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Archive for août 2009

L’électricité est dérèglementée au Royaume-Uni. Donc en théorie, lorsque l’offre devient insuffisante face à la demande, le prix de l’électricité augmente, ce qui stimule la construction de nouvelles centrales. C’est ce que nous avons observé en Alberta récemment. Le marché y est dérèglementé et dû à la forte croissance économique qui y a eu lieu, la demande a explosé, tout comme le prix qui a atteint des pointes de $200 par mégawatt/heure en 2008. Comme l’Alberta a un climat relativement favorable à l’investissement (avec peu d’interférence de l’État), les entreprises ont répondu au signal du marché et des investissements ont été réalisés pour augmenter l’offre.

Cependant, lorsque la politique jette du sable dans l’engrenage, le marché ne peut fonctionner aussi efficacement. En effet, l’incertitude quant aux politiques de réduction de gaz à effet de serre ont créé un climat défavorable aux investissements à long terme. Ces politiques augmenteront les coûts de production et les entreprises ne sont pas convaincue que le parti go-gauche au pouvoir au Royaume-Uni leur permettra de récupérer ces coûts par l’entremise des tarifs (pour "protéger" les consommateurs?). Résultat: le pays manquera d’électricité quelque part durant la période allant de 2013 à 2016, selon la vitesse de la reprise économique.  On parle d’un manque-à-gagner allant de 20 à 32 gigawatts de capacité.

Le Royaume-Uni vise à réduire ses émissions de carbone de 34% en 2020 par rapport à leur niveau en 1990. Cette cible est évidemment irréaliste dans un pays qui utilise autant de charbon pour sa production d’électricité. Le potentiel de développement d’énergie éolienne est limité dans ce pays, tout comme le solaire, et même si un effort gigantesque était fait, le manque-à-gagner serait bien loin d’être comblé. Pour ce qui est de l’énergie nucléaire, pas question de planifier un investissement aussi massif, qui s’échelonnerait sur 10 ans, dans un climat aussi incertain. 

La seule solution restante est le gaz naturel. Les nouvelles centrales au gaz sont relativement peu polluantes et sont rapides à construire. Le problème est que la production de gaz naturel du Royaume-Uni est en chute libre, ce qui signifie que l’on devra compter sur l’imprévisible Russie pour l’approvisionnement. Or,  nous savons bien que la Russie utilise son gaz naturel pour augmenter sa zone d’influence et "jouer du coude" avec les pays européens.

Bref, le marché de l’électricité du Royaume-Uni est présentement dans une impasse et le gouvernement n’a que lui à blâmer. Lorsque l’opportunisme politique interfère avec les lois du marché, il ne peut en résulter que des conséquences négatives. Un cadre réglementaire clair et transparent relativement aux émissions polluantes, permettant aux entreprises de librement passer les coûts de productions à travers les tarifs aurait permis au marché de fonctionner correctement et des investissements privés dans la capacité de production auraient été réalisés.

Un "blackout" durant les Jeux Olympiques de Londres en 2012 est bien possible selon les experts et serait très gênant pour le pays!

(Voir l’article dans The Econoimist du 8 août.)

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Dans un excellent article de Matt Taibbi paru dans Rolling-Stones (dont j’ai trouvé le lien sur le blogue des 7 du Québec), l’auteur relate de quelle façon Goldman Sachs (GS) a réussi à infiltrer le gouvernement et comment elle tire profit de ces positions.

http://www.rollingstone.com/politics/story/29127316/the_great_american_bubble_machine/1

Voici tout d’abord une liste d’anciens haut-placés de Goldman Sachs qui oeuvrent au sein du gouvernement et/ou d’agences de règlementation:

  • - Robert Rubin: ancien secrétaire du trésor de Clinton.
  • - Henry Paulson: ancien secrétaire du trésor de Bush.
  • - Joshua Bolten: ancien chief of staff de Bush.
  • - Mark Patterson: treasury chief of staff de Obama.
  • - Ed Liddy: celui que Paulson a mis en charge de AIG suite au bailout.
  • - Neel Kashkari: celui que Paulson a mis en charge du TARP.
  • - Gary Gensler: en charge de la Commodity Futures Trading Commission.
  • - Neil Levin: en charge du New York State Insurance Department.
  • - Stephen Friedman: ancien chairman de la NY Federal Reserve.
  • - William Dudley: chairman de la NY Federal Reserve.
  • - Mark Carney: chairman de la Banque du Canada.
  • - Robert Zoellick: chairman de la Banque Mondiale.
  • - John Thain: ancien PDG de Merrill-Lynch.
  • - Robert Steel: ancien PDG de Wachovia.

