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Archive for octobre 2009

L’une des raisons d’être positif relativement à l’économie canadienne à court et moyen terme est la hausse fulgurante du prix des ressources cette année. Le cuivre, le nickel, l’aluminium, l’acier, l’or, l’argent, le pétrole et même le gaz naturel sont en forte hausse ce qui est excellent pour notre économie. Mais pourquoi le prix de ces matières premières augmente-t-il autant à ce stade-ci du cycle économique?

Réponse: la Chine! Encore eux.

Tout d’abord, le gouvernement chinois a dépensé $586 milliards en infrastructures (routes, chemins de fer, centrales d’électricité et résidences) cette année dans le cadre de son plan de relance, lequel comprend aussi des baisses d’impôts et des subventions diverses. Ensuite, la politique monétaire du gouvernement Chinois est ultra-expansionniste. La presse à billets roule à fonds de train là-bas aussi ce qui a mené à une hausse de l’endettement (environ $1.3 billions* en nouveaux prêts dans les 9 premiers mois de 2009). Finalement, la devise chinoise est encore maintenue en situation de sous-évaluation, ce qui bénéficie à ces exportations et donc à sa production industrielle locale.

Tous ces éléments ont généré beaucoup de demande pour les ressources ci-haut mentionnées et le Canada est très bien placé pour en profiter. Mais combien de temps cela pourra durer? Le plan de relance se terminera l’an prochain. La politique monétaire devra se raffermir aussi l’an prochain lorsque l’inévitable inflation se pointera le bout du nez. Le yuan devra être ré-évalué à la hausse ce qui sera négatif pour les exportations. Bref, lorsque le stimuli gouvernemental sera retiré, il y a de bonnes chances que le ballon se dégonfle assez rapidement.

Il y a aussi le phénomène de reconstruction des inventaires. La production industrielle mondiale a commencé à rebondir récemment. Elle avait été coupée encore plus que la baisse des ventes ne le justifiait durant la récession, ce qui a fait en sorte que les inventaires sont devenus très bas. La production doit donc augmenter (temporairement?)pour rebâtir des inventaires plus appropriés. Lorsque les inventaires seront revenus à la normale, il faudra que la demande finale soit au rendez-vous pour que la production se maintienne. Présentement, la demande finale provient essentiellement des dépenses gouvernementales, mais cette situation est insoutenable à long terme. Les gouvernements ne pourront pas maintenir le rhytme sans bousiller leur situation financière (déficits / dette). Il faudra que les consommateurs dépensent et que les entreprises investissent.

Mais que font les consommateurs? Ils économisent! Le dernier boom économique s’est produit par l’endettement des ménages. Ceux-ci remboursent présentement leurs dettes plutôt que de dépenser. Et les entreprises font essentiellement la même chose devant la grande incertitude économique à laquelle elles font face. Elles coupent dans les coûts pour maintenir leurs flux monétaires positifs. 

Ce graphique montre la croissance du crédit octroyé par les banques américaines. Les entreprises et les ménages n’empruntent plus; ils remboursent leurs dettes.

bank credit

L’endettement des américains (et de la plupart des pays industrialisés) a d’ailleurs atteint un niveau insoutenable. Ce graphique (du Mises Institute) montre la dette totale des américains (gouvernement + entreprises + ménages) en pourcentage du PIB. Ce ratio ne pouvait augmenter indéfiniement et devra diminuer.

USdebttoGDP

 *$1.3 billions = $1,300,000,000,000

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Le « carry-trade » consiste tout simplement à emprunter dans un pays où les taux d’intérêt sont bas et à investir l’argent dans un pays où les taux d’intérêt sont plus élevé pour faire un profit sur l’écart de taux. Évidemment, lorsque la devise dans laquelle on investit s’apprécie par rapport à celle dans laquelle on emprunte, le profit est encore plus élevé.

Comme ces transactions consistent à vendre une devise pour en acheter une autre et comme elles impliquent d’énormes montants, lorsque les spéculateurs se mettent à faire du carry-trade sur une devise, il n’est pas rare de la voir se déprécier aux dépends de l’autre. C’est pourquoi je prétend que le dollar américain subit de la pression présentement à cause du carry-trade qui lui est défavorable.

