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Archive for août 2009

C’est dans un avenir rapproché, après 5 ans de litiges, que nous connaîtrons la décision de l’Organisation Mondiale du Commerce relativement aux subventions de Airbus, soit US$200 milliards sur 20 ans.  Ensuite, dans quelques mois, l’OMC examinera la plainte de l’Union Européenne relativement aux subventions accordées à Boeing. Cette dispute est la plus grosse et la plus coûteuse de l’histoire de l’OMC.

Cela me fait penser aux interminables disputes entre Bombardier et Embraer, ainsi qu’aux milliards d’argent des contribuables que les gouvernements ont remis à Bombardier sous la forme de subventions, crédits d’impôts et garanties de prêts.

Évidemment, sans aide gouvernementale, Bombardier ne pourrait être compétitif sur les marchés internationaux, puisque ses rivaux ont eux aussi droit à des subventions. Connaissant bien les effets pervers des subventions, il apparaît à prime abord logique de cesser de les octroyer et de laisser cet argent aux contribuables. Ceci étant dit, l’extinction de ces subventions aurait, à court et moyen terme du moins, des conséquences désastreuses sur l’industrie aéronautique canadienne et beaucoup d’emplois de haut niveau seraient perdus.

En fait, il semble que la plupart des pays impliqués dans l’industrie aéronautique (Canada, Brésil, États-Unis, France, Chine, etc) considèrent cette industrie comme un fleuron stratégique et sont prêts à la défendre à n’importe quel prix. Airbus est un symbole de savoir-faire technologique pour les européens, alors que Boeing représente un actif militaire stratégique pour les américains.

Le texte de l’avocat Simon Turmel de l’Université Montesquieu-Bordeaux, dont le lien est fourni ci-bas, illustre bien la façon de penser de nos dirigeants politiques relativement à Bombardier:

  • En l’occurrence, il ne s’agit pas tant de porter un jugement sur le bienfait des subventions dans l’économie, mais plutôt d’en arriver au constat qu’elles font partie intégrante du paysage de l’industrie aéronautique.

Donc, selon ces gens, puisque tous les pays subventionnent l’aéronautique, nous n’avons pas le choix de le faire! Autrement dit, si les autres pays se jettent en bas du pont, nous devons le faire nous aussi.

Qu’est-ce que les travailleurs de l’aéronautique ont de si spécial pour tous les autres travailleurs de la société doivent se faire subtiliser une partie de leur salaire (impôt) pour garder ces emplois en vie? Les actionnaires de Bombardier sont-ils plus importants que les actionnaires d’autres entreprises, justifiant alors de leur remettre l’argent des contribuables? Concevoir et assembler des avions est-il si stratégique pour le Canada? Les réponses à ces questions sont respectivement non, rien et non.

Arrêtons donc de nous faire des illusions: les pays mentionnés ci-haut ne vont pas arrêter de subventionner cette industrie. Ça veut donc dire que Bombardier Aéronautique ne sera jamais compétitive sans l’argent des contribuables. Il serait donc logique de diminuer graduellement le support étatique à cette industrie et d’aider ces travailleurs à se repositionner ailleurs dans l’économie. Cependant, ce scénario est peu probable étant donné la forte influence politique des bonzes de l’aéronautique à Ottawa.

D’ailleurs, Bombardier a déjà eu l’occasion de devenir un joueur dominant dans l’industrie des petits avion et d’enfin se départir de sa dépendance aux fonds publics. Suite à la création d’Embraer en 1995, Laurent Beaudoin lui-même avait reçu une proposition du PDG de l’entreprise brésilienne pour que Bombardier achète Embraer pour devenir un joueur  de plus grande envergure. Laurent Beaudoin avait alors refusé de façon arrogante, déclarant la guerre à Embraer et comptant la rayer de la carte (avec l’aide des subventions gouvernementales bien-entendu). C’est de cette façon que la guerre des subventions s’est amorcée entre les deux pays. Près de 15 ans plus tard, Embraer est encore bien vivante, et même plus forte. N’est-ce pas là un bel exemple des distorsions économiques que peuvent causer les subventions? Sans elles, Bombardier aurait certainement sauté sur cette occasion et serait devenu le leader mondial incontesté dans son créneau.