Et je suis sûr que la liste pourrait très bien s’allonger si on cherche davantage…

Comment GS a-t-elle usé de ces relations importantes? Voici la réponse (selon l’article de Taibbi dont plusieurs faits demeurent à vérifier):

1) Durant la bulle technologique, après avoir fait le premier appel public à l’épargne (PAPE) de Yahoo!, GS est devenu un leader dans ce domaine, multipliant les PAPEs d’entreprises fraîchement créées, sans profits, ni modèle d’affaire. Elle a utilisé plusieurs tactiques frauduleuses pour arriver à ses fins, notamment le "laddering" et le "spinning", consistant à manipuler les marchés. Elle  a payé de faibles amendes à cet égard (grâce à ses contacts), mais a empochés d’immenses profits et payé d’immense bonus à ses dirigeants et employés.

2) GS a été une pionnière dans la titrisation de créances "sub-prime", vendant ces titres frauduleux à des fonds de pension, sachant très bien que les pertes seraient immenses. La preuve qu’elle n’y croyait pas? Elle a pris des positions gigantesques dans des credit-default-swaps (CDS), notamment auprès de AIG (i.e. elle a parié que les pertes sur ces prêts seraient élevées). C’est un cas typique d’asymétrie d’information: GS savait que les CDOs ne vaudraient rien, donc elle les vend à d’autres et achète des CDS pour faire le pari inverse! De la pure fraude de valeurs mobilières.

Comment AIG a-t-elle pu prendre ces immenses positions en passant sous le radar de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC)? Grâce à la collaboration de Robert Rubin et de son Commodity Futures Modernization Act et aussi grâce à Neil Levin, qui a fait en sorte que les CDS ne soient pas règlementés comme un produit d’assurance.

À noter que suite au bailout de AIG, Ed Liddy, nommé par Paulson pour prendre AIG en charge, a fait un chèque d’environ $13 milliard d’argent des contribuables à GS, pour rembourser les gains de GS sur les CDS que AIG lui devait. Il est donc faux de prétendre que GS n’a pas bénéficié du bailout parce qu’elle voulait à tout prix le rembourser. Le bailout a sauvé ses contreparties; et elle a voulu le rembourser pour pouvoir payer de généreux bonus à ses employés!

Ce paiement de AIG fait en sorte que les résultats du premier trimestre de 2009 de GS ont surpris à la hausse, stimulant le prix de l’action. GS en profite pour faire une émission d’actions à prix avantageux, et ce quelque temps avant l’annonce des fameux "stress-tests" qui allaient faire en sorte que plusieurs banques allaient avoir à émettre des actions toutes en même temps; comme si GS savait à l’avance ce qui allait arriver. Ensuite, les règles pour le remboursement du TARP ont été annoncées et requièrent que l’argent soit remboursé avec de la dette fraîchement émise d’au moins 5 ans, non-garantie par le FDIC, ce que GS avait fait une semaine auparavant! C’est ce qui s’appelle être ahead of the curve…

3) GS a grandement bénéficié de la hausse des prix des commodités en 2008, surtout du pétrole. Elle a pu en profiter largement parce qu’elle a obtenu une exemption du CFTC (où elle a un homme d’influence) lui permettant de prendre d’immenses positions sur les marchés à terme, ce qui n’était pas permis auparavant pour ne pas que les prix soient manipulés. GS avait d’ailleurs plusieurs investissements directs dans le pétrole, notamment des rafineries au Kansas.