Voici un petit vidéo explicatif provenant du Financial Times:

carrytrade

 

En ce moment, tout porte à croire que le dollar américain est devenu la nouvelle devise-cible du carry-trade. Les taux d’intérêts américains ont fortement baissé et les perspectives du dollar sont mauvaises (déficits, endettement, création de monnaie, perte d’importance comme monnaie de réserve, etc). Ainsi, il apparaît de plus en plus évident que le dollar américain subit une forte pression provenant du carry-trade et ce au profit des dollars canadien et australien.

Le graphique suivant montre que le taux d’intérêt LIBOR (en bleu)* est maintenant plus bas que le taux japonais (le Japon était l’ancienne cible du carry-trade). Il est donc maintenant plus rentable d’utiliser le dollar US que le Yen pour faire le carry-trade.

liborvstibor

La carte suivante montre en vert les devises qui se sont appréciées par rapport au dollar US depuis 1 an alors que les pays en rouge ont vu leur devise se déprécier par rapport au dollar américain. Comme vous pouvez le constater, la plupart des pays ont gagné du terrain. L’un des plus grand gagnant a été le dollar Australien (voir graphique plus bas).

currency_map

aussie_US

*J’utilise ici le taux LIBOR même s’il est transigé à Londres parce qu’il est tout de même représentatif de la situation aux États-Unis. Il aurait été plus exact d’utiliser un taux inter-banque transigé spécifiquement aux États-Unis.

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Il y a quelques semaines, je vous parlais d’un livre que j’ai lu récemment, lequel s’intitule Climate of Extremes et qui traite de la malhonnêteté intellectuelle qui règne dans le monde des écologistes au sujet des changements climatiques. C’est comme si les politiciens interventionnistes, les écologistes avides de subventions et les médias friants de sensationnalisme s’étaient tous mis d’accord pour laver le cerveau de la population à ce sujet, envoyant la démarche scientifique aux vidanges.

La chronique « Environnement » de Cyberpress est un bon exemple. Depuis quelques mois, cette chronique bombarde les lecteurs d’articles alarmistes (mais pauvres en données scientifiques) puisés dans les médias internationaux. Tous les articles que j’y ai lus allaient dans le même sens, aucun ne présentait de nuances. Comme si toute la communauté scientifique s’entendait sur les changements climatiques. Quel manque flagrant d’objectivité…

Par exemple, je suis tombé sur cet article aujourd’hui au sujet de l’impact de la hausse du niveau des océans sur les îles du Pacifique. L’article a été obtenu de France-Presse et ne présente aucun chiffre sur ce qui est avancé, soit que la hausse du niveau des océans sera plus élevé que prévu par le Giec (IPCC), ce qui aurait un impact considérable sur les habitants de ces îles. Le chercheur Patrick Nunn recommande d’ailleurs de déplacer ces populations ailleurs entre 2020 et 2050 parce qu’il prévoit une hausse de plus d’un mètre d’ici la fin du siècle. Il sollicite d’ailleurs de l’aide financière internationale à cet égard (évidemment!).

Plutôt que de nous alarmer inutilement et avant de sortir notre carnet de chèque pour nous déculpabiliser comme le voudrait M. Nunn, observons les vrais chiffres.

Tout d’abord, ce qu’il faut savoir est que le niveau des océans a toujours augmenté et ce depuis la fin de la dernière glaciation. La vrai question est de savoir si l’augmentation a été plus accentuée ces dernières années et, si c’est le cas, quelle différence ça fera.

Le graphique suivant résume bien les données qui sont disponibles présentement sur ce sujet et présente l’augmentation annuelle du niveau des océans provenant de trois sources différentes. Ce que les observations démontrent est que l’augmentation varie de façon cyclique autour d’une moyenne d’environ 1.8 mm/an. Comme l’indique l’observation satellite récente, nous sommes présentement dans le haut du cycle, en baisse vers la moyenne, et le cycle dans lequel nous sommes semble tout à fait normal.

Comme il reste environ 90 ans avant la fin du siècle, la prédiction de M. Nunn semble plutôt farfelue. Pour que les océans montent d’un mètre, il faudrait que l’augmentation soit de 11.1 mm/an d’ici la fin du siècle! Essayer donc de placer ce point dans le graphique, vous constaterez à quel point ce genre de déclaration n’est rien d’autre que de la désinformation pure et simple.