http://www.vigile.net/Le-Bombardier-bashing-et-la

P.S.: Pour ceux qui se demande d’où vient le titre de ce billet (La Bombardiera), lisez ce court extrait de l’excellent livre de la journaliste Canadienne Andrea Campbell, Why Mexicans don’t drink Molson:

http://books.google.com/books?id=FaSYoJ0udnAC&pg=PA178&lpg=PA178&dq=Westcoast+energy+%2B+bombardier&source=bl&ots=jn-v5fgvVI&sig=1351ZXhVF1rWGKrDq7f4EFuviYg&hl=fr&ei=WZGMSvjjPMeWlAf88t26CA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=6#v=onepage&q=Westcoast%20energy%20%2B%20bombardier&f=false

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Nous apprenions lundi que Pemex, l’entreprise pétrolière nationalisée du Mexique, voit sa production chuter de façon dramatique cette année, et ce encore plus vite que les plus sombres prédictions.

Pemex a été formée lorsque les compagnies pétrolières américaines et britanniques qui opéraient au Mexique ont été expropriées de leur propriété et que l’État a nationalisé la production de pétrole.  Mais comme c’est souvent le cas pour les entreprises d’État, les considérations politiques l’emportent souvent sur le gros bon sens ce qui ne peut mener qu’au désastre.

Pemex voit environ 60% de ses revenus être subtilisés par le gouvernement qui s’en sert  pour financer ses dépenses de programme et sa bureaucratie obèse. Cela laisse bien peu d’argent pour l’investissement et lorsqu’une compagnie pétrolière n’investit pas suffisamment, sa production diminue. La production de Pemex est en baisse de 35% en 2009 par rapport à son peak de de 2004 et le taux de déclin va en s’accélérant. 

Pour ralentir le taux de déclin de sa production, Pemex a dû s’endetter et éprouve maintenant des difficultés financières. En juin dernier, elle a demandé $1.5 milliard en aide gouvernementale pour boucler son budget, malgré le fait que le prix du pétrole frise les $70.

Pourquoi Pemex est en difficulté malgré le prix élevé du pétrole? La raison est simple: Pemex subventionne l’essence. Le prix du litre est présentement d’environ CAD$0.68! Donc, la demande locale ne réagit pas au prix élevé du pétrole et elle continue de croître. Et comme Pemex a grandement sous-investit dans sa capacité de raffinage, elle doit importer de l’essence raffinée des États-Unis, au prix du marché.

Le Mexique représente environ 10% des importations de pétrole des États-Unis. Si la tendance se maintient,  plusieurs experts pensent que ce pourcentage tombera à 0% d’ici quelques années. C’est donc 1.5 millions de baril par jour que les États-Unis devront trouver ailleurs. Le manque-à-gagner pourra être comblé en partie par les sables bitumineux canadiens, mais ça ne sera pas suffisant.

Les entreprises privées auraient investi suffisamment pour maintenir et faire croître la production ainsi que la capacité de raffinage, notamment grâce à leurs technologies plus avancées (développées avec des investissements en R&D que Pemex n’a pas faits). Ils auraient ainsi maintenu un niveau élevé de production, de  royautés et d’impôts pour le gouvernement Mexicain et auraient maintenu un grand nombre d’emplois pour les travailleurs Mexicains. Maintenant, les Mexicains font face à une situation où non seulement ils ne pourront plus exporter de pétrole à gros prix, mais en plus la baisse de production entraînera des pertes d’emplois et de revenus de taxations et de royautés pour le gouvernement.  Ils auront tué la poule aux oeufs d’or…

Pemex est un exemple flagrant des problèmes reliés aux entreprises d’État. Pendant ce temps, Léo-Paul Lauzon nous propose de nationaliser les raffineries de pétrole du Québec pour nous permettre d’avoir de l’essence bon marché et suivre ce même sentier menant tout droit à l’échec. Quelle stupidité. M. Lauzon n’a pas pensé que si le l’État achetait les raffineries de Shell à Montréal, par exemple, et vendait l’essence 10% ou 15%  moins cher, il ne ferait pratiquement pas de profit sur cet investissement. Ce serait donc de l’argent "mort", qui ne rapporte rien. Quel non investissement…à moins d’utiliser la violence pour subtiliser ces actifs pour presque rien (à la Chavez). De plus, la consommation d’essence augmenterait dans la province (en réponse au plus bas prix) ce qui aurait comme impact de créer une pénurie…laquelle permettrait aux compétiteurs de hausser leur prix!

