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La Bank of England (BoE)a récemment publié une étude intéressante sur la façon dont ils comptent règlementer le système bancaire, pour éviter une autre crise financière comme celle que nous avons connue. Ils ont nommé cette approche “macroprudential policy”. Ce système de règlementation ferait le pont entre la règlementation des institutions financières et les politiques économiques keynesiennes des banques centrales et du gouvernement.

La BoE croit que les institutions financières prennent trop de risques durant les booms et pas assez de risque durant les récessions ce qui a pour effet d’accentuer les cycles économiques (sans blague!). La BoE voudrait donc exiger des ratios de capital plus élevés durant les booms et réduire ses exigeances durant les busts. Ils croient aussi pouvoir prévenir les bulles spéculatives en modérant l’exubérance dans l’offre de crédit au bon moment, bien que ce ne soit pas l’objectif premier de cette nouvelle politique. Ils voudraient de plus ajuster les exigences de capital en fonction de la taille de chaque banque, de sa connectivité et de sa complexité, de façon à réduire le risque systémique.

L’étude reconnait tout d’abord que depuis la chute de Bretton Woods dans les années 1970 (le dernier lien du système monétaire international avec l’étalon-or), le niveau de liquidité du système bancaire a chuté drastiquement, ce qui a grandement contribué à l’instabilité du système. Les ratios basés sur la liquidité et les réserves ont été négligés par les autorités règlementaires, ce qui a contribué à la crise. C’est comme de la musique aux oreilles de ceux (comme moi) qui prônent un système bancaire à réserves entières (100%)!

En second lieu, les auteurs reconnaissent que le crédit bancaire (et donc la création de monnaie) est le carburant des bulles dans les prix des actifs, et par conséquent une cause majeure de la crise financière que nous venons de connaître. Ainsi, la croissance du crédit, facilitée par la création de monnaie, apparaît comme un ingrédient nécessaire à l’exubérance sur les marchés.

Après avoir correctement identifié deux causes majeures de l’instabilité du système financier (système à réserves fractionnaires et création excessive de monnaie), l’étude tombe malhreusement dans le piège de vouloir corriger ce système qui ne peut fonctionner.

Les auteurs de l’étude évaluent la possibilité d’utiliser des règles basées sur la croissance du crédit et les prix des actifs pour mettre en oeuvre cette politique (approche quantitative et objective), mais ils trouvent cette façon de faire inefficace. Ils recommandent plutôt une politique plus subjective laissée à la discrétion des autorités. Autrement dit, un comité se réunirait à une certaine fréquence pour déterminer quel ratio de capital devrait être appliqué à un moment donné, comme c’est le cas pour la politique monétaire. Cette vision très keynesienne des choses me fait bien peur vu l’échec retentissant des banques centrales à maintenir la stabilité du système au cours de leur existence.

L’étude mentionne finalement que pour minimiser le risque systémique, les gouvernements du monde entier devront adopter cette approche. Le Canada suivra fort probablement la parade.  Mes conversations récentes avec les PDGs de quelques banques et assureurs canadiens confirment que c’est ce genre de politique qu’ils anticipent de la part du Surintendant des Institutions Financières Canadiennes (OSFI).

Je perçois cette politique comme une tentative désespérée de préserver le système actuel de réserves fractionnaires et de monnaie fiduciaire malgré l’échec inévitable de ce système. En fait, cette douteuse alchimie n’est rien d’autre qu’un pas de plus vers une approche de planification centrale totale des marchés du crédit et de la monnaie. Ce qui me fait le plus peur là-dedans est que ce genre de politique puisse “sembler” fonctionner pour un temps, mais mène à une crise encore plus grave plus tard. Rien de bien rassurant…

Pour les progressistes/collectivistes (a.k.a. la gauche), l’État est essentiel pour assurer la justice sociale dans une économie où le capitalisme mène à une répartition injuste de la richesse. Le gouvernement est pour eux un mécanisme qui permet de redistribuer la richesse efficacement et d’enrayer la pauvreté. Pour eux, le capitalisme mène inévitablement à l’apparition  de la pauvreté, de la misère, de l’inégalité, de la corruption, de la destruction de l’environnement, etc. C’est pourquoi le gouvernement est nécessaire pour ré-équilibrer les choses, éduquer la population, lui donner accès à de l’eau potable, punir la corruption, protéger l’environnement, etc.

Ceux qui suivent ce blogue se doutent bien que cette vision des choses est contraire à ma vision du monde. Est-ce vrai ou est-ce moi qui a tort? Cessons de débattre dans la noirceur et voyons ce que les chiffres ont à nous dire. J’ai combiné les données du Frazer Institute sur la taille du gouvernement de 140 pays avec les données des Nations-Unies, de Social Watch, de Transparency International et des universités Yale et Columbia pour vérifier s’il est souhaitable d’avoir un gros gouvernement. Notez que dans les graphiques qui vont suivre, l’abscisse présente un indice de la taille du gouvernement construit par l’Institut Frazer à partir de 52 indicateurs statistiques. Plus il est élevé, moins le gouvernement est gros.

J’ai séparé les 140 pays en deux groupes (gros et petit gouvernement) et j’ai calculé les statistiques moyennes pour chaque groupe. Voici les résultats:

Commençons par l’évidence, la mesure la plus utilisée pour mesurer la richesse, le PIB par habitant (GDP per capita). Les pays qui ont un petit gouvernement sont environ 8 fois plus riches que ceux qui ont un gros gouvernement. On comprend donc que le gouvernement agit comme un frein à la création de richesse.

Les gauchistes répondraient que c’est bien beau de créer de la richesse, mais que ça ne donne rien si elle se retrouve dans les mains de quelques individus. Et bien ce n’est pas le cas! Le gini index est un peu plus bas pour le groupe ayant un petit gouvernement comparativement à l’autre, ce qui signifie plus d’égalité dans la répartition de la richesse. Ainsi, non seulement un gros gouvernement fait en sorte de diminuer la création de richesse, il ne permet pas non plus d’assurer une meilleure répartition de cette richesse.

Attaquons-nous maintenant aux mesures de pauvreté. L’espérance de vie est nettement supérieure pour le groupe ayant un plus petit gouvernement (68.0 ans versus 56.7 ans).

Les trois indicateurs suivants excluent les pays industrialisés (la base de données de l’ONU est ainsi faîte). Que l’on parle de la proportion d’illettrés, de la proportion de gens qui n’ont pas accès à l’eau potable ou de la population vivant avec moins de $2 par jour, le profil est le même: plus le gouvernement est gros, plus la pauvreté sévit.