En fait, on tente de transformer une problématique locale de nature plutôt inévitable en un enjeu international. Comme si c’était de notre faute si le niveau des océans montait depuis 10,000 ans! Patrick Nunn travaille sur ce sujet depuis 24 ans aux frais des contribuables et il a très bien compris ce qu’il doit faire pour conserver son gagne-pain.

Source: World Climate Report.

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L’un des plus grands exemples de dérèglementation manquée est le marché de l’électricité de la Californie vera la fin des années 1990s. Pour plusieurs, c’est une illustration parfaite d’un échec du libre-marché*. Voici ce qui s’est réellement passé.

Au début des années 1990s, les prix de l’électricité étaient très élevés en Californie, ce qui fait en sorte que beaucoup d’entreprises énergivores fuiyaient cet État. Les investissements dans la capacité de production étaient insuffisants, notamment en raison de contraintes environnementales, ce qui faisait en sorte que le marché était trop « serré », et la situation monopolistique de cette industrie faisait en sorte que les entreprises n’avaient pas d’incitatif à améliorer la situation.

L’implantation d’un marché de l’électricité fut la solution proposée par le gouverneur de Californie. Le principe est simple: lorsque la capacité n’arrive plus à fournir la demande, le prix augmente, ce qui incite les producteurs à augmenter leur capacité de production en investissant dans de nouvelles centrales et à ramener le marché en équilibre. L’investissement est donc stimulé par le marché.

En 1996, s’amorce le processus de dérèglementation. Les entreprises combinant la distribution et la production ont été forcées à vendre leurs actifs de production à des producteurs indépendants (les IPPs), séparant ainsi ces deux activités. Environ 40% de la capacité de production californienne est passée des « utilities » aux mains des IPPs. C’est en avril 1998 que le marché « spot » de l’électricité a commencé ses opérations. Les distributeurs devaient acheter leur électricité des producteurs sur ce marché une journée à l’avance.

Question de mieux faire avaler la pilule, le prix à la consommation de l’électricité a été plafonné à 6.7 cents/KWh jusqu’en juillet 1999 et par la suite, toute augmentation demandée par les distributeurs devait être approuvée par les autorités de règlementation (un processus long et complexe). Par contre, le prix de gros (wholesale)  payé par les entreprises de distribution et qui se transige sur le marché spot n’était pas plafonné et était fortement corrélé au prix du gaz naturel. En Californie, comme dans bien des endroits, le gaz naturel est le carburant utilisé par les usines qui fournissent les périodes de pointe. Le prix du gaz naturel représente donc souvent le coût marginal de production dans ces marchés.

Entre 1998 et 2000, le prix de gros (fixé par le marché) s’est maintenu sous le prix plafond à la consommation, donc aucun problème. Cependant, une importante sécheresse survenue 2000 a fait en sorte de réduire la production d’hydro-électricité importée en Californie du Nord-Ouest. Cette baisse de l’offre d’électricité combinée à une augmentation drastique du prix du gaz naturel a fait explosé le prix de gros sur le marché californien. Le prix du gaz naturel avait été stimulé par un hiver froid  et une rupture d’oléoduc en 2000.

Comme les distributeurs ne pouvaient pas repasser l’augmentation aux consommateurs, ceux-ci ne réduisaient pas leur consommation; la demande était donc inélastique et les distributeurs devaient vendre à perte, ce qui devait inévitablement les mener à la faillite. Le prix règlementé (agissant comme un prix plafond) empêchait donc le signal du marché de se rendre aux consommateurs.

De plus, certaines entreprises telles que Enron et Reliant se sont mise à manipuler le marché. Plusieurs stratégies étaient utilisées, mais bien souvent elles tournaient autour des réseaux de transmission, notamment la jonction entre le réseau de Californie du Nord et celui du Sud. Cette jonction agissait comme un « goulot d’étranglement » que Enron s’amusait à paralyser en réservant la capacité de transmission sans l’utiliser. Cela faisait encore plus augmenter le prix de l’électricité et permettait à Enron de réaliser d’énormes profits. Évidemment, la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) se devait de contrer ces stratégies, mais elle n’avait pas les ressources et la sophistication nécessaires pour le faire à cette époque.

D’autre part, il y avait souvent des interuption pour l’entretien de centrales qui se produisaient en même temps, ce qui est normal puisque les producteurs indépendants n’avaient aucun incitatif à coordonner leurs interuptions d’entretien pour ne pas qu’elles se fassent en même temps. Les producteurs avaient plutôt un incitatif à faire leurs interuptions d’entretien en même temps,  puisque cela créait des hausses de prix drastiques et leur permettait d’empocher des profits élevés.

