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Archive for septembre 2009

En juillet dernier, je publiais un billet sur le rôle de l’État, déplorant le fait que les gouvernements cherchent trop à intervenir dans l’économie et négligent leur fonction régalienne de protéger leur population en faisant respecter le cadre légal. Cet article du NY Times en est la parfaite illustration.

Aux États-Unis, l’Environmental Protection Agency (EPA) est tellement occupée avec le "sujet chaud" que sont les émissions de gas à effet de serre, qu’elle néglige de faire respecter le Clean Water Act.

La nouvelle administratrice de l’EPA, Lisa Jackson, mentionnait dans une entrevue que de nos jours, l’eau de la nation ne rencontre pas les exigences de la santé publique et que le respect des lois de pollution de l’eau est inacceptablement bas. Il est estimé que 19.5 millions d’Américains tombent malade chaque année après avoir bu de l’eau contaminée.

Les chiffres indiquent que le Clean Water Act a été violé plus de 506,000 fois depuis 2004, mais seulement 3% des plaines ont résulté en une sanction. L’une des causes principales est le manque de ressources. Trop occupé à octroyer des subventions pour les voitures hybrides, le gouvernement Obama ne juge pas nécessaire de protéger l’eau de sa population…

De nos jours, la pollution est plus subtile qu’en 1972, lorsque le Clean Water Act a été adopté. Elle est invisible, n’a pas d’oeur ni de goût. Lorsque les rejets industriels s’infiltrent dans la nappe phréatique, il est difficile de déterminer qu’elle entreprise en est responsable. De plus, il est difficile de déterminer hors de tout doute la cause d’un cancer et cette maladie se développe lentement. Il est donc fort ardu de faire respecter cette loi.

Cependant, les ressources limitées ne sont qu’une partie du problème. Le Times affirme que les lobbys de plusieurs industries ont fait beaucoup de pression pour miner l’efficacité de la règlementation et son application. Et comme le mentionne Matthew Crum, ancien administrateur de l’EPA, "les bonnes intentions ne peuvent rivaliser avec l’intimidation des politiciens et la bureaucratie." M. Crum a d’ailleurs été renvoyé parce qu’il faisait trop bien son travail, après avoir fermé plusieurs mines de charbon qui polluaient l’eau illégalement.

Plusieurs autres administrateurs ont déclaré avoir subi des pressions de politiciens pour arrêter leurs enquêtes. Les pollueurs figurent souvent parmis les plus gros donateurs des campagnes électorales. Ils s’en tirent donc aisément. Pendant ce temps, des gens tombent malades et meurent.

La pollution est une externalité de l’activité économique. L’État doit s’assurer que ceux qui bénéficient de cette activité économique assument les coûts et/ou les responsabilité reliées à ces externalités. Le pollueur-payeur quoi… 

http://www.nytimes.com/2009/09/13/us/13water.html?_r=2&pagewanted=1

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Je suis tombé ce matin sur un article de Ian Barcelo sur Les 7 du Québec au sujet de la crise financière. M. Barcelo semble considérer les produits financiers dérivés comme étant à la source de la crise financière et les juge comme de vilains outils de spéculation. Il semble d’ailleurs méconnaître leur fonctionnement et mélange les futures, options et CDOs, les mettant tous dans le même panier.

Je trouve cette façon de voir les choses très “infantilisante”. Comme si ces investisseurs qui en ont acheté (surtout des institutions telles que des fonds de pension) étaient des petits enfants qu’il fallait protéger contre le gros méchant loup.

Prétendre que les dérivés sont responsables de la crise financière, c’est comme prétendre que les constructeurs automobiles sont coupables des accidents routiers parce qu’ils fabriquent des voitures qui roulent à plus de 100 km/h (alors que c’est la limite la plus élevée au Québec).

Et ces investisseurs qui ont acheté ces titres sans broncher, sans faire leur devoir de fiduciaire? Et ces acheteurs/spéculateurs de maisons, qui ont acheté des propriétés dont ils n’avaient pas les moyens dans l’unique but de les revendre dans un an à profit? Je leur dit tous “bien bon”!

Par exemple, la Caisse de Dépot, ces supposés “experts du placement”, qui ont utilisé l’argent-que-la-Régie-des-Rentes-nous-subtilise-de-force pour investir dans ces titres, sans se poser trop de questions étant donné les cotes de crédit “en béton” fournies par S&P, Moodys, etc.

