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Archive for 6 octobre 2009

Cette série d’articles sur le pétrole vise à démystifier les faits reliés au pic pétrolier ainsi qu’à fournir une vue plus rationnelle entre les alarmistes anticipant une catastrophe économique et ceux qui nient systématiquement ces faits. Ce dossier sera divisé en quatre parties : la consommation, les réserves, la production et les conclusions.

Les Réserves

Les réserves mondiales de pétrole ont augmenté de 667.2 millions de barils en 1980 à 1,258 millions de barils en 2008, soit +88.5% au total ou +2.3% par année. Au rythme de consommation actuel, les réserves de 2008 représentent 40.8 années de consommation. En prenant comme hypothèse une croissance annuelle de la demande de +2.4%, les réserves représentent moins de 29 ans de consommation.

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Cependant, l’augmentation des réserves ne signifie pas pour autant que nous ayons fait beaucoup de découvertes de nouveaux gisements. Voici un résumé des découvertes pétrolières significatives des 33 dernières années:

Cantarell (Mexique, 1976) 35 milliards de barils (18 milliards exploitables).

Tengiz (Kazakhstan, 1979) 25 milliards de barils.

Priobskoye (Russie, 1982) 13 milliards de barils.

Kashagan (Kazakhstan, 2000) 13 milliards de barils, entrera en production en 2014.

Azadegan (Iran, 2004) 6 milliards de barils.

Tupi (Brésil, 2007). 8 milliards de barils.

Sugar Loaf (Brésil, 2007) 33 milliards de barils.

BP (Golfe du Mexique, 2009) 3 milliards de barils.

Le total de ces découvertes est de 136 milliards de barils. À un taux de recouvrement de 50%, ça équivaut à 4.4 ans de consommation au rythme actuel. Bien sûr, il y a eu beaucoup d’autres plus petites découvertes de moins de 1 milliard de barils, mais ça ne change pas le portrait.

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Alors comment les réserves totales ont elles augmenté de 89% si on ne découvre pas beaucoup de nouveaux gisements? À cause de l’augmentation du prix du pétrole et du développement technologique, qui permettent à certains gisements auparavant jugés inexploitables d’être maintenant considérés comme exploitables.

Prenons par exemple, les sables bitumineux canadiens. Avec un prix du baril à $18 et la technologie de 1980 (et les coûts de production qui vont avec), aucune chance de produire quoi que ce soit économiquement. Mais au fil du temps, les projets se sont développés et, grâce à l’augmentation du prix du pétrole, ils ont été ajoutés aux réserves exploitables. Ce n’est pas une nouvelle découverte, c’est simplement un changement d’évaluation de la réserve.

Il est donc faux de penser que l’augmentation du prix stimule les nouvelles découvertes au point de faire augmenter les réserves. Même si aucune découverte de nouveau gisement n’avait été fait ces dernières années, l’augmentation du prix en elle-même aurait suffit à faire augmenter les réserves mondiales de pétrole. L’exploration a dorénavant une contribution très faible aux réserves. L’augmentation des réserves depuis 1980 donne donc la fausse impression que nous trouvons continuellement de nouvelles réserves de pétrole; alors que la majorité de l’augmentation des réserves depuis 1980 provient de la simple augmentation du prix du pétrole.

Il est vrai que les prix faramineux des dernières années ont stimulé l’exploration et qu’en raison de ces investissements, la première moitié de 2009 a été très prolifique à cet égard. En effet, selon IHS Cambridge Energy Research Associates, il y a eu environ 200 nouvelles découvertes au cours de cette période, totalisant près de 10 milliards de barils. Cependant, même si 2009 sera une année « extraordinaire » au niveau des nouvelles découvertes, comme le monde consomme près de 31 milliards de barils en une année, cela est bien peu.

D’ailleurs, les réserves ne sont pas très importantes lorsque l’on évalue le futur du pétrole. J’aurais beau vous dire qu’il y a du pétrole quelque part à 35,000 pieds sous votre balcon, ça ne vous servirait à rien pour remplir votre réservoir! Il faut l’extraire, le transporter, le raffiner, le retransporter et le distribuer. Ce qui compte pour vous et moi c’est ce qui est disponible à la station du coin. Pas ce qu’il y a enfoui à l’équivalent de l’Everest sous la croûte terrestre. C’est donc sur la production qu’il faut se concentrer.

 À cet égard, les nouvelles découvertes des dernières années sont des gisements qui seront très coûteux à exploiter et qui requièrent des prix du baril de $60-$70 pour être rentables. Et plus les réserves peu coûteuses à exploiter déclineront, plus nous serons dépendants des nouveaux gisements qui sont les plus coûteux à exploiter.

D’ailleurs, depuis la chute drastique du prix du pétrole de 2008, c’est $150 milliards de projets pétroliers qui ont été annulés en raison de la chute du prix.

Ainsi, le maintient et l’augmentation des réserves pétrolières exploitables de la planète sont tributaires d’un prix du pétrole élevé et croissant.

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