Comme les distributeurs avaient de la difficulté à joindre les deux bouts, ils ont eu de la difficulté à payer les producteurs. Certains d’entre eux ont donc arrêté de produire, ce qui a encore contribué à exacerber la pénurie et à faire monter le prix. En Janvier 2001, l’état d’urgence a été décrété par le gouverneur Davis.

Alors, s’agissait-il réellement d’un échec du libre-marché? Demandons-nous tout d’abord s’il s’agissait réellement d’un libre-marché. La plupart des observateurs s’entendent pour dire que la dérèglementation partielle (plutôt que complète) est à l’origine de la crise. Cette crise aurait pu être évité:

1) Si les distributeurs avaient pu demander le prix du marché à leurs consommateurs. Ça aurait limité la demande durant les périodes de pointe et donné du répit au prix. Ça aurait aussi permis aux distributeurs de maintenir leur santé financière. Comme c’est toujours le cas, les prix plafonds créent des pénuries…

2) Si l’on avait permis aux distributeurs de s’entendre avec les producteurs sur des contrats à long terme à un prix et pour une quantité prédéterminés. En effet, le marché californien de l’électricité était devenu un « one day ahead market » ne permettant pas de contrats long terme. Cela aurait pu stabiliser le marché et ça aurait permis aux distributeurs de réduire leur risque d’opération tout en permettant aux consommateurs de bénéficier d’une certaine stabilité des prix. D’ailleurs, la construction d’une centrale d’électricité peut prendre plusieurs années. Il est donc logique que des contrats d’approvisionnement de plusieurs années soient négociés entre les producteurs et les distributeurs. C’est de cette façon que les choses fonctionnent aujourd’hui dans les marchés dérèglementés.

3) Si la FERC et les autorités de règlementation de Californie (California Energy Commission) avaient remplis leur mandat de supervision pour s’assurer que le marché ne soit pas manipulé. L’autre facteur ayant contribué à la crise est la contrainte environnementale imposée par l’État de la Californie aux producteurs, celle-ci ayant aussi contribué à la pénurie. Vers 1995, la FERC avait refusé 1,400 mégawatts de nouvelle capacité (renouvellable et cogénération) sous la pression du lobby des utilities, parce que ces centrales auraient compétitionné avec les leurs. La FERC avait alors justifié sa décision en se basant sur des prévisions de demande beaucoup trop basses provenant de la California Energy Commission.

4) Si le Independent System Opérator (ISO), qui est en charge du réseau, avait pu coordonner les interuptions pour entretien de façon à ce qu’elles ne se produisent pas en même temps.

*(Voir par exemple François Rebello, « Le faux privé », Commerce, novembre 2007, p. 18),

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Le magazine hedbomadaire The Economist* a maintenant une nouvelle chronique intitulée « Schumpeter » en l’honneur de l’économiste Joseph Schumpeter, connu pour sa fameuse théorie de la destruction créatrice.

Voici un résumé de cette théorie (Wikipedia):

Les crises ne sont pas de simples ratés de la machine économique ; elles sont inhérentes à la logique interne du capitalisme. Elles sont salutaires et nécessaires au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes presque toujours au creux de la vague dépressionniste, parce que la crise bouscule les positions acquises et rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. Au contraire, lors d’une période haute de non-crise, l’ordre économique et social bloque les initiatives, ce qui freine le flux des innovations et prépare le terrain pour une phase de récession, puis de crise.

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

Les récessions exposent les faiblesses de certains modèles d’affaires vétustes, elles créent de nouvelles opportunités et tuent les mauvaises habitudes, laissant le champs libre aux nouvelles idées innovatrices. Les facteurs de productions peuvent être achetés de ceux qui les utilisent mal par ceux qui les utiliseront mieux.

Les exemples sont nombreux.

DuPont a investi massivement en recherche et développement et a engagé des scientifiques qui étaient au chômage durant la Grande Dépression.  Vers la fin des années 1930s, 40% de ses ventes provenaient de produits qu’elle avait développé durant la dépression, tels que le nylon et le caoutchouc synthétique.

Les entreprises qui ont pris leur envol durant la Grande Dépression sont nombreuses, incluant Revlon, Hewlett-Packard, Polaroid et Pepperidge Farms.