Pour ce qui est de la corruption, l’indice calculé par Transparency International démontre que les pays avec un petit gouvernement sont nettement moins corrompus (plus cet indice est élevé, moins il y a de corruption).

Au niveau de la protection de l’environnement, j’ai utilisé l’indice calculé par les universités Yale et Columbia (plus il est élevé, meilleure est la performance environnementale). Cet indice démontre que les pays avec un gros gouvernement ont une performance environnementale moindre que ceux avec un petit gouvernement.

La première statistique présentée au tableau se nomme le Basic Capability Index. Il est calculé par un organisme du nom de Social Watch et est basé sur trois pourcentages: le pourcentage d’enfants dont l’accouchement a été supervisé par du personnel médical compétent, qui survivent jusqu’à l’âge de 5 ans et qui atteignent la 5e année du primaire. Le groupe de pays avec un petit gouvernement obtient un indice 15% plus élevé que ceux avec un gros gouvernement.

 Conclusion

En somme, le gouvernement n’est pas la solution aux plus grands problèmes du monde. Au contraire, il fait plutôt partie de la cause. C’est une illusion de croire que l’État est un mécanisme efficace pour enrayer la pauvreté et protéger l’environnement. Au contraire, l’État est source de gaspillage de richesse, de corruption, de coercition et d’atteintes aux libertés individuelles.

Note: les courbes de tendance dans les graphiques ont été générées automatiquement par Excel. Ceux qui désirent obtenir mon fichier .xls pour jouer avec les données, écrivez à minarchiste@gmail.com

Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traitait de la santé et l’éducation, la seconde partie traitait de la pauvreté, du travail, de la famille et de la culture, la troisième partie traitait de justice, développement économique et environnement, et cette quatrième et dernière partie traite de fiscalité et de financement.

Il y a plusieurs autres éléments du programme du QS, tels que la promotion du français, la lutte contre la discrimination, le féminisme et la souveraineté, dont je ne traiterai pas, mais qui résulteraient en une augmentation inévitable des dépenses de l’État.

Ainsi, jusqu’à maintenant, nous avons identifié au cours de ce dossier environ $5.5 milliards par année en dépenses supplémentaires que l’État devrait assumer s’il suivait le programme du QS. Où est-ce que le QS trouverait cet argent? Vous aurez deviné que c’est par l’entremise de la fiscalité! L’État ne produit rien, il doit donc subtiliser la richesse avant de la dépenser et son arme de prédilection est la fiscalité.

Avant même de commencer, je vous recommande fortement de lire ou relire mon billet sur la courbe de Laffer du 26 octobre dernier. Ce concept est primordial pour la compréhension de ce billet.

-  Fiscalité des entreprises:

Au niveau des entreprises, le QS propose de graduellement diminuer le nombre de crédits d’impôt. Le QS croit pouvoir récupérer environ $195 millions de cette façon. Il propose aussi de diminuer l’aide fiscale aux entreprises de $150 millions. Par contre, comme plusieurs des entreprises dépendants de ces crédits et aides disparaitraient (et les emplois qui y sont associés), il y a fort à parier qu’une partie de ces gains seraient grugés.

Ils introduiraient un taux d’imposition progressif pour les entreprises comme c’est le cas pour les particulier, ce qui aurait comme impact de hausser le taux d’imposition moyen des entreprises et d’augmenter les revenus d’impôt de $420 millions. Cependant, comme cela ferait probablement fuir plusieurs entreprises, l’État ne verrait probablement pas la couleur de cet argent.

En outre, le QS voudrait majorer la taxe sur le capital des sociétés financières, ce qui aurait comme impact d’amener $590 millions en revenus d’impôt additionnels; à condition que ces entreprises ne délocalisent pas davantage leurs opérations, ce qui risque fort bien de se produire.

Par ailleurs, le QS voudrait ajuster l’impôt des entreprises de 100 employés et plus en fonction de la participation des employés aux décisions, ce qui lui permettrait de leur soutirer $75 millions de plus en impôts. Finalement, en taxant à 100% les gains en capital des entreprises, le QS récupèrerait $190 millions.

En somme, selon le programme du QS, le fardeau fiscal des entreprises augmenterait de $1.7 milliards. Cependant, l’impact de ces hausses d’impôt serait fatal pour plusieurs entreprises et industries, qui choisiraient d’aller s’établir ailleurs lorsque possible ou disparaîtraient tout simplement. Des emplois perdus signifient moins de revenus d’impôts pour l’État, mais ça le QS n’en tient pas compte dans ses calculs…

- Fiscalité des particuliers:

Tout d’abord, le QS voudrait augmenter le nombre de paliers d’imposition, ce qui lui permettrait de taxer encore plus les riches. En supposant que cela n’accélèrerait pas l’exode de nos meilleurs cerveaux et de nos meilleurs entrepreneurs, le QS prévoit collecter $1.3 milliards en impôts supplémentaires sur le dos de ceux  qui crée le plus de richesse et qui sont les plus mobiles. Ceux qui ont suivi mon conseil et qui ont lu mon billet sur la courbe de Laffer réalisent parfaitement qu’il serait irréaliste de penser augmenter significativement les revenus de l’État en haussant bêtement les impôts alors que le taux d’imposition est déjà très élevé au Québec.

En second lieu, le QS croit pouvoir récupérer $455 millions en imposant pleinement les gains en capital des particuliers. Le QS voudrait aussi plafonner les cotisation REER à $10,000 par année ce qui permettrait de récupérer $300 millions.

De plus, le QS voudrait surtaxer les produits de luxe et les produits polluants pour amasser $745 millions en revenus de taxation supplémentaires, ce qui ne fera qu’encourager le marché noir et découragera en partie la consommation de ces biens, donc la taxe ne sera probablement pas collectée entièrement.  De plus, cette mesure serait compensée par une détaxation de davantage de produits de première nécessité et de biens culturels produits au Québec. Il est donc conservateur d’estimer que cette mesure n’augmentera pas les revenus de l’État (c’est ce que j’applique dans mes calculs).

En somme, le fardeau fiscal des particuliers augmenterait ”théoriquement” de $2.1 milliards. Cependant, si on tient compte des individus qui quitteront le pays pour gagner leur vie là où on leur laisse une plus grande part du fruit de leur labeur et de leur génie, il est utopique de croire que le QS pourrait amasser cet argent. De plus, comme ce sont les riches qui cotisent le plus à leur REER et qui génèrent des gains en capital, il y aurait bien peu de richesse à taxer suite à leur départ…

- Autre mesures fiscales:

Vous vous souvenez qu’à la partie 3 je vous avais mentionné que le QS prévoyait nationaliser l’énergie éolienne? Le QS estime que cet investissement de $3 milliards, qui devra être financé en totalité par de la dette, rapportera $650 millions en bénéfices pour la vente de l’électricité, une prévision plutôt agressive puisqu’elle suppose un rendement de l’actif de 22%. Si on observe les rendements de l’actif d’Hydro-Québec Production, ils ont été de 7% pour 2008 et 2007 (page 58 du rapport annuel 2008, divisez bénéfice net par actif total). En étant généreux et en supposant un rendement de 10%, cet investissement génèrerait plutôt un bénéfice de $300 millions (c’est ce que j’utiliserai dans mon calcul).