4) L’auteur de l’article suggère que la prochaine source de profits de GS sera les crédits d’émission de carbone. Le site internet de l’entreprise corrobore d’ailleurs cette affirmation (voir image de la page principale de GS plus bas). L’entreprise a déjà mobilisé tous ces contacts gouvernementaux, dont le Président lui-même, de façon à créer une règlementation qui lui permettra de s’enrichir. Elle a d’ailleurs déjà positionné ses investissements à cet égard:

  • - Horizon Wind Energy ( énergie éolienne)
  • - Changing World Tech
  • - BP Solar (partenariat d’énergie solaire avec British Petroleum)
  • - Chicago Climate Exchange (bourse du carbone)
  • - Blue Source LLC
  • - Generation Investment Management (avec Al Gore)
  • - Green Growth Fund

Non seulement ces entreprises recevront de généreuses subventions avec de l’argent des contribuables, mais elles pourront en plus permettre à GS de s’enrichir au fur et à mesure que le prix des crédits de carbone vont augmenter. Et elle s’assurera que cela se produise en utilisant son immense pouvoir spéculatif et ses contacts au gouvernement.

Finalement, Goldman Sachs a fait $2 milliard de profit en 2008, mais n’a payé que $14 millions en impôts, grâce à ses filiales dans les paradis fiscaux. Le PDG a fait $42.9 millions et les employés ont fait $16 milliards en rémunération. Les employés et l’entreprise ont contribué $981,000 à la campagne de Obama et $4.5 millions au parti Démocrate.

Facile de faire de l’argent lorsqu’on sait à l’avance (ou décide à l’avance) de ce qui va arriver. L’intervention du gouvernement dans l’économie, influencée par les bonzes de GS, lui a permis tricher le capitalisme et de rediriger des milliards d’épargne des citoyens sous la forme de profits pour les actionnaires et de bonus pour les haut-placés de cette banque.

GS_climatechange

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 Un article paru sur Cyberpress présente les résultats d’un sondage de la firme Nanos Research, mandatée par la Coalition Canadienne de la Santé (CCS), démontrant que 88% des Québécois appuient le régime de santé public.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/200908/12/01-892013-les-canadiens-appuient-massivement-le-systeme-de-sante-public.php

Cela démontre à quel point nous sommes loins de faire des progrès en ce qui a trait à la privatisation de notre système de santé. Il est décourageant de constater que, malgré les couloirs bondés de malades, les urgences qui débordent et les gens qui meurent sur d’interminables listes d’attente, les gens ne soient davantage ouverts au changement.

C’est tout simplement parce que les gens ont peur des impacts que cela pourraient avoir, notamment de se voir refuser des soins par manque d’argent. Cette peur est bien alimentée par plusieurs, dont la CCS, qui brandissent l’effrayant spectre d’un système de santé à l’Américaine, "centré sur les profits" et qui laisse les pauvres mourir devant les portes des hôpitaux.

Il n’est donc pas surprenant de constater l’inaction des politiciens au pouvoir à l’égard de la santé. Même s’ils avaient de la volonté, ils n’ont clairement pas l’appui du public quant à l’augmentation du privé dans la santé. Alors pourquoi risquer de perdre des votes alors que le statu quo est si confortable?

D’autre part, il ne faut pas oublier que le système de santé public est une forme de redistribution de richesse. Il est financé avec les impôts, alors que 40% de la population n’en paie pas. Donc, la privatisation du système aurait un impact négatif sur le revenu disponible d’une grande partie de la population, qui bénéficie de soins gratuits sans payer d’impôts. C’est pourquoi je persiste à dire que, pour ses premiers pas vers la privatisation de la santé, l’État devra garantir l’universalité des soins et y aller de façon très graduelle (i.e. commencer par un système à deux vitesses), sans quoi l’opposition de la population sera trop grande.

Pour ma part, je compte davantage sur la recherche du profit, pour m’assurer des soins de santé de qualité, plutôt que sur le bon-vouloir des fonctionnaires. Quant au système de santé à l’américaine, ces chiffres publiés sur le blogue Antagoniste parlent d’eux-mêmes:

 sante110809

http://www.antagoniste.net/?p=6251

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L’offre des Molson pour l’achat des Canadiens s’établit à environ $633 millions. Vous trouvez ce prix mirobolant? Moi oui! Je pense qu’ils vont perdre leur chemise. Néanmoins, dîtes-vous bien que, si vous êtes un contribuable Québécois, votre argent servira à financer cette transaction! En effet, selon le Journal de Montréal, Investissements Québec serait prêt à consentir un prêt de $100 millions pour financer la transaction.