Se débarrasser des dérivés serait comme jeter le bébé avec l’eau du bain. Ces produits sont forts utiles pour tous lorsqu’ils sont transigés par des gens compétent qui font bien leur travail. Ils permettent aux investisseurs d’accéder à une classe d’actifs offrant un profil risque / rendement fort intéressant, que sont les hypothèques. Ils permettent à ce capital de se rendre jusqu’aux emprunteurs qui peuvent financer leur propriété à un taux sensiblement meilleur. Les banques agissent comme intermédiaires et sont dûment rémunérées.

Le véritable problème ce n’est pas l’existence des dérivés. Le problème c’est que des incompétents ont investi l’argent des autres comme s’il n’y aurait plus jamais de récession. Encouragés par une politique monétaire qui a innondé le marché de liquidités et par l’impact des interventions gouvernementales sur le marché immobilier, ils ont acheté des titres trop compliqués pour eux sans se poser de questions, flairant un meilleur rendement et un bon bonus. Profitant de la naïveté des investisseurs, du manque d’indépendance et de profondeur des agences de crédit et d’une règlementation archaïque et inadéquate, les originateurs de prêts ont sans cesse étiré l’élastique, jusqu’à ce qu’il leur casse en plein visage.

Et maintenant que c’est le temps que ces incompétents paient pour leurs erreurs, il faudrait l’argent des contribuables servent à les sauver? Elle est là la vraie fraude M. Barcelo!

Confiez votre argent à des investisseurs conservateurs (dans le doute on s’abstient) responsables (tributaires de leurs erreurs dans un contexte de compétition) et compétents, prenant au sérieux leur rôle de fiduciaire. Malheureusement, avec l’existence de la Caisse de Dépot, nous n’avons pas la liberté de faire ce choix…

À la base, une mortgage-backed security (MBS), par exemple, n’est qu’un pool d’hypothèques. Disons que le taux moyen de ce pool est de 6.5%, la banque vend ce portefeuille à des épargnants à un taux de 5.75% et empoche la différence. Rien de mal là-dedans a priori. Ça permet à des épargnants d’avoir accès à un produit de placement offrant un excellent taux compte tenu du risque (les propriétés en garantie et la diversification du portefeuille réduisent la perte potentielle). Et ça permet à des emprunteurs d’obtenir un meilleur taux.

Cependant, les MBS ne sont pas tous “nées égalles”. Il y a différentes structures, différentes classes d’actifs, différentes tranches, etc. Avant d’y investir, il faut analyser le portefeuille dont elles sont composées, le “score” moyen des emprunteurs, etc. Il faut surtout s’assurer qu’il ne s’agisse pas d’un produit quasi-frauduleux dont la valeur pourrait s’envoler en fumée.

Dans bien des cas, les investisseurs ont délégué ces responsabilités aux agences de crédit, prenant une cote AAA comme si c’était une révélation divine. À quoi sert leur salaire dans ce cas puisqu’ils délèguent leur travail?

En somme, les produits financiers dérivés sont des outils nécessaires au fonctionnement efficient des marchés financiers. Leur existence n’est pas sur ma liste des causes de la crise financière, laquelle se détaille comme suit:

1) Politique monétaire ultra-expansionniste.

2) Interventions gouvernementales pour augmenter l’accès à la propriété (Community Reinvestment Act, Fannie Mae/Freddie Mac, etc).

3) Manque de compétence et de vigilance des investisseurs.

4) Laxisme des agences de crédit (en raison du manque d’indépendance) et trop grande confiance des investisseurs envers elles.

5) Règlementation inadéquate des CDOs, permettant les orginateurs de créer des titres quasi-frauduleux.

 

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Le 8 September dernier, le Forum Économique Mondial a publié son rapport sur la compétitivité globale pour 133 pays.  Le classement comporte 110 indicateurs, alors qu’un total de 13,000 représentants du monde des affaires ont participé à l’étude. Des chiffres très intéressats en sont ressortis. Voici les faits saillants:

- La Suisse déloge les États-Unis au sommet du classement, alors que le Canada passe du 10e au 9e rang. Singapour,la Suède et le Danemark complètent le top5. La Chine passe du 30e au 29e rang, alors que le Venezuela continue sa descente et passe du 105e au 113e rang.

gcr09_chart_english

 - Protection des droits de propriété: Suisse #1, Canada #12, États-Unis #30.