Par ailleurs, le QS croit qu’il pourrait percevoir $815 millions supplémentaires en redevances sur les ressources naturelles. Bien que le gouvernement québécois fasse souvent preuve de laxisme à cet égard, je crois que la perception de redevances fait déjà partie de la loi sur les ressources naturelles… Des taux de redevances excessifs feront en sorte que plusieurs projets n’auront pas lieu, faute de rentabilité, et le QS ne toucherait jamais ces redevances.

D’autre part, le QS prévoit réaliser des économies de $1 milliard par l’entremise de Pharma-Québec (voir la partie 1). Comme je le mentionnais dans la partie 1 de ce dossier, j’ai de sérieux doute quant au réalisme de cette prévision.

De plus, il réaliserait $75 millions d’économies en coupant les subventions aux écoles privées.

Finalement, le QS pense pouvoir récupérer $500 millions en combattant l’évasion fiscale des entreprises et des particuliers. Cette prédiction est totalement farfelue; je serais surpris que le QS puisse récupérer plus d’argent que les ressources qu’il investirait dans cette quête.

Ces mesures additionnelles permettraient donc de lever $2.7 milliards en revenus pour l’État.

Au compte final, nous arrivons donc à $6.5 milliards, mais comme vous l’avez sans doute réalisé en lisant mes remarques, je pense qu’au moins la moitié de cet argent n’atteindrait pas les coffres de l’État pour les diverses raisons ci-haut décrites.

- Conclusion:

Le paradoxe central du programme du QS est qu’il prend ses désirs pour des réalités. Le QS propose d’augmenter l’État-providence par des dépenses supplémentaires de $5.5 milliards. Il prévoit usurper cet argent en augmentant les impôts des riches et des corporations. Cependant, les choses ne sont pas si simple. Le Québec n’est pas un vase clos et le taux d’imposition est un déterminant important de la croissance économique. Lorsqu’on taxe une chose, on la décourage. Le QS semble d’accord pour avec cette affirmation lorsqu’il est question de réduire les gaz à effet-de-serre, mais pas lorsqu’il s’agit du travail et de la richesse. Le QS propose littéralement de tuer la poule aux oeufs d’or.

D’autre part, plusieurs éléments du programme du QS touchant le travail réduiraient grandement la flexibilité du marché du travail québécois et auraient un impact négatif sur notre productivité (qui est déjà plus basse que celle des autres provinces et de beaucoup de pays). La productivité est le moteur principal de la création de richesse. Lorsque le boulanger améliore sa productivité et arrive à produire son pain pour 5% moins cher, les acheteurs de pain se retrouvent avec plus d’argent pour subvenir à leurs autres besoins, et donc sont plus riches. Une baisse de la productivité a l’effet inverse et appauvrit la population.

En outre, le QS veut nous imposer ses valeurs, qui sont essentiellement le féminisme, le syndicalisme, l’environnementalisme, la culture québécoise, la vie familiale, la promotion du français, la souveraineté du Québec, et plusieurs autres. La question n’est pas de savoir si je suis pour ou contre ces valeurs, mais bien si c’est à un parti politique de nous les imposer en dépensant notre argent.

Finalement, qu’est-ce que la solidarité? Lorsque j’aide un ami dans le besoin parce qu’il a perdu son emploi ou que je fais un don à une fondation de charité, c’est par solidarité. Ce sont des gestes fait librement et qui viennent du coeur, au gré de ma capacité à aider mon prochain. Ce que le QS propose n’est pas de la solidarité, c’est d’user de la force pour contraindre les gens à maintenir l’illusion qu’est l’État-providence. Facile d’être solidaire avec l’argent des autres!

Cette vision des choses est l’inverse de celle des “Lucides“, qui eux proposent des idées pour maximiser la création de richesse au Québec, pour ensuite déterminer ce que nous avons les moyens de nous payer comme services sociaux à partir de cette richesse. La gauche, c’est la gauche, mais je la préfère lucide plutôt que solidaire!

Dans un article paru lundi dernier, l’économiste Marcel Boyer de l’Institut Économique de Montréal propose une approche alternative à la privatisation de la société d’État.

M. Boyer voudrait tout d’abord laisser tomber le bloc patrimonial qui dilapide notre électricité à moins de $0.03 par kilowatt/heure alors que le coût marginal de production est maintenant au-delà de $0.10.

Ensuite, il propose de faire en sorte que le dividende d’Hydro-Québec soit versé directement aux citoyens Québécois plutôt qu’à l’État. Ainsi, en 2008, les 7,782,561 habitants du Québec auraient reçu un chèque de  $289.36, qui se serait ajouté au revenu disponible (et imposable) des citoyens.

Et comme l’abandon du bloc patrimonial (165 TWh) permettrait à Hydro-Québec de faire d’encore plus gros profits, ce dividende serait encore plus élevé. Je calcule qu’en augmentant le prix de l’électricité du bloc patrimonial de $0.0279/KWh à $0.07/KWh, les profits d’Hydro-Québec augmenteraient de $6.9 milliards. Le dividende total d’Hydro-Québec atteindrait donc $9.2 milliards, soit $1,176 par habitant par année.

Voici quelques observations relativement à cette situation:

  1. N’oubliez pas que des 165 TWh du bloc patrimonial, 20 TWh vont aux alumineries, donc elles assumeraient une portion significative de la hausse de prix.
  2. Un couple avec 3 enfants aurait reçu un chèque de $1,447 en 2008 et recevrait un chèque de $5,880 dans le scénario où le prix du bloc patrimonial serait augmenté, ce qui est amplement suffisant pour compenser la hausse de leur facture d’électricité.
  3. Les pauvres ne paieraient que très peu ou pas d’impôt du tout sur ce dividende puisque leurs revenus sont très bas. En revanche, les riches paieraient beaucoup d’impôts sur ces dividendes et comme ils consomment davantage d’électricité que les pauvres avec leurs grandes maisons et leurs multiples appareils électriques, leur facture d’électricité augmenterait davantage que celle des pauvres suite à la nouvelle tarification du bloc patrimonial. Cette mesure serait donc progressive.
  4. Cette mesure forcerait les grands consommateurs d’électricité à rationaliser leurs activités et encouragerait l’économie d’énergie. Cela permettrait à Hydro-Québec d’exporter davantage et de créer encore plus de richesse pour le Québec.
  5. L’argent provenant d’Hydro-Québec serait remis directement à la population, donc chacun serait libre de le dépenser librement, selon ses préférences et ses besoins. Ne serait-ce pas mieux que de le mettre dans les mains des politiciens et des fonctionnaires qui l’utilisent présentement pour grossir la bureaucratie étatique et pour rendre les pauvres dépendants de l’État-providence?

