. Vos gains sur l’or seraient donc annulés par vos pertes sur le taux de change CAD/USD.

Question de faire un lien avec mon dossier sur le pétrole, voici un graphique plutôt intéressant montrant la quantité d’or nécessaire (en onces) pour acheter un baril de pétrole au cours des 20 dernières années. Vous pouvez y constater que 1) le pic de 2008 n’est pas tellement plus haut que ceux de 2005 et 2000, 2) le prix du pétrole est présentement bas même s’il a rebondi de son creux, 3) même si la série est plutôt volatile et relativement stationnaire, on peut observer une nette tendance à la hausse qui devrait se poursuivre une fois la reprise économique enclenchée.

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Cette série d’articles sur le pétrole vise à démystifier les faits reliés au pic pétrolier ainsi qu’à fournir une vue plus rationnelle entre les alarmistes anticipant une catastrophe économique et ceux qui nient systématiquement ces faits. Ce dossier sera divisé en quatre parties : la consommation, les réserves, la production et les conclusions.

Les Réserves

Les réserves mondiales de pétrole ont augmenté de 667.2 millions de barils en 1980 à 1,258 millions de barils en 2008, soit +88.5% au total ou +2.3% par année. Au rythme de consommation actuel, les réserves de 2008 représentent 40.8 années de consommation. En prenant comme hypothèse une croissance annuelle de la demande de +2.4%, les réserves représentent moins de 29 ans de consommation.

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Cependant, l’augmentation des réserves ne signifie pas pour autant que nous ayons fait beaucoup de découvertes de nouveaux gisements. Voici un résumé des découvertes pétrolières significatives des 33 dernières années:

Cantarell (Mexique, 1976) 35 milliards de barils (18 milliards exploitables).

Tengiz (Kazakhstan, 1979) 25 milliards de barils.

Priobskoye (Russie, 1982) 13 milliards de barils.

Kashagan (Kazakhstan, 2000) 13 milliards de barils, entrera en production en 2014.

Azadegan (Iran, 2004) 6 milliards de barils.

Tupi (Brésil, 2007). 8 milliards de barils.

Sugar Loaf (Brésil, 2007) 33 milliards de barils.

BP (Golfe du Mexique, 2009) 3 milliards de barils.

Le total de ces découvertes est de 136 milliards de barils. À un taux de recouvrement de 50%, ça équivaut à 4.4 ans de consommation au rythme actuel. Bien sûr, il y a eu beaucoup d’autres plus petites découvertes de moins de 1 milliard de barils, mais ça ne change pas le portrait.

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Alors comment les réserves totales ont elles augmenté de 89% si on ne découvre pas beaucoup de nouveaux gisements? À cause de l’augmentation du prix du pétrole et du développement technologique, qui permettent à certains gisements auparavant jugés inexploitables d’être maintenant considérés comme exploitables.

Prenons par exemple, les sables bitumineux canadiens. Avec un prix du baril à $18 et la technologie de 1980 (et les coûts de production qui vont avec), aucune chance de produire quoi que ce soit économiquement. Mais au fil du temps, les projets se sont développés et, grâce à l’augmentation du prix du pétrole, ils ont été ajoutés aux réserves exploitables. Ce n’est pas une nouvelle découverte, c’est simplement un changement d’évaluation de la réserve.

Il est donc faux de penser que l’augmentation du prix stimule les nouvelles découvertes au point de faire augmenter les réserves. Même si aucune découverte de nouveau gisement n’avait été fait ces dernières années, l’augmentation du prix en elle-même aurait suffit à faire augmenter les réserves mondiales de pétrole. L’exploration a dorénavant une contribution très faible aux réserves. L’augmentation des réserves depuis 1980 donne donc la fausse impression que nous trouvons continuellement de nouvelles réserves de pétrole; alors que la majorité de l’augmentation des réserves depuis 1980 provient de la simple augmentation du prix du pétrole.

Il est vrai que les prix faramineux des dernières années ont stimulé l’exploration et qu’en raison de ces investissements, la première moitié de 2009 a été très prolifique à cet égard. En effet, selon IHS Cambridge Energy Research Associates, il y a eu environ 200 nouvelles découvertes au cours de cette période, totalisant près de 10 milliards de barils. Cependant, même si 2009 sera une année "extraordinaire" au niveau des nouvelles découvertes, comme le monde consomme près de 31 milliards de barils en une année, cela est bien peu.

D’ailleurs, les réserves ne sont pas très importantes lorsque l’on évalue le futur du pétrole. J’aurais beau vous dire qu’il y a du pétrole quelque part à 35,000 pieds sous votre balcon, ça ne vous servirait à rien pour remplir votre réservoir! Il faut l’extraire, le transporter, le raffiner, le retransporter et le distribuer. Ce qui compte pour vous et moi c’est ce qui est disponible à la station du coin. Pas ce qu’il y a enfoui à l’équivalent de l’Everest sous la croûte terrestre. C’est donc sur la production qu’il faut se concentrer.

 À cet égard, les nouvelles découvertes des dernières années sont des gisements qui seront très coûteux à exploiter et qui requièrent des prix du baril de $60-$70 pour être rentables. Et plus les réserves peu coûteuses à exploiter déclineront, plus nous serons dépendants des nouveaux gisements qui sont les plus coûteux à exploiter.

D’ailleurs, depuis la chute drastique du prix du pétrole de 2008, c’est $150 milliards de projets pétroliers qui ont été annulés en raison de la chute du prix.

Ainsi, le maintient et l’augmentation des réserves pétrolières exploitables de la planète sont tributaires d’un prix du pétrole élevé et croissant.

