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Archive for 17 août 2009

L’électricité est dérèglementée au Royaume-Uni. Donc en théorie, lorsque l’offre devient insuffisante face à la demande, le prix de l’électricité augmente, ce qui stimule la construction de nouvelles centrales. C’est ce que nous avons observé en Alberta récemment. Le marché y est dérèglementé et dû à la forte croissance économique qui y a eu lieu, la demande a explosé, tout comme le prix qui a atteint des pointes de $200 par mégawatt/heure en 2008. Comme l’Alberta a un climat relativement favorable à l’investissement (avec peu d’interférence de l’État), les entreprises ont répondu au signal du marché et des investissements ont été réalisés pour augmenter l’offre.

Cependant, lorsque la politique jette du sable dans l’engrenage, le marché ne peut fonctionner aussi efficacement. En effet, l’incertitude quant aux politiques de réduction de gaz à effet de serre ont créé un climat défavorable aux investissements à long terme. Ces politiques augmenteront les coûts de production et les entreprises ne sont pas convaincue que le parti go-gauche au pouvoir au Royaume-Uni leur permettra de récupérer ces coûts par l’entremise des tarifs (pour "protéger" les consommateurs?). Résultat: le pays manquera d’électricité quelque part durant la période allant de 2013 à 2016, selon la vitesse de la reprise économique.  On parle d’un manque-à-gagner allant de 20 à 32 gigawatts de capacité.

Le Royaume-Uni vise à réduire ses émissions de carbone de 34% en 2020 par rapport à leur niveau en 1990. Cette cible est évidemment irréaliste dans un pays qui utilise autant de charbon pour sa production d’électricité. Le potentiel de développement d’énergie éolienne est limité dans ce pays, tout comme le solaire, et même si un effort gigantesque était fait, le manque-à-gagner serait bien loin d’être comblé. Pour ce qui est de l’énergie nucléaire, pas question de planifier un investissement aussi massif, qui s’échelonnerait sur 10 ans, dans un climat aussi incertain. 

La seule solution restante est le gaz naturel. Les nouvelles centrales au gaz sont relativement peu polluantes et sont rapides à construire. Le problème est que la production de gaz naturel du Royaume-Uni est en chute libre, ce qui signifie que l’on devra compter sur l’imprévisible Russie pour l’approvisionnement. Or,  nous savons bien que la Russie utilise son gaz naturel pour augmenter sa zone d’influence et "jouer du coude" avec les pays européens.

Bref, le marché de l’électricité du Royaume-Uni est présentement dans une impasse et le gouvernement n’a que lui à blâmer. Lorsque l’opportunisme politique interfère avec les lois du marché, il ne peut en résulter que des conséquences négatives. Un cadre réglementaire clair et transparent relativement aux émissions polluantes, permettant aux entreprises de librement passer les coûts de productions à travers les tarifs aurait permis au marché de fonctionner correctement et des investissements privés dans la capacité de production auraient été réalisés.

Un "blackout" durant les Jeux Olympiques de Londres en 2012 est bien possible selon les experts et serait très gênant pour le pays!

(Voir l’article dans The Econoimist du 8 août.)

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