Évidemment, si on procédait de cette façon, l’État perdrait une importante source de revenus. Ce trou de $2.3 milliard dans les finances publiques serait en partie compensé par les impôts perçus sur le dividende. L’État pourrait aussi réduire un peu le filet social. De cette façon, les bénéficiaires d’aide sociale de l’État recevraient moins d’argent du gouvernement en tant qu’assisté sociaux, mais recevraient un beau dividende en tant qu’actionnaires d’Hydro-Québec. C’est plus valorisant et ça réduit la dépendance envers l’État. Au bout du compte, il est évident que les pauvres se retrouveraient avec plus d’argent dans leurs poches, gracieuseté des grands consommateurs d’électricité.

Concernant la paperasse, chaque citoyen canadien dont le domicile principal est au Québec depuis au moins un an et qui est titulaire d’un numéro d’assurance sociale serait théoriquement propriétaire d’une action d’Hydro-Québec (incluant les enfants).

En somme, cette proposition moins radicale que la privatisation totale d’Hydro-Québec permettrait de régler plusieurs problèmes reliés à cette société d’État sans traumatiser la gauche. Elle permettrait en outre de court-circuiter le gouvernement et de faire en sorte que les Québécois soient les bénéficiaires directs des dividendes de l’entreprise qui a été bâtie avec leur argent.

Pour mon billet précédent sur la peformance et la privatisation d’Hydro-Québec, cliquez ici.

Savez-vous ce qu’est un Centre Financier International (CFI)? La plupart des gens l’ignorent…sauf ceux qui en bénéficient! Ce mécanisme permet à des professionnels de la finance (déjà bien rémunérés) de bénéficier d’avantages fiscaux très intéressants de la part de Revenu Québec.

Créé en 1986 à l’initiative du ministère des Finances du Québec, le programme vise à promouvoir la métropole en tant que centre financier international grâce à un programme d’avantages fiscaux attrayants. Il y en aurait 118 présentement en opération (voici la liste).

Comme le mentionnait Bernard Mooney dans sa chronique du journal Les Affaires du 21 novembre dernier:

Parmi la liste des sociétés certifiées comme CFI, on trouve des noms comme Scotia Capitaux, BMO Banque de Montréal, Banque CIBC, Caisse centrale Desjardins, etc. Autrement dit, le CFI a réussi à attirer à Montréal des institutions qui s’y trouvaient déjà. Ironique, n’est-ce pas ? En fait, plusieurs sociétés financières canadiennes ont créé des filiales étrangères afin d’être admissibles aux avantages fiscaux du CFI. En faisant passer des transactions par cette filiale étrangère, elles réduisent leur fardeau fiscal. Dans ces cas, l’avantage réel pour l’économie montréalaise est quasiment nul, tandis que le gouvernement du Québec, pour sa part, perd des revenus fiscaux.

En plus des allègements fiscaux des entreprises considérées comme des CFIs, leurs employés ont eux aussi le droit de sauver de l’impôt:

Employés spécialistes étrangers:
Exemption totale ou partielle d’impôt du Québec pour une période de cinq ans. Déduction dans le calcul de l’ensemble de ses revenus imposables dont le taux annuel varie comme suit :

Année 1 :  100 %
Année 2 :  100 %
Année 3 :  75 %
Année 4 :  50 %
Année 5 :  37,5 %

Employés locaux:
Exemption partielle d’impôt du Québec dans le calcul de son revenu imposable. Déduction de 37,5 % (maximum annuel de 50 000 $) de la rémunération versée par le CFI.

J’ai des amis qui ont des salaires dans les 6 chiffres qui ont bénéficié de ces congés fiscaux et qui en ont profité pour maximiser leurs cotisation REER et rembourser leur hypothèque en à peine 5 ans. C’est pas beau la vie?

Le responsable du programme CFI, Jacques Girard, se défend en disant que d’autres villes, telle que Vancouver, ont des programmes similaires et que c’est nécessaire si on ne veut pas perdre nos emplois en finance.

«Nous avons fait faire une étude afin de savoir combien ça coûtait au gouvernement du Québec. En utilisant des paramètres très conservateurs, les exemptions fiscales sont largement compensées par les investissements, les impôts payés par les sociétés, les maisons achetées et les dépenses faites dans les restaurants et hôtels.»

Le problème, comme le souligne M. Mooney, c’est qu’au moins la moitié des firmes inscrites auraient été établies à Montréal avec ou sans le CFI. Est-ce que cette étude en tenait compte?

De plus, qu’ont les travailleurs de la finance de si important qui justifie que l’on doive absolument les attirer et les subventionner? Pourquoi ne pas attirer des médecins ou des policiers ou qui que ce soit d’autre? Et pourquoi Montréal en particulier? Pourquoi pas le Québec entier?

Je n’ai rien contre le fait que le gouvernement veuille faciliter l’implantation au Québec de firmes étrangères du domaine de la finance ou de tout autre domaine, mais je ne veux pas qu’il consente des avantages fiscaux à une catégorie spécifique de travailleurs ou d’entreprises au détriment du reste de la population et des entreprises.

Ceci étant dit, n’allez pas croire que je sois en faveur de l’impôt et contre les paradis fiscaux. Au contraire, mon désir n’est pas que les CFIs et leurs employés paient le plus d’impôts possible, mais bien que ces crédit d’impôts soient appliqués à l’ensemble des travailleurs et entreprises. Ce serait beaucoup plus juste, ça créerait des emplois et de la richesse, et ça hausserait le niveau de vie des travailleurs. Mais pour cela, il faudrait que le gouvernement se serre la ceinture et réduise sa taille….continuons de rêver!

Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traitait de la santé et l’éducation, la seconde partie traitait de la pauvreté, du travail, de la famille et de la culture, la troisième partie traite de justice, développement économique et environnement.