 

Mexican_Petroleum_Production

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C’est dans un article publié dans le Quarterly Review of Economics and Finance de Frévrier 2009 qu’a été présentée la nouvelle étude de Khurshid M. Kiani sur le "crowding-out effect". Pour les néophytes en économie, l’effet crowding-out se produit lorsque le gouvernement génère des déficits pour stimuler l’économie (à la Keynes). Ces déficits sont financés par de la dette, laquelle est achetée par des investisseurs. Cela a comme impact d’augmenter l’offre d’obligations sur les marchés, ce qui a un effet à la hausse sur les taux d’intérêt.

Bref, le gouvernement innonde les marchés obligataires, ce qui crée un surplus de titres de dette. Pour attirer davantage d’investisseurs, les taux doivent augmenter.

Quel est son impact? Un taux d’intérêt plus élevé signifie que les entreprises privées et autres emprunteurs doivent se financer à un taux plus élevé. Cela a un effet négatif sur l’investissement, la consommation et donc sur la création d’emplois. Ainsi, en voulant stimuler l’économie, le gouvernement se trouve à l’étouffer. Le taux directeur de la Federal Reserve a beau être de 0%, c’est sur les marchés que les entreprises et particuliers doivent se financer.

L’étude de Kiani visait donc à mettre à jour des études antérieures avec les données récentes. Sa conclusion est sans équivoque: les récents déficits de Bush/Obama ont créé un effet crowding-out encore plus prononcé que par le passé.

Le crowding-out effect est un des arguments les plus puissants contre le keynesianisme, puisqu’il a été documenté et mesuré empiriquement depuis les années 1960. Néanmoins, les politiciens continuent évidemment de l’ignorer, puisque l’abandon des politiques keynesianistes exigeraient qu’ils dépensent moins, ce qui n’est pas dans leur intérêt. Quoi de mieux qu’un bon "stimulus package" pour faire passer le nouveau président pour un héros.

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L’électricité est dérèglementée au Royaume-Uni. Donc en théorie, lorsque l’offre devient insuffisante face à la demande, le prix de l’électricité augmente, ce qui stimule la construction de nouvelles centrales. C’est ce que nous avons observé en Alberta récemment. Le marché y est dérèglementé et dû à la forte croissance économique qui y a eu lieu, la demande a explosé, tout comme le prix qui a atteint des pointes de $200 par mégawatt/heure en 2008. Comme l’Alberta a un climat relativement favorable à l’investissement (avec peu d’interférence de l’État), les entreprises ont répondu au signal du marché et des investissements ont été réalisés pour augmenter l’offre.

Cependant, lorsque la politique jette du sable dans l’engrenage, le marché ne peut fonctionner aussi efficacement. En effet, l’incertitude quant aux politiques de réduction de gaz à effet de serre ont créé un climat défavorable aux investissements à long terme. Ces politiques augmenteront les coûts de production et les entreprises ne sont pas convaincue que le parti go-gauche au pouvoir au Royaume-Uni leur permettra de récupérer ces coûts par l’entremise des tarifs (pour "protéger" les consommateurs?). Résultat: le pays manquera d’électricité quelque part durant la période allant de 2013 à 2016, selon la vitesse de la reprise économique.  On parle d’un manque-à-gagner allant de 20 à 32 gigawatts de capacité.

Le Royaume-Uni vise à réduire ses émissions de carbone de 34% en 2020 par rapport à leur niveau en 1990. Cette cible est évidemment irréaliste dans un pays qui utilise autant de charbon pour sa production d’électricité. Le potentiel de développement d’énergie éolienne est limité dans ce pays, tout comme le solaire, et même si un effort gigantesque était fait, le manque-à-gagner serait bien loin d’être comblé. Pour ce qui est de l’énergie nucléaire, pas question de planifier un investissement aussi massif, qui s’échelonnerait sur 10 ans, dans un climat aussi incertain. 