- Moins de diversion des fonds publics et de corruption: Nouvelle-Zélande #1, Canada #19, États-Unis #28.

- Confiance envers les politiciens: Sinagpour #1, Canada #23, États-Unis #43.

- Indépendance du système judiciaire: Nouvelle-Zélande #1, Canada #11, États-Unis #26.

- Moins de favoritisme dans les décisions du gouvernement: Suède #1, Canada #15, États-Unis #48.

- Moins de gaspillage des fonds publics: Singapour #1, Canada #29, États-Unis #68.

- Moins de règlementation encombrante: Singapour #1, Canada #42, États-Unis #53.

- Transparence du gouvernement: Singapour #1, Canada #14, États-Unis #31.

- Éthique des entreprises: Nouvelle-Zélande #1, Canada #10, États-Unis #22.

- Efficacité des conseils d’administration: Suède #1, Canada #4, États-Unis #20.

- Moins de mortalité infantile: Hong Kong #1, Canada #26, États-Unis #36.

- Espérance de vie: Japon #1, Canada #7, États-Unis #30.

- Qualité de l’éducation: Singapour #1, Canada #5, États-Unis #22.

- Intensité de la compétition locale: Allemagne #1, Canada #24, États-Unis #5.

- Niveau de taxation: Qatar #1, Canada #75, États-Unis #67.

- Moins de barrière au commerce: Hong Kong #1, Canada #45, États-Unis #44.

- Moins de barrière aux flux de capitaux: Hong Kong #1, Canada #37, États-Unis #54.

- Protection des investisseurs: Nouvelle-Zélande #1, Canada #5, États-Unis #5.

- Santé financière des banques: Canada #1, États-Unis #108.

 En somme, il semble que bien que les États-Unis figurent bien mal par rapport à plusieurs autres pays relativement aux indicateurs de libéralisation de l’économie, leur degré d’avancement technologique, la flexibilité de leur marché du travail et l’esprit d’entrepreneurship qui y règne leur permet encore de se hisser parmis les pays les plus compétitifs.  Cependant, ces avantages se dégradent. Voici quelques commentaires concernant la perte de terrain de ce pays au classement:

"there is a much weaker assessment of the country’s financial markets, including the soundness of banks (…) there is also a strong sense that there has not been enough accountability among the country’s private institutions, and that accounting and auditing standards have not been up to scratch. (…) recent stimulus spending, while meant to head off an even more protracted recession, is increasing the debt burden that will be borne by future generations."

Le Canada semble cependant avoir une économie plus libérale que les États-Unis, même si moins compétitive au total. Les champions de la libéralisation sont Singapour, Hong Kong, le Danemark, la Suisse et la Nouvelle-Zélande. D’ailleurs, la plupart de ces pays figurent très bien au classement total!

 

http://www.weforum.org/pdf/GCR09/GCR20092010fullreport.pdf

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Les variations des prix des biens et services, ainsi que des actifs, proviennent de l’inflation monétaire. Cette inflation quant à elle est engendrée par la création de monnaie. Comme bien des gens ne comprennent pas vraiment comment l’argent est créé, voici une démystification du phénomène.

Tout d’abord, les banques à charte ne créent pas d’argent à partie de rien. Seules les banques centrales ont ce privilège. Les banques à charte ont besoin des dépôts pour créer de l’argent.

Voici comment une banque à charte crée de la monnaie à partir des dépôts:

Sébastien dépose $100 dans son compte à la CIBC. La CIBC garde $10 en réserve et prête à David $90. David utilise l’argent pour acheter un lecteur Blu-Ray chez FutureShop. À la fin de sa journée, le marchand dépose ses recettes à la Banque de Montréal, incluant le $90 de David.

Le lendemain, la Banque de Montréal conserve $9 en réserve du $90 de David déposé dans le compte de FutureShop  et prête le reste, soit $81, à Martin. Martin utilise l’argent pour payer sa saison de hockey. La ligue n’a pas besoin de l’argent pour le moment, elle le dépose donc dans son compte à la Banque TD.