Le Québec-Solidaire propose de modifier le mandat de la Caisse de Dépots et de Placements pour la contraindre à adopter une politique d’investissement pro-environnement. Est-ce vraiment dans notre intérêt? L’objectif de la Caisse devrait être de maximiser ses rendements de façon à ce que nos revenus de retraite soit le plus élevés possibles. Le gouvernement nous oblige à contribuer au régime des rentes et à envoyer notre argent à la Caisse; ça serait encore pire s’il nous imposait des rendements inférieurs pour assouvir la soif d’investissement environnemental du parti Québec-Solidaire. Nos retraités ont droit à ce que leurs rentes soient optimales et il serait injuste que le QS leur fasse subir le poids de ses valeurs contre leur gré.

Le QS propose aussi d’abolir complètement les partenariats public-privés (PPPs) et d’adopter une politique gouvernementale d’achat local. Mon opinion sur la question est bien simple: plutôt que de lui imposer des contraintes, nous devrions simplement demander à l’État de minimiser les coûts de tout ce qu’il fait. Si quelque chose peut être produit pour moins cher par le privé ou par une entreprise hors-Québec, je ne vois pas pourquoi les contribuables devraient avoir à s’en passer. Il est primordial que l’État se frotte à la concurrence du privé et que le plus efficace l’emporte. C’est la seule façon pour nous de savoir si un service ou un projet est offert au meilleur coût possible. Les augmentations potentielles (voire certaines) de coûts reliées à ces politiques ne sont pas chiffrées au plan financier du QS.

Ensuite, le QS invente une nouvelle catégorie d’entreprises dîtes “collectives”, qu’il propose de subventionner. Ces entreprises collectives sont 1) non-liées à l’État, 2) n’offre pas un produit/service déjà offert par l’État (qui ne veut surtout pas de compétition!), 3) sont gérées de façon démocratiques (i.e. les travailleurs participent aux décisions) et 4) produisent des biens/services éco-responsables. Évidemment, le QS devrait mettre sur pied une autre instance bureaucratique pour vérifier si les entreprises se qualifient pour cette subvention. Le montant de ces subventions et les coûts reliés à cette mesure ne sont aucunement présentés dans le plan financier du QS. Les bénéfices d’une telle mesure m’apparaissent plutôt obscurs.

Au niveau de l’environnement, le QS s’attaque tout d’abord au transport en commun. Ils proposent d’exiger un tarif réduit pour les gens à faible revenu, l’abolition totale des tarifs pour les transports en commun municipaux (à long terme?), favoriser l’utilisation de véhicules électriques, financer le covoiturage, établir des incitatifs financiers pour le transport sur rail relativement au transport par bateau et camion et prolonger le métro. Le chiffre indiqué à cet égard est de $1.2 milliards sur 5 ans.

Je ne suis pas contre l’investissement en transport en commun, au contraire, mais je pense que ces investissements doivent tenir compte des besoins et de la demande (ce qu’on appelle le marché). Or, le QS semble prendre pour acquis que le transport en commun a besoin de $1.2 milliards sur 5 ans, mais ne mentionne pas sur quoi il se base pour arriver à ce chiffre.

Pour ce qui est de l’énergie renouvelable, le QS propose de nationaliser l’énergie éolienne. Leur plan financier indique qu’un investissement de $3 milliards serait requis. Pour ce faire, le gouvernement québécois aurait à forcer les propriétaires actuels (Cartier Énergie, Northland Power, Boralex et Gaz Métro) à vendre leurs actifs. Ce serait très mauvais pour les relations extérieures du Québec; nous passerions pour un le Vénézuela-du-Nord à cet égard.

Évidemment, la facture pour ces actifs sera très salée; on n’a qu’à regarder la récente transaction entre TransAlta Corp. et Canadian Hydro Developpers. Quel serait le bénéfice pour les Québécois d’être propriétaire de ces actifs? Aucun. Quel serait le bénéfice pour les Québécois qu’Éole-Québec assure le développement éolien futur? Aucun. J’estime que cette mesure n’est le fruit que d’un nationalisme mal placé que l’on cherche à nous imposer.

En faisant affaires avec le privé, Hydro-Québec ne fait subir aux Québécois aucun risque quant aux dépassements de coûts de construction, aux problèmes d’opération et aux volumes de production. Hydro-Québec n’a qu’à soumettre un appel d’offres et tous les joueurs privés se mettent en branlent pour trouver le moyen le moins coûteux de générer cette énergie, et ils assument les risques reliés au projet. Le Québec n’a rien à gagner à jouer la carte du nationalisme-étatique.

Le QS propose aussi de mettre sur pied une agence de recherche sur l’énergie renouvelable. Ils voudraient par ailleurs subventionner les rénovations qui permettent d’améliorer l’efficacité énergétique au montant de $100 millions. Ils instaureraient une politique de gestion des déchets (utilisation de la biomasse, interdire le suremballage et les sacs en plastique) au coût de $275 millions par année. Finalement, le QS voudrait subventionner les produits “bio” d’un montant de $30 millions par année.

En ce qui a trait à la justice, le QS propose de bonifier l’aide juridique et d’en élargir l’accès, ainsi que de bonifier l’indemnisation aux victimes d’actes criminels. Je n’ai pas trop de problème avec ces mesures puisque le système judiciaire fait partie des fonctions régaliennes de l’État. Cela coûtera néanmoins $130 millions en coûts récurrents.

Ainsi, bien que les dépenses associées à ces projets du QS ne soient pas toutes quantifiées, les chiffres qu’ils nous fournissent totalisent tout de même $435 millions en dépenses récurrentes et $4.3 milliards en investissement. Donc, au court des trois premières parties de ce dossier, l’augmentation des dépenses récurrentes du gouvernement proposée par le QS est d’environ $5.5 milliards.

Dans la quatrième et dernière partie, nous traiterons et fiscalité et de financement, et concluerons ce dossier. À suivre…

Il y a quelques semaines, j’ai regardé le film/documentaire Home. En Blu-Ray, c’est une oeuvre de très haute qualité offrant des images époustouflantes. Le message principal du film est que la façon dont vivent les humains présentement est insoutenable.

Nous détruisons les écosystèmes, haltérons la biodiversité, consommons les ressources à un rhytme trop élevé et devenons tout simplement trop nombreux pour la planète. Le film démontre à quel point toutes les espèces sont inter-dépendantes; aucune n’est auto-suffisante. Les références à l’impact de l’humain sur les changements climatiques sont aussi nombreuses.

Déforestation en Amazonie, destruction de la mangrove en Amérique du Sud, destruction des coraux dans le Pacifique, sur-pêche de la plupart des espèces de poisson, épuisement des nappes phréatiques d’eau potable en raison de l’agriculture: nous y apparaissons comme le cancer de la terre.