Il y a deux raisons potentielles pour lesquelles les Molson se tournent vers l’État pour ce prêt:

1) Aucune autre banque ne veut leur conssentir un prêt. Que ce soit parce que le prix payé est trop élevé et/ou que la transaction est trop risquée (le hockey à Montréal est au sommet présentement et ne peut que redescendre), si ce n’est pas bon pour les banques, ce n’est certainement pas bon pour les contribuables…

2) Le taux d’intérêt qui pourrait être obtenu auprès de Investissements Québec est plus intéressant que celui qui serait obtenu sur le marché. Dans ce cas, le contribuable Québécois est aussi floué parce qu’il ne recevrait pas une juste compensation pour le risque qu’il encourt. La seule justification offerte est que le gouvernement favorise un acheteur Québécois pour le Canadien…

D’ailleurs, même si le taux d’intérêt était alléchant pour nous, le gouvernement n’est pas une banque. Il n’a pas l’expertise et les systèmes qui permettent de gérer efficacement et profitablement un portefeuille de prêts. Mais soyons honnêtes, l’objectif n’est pas que ce soit profitable. Les prêts d’Investissements Québec sont de nature politique. La sous-performance de ces capitaux est le prix à payer (par l’ensemble des contribuables) pour faire avancer l’agenda des politiciens et préserver les emplois d’une poignée d’individus qui ont de bons contacts.

Finalement, il faut considérer l’impact de cet interventionnisme sur l’allocation des capitaux dans l’économie. Ce prêt à taux avantageux abaisse artificiellement le coût du capital des Molsons, ce qui leur permet de payer un montant plus élevé que le "juste prix". Résultat: l’excédent est une perte sèche; c’est de la destruction de richesse.  Si cette somme était remise dans les poches des contribuables, ceux-ci pourraient la dépenser pour subvenir à leurs besoins (parions que la plupart aimeraient mieux avoir l’argent plutôt que de savoir que le Canadien appartient à des Québécois plutôt qu’à un Américain…). L’économie Québécoise en bénéficierait…plutôt que Georges Gillett.

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Voici ci-bas un excellent graphique que j’ai pris sur le blog du Mises Institute sur les prix à la consommation allant de 1665 jusqu’à 2013 (les années futures sont des estimations). Les prix avant 1913 sont une estimation basée sur une étude de l’American Antiquarian Society alors qu’à partir de 1913 ils proviennent du Bureau of Labor Statistics. Pour votre information, la Federal Reserve est apparue en 1913…

Sur le graphique, on peut voir que les prix ont été assez stable jusqu’à environ 1930. Suite à ce que les États-Unis aient quitté l’étalon-or, on peut voir qu’une constante inflation s’est enclenchée.  Les petits "peaks" que l’on observe de temps en temps entre 1665 et 1913 sont des moments où le gouvernement a soit permis aux banques de suspendre les paiements en espèces pour les sauver de la faillite ou soit imprimé de l’argent sans valeur pour financer la guerre d’indépendence par exemple. Il y a plusieurs autres graphiques intéressants dans le même fichier, que vous trouverez ici: http://blog.mises.org/archives/010432.asp

 À ceux qui craignent que l’absence de banque centrale auraient des conséquences désastreuses pour la stabilité des prix: vous avez là la preuve historique que les actions des banques centrales sont précisément ce qu’il y a craindre relativement au pouvoir d’achat de la monnaie. Cette arnaque se fait au profit des endettés, qui voient la valeur réelle de leur dette diminuer au même rythme que l’inflation, et bien sûr aux banques, le tout sur le dos des contribuables et des épargnants.

  Prices

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Nous apprenions vendredi par le Wall-Street Journal que le Congrès Américain planifiait l’achat de 8 jets régionaux au coût de $550 millions. Il n’y a pas si longtemps, les politiciens fustigeaient les compagnies ayant reçu l’aide du gouvernement pour avoir commander des jets d’affaires, alors qu’il profite d’une année où le gouvernement fédéral engrangera un déficit record pour renouveller et agrandir la flotte d’avions au service des politiciens.