C’est quand l’Union Soviétique s’est effondrée, plongeant la Finlande en sérieux problèmes économiques, que Nokia a décidé d’abandonner 90% de ses lignes d’affaires pour se concentrer sur les télécommunications, surtout sur la téléphonie sans-fil, industrie dont elle est devenue l’un des leaders.

Une étude de Bain Capital Group sur la période 1985-2001 a démontré que les fusions/acquisitions réalisées durant les récession ont généré un rendement environ 15% supérieur à celles faîtes durant les périodes de croissance économique.

La Fondation Kauffman, laquelle étudie l’entreprenariat, mentionne que la moitié des entreprises du Fortune 500, incluant FedEx, CNN et Microsoft, ont été fondées soit durant des récessions ou durant des périodes de faiblesse économique. La plupart de ces entreprises sont apparues à partir d’idées qui ont révolutionné leur industrie.

Comme le disait Schumpeter: “The essential point to grasp is that in dealing with capitalism we are dealing with an evolutionary process.” Imaginez l’efficience et la superbe complexité de la sélection naturelle appliquée à l’économie. Imaginez la chauve-souris sans son système de guidage ultra-son, la giraffe sans son long cou pour atteindre les feuilles élevées, le caméléon sans son camouflage, une araignée sans sa capacité à tisser des toiles ou le hérisson sans son système de défense. Ces « innovations » sont le fruit de l’évolution sous la pression de l’environnement; de la compétition pour la survie.

La destruction créative ne fonctionne pas dans une économie socialiste. L’État y a le monopole et n’a aucune pression compétitive pour stimuler l’amélioration de la productivité par l’innovation. C’est ce qui a été observé en Union Soviétique après la chute du rideau de fer. On y a observé de la machinerie agricole fonctionnant avec des moteurs à vapeur développés dans les années 1920s.

L’industrie pétrolière Soviétique fut aussi un cas spectaculaire démontrant ce qui se produit en l’absence de destruction créative. Les technologies utilisées dans les années 1980s dataient des années 1950s, et ce allant du simple outil de forage jusqu’aux activités de raffinage. Le matériel de forage était primitif; incapable de dépasser 3,000 pieds sans se briser (ce qui est un problème majeur lorsque la plupart des gisements restants dépassaient cette profondeur).

En somme, s’il y a un côté positif dans une récession, c’est bien la destruction créatrice. Celle-ci est un moteur d’innovation et d’amélioration de notre niveau de vie. C’est pourquoi il faut s’opposer aux plans de relance et aux bailouts, lesquels agissent comme du sable dans l’engrenage de la destruction créatrice et du capitalisme. Les gouvernements pensent que par leur interventionnisme, ils peuvent enrayer les cycles économiques, comme le suggérait Keynes. Ce faisant, ils ne font que les amplifier!

Il est certain que la destruction créatrice crée du chômage temporaire. Les travailleurs dont les compétences sont rendues obsolètes par une innovation technologique entrent dans une période de transition où l’on verra ces ressources humaines être allouées à d’autres activités dans l’économie. La mobilité des travailleurs n’étant pas parfaite, cette transition est parfois difficile, mais c’est le prix à payer pour le niveau de vie duquel nous bénéficions grâce au capitalisme.

Il serait stupide de stopper l’innovation et le progrès au nom de la protection de ces emplois archaïques. C’est pourtant ce que l’on fait lorsque l’on empêche le libre-marché de fonctionner.

En terminant, voici une excellente illustration de ce phénomène, tirée d’un article de W. Michael Cox et Richard Alm:

creative_destruction

 

*Référence: The Economist, 3 octobre 2009, p. 82.

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À lire les médias financiers ces temps-ci, on se rend vite compte à quel point les gens craignent la déflation. Le keynesiannisme est si ancré dans les moeurs économiques de Wall-Street que personne n’ose se demander si cette menace ne serait pas illusoire.

Ce que la bible de Keynes nous dit c’est que lorsqu’il y a apparence de déflation, sous la forme d’une baisse des prix à la consommation, les gens retardent indéfiniement leurs achats puisqu’ils anticipent que les prix vont continuer de baisser. Cette baisse de la consommation crée une forme de marasme économique qu’il faudrait à tout prix éviter en créant de la monnaie et en générant de l’inflation.