En tant que minarchiste, je considère qu’un des rôles du gouvernement est de protéger les citoyens et leur propriété des agressions. La liberté des uns s’arrête ou celle des autres commence. Pour être qualifiés d’agressions, les actes en question doivent être physiquement détectables, psychologiquement perceptibles et pertinents selon les préférences des humains. La preuve de l’agression incombe à l’accusateur, et non à l’accusé, et il doit aussi démontrer l’ampleur du préjudice.

Dans le cas de l’environnement, il s’agit d’un bien public. Personne n’est propriétaire de l’air ou de la biodiversité. Les conséquences à long terme des dommages à l’environnement pourraient être une menace pour cette propriété. La pollution est une externalité du développement économique et ceux qui polluent doivent assumer les coûts de la pollution qu’ils génèrent. Pour ce faire, le marché est le meilleur outil. Cependant, la pollution et les bénéfices de la biodiversité étant très diffus, le marché ne peut régler tous les problèmes environnementaux; l’intervention de l’État est donc (malheureusement) nécessaire dans plusieurs cas.

Malheureusement, cela ouvre la porte à l’abus. Lorsqu’on demande à l’État de règler des problèmes que des individus libres n’arrivent pas à régler eux-mêmes, on oublie souvent que l’État est aussi constitué d’humains. Les politiciens tentent trop souvent de se substituer au marché afin de faire avancer leur agenda politique et de favoriser leurs intérêts. De plus, le nom le dit: pour favoriser le développement durable, il faut une vision à long terme, ce que les politicens n’ont pas (leur horizon est généralement de 4 ans ou moins). Alors comment faire?

La science permet de mesurer le risque environnemental, mais ce de façon très imprécise; elle ne peut donc pas arbitrer le débat de façon objective. Chaque citoyen a une tolérance au risque différente. Nous avons tous des préférences différentes, mais nous ne pouvons satisfaire tout le monde à l’égard de l’environnement (si deux citoyens ont des préférences différentes quant à la qualité de l’air minimale de leur ville, on ne peut accomoder l’un sans déplaire à l’autre). Pour brimer le moins possible les libertés individuelles, il faut donc que la règlementation accomode les préférences de la majorité de la population à l’égard de la protection du bien environnemental, ce qui est loin d’être évident à mettre en place.

Malheureusement, le principe de précaution proposé par les environnementalistes permet aux gouvernements d’agir même si la preuve de l’agression (face à l’environnement) n’a pas été clairement démontrée et que les préjudices n’ont pas été adéquatement mesurés. De plus, on oublie souvent que, lorsqu’un problème a été identifié, il peut parfois être plus dommageable de vouloir le régler que de simplement chercher à s’y adapter et faire avec.

Le réchauffement climatique anthropogénique:

Le réchauffement climatique a possiblement de multiples causes et effets, et ses impacts, positifs et négatifs, sont différents selon la région du monde où l’on se trouve. Les températures se réchauffent-elles vraiment? Est-ce vraiment à cause des émissions de CO2? Qui en souffre et qui en bénéficie? Il est non seulement très difficile d’établir s’il y a effectivement agression ou non, il est en plus difficile d’établir quelles sont exactement les conséquences négatives de cette agression (si conséquence négative il y a). De plus, comment savoir si la solution optimale consiste vraiment à modifier drastiquement nos habitudes de vie (par la coercion) plutôt que de simplement s’adpater à la nouvelle réalité?

Il semble de plus que les environnementalistes aient réussi à établir dans l’imaginaire collectif que le réchauffement climatique est LE plus gros problème de l’humanité en ce moment, alors que cela est fort discutable et probablement faux. D’immenses ressources sont et seront déployées vers ce supposé problème alors qu’elles auraient pu être déployées vers des causes plus urgentes (la faim, la soif, la maladie, la pauvreté, etc) ou simplement laissées dans les poches des contribuables.

Cette grosse machine qui génère cette peur exagérée des changements climatiques ne pourrait-elle pas avoir comme but d’accroître les pouvoirs de l’État au détriment de notre liberté et de notre niveau de vie; et de détourner notre attention des problèmes plus urgents et plus sérieux?

Nous apprenions lundi que des scientifiques en tête du cortège ”réchauffiste” ont manipulé et caché des données importantes appuyant leurs théories relativement au climat. Beaucoup de scientifiques dénoncent l’unipolarité du débat face au réchauffement climatique et le manque d’esprit critique des médias. Il semble que les politiciens, les médias et les écologistes ont tous synchronisé leurs montres et que rien ne peut empêcher leur agenda d’avancer, malgré toutes les contradictions dans leur discours. On étouffe les données lorsqu’elles ne vont pas dans le sens de la théorie et on ostracise les sceptiques qui posent des questions troublantes et font preuve d’esprit critique.

Il y a quelques semaines, j’ai eu une grande idée; une espèce de théorie relativement aux émissions de CO2 des humains. J’avais jusqu’à maintenant évité d’en parler vu mon manque de connaissances dans le domaine, jusqu’à ce que me rendent compte que beaucoup d’autres gens pensaient comme moi. Voici cette théorie:

Les écologistes reprochent aux humains d’affecter le climat en émettant du CO2 à partir de combustibles fossiles, mais d’où viennent ces combustibles fossiles? Que l’on parle de charbon, de pétrole ou de gaz naturel, ces combustibles viennent de la décomposition d’organismes vivants. Au tout début de la chaine alimentaire de ces organismes se trouvent évidemment les végétaux. Comment les végétaux emmagasinent-ils ce carbone? Il le prenne dans l’air environnant, qui contient du CO2. Ils séparent le carbone de l’oxygène, qui est relâché dans l’air. Ainsi, lorsque nous brûlons des combustibles fossiles, nous libérons ce carbone dans l’air, où il se recombine à deux atomes d’oxygène pour former du CO2.

Donc, au moment où la vie est apparue sur terre, où était tout ce CO2?  Réponse: dans l’air!

On peut donc facilement supposer qu’au moment où la vie est apparue sur terre, il y avait peut-être 10 fois plus de CO2 dans l’atmosphère que maintenant. Les humains ne font que remettre la terre dans l’état où elle était! Ma question est donc la suivante: comment cela peut-il être si mauvais? Il ne faut pas oublier que 95% du gaz à effet-de-serre présent dans l’atmosphère est de la vapeur d’eau. Comment est-ce que le petit 5% restant pourrait-il avoir autant d’impact.