La banque TD conserve $8.10 en réserve et prête le reste, soit $72.90, à quelqu’un d’autre, et ainsi de suite.

Argent initial = $100
Argent total dans le système après les transactions = $100 + $90 + $81 + $72.90 = $343.90

Total de l’argent créé par le système = $243.90

Cet argent n’est pas apparu de nulle part. Si Sebastien n’avait pas déposé son argent, David n’aurait pas pu l’emprunter (c’est-à-dire que la CIBC n’aurait pas inventé $90 à partir de rien). Les banques ont besoin de dépôts pour créer de l’argent. Note: cet exemple utilise un ratio de réserve de 10%, ce qui signifie que si on continue l’exemple, l’argent total qui pourrait être créé sera d’environ $1,000 ($100 * 1 / 10%).

Suite à la lecture de mon billet sur le sujet, vous comprendrez qu’en exigeant que les banques conservent des réserves égales aux dépôts à vue, aucun argent n’aurait pu être créé dans notre exemple.

Contrairement aux banques à charte, les banques centrales peuvent créer de l’argent à partir de rien. Par exemple, la Banque du Canada n’a qu’à se faire un "chèque" de $100 à elle-même et le déposer dans son compte à la CIBC, laquelle lui paie un taux d’intérêt minime sur ce dépot. La CIBC peut ensuite en conserver $10 en réserve et prêter $90 à David, etc…

Dans notre exemple, si le $100  initial était venu de la Banque du Canada plutôt que du dépot de Sébastien, la création totale de monnaie aurait été de $343.90.

Bien souvent, plutôt que de simplement déposer l’argent, les banques centrales vont utiliser l’argent pour acheter des titres de dettes de leur gouvernement. Ainsi, l’État peut financer son expansion avec de l’argent nouvellement créé plutôt qu’avec les taxes et impôts qui sont plus visibles. Cet argent, d’une façon ou d’une autre, devient un dépôt dans une banque et permet au système bancaire de créer encore plus d’argent et, par le fait même, d’inflation. Cette inflation est en fait un détournement de fonds de ceux qui ont épargné de l’argent vers ceux qui bénéficient de l’argent nouvellement créé: les endettés. Et le plus gros endetté, c’est le gouvernement! Il serait primordial d’enlever ce pouvoir aux banques centrales.

J’espère avoir démystifier la chose une fois pour toute!

Si vous voulez approfondir, je vous reommande What governement has done to our money et The Case Against the Fed de Murray Rothbard. Plus récemment, Ron Paul a publié un livre intitulé End the Fed.

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L’an passé, l’économiste Robert Shiller (celui qui est  à l’origine du fameux S&P/Case-Shiller Index et qui a écrit le best-seller Irrational Exhuberance) a opportunistiquement publié un nouveau livre intitulé Animal Spirits.

Je n’ai pas particulièrement aimé cet ouvrage qui, selon moi, passe à côté des principales causes de la crise financière que nous avons connue. Shiller et son co-auteur, George Akerlof, y apparaissent d’ailleurs comme de fervents disciples de Keynes. Tout au long du livre, ils présentent des biais que les humains ont qui font en sorte que nous ne nous comportons pas de façon rationnelle, comme le veut la théorie économique classique. Les auteurs tentent d’expliquer la crise financière et les bulles à partir de ces biais. Bien que je sois d’accord avec l’existence de ces biais, je crois qu’ils sont secondaires dans la formation des bulles et des crises.

Cependant, je trouve fort intéressante l’une des théorie avancée par les auteurs: l’illusion de la monnaie.  Ceux-ci mentionnent que les gens sont "inconscients" de l’inflation, c’est-à-dire qu’ils ne prennent pas l’inflation en compte dans leurs décisions économiques.

Ils citent un sondage demandant au public "Seriez-vous d’accord pour dire que si votre salaire augmentait, vous seriez plus satisfait de votre vie, même si les prix augmentaient du même ordre". Or, 59% des répondants ont répondu qu’ils étaient d’accord, ce qui est peu surprenant.

L’autre preuve que les gens ne tiennent pas compte de l’inflation dans leurs décisions économiques est que beaucoup de gens investissent dans les certificats de placement garantis (CPG), lesquels offrent généralement un rendement négatif après inflation et impôt. En fait, lorsque les gens observent les rendements de leurs investissements, ils omettent de considérer l’inflation.