La seule solution restante est le gaz naturel. Les nouvelles centrales au gaz sont relativement peu polluantes et sont rapides à construire. Le problème est que la production de gaz naturel du Royaume-Uni est en chute libre, ce qui signifie que l’on devra compter sur l’imprévisible Russie pour l’approvisionnement. Or,  nous savons bien que la Russie utilise son gaz naturel pour augmenter sa zone d’influence et "jouer du coude" avec les pays européens.

Bref, le marché de l’électricité du Royaume-Uni est présentement dans une impasse et le gouvernement n’a que lui à blâmer. Lorsque l’opportunisme politique interfère avec les lois du marché, il ne peut en résulter que des conséquences négatives. Un cadre réglementaire clair et transparent relativement aux émissions polluantes, permettant aux entreprises de librement passer les coûts de productions à travers les tarifs aurait permis au marché de fonctionner correctement et des investissements privés dans la capacité de production auraient été réalisés.

Un "blackout" durant les Jeux Olympiques de Londres en 2012 est bien possible selon les experts et serait très gênant pour le pays!

(Voir l’article dans The Econoimist du 8 août.)

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Dans un excellent article de Matt Taibbi paru dans Rolling-Stones (dont j’ai trouvé le lien sur le blogue des 7 du Québec), l’auteur relate de quelle façon Goldman Sachs (GS) a réussi à infiltrer le gouvernement et comment elle tire profit de ces positions.

http://www.rollingstone.com/politics/story/29127316/the_great_american_bubble_machine/1

Voici tout d’abord une liste d’anciens haut-placés de Goldman Sachs qui oeuvrent au sein du gouvernement et/ou d’agences de règlementation:

  • - Robert Rubin: ancien secrétaire du trésor de Clinton.
  • - Henry Paulson: ancien secrétaire du trésor de Bush.
  • - Joshua Bolten: ancien chief of staff de Bush.
  • - Mark Patterson: treasury chief of staff de Obama.
  • - Ed Liddy: celui que Paulson a mis en charge de AIG suite au bailout.
  • - Neel Kashkari: celui que Paulson a mis en charge du TARP.
  • - Gary Gensler: en charge de la Commodity Futures Trading Commission.
  • - Neil Levin: en charge du New York State Insurance Department.
  • - Stephen Friedman: ancien chairman de la NY Federal Reserve.
  • - William Dudley: chairman de la NY Federal Reserve.
  • - Mark Carney: chairman de la Banque du Canada.
  • - Robert Zoellick: chairman de la Banque Mondiale.
  • - John Thain: ancien PDG de Merrill-Lynch.
  • - Robert Steel: ancien PDG de Wachovia.

Et je suis sûr que la liste pourrait très bien s’allonger si on cherche davantage…

Comment GS a-t-elle usé de ces relations importantes? Voici la réponse (selon l’article de Taibbi dont plusieurs faits demeurent à vérifier):

1) Durant la bulle technologique, après avoir fait le premier appel public à l’épargne (PAPE) de Yahoo!, GS est devenu un leader dans ce domaine, multipliant les PAPEs d’entreprises fraîchement créées, sans profits, ni modèle d’affaire. Elle a utilisé plusieurs tactiques frauduleuses pour arriver à ses fins, notamment le "laddering" et le "spinning", consistant à manipuler les marchés. Elle  a payé de faibles amendes à cet égard (grâce à ses contacts), mais a empochés d’immenses profits et payé d’immense bonus à ses dirigeants et employés.

2) GS a été une pionnière dans la titrisation de créances "sub-prime", vendant ces titres frauduleux à des fonds de pension, sachant très bien que les pertes seraient immenses. La preuve qu’elle n’y croyait pas? Elle a pris des positions gigantesques dans des credit-default-swaps (CDS), notamment auprès de AIG (i.e. elle a parié que les pertes sur ces prêts seraient élevées). C’est un cas typique d’asymétrie d’information: GS savait que les CDOs ne vaudraient rien, donc elle les vend à d’autres et achète des CDS pour faire le pari inverse! De la pure fraude de valeurs mobilières.

Comment AIG a-t-elle pu prendre ces immenses positions en passant sous le radar de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC)? Grâce à la collaboration de Robert Rubin et de son Commodity Futures Modernization Act et aussi grâce à Neil Levin, qui a fait en sorte que les CDS ne soient pas règlementés comme un produit d’assurance.