À part pour combattre le smog dans les grandes villes, c’est plutôt futile de s’attaquer au CO2. Le CO2 ce n’est pas du poison, ce n’est pas un produit toxique. C’est un gaz présent dans la nature. Il y a beaucoup d’autres formes de pollution beaucoup plus dommageables sur lesquelles on devrait se concentrer et beaucoup d’autres problèmes beaucoup plus importants sur la terre.

Qu’en pensez-vous?

Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traitait de la santé et l’éducation, la seconde partie traite de la pauvreté, du travail, de la famille et de la culture.

- Lutte à la pauvreté:

Le parti Québec-Solidaire propose de hausser le salaire minimum au seuil de faible revenu (tel que défini par Statistiques Canada). Je ne mène pas une bataille contre le salaire minimum (il y a des problèmes beaucoup plus importants à régler dans notre société), mais bien qu’il soit basé sur une intention louable, les gens doivent être conscients de ses effets négatifs.

Le salaire minimum est un prix plancher imposé à une catégorie de travailleurs, et comme tout prix plancher supérieur au prix du marché, il crée des surplus (c’est la loi de l’offre et la demande, on ne peut rien y faire). Le salaire minimum diminue la compétitivité des entreprises qui ont alors un incitatif à déménager leur opérations dans un endroit où la main d’oeuvre est moins chère; la demande locale de travailleurs non-qualifiés est donc diminuée par le salaire minimum. L’offre quant à elle est augmentée par le salaire minimum, ce dernier assurant un revenu minimum  aux décrocheurs scolaires, facilitant ainsi ce choix. Le résultat net est un surplus, et sur le marché du travail, un surplus veut dire du chômage. Ainsi, les revenus supplémentaires que certains travailleurs gagneraient grâce à la hausse du salaire minimum proposée par le QS seraient en fait gagnés au détriment des chômeurs.

Quoi qu’il en soit, on ne peut nier qu’une hausse du salaire minimum aurait un effet négatif sur les profits des entreprises québécoises, et par conséquent sur les revenus d’impôt de l’État. Et cela n’est pas pris en compte dans le plan financier du QS, qui prend donc pour acquis que cela n’aura aucun impact.

D’autre part, le QS hausserait aussi les prestations d’aide-sociale de façon à ce qu’elles soient “suffisantes pour couvrir les besoins essentiels” (sans définir ce que cela signifie). Ils estiment le coût de cette mesure à $595 millions. Ils voudraient aussi construire 50,000 logements sociaux sur 5 ans (pourquoi 50,000?), mais cette proposition n’est pas chiffrée à leur budget. On comprend donc qu’ils comptent sur le privé pour le faire, mais ils ne spécifient pas comment ils vont subventionner ce projet. Par ailleurs, ils proposent d’augmenter le financement des organismes s’occupant des itinérants (non-chiffré dans le plan financier).

- Vacances, congés et travail:

Le QS veut imposer une hausse du nombre minimal de semaines de vacances (3 semaines après 1 an, 4 semaines après deux ans et 5 semaines après cinq ans). Ils voudraient aussi créer deux nouveaux congés ferriers. Ils mettraient en place une indemnité de liscenciement obligatoire et limiteraient la capacité des employeurs à exiger des heures supplémentaires. Évidemment, ils voudraient mettre en place un certain nombre de mesures visant à faciliter le syndicalisme et augmenter le pouvoir des syndicats.

Ces mesures feraient en sorte de réduire la productivité et la compétitivité des travailleurs Québécois et auraient un impact négatif sur l’économie québécoise. Ces mesures réduiraient aussi la flexibilité du marché du travail québécois. Le QS semble donc prêt à sacrifer une partie de notre niveau de vie en échange de ces avantages, mais il n’en comptabilise pas l’ensemble des coûts dans son plan financier. Le $550 millions indiqué dans son plan financier ne couvrivrait probablement que les fonctionnaires, mais le manque à gagner ne s’arrêterait pas là.

- Famille et culture:

Le QS voudrait élargir la couverture de l’assurance parentale, rendre universelles les allocations familiales, bonifier le supplément de revenu au travail, obliger les entreprises à offrir des horaires flexibles, créer 38,000 nouvelles places en CPE en milieu familial et faire en sorte que la Régie des Rentes reconnaisse comme un travail l’éducation des enfants par un parent qui reste à la maison. Dans son plan financier, la seule ligne qui fait référence à la famille indique un coût de $350 millions, en plus d’une somme de $265 millions pour les CPE, ce qui m’apparaît bien peu pour de telles demandes. De plus, certaines de ces demandes auront un effet négatif sur la productivité et la compétitivité de l’économie québécoise.

Au niveau culturel, le QS voudrait entre autres instaurer un filet social pour les artistes ainsi que des bourses pour les aider, et rendre l’accès aux musées gratuit le dimanche. Ils voudraient aussi relancer Télé-Québec et élargir son mandat. Ces demandes culturelles totalisent, toujours selon le plan financier du QS, $420 millions.

Donc, après seulement les deux premières parties de ce dossier sur le programme du parti Québec-Solidaire, nous en sommes déjà à une facture de près de $5 milliards pour financer toutes ces bonnes idées. De plus, le plan financier du QS ne tient pas compte de l’impact de la baisse de la productivité des travailleurs et de la compétitivité des entreprises sur les revenus de l’État. La partie 3 de ce dossier traiterat de justice, développement économique et environnement, alors que la partie 4 traitera de fiscalité et de finances. À suivre…

Hier, j’ai eu la chance d’assister à une présentation donnée par le célèbre magnat pétrolier américain T. Boone Pickens. Le multi-milliardaire de 81 ans était de passage à Montréal pour rencontrer des investisseurs (comme moi) pour recueillir du capital pour son nouveau fonds d’investissement en énergie. À défaut d’investir dans son fonds, j’ai recueillis plusieurs éléments intéressants.

Tout d’abord, le Plan Pickens consiste grosso modo à utiliser le gaz naturel comme carburant dans les transports de façon à réduire la dépendance des États-Unis au pétrole importé de l’OPEP. Il propose de commencer par cibler les flottes de véhicules telles que les autobus, les taxis, les véhicules de service et les 18 roues.

Comme la gaz naturel sert présentement (de plus en plus) à la production d’électricité, il propose d’investir massivement dans l’énergie éolienne, notamment dans le corridor des Great Plains allant du Texas au Canada. Cela nécessitera évidemment des investissements massifs dans le réseau de distribution. Il propose aussi d’investir dans l’énergie nucléaire et le charbon propre.