D’ailleurs, avez-vous déjà parlé de la dernière publication de l’indice des prix à la consommation avec votre coiffeur ou avec le dernier chauffeur de taxi dont vous avez utilisé les services ou à votre dernière réunion de famille? Cela est très improbable! Les gens ne savent pas ce qu’est l’inflation, ni comment la mesurer, ni d’où elle provient.

Cela démontre à quel point l’inflation est sournoise et hypocrite. C’est une façon très discrète pour les gouvernements de financer leur expansion puisque, contrairement à un impôt ou une taxe, les gens n’en ont aucunement connaissance. Les gens perçoivent quelque peu l’augmentation des prix qui découle éventuellement de l’inflation monétaire, mais ils ne savent pas qui en bénéficie. En fait, ils croient que c’est le marchand ou le producteur qui s’en met plein les poches sur leur dos, ce qui fait encore de la mauvaise publicité contre le capitalisme.

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Dans l’hebdomadaire Les Affaires de la semaine dernière, un article rapportait les résultats d’un sondage fort intéressant (page 10) mené auprès d’intervenants du système de santé québécois. Ce sondage a été mené au cours d’une conférence de deux jours consacrée au rôle de l’État dans la prestation des soins de santé réunissant environ 200 médecins, infirmières et administrateurs à la fin du mois d’août dernier.

Or, 83% des répondants croient que les fournisseurs de soins devraient être rémunérés au rendement, comme en Grande-Bretagne. D’autre part, 69% estiment qu’il faut un régime mixte (public et privé) d’ici cinq ans pour mieux soigner les patients, alors que 65% pensent que les institutions publiques ne sont "aucunement efficaces" dans l’intégration des innovations médicales et technologiques. De plus, 74% croient que le système public n’est pas efficace dans la sauvegarde de la qualité des soins. Finalement, 86% sont convaincus que le manque d’efficacité est en partie dû à de mauvaises communications entre les fournisseurs.

"Un monopole d’État n’incite pas à innover, car nous n’avons pas de concurrence et d’incitatif à la performance", Dr Arthur Porter, directeur général du Centre Universitaire de Santé McGill.

S’il y a des gens que l’on devrait écouter, ce sont bien ceux qui sont sur le terrain. Le statu quo n’est plus une option et les intervenants du système nous montrent les pistes de solutions. Est-ce que quelqu’un aura la volonté d’agir?

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Alors que son mandat n’expirait qu’en Janvier, Ben Bernanke, le chairman de la Federal Reserve, s’est vu attribué un nouveau mandat par le Président Obama, et ce en avance, le 25 août dernier.

Plusieurs commentateurs prétendent que M. Bernanke a fait un travail remarquable durant la plus sévère crise financière depuis les années 30s. Ceux-ci oublient que M. Bernanke était encore plus persuadé que Alan Greenspan que les banques centrales n’avaient pas à se préoccuper des bulles financières. Leur argument est très simple, pour ne pas dire simpliste: on ne peut savoir que nous sommes dans une bulle tant que celle-ci n’a pas éclaté…

À cet égard, je trouve très appropriée cette phrase tirée d’un article de l’hebdomadaire The Economist (traduction libre):

"Ré-engager M. Bernanke pourrait donc apparaître comme si on payait un plombier plusieurs fois pour réparer les mêmes tuyaux qu’il avait initialement mal installés, après que ceux-ci aient innondé votre maison."

D’ailleurs, qu’est-ce que M. Bernanke a fait de si extraordinaire? Est-ce si difficile d’appuyer sur le bouton de la presse à billets?

Par ailleurs, le rôle des banque centrales est maintenant remis en question aux États-Unis. Doivent-ils se préoccuper des bulles (comme c’est le cas en Europe et au Japon), ou simplement s’en tenir à l’inflation? En effet, l’excès de liquidité dans le système monétaire peut mener à deux choses: de l’inflation dans les prix à la consommation (ce sur quoi la Fed s’est toujours concentrée) ou de l’inflation dans les prix des actifs (titres techno, immobilier…). Comme la dernière crise nous l’a démontré, les deux sont dommageables pour l’économie. Il semble donc que suite à la crise que nous venons de traverser, le Jackson Hole consensus ne tiendra plus et la Fed commencera probablement à surveiller les bulles dans les prix des actifs.