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Cette série d’articles sur le pétrole vise à démystifier les faits reliés au pic pétrolier ainsi qu’à fournir une vue plus rationnelle entre les alarmistes anticipant une catastrophe économique et ceux qui nient systématiquement ces faits. Ce dossier sera divisé en quatre parties : la consommation, les réserves, la production et les conclusions.

La Consommation

La consommation mondiale de pétrole a augmenté de 31.1 millions de barils/jour en 1965 à 84.5 millions de barils/jour en 2008, soit +171.7% au total ou +2.4% par année.

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La consommation a diminué en 2008 en raison de la récession, mais elle a quand même augmenté ces dernières années malgré la hausse fulgurante du prix du baril. La loi de l’offre et de la demande ne semble pas vraiment s’appliquer au pétrole et il y a plusieurs raisons expliquant cette situation d’inélasticité de la demande.

 Tout d’abord, l’augmentation de la consommation provient essentiellement des pays émergents et des pays de l’OPEC. Par exemple, la Chine a augmenté sa consommation de +18% depuis 2003 et l’Amérique latine de +20%. Les pays du Moyen-Orient (la plupart figurant parmi les plus importants producteurs de pétrole) ont quant à eux augmenté leur consommation de +19%. Ces pays accèdent présentement au luxe d’avoir une automobile. Les ventes de véhicules explosent dans ces pays au fur et à mesure qu’une classe moyenne en émerge. Cette nouvelle consommation fait augmenter le prix, ce qui décourage la consommation dans les pays industrialisés. Cette situation va vraisemblablement continuer dans le futur.

 

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 Deuxièmement, dans beaucoup de pays, il n’est pas surprenant que la consommation d’essence ait augmenté de façon exponentielle, puisque ces pays ne paient pas le prix du marché. Ils paient un prix fixe bien en-deçà du juste prix; ils n’ont donc aucun incitatif à rationner leur consommation en réponse à l’augmentation du prix de marché. En voici quelques exemples :

 Venezuela $0.02/litre

Iran $0.10/litre

Lybie $0.14/litre

Arabie Saoudite $0.16/litre

Qatar $0.22/litre

Émirats Arabes Unis $0.45/litre

L’étude suivante donne plus de détails : http://www.gtz.de/de/dokumente/en-int-fuel-prices-6th-edition-gtz2009-corrected.pdf

 Remarquez que ces pays sont aussi d’importants producteurs de pétrole. Cela signifie que l’augmentation de leur consommation « cannibalise » leurs exportations. Ça fait donc moins de pétrole disponible sur le marché mondial.

Le mode de vie des pays industrialisés, et de plus en plus des pays émergents, est centré sur l’automobile. Les véhicules sont devenus plus efficients, mais la consommation a continué d’augmenter. Le nombre de véhicules par foyer est passé de 1.16 en 1969 à 1.86 en 2001. Le nombre de milles parcourus a augmenté de 59% au cours de cette période; le nombre de déplacements a augmenté de 44% et la distance moyenne des déplacements à augmenté de 11% (nous vivons de plus en plus loin de notre travail).

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À suivre demain: les réserves.

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Il y a quelques semaines, je vous faisait part de mes réserves face à l’amélioration des indicateurs économiques de la fin de cet été dans un billet publié le 31 juillet dernier.

En effet, la reconstruction des inventaires, le programme cash-for-clunkers et les autres dépenses gouvernementales reliées au stimulus plan étaient derrière ces indicateurs économiques, et ce genre de chose ne peut soutenir une reprise économique forte et durable.

Or, les keynesiens commencent peut-être à rire jaune. Les indicateurs économiques des deux dernières semaines ont été plutôt faibles aux États-Unis:

Existing home sales -2% en août.

Manufacturing orders -2.4% en août.

Auto sales -35% en septembre.

ISM -0.6% en septembre.

Taux de chômage 9.8% (+0.1%) en septembre, accompagné de 263,000 pertes d’emplois.

Le S&P500 est en baisse de -4.1% depuis le 22 septembre, et le S&P/TSX en baisse de -5.2%.

La réalité est que le consommateur ne dépense pas (parce que l’emploi est mauvais), l’investissement non-gouvernemental est figé et les entreprises n’embauchent pas. Le gouvernement aura beau imprimer de l’argent et dépenser tant qu’il le voudra, il ne créera pas de richesse de cette façon. Finalement, le système bancaire américain est encore en lambeaux; le FDIC (assurance-dépôts) n’a plus que $10 milliards dans ses coffres et anticipent environ $100 milliards de pertes au cours des prochaines années à cause des faillites bancaires. Les États-Unis ont peut-être atteint le fonds du baril, mais il semble qu’ils pourraient y rester pour un bon bout de temps.

Pendant ce temps, le Canada bénéficie d’une embellie dans les prix des ressources (pétrole, or, cuivre, nickel, zinc et même l’aluminium et le gaz naturel montre des signes de vie). La Chine est bien entendu derrière cette situation. De plus, notre système bancaire est en bonne santé et notre marché immobilier a repris du poil de la bête (bien qu’il n’en avait pas vraiment perdu). Notre gouvernement est en meilleure posture financière; il a moins dépensé. Finalement, le Canada a relativement moins imprimé d’argent, ce qui est d’autant plus positif pour sa devise (et notre pouvoir d’achat). Pas surprenant que la bourse canadienne ait fait mieux que celle de nos voisins depuis le début de l’année, sur 1 an, 3 ans et 5 ans. C’est d’ailleurs au Canada que je vous recommanderais d’investir à ce point-ci, plutôt qu’aux États-Unis.

P.S.: Ne manquez pas mon dossier sur le pétrole, dont la première partie (sur quatre) sera publiée lundi matin.

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