À noter que suite au bailout de AIG, Ed Liddy, nommé par Paulson pour prendre AIG en charge, a fait un chèque d’environ $13 milliard d’argent des contribuables à GS, pour rembourser les gains de GS sur les CDS que AIG lui devait. Il est donc faux de prétendre que GS n’a pas bénéficié du bailout parce qu’elle voulait à tout prix le rembourser. Le bailout a sauvé ses contreparties; et elle a voulu le rembourser pour pouvoir payer de généreux bonus à ses employés!

Ce paiement de AIG fait en sorte que les résultats du premier trimestre de 2009 de GS ont surpris à la hausse, stimulant le prix de l’action. GS en profite pour faire une émission d’actions à prix avantageux, et ce quelque temps avant l’annonce des fameux "stress-tests" qui allaient faire en sorte que plusieurs banques allaient avoir à émettre des actions toutes en même temps; comme si GS savait à l’avance ce qui allait arriver. Ensuite, les règles pour le remboursement du TARP ont été annoncées et requièrent que l’argent soit remboursé avec de la dette fraîchement émise d’au moins 5 ans, non-garantie par le FDIC, ce que GS avait fait une semaine auparavant! C’est ce qui s’appelle être ahead of the curve…

3) GS a grandement bénéficié de la hausse des prix des commodités en 2008, surtout du pétrole. Elle a pu en profiter largement parce qu’elle a obtenu une exemption du CFTC (où elle a un homme d’influence) lui permettant de prendre d’immenses positions sur les marchés à terme, ce qui n’était pas permis auparavant pour ne pas que les prix soient manipulés. GS avait d’ailleurs plusieurs investissements directs dans le pétrole, notamment des rafineries au Kansas.

4) L’auteur de l’article suggère que la prochaine source de profits de GS sera les crédits d’émission de carbone. Le site internet de l’entreprise corrobore d’ailleurs cette affirmation (voir image de la page principale de GS plus bas). L’entreprise a déjà mobilisé tous ces contacts gouvernementaux, dont le Président lui-même, de façon à créer une règlementation qui lui permettra de s’enrichir. Elle a d’ailleurs déjà positionné ses investissements à cet égard:

  • - Horizon Wind Energy ( énergie éolienne)
  • - Changing World Tech
  • - BP Solar (partenariat d’énergie solaire avec British Petroleum)
  • - Chicago Climate Exchange (bourse du carbone)
  • - Blue Source LLC
  • - Generation Investment Management (avec Al Gore)
  • - Green Growth Fund

Non seulement ces entreprises recevront de généreuses subventions avec de l’argent des contribuables, mais elles pourront en plus permettre à GS de s’enrichir au fur et à mesure que le prix des crédits de carbone vont augmenter. Et elle s’assurera que cela se produise en utilisant son immense pouvoir spéculatif et ses contacts au gouvernement.

Finalement, Goldman Sachs a fait $2 milliard de profit en 2008, mais n’a payé que $14 millions en impôts, grâce à ses filiales dans les paradis fiscaux. Le PDG a fait $42.9 millions et les employés ont fait $16 milliards en rémunération. Les employés et l’entreprise ont contribué $981,000 à la campagne de Obama et $4.5 millions au parti Démocrate.

Facile de faire de l’argent lorsqu’on sait à l’avance (ou décide à l’avance) de ce qui va arriver. L’intervention du gouvernement dans l’économie, influencée par les bonzes de GS, lui a permis tricher le capitalisme et de rediriger des milliards d’épargne des citoyens sous la forme de profits pour les actionnaires et de bonus pour les haut-placés de cette banque.

GS_climatechange

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 Un article paru sur Cyberpress présente les résultats d’un sondage de la firme Nanos Research, mandatée par la Coalition Canadienne de la Santé (CCS), démontrant que 88% des Québécois appuient le régime de santé public.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/200908/12/01-892013-les-canadiens-appuient-massivement-le-systeme-de-sante-public.php

Cela démontre à quel point nous sommes loins de faire des progrès en ce qui a trait à la privatisation de notre système de santé. Il est décourageant de constater que, malgré les couloirs bondés de malades, les urgences qui débordent et les gens qui meurent sur d’interminables listes d’attente, les gens ne soient davantage ouverts au changement.