D’autre part, alors que le Président Obama semble prêt à donner davantage de pouvoir de supervision à la Fed, d’autres voudraient pouvoir mettre leur nez dans ses affaires. Je parle évidemment d’un dénommé Ron Paul. Celui-ci a maintenant 282 co-supporteurs pour sa motion voulant que le Government Accountability Office puisse surveiller les actions de la Fed.  Cette législation a de bonnes chances de faire un bon bout de chemin étant donnée l’impopularité de la Fed en ce moment. La banque centrale américaine est en effet moins populaire auprès du peuple que l’IRS (l’agence qui s’occupe de la perception des impôts). M. Paul a profité de ce suppport pour ré-introduire un autre document législatif au Congrès (comme à chaque année): le Federal Reserve Board Abolition Act. Voir le lien ci-bas pour les détails:

http://www.americanbankingnews.com/2009/09/02/what-would-the-united-states-look-like-without-the-federal-reserve/

En somme, cette nomination n’est pas une surprise. Il aurait été mal avisé de la part de M. Obama de remplacer M. Bernanke, un Républicain, par un candidat Démocrate. De plus, un changement de garde à la Fed aurait créé de l’incertitude sur les marchés financiers, dans une période où il y en a déjà suffisamment. Il n’en demeure pas moins que cette nomination permet de glisser sous le tapis le fait que la Fed ait été un rouage essentiel à la formation de cette crise financière. L’appareil politique/médiatique a bien réussi à diriger le blâme sur l’appat du gain, la prise de risque excessive et le capitalisme.

Quant à la perspective que la Fed se mettent à surveiller les bulles spéculatives, je ne suis pas sûr que ce serait souhaitable. Comme n’importe quelle intervention de l’État sur un marché, ces actions éventuelles auront des "conséquences non-souhaitées" et les dommages collatéraux seront inévitables.

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Climate of Extremes: Global Warming Science They Don’t Want You to Know.

Dans cet ouvrage de 227 pages publié par le Cato Institute, les auteurs Patrick J. Michaels et Robert C. Balling Jr. décrivent à quel point les publications scientifiques sur le réchauffement climatique sont biaisées et beaucoup trop alarmistes.

Les auteurs, tout comme plusieurs autres State Climatologists, se sont fait montrer la porte en raison de leur trop grand scepticisme face aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique, telles que prédites par certains "experts". La vérité est que les politiciens se sont bâtis un agenda politique autour du réchauffement climatique et que tout ce qui nuit à cet agenda est écarté du chemin. Cependant, lorsque l’on se base sur de réelles observations scientifiques, et non sur de mauvaises interprétations de modèles biaisés, on peut voir que la réalité est différente et moins effrayante.

Ce livre se veut donc un résumé de recherches scientifiques provenant des quatre coins du globe, démontrant que le réchauffement climatique n’est pas aussi grave qu’on veut nous le faire croire. Ces études n’ont jamais trouvé leur chemin dans Nature ou Science, ni dans aucun média de masse, non pas par leur manque de rigueur ou leur mauvaise qualité, mais bien parce qu’elles feraient du tort à la "cause".

Tout d’abord, les auteurs nous expliquent que les prévisions quant au réchauffement climatique et ses impacts sont basées sur des modèles théoriques, lesquels sont souvent en contradiction avec les observations. Ces modèles ne sont en fait pas plus fiables que ceux utilisés pour prévoir la météo à long terme au Téléjournal. Ensuite, ils nous démontrent que les mesures de températures sont biaisées (stations versus ballons versus satellites), et que les multiples ajustements apportés aux données du IPCC sur-estiment le réchauffement climatique de 1975 à aujourd’hui de 25% à 30%. Leur estimation est 0.13 degrés Celsisus par décennie plutôt que 0.17 estimé par le IPCC.