Les dépenses de voyage des membres du congrès ont presque atteint $13 million en 2008, soit 10 fois plus qu’en 1995, et continuent d’exploser en 2009. Ce poste du budget est illimité, alors pourquoi s’en priver! L’article mentionne qu’ils ont passé 3,000 jours en voyage aux frais des contribuables en 2008, comparativement à 550 en 1995. Ces voyages se font dans un luxe inimaginable (ces avions sont des hotels 5 étoiles volants), et les politiciens sont accompagnés de leur épouse sans frais. Non seulement  ils dépensent sans compter l’argent des contribuables en pleine récession, mais en plus ils utilisent à profusion le moyen de transport le plus polluant qui soit.

Un des exemples de l’article mentionne un groupe de sénateurs qui part en Europe pour 3 semaines ce mois-ci, accompagnés de leur épouse. N’ont-ils pas de choses importantes à s’occuper dans leur circonscription en ces temps difficiles? Que le président Obama aille serrer la mi-mine de Sarkozy pour le bien-paraître de la chose, je peux comprendre. Mais que le Sénateur de l’Ohio et son équipe s’envole pour 3 semaines en Europe, je ne vois pas la pertinence. Si les Américains veulent promouvoir le commerce international, ils n’ont qu’à abaisser leurs mesures protectionnistes.

[Congress travel chart]

http://online.wsj.com/article/SB124960404730212955.html

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Dans leur numéro du 1er Août 2009, nos chers amis de la "simili-droite" de l’hebdomadaire The Economist nous propose une revue littéraire sur le sujet de l’obésité.

Allons-y tout d’abord de quelques chiffres fournis par l’auteur:

-  Le tier des Américains sont obèses.

- Les obèses sont plus enclins aux maladies cardiaques, diabète, problèmes osseux et cancer.

- Les obèses consomment $700 de plus par année en soins médicaux que les non-obèses.

- Les coûts totaux de l’obésité dépassent $200 milliards par année aux États-Unis (plus que le tabagisme).

- Par l’entremise des programmes Medicare et Medicaid, la moitié de ces coûts se retrouvent sur le dos des contribuables.

L’auteur de l’article ne prend pas vraiment position, il ne fait que présenter des articles sur le sujet, dont celui du Urban Institute, un "think-tank" de Washington, qui propose de  taxer les aliments engraissants.  Le congrès considère d’ailleurs une taxe sur les boissons sucrées pour financer le nouveau programme de santé.  Il a pourtant été démontré que ces politiques pigouviennes (après l’économiste britannique Arthur Pigou) sont inefficaces, notamment par l’économiste Ronald Coase, qui a gagné un prix Nobel à cet égard. En effet, la consommation d’une poutine de temps en temps n’entraînera pas nécessairement l’obésité; l’individu peut compenser en faisant de l’exercice. En revanche, la consommation excessive d’aliments qui échapperaient à la taxe pourrait très bien mener à l’obésité.

Dans ce cas-ci, le problème n’est pas la consommation de gras ou de boissons sucrées. Le problème est que l’ensemble des contribuables doivent assumer les coûts reliés à un groupe d’individus qui ne fait pas attention à sa santé. Le problème est dû au fait qu’en raison du filet social, une bonne partie des obèses n’ont pas à assumer les coûts complets de leurs soins de santé. Pour eux, l’utilité de manger de la "junk food" est supérieure à la somme des coûts qu’ils doivent assumer pour le faire (une dégradation immédiate ou future de leur état de santé et une partie des frais médicaux).

La solution la plus efficace m’apparaît être la suivante: suite à un examen annuel (qui doit être fait de toute façon), un médecin évaluerait le niveau de santé de l’individu. Si l’individu ne fait pas attention à sa santé et présente un risque accru de tomber malade, on lui facturerait une sorte de sur-prime pour compenser les contribuables pour le risque accru. Comme pour n’importe quelle assurance, lorsque le risque est plus élevé, l’assureur doit être compensé par une prime plus élevée. Vous voulez éviter cette sur-prime? Faîtes attention à votre santé. Ainsi, on assure l’universalité des soins de santé, sans toutefois faire assumer à la collectivité les coûts sociaux engendrés par le comportement irresponsable de quelques individus. De plus, cette solution est relativement moins compliquée car il est plus facile d’établir si un individu est en bonne santé (prise de sang, pression, examen physique, test d’urine, calcul de l’indice de masse corporelle) que de décider quels aliments en particulier sont responsables de l’obésité.