La logique derrière ces actions est que si on réussit à créer de l’inflation, les volumes de ventes et les prix vont augmenter. Cette stimulation artificielle de la demande va faire en sorte que les entreprises verront leurs profits augmenter et pourraient investir dans leur capacité de production et embaucher de nouveaux employés. Ces nouveaux employés vont dépenser et aider à faire repartir la machine de la croissance économique.

Mais les choses fonctionnent-elles vraiment ainsi? De Décembre 1997 à Août 2009, le prix des ordinateurs personnels a baissé de 93% malgré une amélioration constante de la performance de ceux-ci. Les ventes d’ordinateurs ont-elles baissé pour autant, les acheteurs reportant leurs achats anticipant une continuelle baisse de prix? Évidemment que non! Les ventes ont explosé au cours de cette période.

Au contraire, la déflation permet à chacun des dollar que vous obtenez en échange de votre travail d’acheter davantage de biens; elle augmentent votre pouvoir d’achat. D’ailleurs, si la productivité des travailleurs augmente en raison d’une amélioration technologique, alors que la quantité de monnaie demeure inchangée, il en résultera de la déflation car plus de biens seront produits pour une même quantité de monnaie.

Lorsqu’une banque centrale crée de la monnaie, disons en achetant des titres de dette du gouvernement, elle vous subtilise une partie du pouvoir d’achat de votre argent et le remet au gouvernement pour qu’il dépense à sa guise. C’est d’ailleurs pour cette raison que les gouvernements adorent le keynesiannisme.

D’autre part, en voulant créer de l’inflation, la Federal Reserve est présentement en train de regonfler la bulle financière. Ce ne sont pas les prix à la consommation qui montent, mais les prix des actifs (bourse, immobilier, etc). Pas surprenant que Wall-Street aime aussi le keynesiannisme…

Les taux d’intérêts

Dans une économie libre, les taux d’intérêts sont en fait le prix de la monnaie. Ils représentent une information vitale pour les consommateurs et les producteurs concernant leurs préférences de consommation et leurs opportunités d’investissement. Ils coordonnent les investissements et, par le fait même, la production future, de façon à ce qu’elle corresponde aux préférences des consommateurs.

Lorsqu’une banque centrale manipule les taux d’intérêts par sa politique monétaire, elle brouille le signal de prix que ces taux envoient à l’économie. Les décisions de consommation et d’investissement deviennent déconnectées de la réalité, le mécanisme d’allocation des ressources du marché ne fonctionne plus correctement et l’économie se met à dérailler.

C’est ce qui s’est produit à l’aube de la crise financière que nous venons de traverser, et c’est aussi ce qui est à l’origine des cycles économiques en général (boom & bust). Le taux cible de la Federal Reserve est passé de 6.5% à la fin de 2000 à 1.0% vers la mi-2003. Il est resté à ce niveau durant presque un an. La banque centrale américaine a atteint cet objectif en innondant l’économie de nouvelle monnaie. Pendant que le taux d’épargne est tombé à un niveau presque nul, les investissements dans le secteur de l’immobilier résidentiel ont explosé, menant à la bulle qui a éclaté en 2007.

En réponse à cette situation et brandissant le spectre de la déflation, le remède utilisé par la Federal Reserve au niveau de sa politique monétaire a été de descendre son taux cible à 0.25%. Pour ce faire, elle crée de la monnaie à un rhytme jamais vu depuis la 2e guerre mondiale. Autrement dit, la Fed essaie de contrer les effets de l’éclatement de la bulle en tentant de la regonfler! Plutôt que de laisser les mécanismes du marché faire leur travail et remettre l’économie sur les rails, la Fed continue de perturber ces mécanismes et les empêche de fonctionner correctement.

C’est l’essence même du keynesiannisme d’utiliser la politique monétaire pour décourager l’épargne et générer de l’inflation. Et nous allons bientôt observer les conséquences inévitables des théories de Keynes, tout comme dans les années 1970s, i.e. l’hyper-inflation.

L’explication néo-keynesienne populaire veut que la Grande Inflation des années 70s a été causée par une spirale des salaires (les hausses de salaires augmentait les coûts des entreprises, lesquelles passaient ces hausses de coûts à leurs consommateurs en haussant les prix, ce qui faisait en sorte que les employés demandaint des augmentations de salaires pour contrer la hausse des prix, ainsi de suite).