C’est tout simplement parce que les gens ont peur des impacts que cela pourraient avoir, notamment de se voir refuser des soins par manque d’argent. Cette peur est bien alimentée par plusieurs, dont la CCS, qui brandissent l’effrayant spectre d’un système de santé à l’Américaine, "centré sur les profits" et qui laisse les pauvres mourir devant les portes des hôpitaux.

Il n’est donc pas surprenant de constater l’inaction des politiciens au pouvoir à l’égard de la santé. Même s’ils avaient de la volonté, ils n’ont clairement pas l’appui du public quant à l’augmentation du privé dans la santé. Alors pourquoi risquer de perdre des votes alors que le statu quo est si confortable?

D’autre part, il ne faut pas oublier que le système de santé public est une forme de redistribution de richesse. Il est financé avec les impôts, alors que 40% de la population n’en paie pas. Donc, la privatisation du système aurait un impact négatif sur le revenu disponible d’une grande partie de la population, qui bénéficie de soins gratuits sans payer d’impôts. C’est pourquoi je persiste à dire que, pour ses premiers pas vers la privatisation de la santé, l’État devra garantir l’universalité des soins et y aller de façon très graduelle (i.e. commencer par un système à deux vitesses), sans quoi l’opposition de la population sera trop grande.

Pour ma part, je compte davantage sur la recherche du profit, pour m’assurer des soins de santé de qualité, plutôt que sur le bon-vouloir des fonctionnaires. Quant au système de santé à l’américaine, ces chiffres publiés sur le blogue Antagoniste parlent d’eux-mêmes:

 sante110809

http://www.antagoniste.net/?p=6251

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L’offre des Molson pour l’achat des Canadiens s’établit à environ $633 millions. Vous trouvez ce prix mirobolant? Moi oui! Je pense qu’ils vont perdre leur chemise. Néanmoins, dîtes-vous bien que, si vous êtes un contribuable Québécois, votre argent servira à financer cette transaction! En effet, selon le Journal de Montréal, Investissements Québec serait prêt à consentir un prêt de $100 millions pour financer la transaction.

Il y a deux raisons potentielles pour lesquelles les Molson se tournent vers l’État pour ce prêt:

1) Aucune autre banque ne veut leur conssentir un prêt. Que ce soit parce que le prix payé est trop élevé et/ou que la transaction est trop risquée (le hockey à Montréal est au sommet présentement et ne peut que redescendre), si ce n’est pas bon pour les banques, ce n’est certainement pas bon pour les contribuables…

2) Le taux d’intérêt qui pourrait être obtenu auprès de Investissements Québec est plus intéressant que celui qui serait obtenu sur le marché. Dans ce cas, le contribuable Québécois est aussi floué parce qu’il ne recevrait pas une juste compensation pour le risque qu’il encourt. La seule justification offerte est que le gouvernement favorise un acheteur Québécois pour le Canadien…

D’ailleurs, même si le taux d’intérêt était alléchant pour nous, le gouvernement n’est pas une banque. Il n’a pas l’expertise et les systèmes qui permettent de gérer efficacement et profitablement un portefeuille de prêts. Mais soyons honnêtes, l’objectif n’est pas que ce soit profitable. Les prêts d’Investissements Québec sont de nature politique. La sous-performance de ces capitaux est le prix à payer (par l’ensemble des contribuables) pour faire avancer l’agenda des politiciens et préserver les emplois d’une poignée d’individus qui ont de bons contacts.

Finalement, il faut considérer l’impact de cet interventionnisme sur l’allocation des capitaux dans l’économie. Ce prêt à taux avantageux abaisse artificiellement le coût du capital des Molsons, ce qui leur permet de payer un montant plus élevé que le "juste prix". Résultat: l’excédent est une perte sèche; c’est de la destruction de richesse.  Si cette somme était remise dans les poches des contribuables, ceux-ci pourraient la dépenser pour subvenir à leurs besoins (parions que la plupart aimeraient mieux avoir l’argent plutôt que de savoir que le Canadien appartient à des Québécois plutôt qu’à un Américain…). L’économie Québécoise en bénéficierait…plutôt que Georges Gillett.

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