 Évidemment, la solution la plus drastique serait l’élimination totale du filet social, qui ferait en sorte que tous les individus seraient responsables de leurs actes. Cependant, je suis de ceux qui croient que l’universalité des soins de santé est un mal nécessaire. Trouvons donc une solution appropriée qui respecte les libertés individuelles et qui ne permettra pas à l’État de nous prendre encore plus de laine sur le dos pour financer son expansion.

 http://www.economist.com/displaystory.cfm?story_id=14119707

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C’est dans une usine de véhicules récréatifs récemment fermée en raison de la récession que le président a fait un discours hier, annonçant que le gouvernement allait verser $2.4 milliards en subventions pour stimuler la recherche et la production de véhicules hybrides. M. Obama a dit qu’il ne veut pas importer de véhicules hybrides, il veut qu’ils soient fabriqués ici en Amérique.

 Le gouvernement n’a pas appris sa leçon suite au désastre subventionné qu’a été l’éthanol? Il refait encore la même erreur en imposant au marché une solution technologique, qui pourrait bien ne pas être la bonne. Et il le fait avec l’argent des contribuables en plus; utilisant le réchauffement climatique pour aider à se justifier.

Même si les américains se mettent à produire des hybrides, ils ne pourront jamais rivaliser avec les coûts de production des Asiatiques. Ils auront perpétuellement besoin de subventions, crédits d’impôts et, qui sait, tarifs douaniers, pour être compétitifs. Si le Big 3 ne produit pas de véhicules hybrides présentement, c’est parce que ce n’est pas rentable. GM avait vendu plusieurs EV1 il y a quelques années. La demande était ahurissante, mais GM n’a pas poursuivi le projet parce que même si la voiture se vendait à un prix exhorbitant, GM ne faisait pas de profit en vendant ces véhicules. GM a même détruit tous les prototypes, même si plusieurs acheteurs étaient prêts à payer le gros prix pour les acquérir!

Les gens ont souvent reproché au Big 3 de ne pas produire les bons véhicules moins énergivore et que  c’est ce qui a mené la compagnie en faillite. C’est totalement faux. La voiture compacte la plus vendue en Europe ces dernières années est la Opel Aastra, produite par GM. Pourquoi est-ce que GM ne l’a pas importée en Amérique (sauf en 2008 sous la marque Saturn)? Parce qu’il n’y avait pas de demande pour ce type de véhicule aux États-Unis! Les gens voulaient des VUS et donc le Big3 a produit des VUS pour répondre à la demande. Ce qui a tué le Big3 sont des avantages sociaux exhorbitants arrachés par des syndicats voraces, jumelée à une baisse de la demande véhicules dans leur marché principal: les États-Unis.

 Le gouvernement doit laisser le marché suivre son cours et laisser la population décider du moyen le plus efficace pour se déplacer. Si cette solution s’avère être la voiture hybride, la quête du profit se chargera de satisfaire les besoins de la population.  Et si seuls les Chinois, les Coréens et les Taiwannais peuvent produire des hybrides à un coût raisonnable, nous aurons qu’à les importer de là et utiliser nos ressources à autre escient. Si M. Obama tient à préserver l’avantage technologique des États-Unis, il n’a qu’à améliorer l’accès à l’éducation et la qualité de celui-ci.

 http://www.wthr.com/Global/story.asp?S=10849863&nav=9Tai

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Why your world is about to get a whole lot smaller – par Jeff Rubin (2009 – 265 pages)

L’ancien économiste de CIBC World Markets a quitté son poste il y a quelques mois pour faire la promotion de ce livre et donner des conférences sur le sujet.  La réponse à la question du titre (pourquoi notre monde deviendra plus petit) est fort simple: parce que le prix du pétrole va continuer d’augmenter dramatiquement au cours des prochaines années et parce que les émissions de carbone vont bientôt avoir un coût prohibitif.