Il ne peut en être ainsi puisque lorsque le prix d’un bien augmente, la population devra y consacrer une plus grosse partie de son revenu, ce qui laisse moins d’argent pour d’autres biens, ce qui fera baisser le prix de ces autres biens. Ainsi, il ne peut y avoir de hausse générale des prix que s’il y a une augmentation de la quantité de monnaie dans l’économie, laquelle permet à tous les prix d’augmenter.

À cette époque, le gouvernement et la Fed ayant embrassé le keynesiannisme, ceux-ci visaient un taux de chômage inférieur à 2%, et ce à n’importe quel prix. Pour ce faire, le gouvernement dépensait sans relâche avec de l’argent nouvellement créé par la Fed. Dans les années 1950s, qui furent très prospères en raison de l’après-guerre, la masse monétaire a augmenté de 23%. Durant les années 1960s, celle-ci a augmenté de 44%. Dans les années 1970s, elle a augmenté de 78%! C’est de là qu’est venue l’inflation. Et depuis 2000, la masse monétaire a augmenté de 78% et la décennie n’est même pas terminée; je vous laisse deviner la suite…

Et dire qu’on craint la déflation!

cpi-energy

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Le principe des impôts

Voici une petite métaphore sur les impôts écrite par le professeur d’économie David Kamerschen il y a quelques années. C’est en fait une traduction française que j’ai trouvée sur l’internet:

Le principe des impôts semble pouvoir s’expliquer par une logique assez simple. Mais beaucoup pourtant ne le saisissent toujours pas.
Laissez-moi vous l’expliquer en des termes simples que tout le monde peut comprendre.

Imaginons  que tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière et que  l’addition totale se monte à 100 euros. Normalement, cela ferait 10 euros par  personne.

Mais nos  dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire  du calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui donna à peu près ceci  :
· Les quatre  premiers (les plus pauvres), ne payeraient  rien.
· Le  cinquième paierait 1 euros
· Le  sixième paierait 3 euros
· Le  septième paierait 7 euros
· Le  huitième paierait 12 euros
· Le  neuvième paierait 18 euros
· Le  dernier (le plus riche ) devrait payer 59  euros.

Les dix  hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez  contents de leur arrangement.

Jusqu’au  jour où le tenancier les plaça devant un dilemme  :

« Comme  vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20  euros sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que  80 euros. »

Le groupe  décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient  payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais  comment les six autres, (les clients payants), allaient  diviser les 20 euros de remise de façon équitable ?

Ils réalisèrent que 20  euros divisé par 6 faisaient 3.33 euros. Mais s’ils  soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme  devraient être payés pour boire leur bière.

Le  tenancier du bar suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de  chacun d’un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs.

Ce qui  donna à peu près ceci :
· Le 5ème  homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
· Le 6ème  paya 2 euros au lieu de 3 (33% réduction) · Le 7ème paya 5 euros au lieu de 7  (28% de réduction)
· Le 8ème paya 9 euros au lieu de 12 (25% de réduction)
·  Le 9ème paya 14 euros au lieu de 18 (22% de réduction)
· Le 10ème paya 50  euros au lieu de 59 euros (16% de réduction)

Chacun des  six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers  continuèrent à boire  gratuitement.

Mais  une fois hors du bar, chacun compara son économie  :
«  J’ai seulement eu 1 euros sur les 20 euros de remise », dit le 6ème, il  désigna le 10ème « lui, il a eu 9 euros d’économie».

«  Ouais ! dit le 5ème, j’ai seulement eu 1 euros d’économie » « C’est vrai ! »  s’exclama le 7ème, « pourquoi aurait- il 9 euros alors que je n’en ai eu que 2  ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction  »

« Attendez  une minute » cria le 1er homme, « nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le  système exploite les pauvres ».

Les 9  hommes cernèrent le 10ème et l’insultèrent. La nuit  suivante, le 10ème homme ne vint  pas.

Les neuf  autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quant vint le moment de  payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : ils n’avaient pas  assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de  l’addition

Et cela,  mes chers amis, est le strict reflet de notre système d’imposition. Les gens  qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de  taxe. Taxez les  plus forts, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer  désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à  l’étranger…

Pour ceux  qui ont compris, aucune explication n’est  nécessaire.

Pour ceux  qui n’ont pas compris, aucune explication n’est  possible.

Signé
David R. Kamerschen, Ph.  D.
Professeur  d’économie

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