La Californie a déjà adopté le gaz naturel comme carburant de transport. Au début de 2009, cet état comportait 460 stations-service de gaz naturel. De plus, les gens dont la résidence est branchée à un réseau de distribution peuve faire le plein à même celui-ci. L’utilisation de ce carburant se fait surtout au niveau des flottes de véhicules, mais les particuliers peuvent aussi l’utiliser, grâce à la Honda Civic GX qui fonctionne au gaz naturel.

Pour faire avancer son projet, M. Pickens supporte présentement un projet de loi surnommé le Natural Gas Act (HR 1835), lequel introduirait divers crédits d’impôt pour l’acquisition de véhicules au gaz naturel, une obligation pour le gouvernement stipulant que 50% des véhicules qu’il achète puissent fonctionner au gaz naturel ainsi que diverses subventions aux producteurs et développeurs de ces véhicules. Jusqu’à maintenant, M. Pickens a dépensé près de $62 millions de sa poche pour faire avancer ce projet de loi.

Quel est l’enjeu pour M. Pickens? Il a évidemment des milliards d’investis dans des entreprises qui bénificieraient d’une telle politique. Il est l’un des plus grands contributeurs aux campagnes électorales des deux partis (Démocrate / Républicain). Il tente d’influencer directement les politiciens, qu’il connaît d’ailleurs tous personnellement, incluant Barrack Obama, Joe Biden, John McCain, Sarah Palin et, bien entendu, Al Gore. Il déclare d’ailleurs ouvertement que leurs connaissances sur la question énergétique sont bien maigres (lol).

Il les met tous dans sa poche en leur promettant, entre autres, que son plan créera des millions d’emplois et libèrera le pays de sa dépendance au pétrole importé. Il tente aussi d’amadouer les écologistes, puisque le spectre du réchauffement climatique est un de ses arguments (le gaz naturel étant plus “propre” que le pétrole comme carburant). Il est cependant contre la règlementation des émissions polluantes puisque cela aurait comme impact de faire fermer des centrales au charbon, qui seraient remplacées à court terme par des centrales au gaz naturel; il manquerait alors peut-être de gaz naturel pour le transport puisqu’une trop grande quantité serait utilisée pour la production d’électricité. Son plan passe donc par une baisse de l’utilisation du gaz naturel pour produire de l’électricité.

Ainsi, selon lui, ce projet de loi passera haut-la-main, le gouvernement américain utilisera l’argent des contribuables pour subventionner le transport au gaz naturel et M. Pickens fera encore fortune avec ses investissements. C’est si facile d’être un bon investisseur quand on a autant d’influence sur les politiciens avides de financement partisan et de projets patriotiques / écolos justifiant l’intervention héroïque de l’État!

Ce dossier vise à analyser les impacts économiques du programme du parti Québec-Solidaire. La première partie traite de la santé et l’éducation.

Au niveau de la santé, le QS vise l’élimination totale du privé et ce pas seulement au niveau des quelques services présentement toléré par la RAMQ, mais aussi au niveau de l’optométrie, de la dentisterie, de la physio-thérapie, etc. Ils visent d’ailleurs à étendre l’universalité des soins de santé à toutes les sphères de la santé. Donc, l’État paierait pour les soins dentaires, les lunettes, les services d’un psychologue, etc. Les couvertures privées présentement offertes par plusieurs employeurs seraient remplacées par cette RAMQ élargie. Tout serait “gratuit”, sans aucun frais.

L’assurance-médicament serait aussi universelle, donc plus besoin de payer pour les médicaments achetés sous prescription. Le QS propose d’ailleurs la création d’une nouvelle entreprise d’État: Pharma Québec, qui s’occuperait de l’approvisionnement en médicaments de la province. Cette entreprise devrait théoriquement atténuer la hausse des coûts des médicaments en centralisant l’approvisionnement, en ayant un fort pouvoir de négociation auprès des pharmaceutiques, en favorisant les médicaments génériques et en s’appropriant la marge de profit des entreprises privées qui s’occupent présentement de l’approvisionnement; tout ça en supposant qu’elle soit bien gérée, ce qui est rarement le cas lorsque la carotte et le bâton du profit et de la compétition ne sont pas là. Cette entreprise deviendrait sans doute une grosse bureaucratie politisée, inefficace, corrompue et déconnectée des besoins des consommateurs.

Le QS propose aussi d’augmenter le financement pour la prévention, ce qui laisse entendre qu’on arriverait ainsi à diminuer la demande de soins de santé en améliorant la santé des gens par la prévention. Comme si on avait besoin d’une publicitée avec un bonhomme bleu pour savoir qu’il ne faut pas fumer, faire de l’exercice et manger des légumes. Comme si les gens n’étaient pas capable de savoir ce qui est bon pour eux. C’est clairement du wishful thinking.

Finalement, le QS propose une augmentation significative des ressources du système de santé (ajouter des lits, recruter plus de médecins et d’infirmières, etc); la solution facile d’injecter plus d’argent. Comme nous l’avons vu au cours des dernières années, cet argent sert davantage à grossir la bureaucratie qu’à améliorer le service. En somme le Q-S nous propose un buffet à volonté en ce qui concerne les soins de santé. Ce poste de dépense  occupe déjà une part importante du budget du gouvernement; les propositions du QS pourraient facilement doubler la facture. Même si la prévention et Pharma-Québec étaient des succès sans précédent, ça ne serait pas suffisant pour compenser les augmentations astronomiques des dépenses en santé proposées par le QS.

Au niveau de l’éducation, le QS propose de rendre l’éducation totalement gratuite (de la maternelle à l’université), sans aucun frais facturé aux étudiants. Ils proposent aussi d’éliminer l’endettement des étudiants et de transformer tous les prêts scolaires en bourses. Ils désirent investir massivement dans l’ensemble du système et ses infrastructures. Ils veulent éliminer toutes les subventions aux écoles privées. Il a été clairement démontré au Canada que les taux de diplomation ne sont pas affecté par le niveau des frais de scolarité. Il est aussi démontré que la gratuité universitaire serait une mesure rétrograde, et non progressiste (c’est-à-dire à l’avantage des riches). 

Les points de leur programme que je trouve positifs à l’égard de l’éducation sont de faciliter une meilleure reconnaissance des diplômes des immigrants, d’assurer la laïcité du système d’éducation, de favoriser des bulletins simples et compréhensibles et de faire en sorte que les étudiants qui échouent doivent redoubler.

Le premier constat que l’on peut faire à l’égard de ces propositions en santé et éducation est que la facture sera salée (le QS chiffre à $2.2 milliards ses engagements en santé et $1.2 milliards en éducation). Le QS propose clairement une expansion significative de l’État-providence. Comment allons-nous payer pour tout ça? Nous le verrons dans une autre partie de ce dossier! À suivre…

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