Nous ne manquerons jamais de pétrole sur la terre, mais le coût marginal de production est en train d’augmenter de façon vertigineuse parce que les sources production conventionnelles sont en déclin. La demande, quant à elle, s’ajuste dans les pays industrialisés, qui réduisent leur consommation en réponse au prix, mais pas dans les autres pays comme la Chine, le Mexique, la Russie, l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Vénézuela et plusieurs autres où le prix à la pompe est "subventionné", ce qui empêche le marché de jouer son rôle. Résultat: nous nous retrouverons à nouveau avec un baril dans les trois chiffres très bientôt.

L’économiste décrit ensuite les impacts que cela aura sur nos vies. M. Rubin croit que l’augmentation des coûts de transport aura pour conséquence de renverser la globalisation des échanges. Tout sera plus local; surtout l’agriculture. Il pense notamment que les pays qui auront une règlementation sur les émissions polluantes imposeront des tarifs douaniers sur les importations des pays qui n’en ont pas. Bien sûr, les avancées technologiques nous donneront un coup de main, mais seront insuffisantes pour préserver notre mode de vie actuel, qui est insoutenable dans un monde où le baril de pétrole vaut $200. Bref, ce ne sera pas la fin du monde, mais notre mode de vie va changer drastiquement.

Moins alarmiste et plus réaliste que la plupart des autres livres sur le sujet (par exemple The Long Emergency par James H. Kunstler), il s’agit d’un livre fort intéressant et très informatif. Si vous avez un livre à lire sur le sujet, je pense que ça devrait être celui-ci. Je pense que sa théorie va, dans une certaine mesure, devenir réalité un jour. Cependant, ce sera probablement plus tard que ce qu’il croit.

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 Comme la plupart des Québécois, je suis un amateur de hockey et je souhaite le retour d’une équipe de la LNH à Québec. Le slogan des Canadiens de Montréal ("La ville est hockey") traduit bien l’engouement des Québécois pour le hockey. L’ambiance lors des matchs, que ce soit au Centre Bell, dans les resto-bars ou dans les maisons, est électrisante.

Ceci étant dit, il est fort probable, voire certain, que les promotteurs du projet quémanderont des subventions, crédits de taxes, et autres types d’extorsion, de façon à faire payer à tous les Québécois, amateurs de hockey ou non, le prix de leur aventure.  Voici un extrait de l’article de Yvon Pednault ce matin:

 "Aux États-Unis, 90% des propriétaires ont reçu l’aide des gouvernements pour bâtir leurs amphithéâtres. À Québec, peut-on compter sur les trois paliers de gouvernement? Ou devrait-on questionner la volonté des trois paliers de gouvernement d’apposer leur sceau sur le projet d’un nouveau Colisée?"

Encore une fois, on va nous sortir les arguments économiques fallacieux, i.e. les retombées économiques.  En fait, il est à peu près certain que les équipes de hockey génèrent des retombées économiques négatives! En effet, les revenus proviennent en grande partie du Québec (billets, contrat de télé avec RDS, ventes de chandails, etc) alors que la plus grosse portion des dépenses, les salaires des joueurs, sont largement dépensés à l’extérieur de la province. 

D’autre part, je ne pense pas que le Canadien attire énormément de touristes. Je pense que ce sont surtout des Québécois qui assistent aux parties et regardent les matchs (pas 100%, mais pas loin). En fait, je soupçonne qu’il y a plus de Québécois qui vont voir le Canadien à l’extérieur de la province que de non-Québécois qui viennent à Montréal pour voir le Canadien, ce qui crée donc un déficit touristique.

Justifier des subventions aux équipes sportives sur la base des retombées économiques est de la fraude. Si ces équipes ont réellement leur raison d’être, i.e. si il y a suffisamment d’amateurs prêts à payer pour les billets, chandails, hot-dogs, etc, que RDS est prêt à payer un montant suffisant pour le contrat de télé et que les annonceurs et commanditaires sont au rendez-vous, alors il y aura du hockey à Québec. Autrement, qu’on utilise l’argent de mes impôts de meilleure façon ou, préférablement, qu’on me le remette…

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