Le livre traite ensuite des catastrophes générallement associées au réchauffement climatique, en commençant par les ouragants.  Les auteurs démontrent qu’il n’y a pas de lien solidement établi entre le réchauffement et la fréquence/sévérité des ouragants. Quant à la fonte des glaciers, celle-ci ne semble pas avoir accéléré outre mesure, même qu’en Antarctique on dénote une augmentation de la banquise! Même chose pour le permafrost, qui ne semble pas prêt de relâcher des tonnes de méthanes dans l’atmosphère de si tôt. En ce qui a trait aux feux de forêts et aux sécheresses, aucune tendance notable n’est indiquée par les observations.

 En somme, ce livre se veut une très intéressante revue de littérature scientifique sur un sujet chaud. Cependant, certains le trouveront un peu trop lourd de données scientifiques parfois difficiles à comprendre et interpréter. Il dément les principaux arguments véhiculés par les Al Gore de ce monde, visant à nous faire peur pour mieux nous manipuler. Le livre ne nie cependant pas l’existence du réchauffement climatique "anthropogénique" (causé par l’humain). Les auteurs semblent d’ailleurs supporter le développement de nouvelles technologies qui permettront de réduire l’impact de l’humain sur le climat.  Je vous laisse sur le prologue du livre, lequel illustre bien l’essence de ce qu’il cherche à dénoncer: 

"We have 25 years or so invested in the work. Why should I make the data available to you, when your aim is to try to find something wrong with it?"  Phil Jones, Intergovernemental Panel on Climate Change, February 21, 2005.

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La gauche aime scander que le capitalisme est l’exploitation des “prolétaires” par les “bourgeois”, qui eux détiennent le capital et garde la richesse entre eux. Selon eux, l’État doit utiliser ses “gros bras” pour renverser la “trop grande” concentration de la richesse. Comme si persécuter ceux qui créent le plus de richesse dans notre pays allait encourager davantage de création de richesse.

À cet égard, j’ai lu l’an passé le livre de Diane Francis Who owns Canada now. Cet ouvrage, qui fait suite à un livre similaire publié en 1986, est un résumé d’entrevues réalisées auprès des 75 plus riches Canadiens. Le portrait qui en ressort n’est pas celui que la gauche tente de dénoncer, au contraire.

En 1986, le Canada était dominé par une poignées de puissantes familles, des conglomérats, des entreprises d’État et des divisions d’entreprises étrangères. Seulement 11 des 32 plus riches avaient fait forture d’eux-mêmes. Depuis ce temps, 16 des 32 plus riches sont tombé du top 75, remplacés par du sang neuf. En 2007, 56 des 75 plus riches sont des self-made billionnaires. La principale cause de ces changements fondamentaux a été la plus grande libéralisation de l’économie canadienne (ALENA, mondialisation, privatisations, dérèglementations, etc). On peut donc dire que la plus grande libéralisation de notre économie a favorisé un système davantage “méritocratique”, dans lequel la richesse est plus libre et accessible à tous.

Voici quelques exemples d’individus qui sont partis de rien pour accéder à la richesse:

- David Azrieli (Canpro Investments): Arrivé au Canada en 1939 avec $100 en poche.

- Rudy Bratty (immobilier): A démarré son entreprise avec un emprunt de $3,000 à sa mère.

- Fred De Gasperis (immobilier): Arrivé au Canada en 1952, a démarré son entreprise avec ses économies de $4,000.

- Marcel Adam (Ibertville Developments): Arrivé au Canada en 1939, a démarré son entreprise avec ses économies de $30,000.

- Marco & Elio Muzzo (immobilier): Arrivés au Canada en 1950, ont commencé comme tireur de joints.

- Rai Sahi (Morguard): Arrivé au Canada en 1971, a travaillé pour $1.15/heure pour amasser ses économies.

- Lino Saputo Sr.: Arrivé au Canada en 1952 avec des économies de $500.

- Jean Coutu: A débuté comme pharmacien à la sortie de l’université.

- Ron Joyce (Tim Hortons): A quitté la maison à 16 ans avec $5 en poche.

- Ron Southern (ATCO): A fondé son entreprise avec ses économies de $2,000.

- Robert Friedland (Ivanhoe): Était mendiant en Inde avant de se prendre en main.

- Leslie Dan (Novopharm): Arrivé au Canada en 1947 comme réfugié avec rien en poche.

- Eugene Melnyk (Biovail):  A commencé au bas de l’échelle comme vendeur d’articles promotionnels.

- Mike Lazaridis (RIM): Arrivée au Canada en 1966, sa famille n’avait que 3 valises de vêtements. Son génie lui a permis d’inventer le Blackberry et, combiné à celui de Jim Balsillie, lui a permis de faire fortune.

- Kwok Yuen Ho (ATI Inc.): Arrivé au Canada en 1983 avec de maigres épargnes.

- Terrence Matthews (Mittel / Newbridge): A fondé Mittel en empruntant $5,000 sur sa marge de crédit.

- Guy Laliberté (Cirque du Soleil): A dormi sur des bancs de parc en Europe alors qu’il “vivait de son art” sans le sou.

- Michael Lee-Chin (AIC): Arrivé au Canada en 1970, il a fondé ce géant canadien des fonds mutuels à partir de rien.

- Frank Stronach (Magna Corp.): Arrivé au Canada en 1954 avec $200 en poche.

De plus, bien que plusieurs autres fortunes canadiennes soient détenues par la seconde génération de par leur héritage, il n’en demeure pas moins que le patriarche a souvent lui-même fondé l’entreprise à partir de rien (par exemple les Thomson, les Rogers et les Bombardier pour ne nommer que ceux-là).

Je pense que cela en dit long quant à l’égalité des chances au Canada. C’est évidemment bien plus facile de partir dans la vie avec un gros héritage, mais dans un pays libre, ce n’est pas impossible de devenir milliardaire à partir de rien.

S’il y a des choses que la plupart des 75 dénoncent, ce sont la lourdeur bureaucratique qui sévit au Canada et qui leur a mis des bâtons dans les roues, ainsi que les taux d’imposition trop élevés, qui font littérallement fuir les créateurs de richesse. Il y a d’ailleurs 5 des 75 qui ont émigrés dans des paradis fiscaux.

Finalement, l’autre chose que les 75 ont en commun est que ce sont tous des philantropes. Les montants annuels de leurs dons de charité sont probablement plus élevés que le PIB de certains pays!

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 Je suis tombé hier sur un excellent billet de Chris Edwards, du Cato Institute sur l’écart salarial entre les fonctionnaires du gouvernement fédéral américain et les employés du secteur privé. La mesure utilisée est simplement la masse salariale totale divisée par le nomre d’employés. Cet écart continue de s’élargir, notamment en raison de la récession (voir le tableau au bas de ce billet).

Évidemment, la mesure utilisée n’est pas parfaite. Il aurait fallu comparer les salaires d’emplois similaires pour avoir l’heure juste. Il se peut que le gouvernement Fédéral ait simplement une plus grande proportion d’employés hautement qualifiés qu’avant. Il n’en demeure pas moins que l’écart a augmenté d’environ 100% depuis 2000! Il serait surprenant que la composition de la main d’oeuvre du gouvernement ait à ce point changé en 8 ans. Cet écart est d’autant plus scandaleux que ces employés ont de généreux avantages sociaux et une sécurité d’emploi à l’abri des récessions.

Quel avantage le gouvernement tirerait-il à user de plus de fermeté dans les négociations salariales? Le gouvernement ne recherche pas le profit, donc il se fiche de minimiser les coûts et de stimuler la productivité. D’ailleurs, s’il leur tenait tête, ses fonctionnaires se retourneraient contre lui. Comme les fonctionnaires représentent beaucoup de voteurs, les politiciens ne veulent surtout pas se les mettre à dos.

L’entrepreneur privé de son côté doit faire face à la récession et au risque de faillite. Sa survie financière dépend de sa capacité à faire plus avec moins et à minimiser les coûts. L’endettement que génère les pertes demeurera la responsabilité de l’entreprise; il ne pourra la pelleter en avant à une future génération. Ses revenus dépendent de sa compétitivité et de la qualité des biens et/ou services qu’il offre; il n’a pas le pouvoir magique de taxation assuré par le monopole de la violence.

 J’aurais bien aimé vous dire que l’augmentation de cet écart est attribuable au fait que l’État a rationalisé sa main d’oeuvre et conservé les fonctionnaires ayant les compétences les plus élevées; mais ce n’est pas le cas. Le gouvernement Fédéral américain est en gargantuesque expansion, financée avec l’argent volé aux contribuables.

ISS_0828

http://www.cato-at-liberty.org/2009/08/24/federal-pay-continues-rapid-ascent/

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